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FAIRLIGHT DALI-2T

Article paru dans Keyboards/Home Studio n°101

01 janvier 1987

Armé de fonctions de synchronisation, de traitements DSP, d'édition de codes PQ..., le Fairlight Dali- 2T est un Direct to Disk stéréo haut de gamme qui saura s'adapter à de nombreuses situations.

L a genèse de la machine mérite d'être brièvement contée. Le Dali-2T est en fait le «bébé» de deux nouvelles recrues Fairlight, engagées pour travailler sur la programmation d'algorithmes d'égalisation et de compression/expansion temporelles que l'on retrouve aujourd'hui sur le mfx3. Dès fin 1995, cinquante exemplaires de pré-série sont prêtés à des professionnels du son du monde entier, afin de prendre la température et d'améliorer la mouture définitive du produit après intégration du «feedback utilisateur». Nick Cook lui-même, responsable du marketing pour l'Europe, avoue proposer un outil riche de possibilités, sans savoir réellement quelles sont celles dont se serviront les clients...

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Anatomie d'un Dali

L'appareil se compose d'une part d'un boîtier estampillé Fairlight au format rack 3U, abritant un disque dur de 540 Mo (soit 98 minutes d'audio en mono à 48 kHz), les divers circuits électroniques et la connectique : entrées/sorties stéréo analogiques, timecode et numériques sur XLR, embases MIDI In et Out, entrée BNC pour référence vidéo, ports SCSI (pour disques externes ou sauvegarde - obligatoirement par ce biais), prises RS-232 et télécommande. La ventilation étant assez bruyante, il est conseillé d'éloigner ce boîtier au maximum du studio, d'autant qu'il n'accueille en façade que l'interrupteur On/Off ! Un petit pupitre de télécommande, muni d'un affichage LCD rétro-éclairé, s'y raccorde par un (long) fil : c'est elle qui donne accès aux nombreuses fonctions du Dali-2T. Sa partie gauche regroupe le clavier de «transport de bande», et des touches logicielles, Shift, et Menu dont la combinaison permet de naviguer à travers menus et sous-menus, notamment Input (choix des entrées), Edit (fonctions de montage), Time (fonctions temporelles), DSP (traitement du signal en temps réel), Sync (options de synchro), Undo (historique du projet), PQ (insertion des codes du même nom, destinés à marquer début et fin des plages d'un CD) et Misc (paramètres système). Sur la partie droite, on trouve un pavé numérique, une molette de Jog très agréable à manipuler, servant à la fois au transport de bande et à éditer les données, le bargraph stéréo et quatre touches Record Ready, Info (gestion de l'audio caché, zoom, rafraîchissement de l'écran), Goto Mark In et Goto Mark Out. Une mention spéciale à l'affichage LCD, qui parvient à rassembler en un espace très réduit une timeline - sorte de ligne temporelle résumant les opérations effectuées sur les segments - un affichage graphique des segments enregistrés, type «chenille» (pas de formes d'ondes, hélas), les paramètres des fonctions et quatre adresses temporelles. Tout ceci en conservant une lisibilité correcte : du beau travail !

Des fonctions courantes...

Le Dali-2T possède la plupart des fonctions de base des Direct to Disk du marché. L'enregistrement s'effectue en mono ou en stéréo, mais il est impossible de «scinder» les deux canaux stéréo pour travailler en bipiste. Sur le plan de l'édition, on peut couper, insérer, déplacer des segments, repérés par leurs points de début et de fin, aussi par des points de Cue placés à volonté, avec possibilité de modifier les points de recouvrement entre segments pour retrouver de l'audio caché (Trim Edit). Compte tenu des crossfades, la machine gère donc quatre canaux en interne. Le Dali-2T permet aussi de régler globalement le niveau d'une région avec des pentes de durée variable en entrée et en sortie. (fadein/ out). Une facilité toujours très appréciée des utilisateurs de DtD est la fonction Undo. Le Dali-2T en offre deux variantes : la touche Undo présente sur la télécommande permet d'annuler la dernière manipulation effectuée, montage ou enregistrement. Pour remonter plus loin, il faut entrer dans le menu Undo, qui retrace l'historique de tous les enregistrements ou montages effectués depuis le début de la séance. Là encore, bravo aux concepteurs : l'utilisateur découvre un affichage clair du niveau d'Undo, ainsi que la description brève, mais précise, de la manipulation rappelée. De plus, la navigation à travers tous les états successifs du projet est d'une facilité déconcertante. Notons que «Undo» ne s'applique pas aux fonctions DSP ou de synchronisation...

