Après le succès mérité du Roland JV-1080, voici une nouvelle version, forte de quelques nouveautés incontournables et d'améliorations notoires. Un lifting tout en nuances.
Le Super JV-1080 s'est imposé depuis quelques années comme l'expandeur de référence dans les home studios, petits ou grands ; son prix très abordable et ses capacités sonores extensibles ouvraient alors la voie à une nouvelle génération de machines. Le JV-2080 est une mise à jour conséquente de son aîné. L'effort a été porté sur les extensions, la gestion des sons, les effets internes et enfin la clarté du soft mis en lumière par l'excellent écran graphique. Les autres caractéristiques du 1080 ont été conservées : huit sorties séparées, MIDI In/Out/Thru, banques classées par patches, performances (ensemble de patches), multitimbralité de 16 voix, polyphonie de 64 voix, extension par cartes venant s'enficher sur la carte mère (un peu plus de 200 patches par carte en moyenne).

Extension
Si le JV-1080 contenait quatre slots d'extension, le 2080 en est équipé de huit ! Une des raisons les plus évidentes à ce choix réside dans le nombre de cartes figurant au catalogue : une dizaine. La dernière sortie en date est la SR-JV 10 Bass & Drums, basée sur des échantillons de la société Spectratronics et faisant intervenir des instrumentistes tels que Marcus Miller, pour ne citer que le plus connu. Cette nouvelle carte est un des kits de sons les mieux réussis de la collection. Avec huit slots, et toutes les cartes sons installées, vous aurez l'expandeur le plus puissant du marché. On peut toujours se poser la question de savoir s'il est réellement nécessaire d'avoir autant de sonorités à disposition. Cependant, force est de constater qu'en cas de maquette, pré-production, voire même de définitif, les cartes d'extensions thématiques peuvent parfois remplacer avec brio la banque médiocre d'un échantillonneur quelconque, dispensant du coup des innombrables paramétrages d'un timbre survenant après l'étape du sampling. En effet, le confort est bien plus grand lorsqu'on dispose instantanément de sons calibrés, propres et bien listés.
Gestion rapide
Le problème majeur que l'on peut rencontrer avec un expandeur bourré de sonorités, c'est la gestion de celles-ci. Pour y faire face, Roland, avec son 2080, a prévu un nouveau système de recherche rapide et précis des sons, où ont été mis à contribution le nouvel écran LCD rétro-éclairé (320 x 80) et la touche «value». Le fait d'exercer une pression sur le bouton rotatif situé à droite de l'écran ouvre une page sur ce dernier, affichant la liste des patches d'une banque. En bas de cette page, un menu autorise le défilement les banques (ou cartes) user, PRA, PRB, GM, XPA... Ensuite, vous vous promènerez dans la fenêtre, soit à l'aide du bouton rotatif, soit avec les quatre flèches de déplacement. Vous bénéficiez également de touches de progression par dizaine fonction que nous avions déjà sur le 1080, déclenchée d'ailleurs par la pression du bouton rotatif -, et d'un switch «catégorie» pour afficher un préfixe devant chaque son - fx pour son type effet spécial et ainsi de suite.
Ecoute contextuelle
Désormais, Roland propose une notion de «phrase preview», en lieu et place du classique «preview ». Explication : quand sur le 1080, nous voulions écouter le type de timbre affiché à l'écran, s'il s'agissait d'une recherche rapide, nous pouvions, par simple pression du bouton de volume, entendre une note, faisant ainsi résonner le timbre. Pratique, mais pas très parlant, et surtout inefficace quand nous étions en présence d'un kit de batterie, car nous n'avions qu'une note correspondant forcément, dans ce cas précis, à un seul timbre du kit (grosse caisse par exemple en C1). Avec le 2080, plus de soucis, car par une pression continue du bouton de volume, vous écouterez une phrase musicale complète, mettant du coup en évidence les subtilités d'un timbre, comme par exemple les phrasés de basse ou les grooves de batterie. Une très bonne idée dont devraient s'inspirer d'autres modèles de la marque (n'oublions pas que les XP- 50 et 80, ou le JD-990 entre autres, peuvent recevoir une ou plusieurs extension sons de cette série).
Effets distincts
Là encore, Roland a voulu pousser les choses encore plus loin puisque maintenant nous disposons de trois parties d'effets bien distinctes par patch, ou bien à se partager dans une performance. Vous avez le choix entre un module de réverb totalement indépendant, un chorus et les classique EFX regroup ant compresseurs, égaliseurs, distorsion, combinaison de multieffets (comme enhancer/délai par exemple), soit quarante traitements de qualité. La touche «general» du menu des effets est bien le reflet de la grande qualité du soft : elle affiche un diagramme complet du routage avec niveau et dosage vers les sorties, un vrai plaisir donnant réellement envie d'utiliser ce module. Les paramètres sont très complets, et au risque de paraître quelque peu subjectif, j'avoue que la comparaison lors du test de patches personnels entre un 1080 et un 2080 m'a laissé songeur . Il n'y a pas de doute, le 2080 dans certaines conditions, sonne vraiment mieux. Peut-être est-ce du à la présence de ces effets ? En tout cas, il ne s'agit nullement d'un gadget, mais bien d'une évolution nécessaire.
Façade améliorée
Quelques mots pour signaler les changements apportés à la face avant par rapport au 1080. Le slot de carte PCM disparaît seul le Data Card subsiste -, l'écran qui semble nous arriver tout droit du JD-990 fait donc peau neuve, la commutation On/Off des effets s'effectue désormais sur trois touches comme nous venons de le voir, et six switches situées sous l'écran (F1 à F6) permettent la gestion de celui-ci dans l'accès aux pages. Enfin, le bouton «category» devient vite indispensable face à la recrudescence de noms aussi ésotériques que «Enlighten» ou bien encore «Grungeroni» qui comme son nom ne l'indique pas forcément cache une guitare saturée très sympathique.
Conclusion
Les améliorations sont flagrantes et bienvenues, car elles soulagent véritablement l'utilisateur d'un nombre de tâches jusqu'à présent fastidieuses à réaliser sur le JV-1080. La synchronisation MIDI (LFO boucles...) est bien implantée, les effets s'avèrent plus indispensables que jamais et l'écran ne fait que confirmer l'impression qu'il est de plus en plus inconcevable de travailler avec des appareils toujours plus performants et complexe sans qu'une interface visuelle de qualité ne vienne les compléter. Oserions-nous cependant émettre un ou deux petits regrets ? Primo, la polyphonie de 64 voix reste inchangée. C'est dommage car le 1080 souffre déjà d'un léger problème quand on l'utilise en multitimbral sur 16 canaux - cela aurait pu être l'occasion de doubler la polyphonie. Secundo, pourquoi n'avoir qu'un seul port MIDI, alors qu'un SC-88 en possède deux. Quitte à doubler les slots d'extension, à modifier l'affichage, pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Bon d'accord, on en demande un peu trop, mais si on ne demande rien, on aura... rien. En tout cas, voici une nouvelle version de la série JV très prometteuse qui, au prix généralement constaté de 11 490 TTC, devrait satisfaire bon nombre de musiciens exigeants.
IN
L'écran, les slots, l'ergonomie générale, la qualité des effets.
OUT
La polyphonie inchangée par rapport au 1080. Innovation/ amélioration : ***** Qualité des sons : ***** Ergonomie : **** Rapport qualité/prix : **** Nul *, insuffisant **, moyen ***, bon ****, excellent *****
CMDM .