... et moins courantes

Passons aux fonctions plus particulières du Dali-2T. Nous l'avons vu, le domaine privilégié de ses concepteurs est le time stretching. L'amplitude proposée est de +/- 4 octaves (!), et l'utilisateur a le choix entre sept algorithmes selon le genre de modulation traité (voix, classic, pop...). On peut même accéder à la «largeur de fenêtre du traitement» - le nombre d'échantillons de chaque bloc analysé -, afin d'affiner les résultats. Les fonctions de pitch shifting ne sont pas en reste, avec une plage de +/- 2 octaves (le réglage s'effectue en demi-tons et cents). On retrouve d'ailleurs les noms d'algorithmes et le réglage de largeur de fenêtre de la fonction Timestretch. Quant au varispeed, il travaille également dans une gamme de +/- 2 octaves, au cent près. Si ces manipulations temporelles nécessitent un temps de calcul préalable, les égalisations, traitements dynamiques et modifications de niveau (par la molette de Jog !), les mêmes pour les deux pistes, ont lieu en temps réel. L'égaliseur possède quatre bandes identiques couvrant tout le spectre (+/- 15 dB), avec choix possible entre high, low ou «vrai» paramétrique. Le compresseur/limiteur/ gate permet de sélectionner le ratio, le niveau maximal de sortie, le seuil d'action, le niveau de gate, ainsi que les temps d'attaque et de relâchement (instant, fast, medium et slow). Ces présélections sont une bonne idée : dommage qu'elles concernent à la fois attaque et relâchement. Impossible d'obtenir par exemple une attaque rapide et un relâchement long.

Et la synchro ?

La synchronisation à une machine externe s'effectue en SMPTE ou MTC, le Dali-2T travaillant obligatoirement en esclave. Une fois qu'il a démarré, un «trou» de code laisse le Dali de marbre. En revanche, une défaillance de plus de 300 ms du signal de synchronisation numérique (soit le code lui-même, soit une référence vidéo, soit un signal AES/EBU) provoque un arrêt immédiat de la machine. Autre subtilité : dès qu'il est en lecture, le Dali-2T génère un code temporel correspondant à la valeur affichée sur l'écran LCD. Dernière fonction : l'encodage PQ. Il suffit d'entrer l'heure correspondant aux débuts et aux fins de plages du futur CD, l'appareil fait le reste...

Pour finir

Le Dali-2T est un produit bien sympathique, facile d'emploi, qui se révèle très commode à la fin d'un mixage, lorsqu'il faut ordonner les titres, soigner les transitions, corriger un peu par-ci, comprimer un peu par là... En quelque sorte, tout ce qu'on appelle le prémastering ! Asservi à un code temporel, il sera toujours utile dans les régies vidéo non équipés de workstations, où ses fonctions de manipulation temporelles participeront au synchronisme de nombreux effets et dialogues (le time stretching, appliqué dans des proportions «raisonnables», ne s'entend pas)... L'apprentissage du fonctionnement est très rapide, les quelques instabilités logicielles rencontrées sur notre exemplaire, qui avait beaucoup bourlingué, ont été corrigées, et la qualité audio Fairlight est bien là. Bref, le seul obstacle sur la route du Dali-2T réside dans son prix. On nous annonce 59 900 F HT : voilà qui dissuadera plus d'un utilisateur potentiel. Messieurs les Australiens, un petit effort, les budgets serrés apprécieront... P.S. : nos plus vifs remerciements à Fairlight France (Studio de La Frette), qui nous a permis de tester longuement, et en exclusivité, la seule machine disponible sur le territoire français.


IN

La qualité audio, celle du time stretching, ergonomie de la télécommande, fonctions «rares» (PQ), facilité d'exploitation, multiples niveaux d'Undo...

OUT

Le prix, le compresseur/limiteur un peu trop simplifié dans ses réglages, pas de possibilité d'enregistrer en bipiste, pas d'affichage de formes d'ondes, pas de connexions aux formats jack ou cinch pour les «semi professionnels»...

Franck Ernould

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