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Ensoniq ASR-X

Article paru dans Keyboards/Home Studio n°115

01 janvier 1987

Symbolisant l'aboutissement de plusieurs années de recherche dans les domaines du sampling et de la synthèse, l'ASR-X s'adapte parfaitement au format utilisateur d'aujourd'hui.

Connu pour ses échantillonneurs depuis 1985 - année de création du légendaire Mirage -, Ensoniq a régulièrement revisité sa gamme pour le plus grand plaisir de ses utilisateurs, et l'arrivée d'un nouveau produit a toujours constitué un événement en soi. Jusqu'à présent, les samplers de la marque se présentaient soit sous la forme d'un clavier, soit en rack 19 pouces. Aujourd'hui, avec l'ASR-X, le constructeur emprunte un concept cher à Sequential (Studio 440) ou à Roger Linn (Linn 9000), c'est-à-dire une station de travail sans clavier, non rackable, à poser sur une surface plane. A la fois parce que le public visé semble être issu du monde techno (écoutez les démos) et parce que l'on imagine que celui-ci se désintéresse du clavier (un vaste débat !), les fabricants nous proposent de plus en plus fréquemment ce genre de format. L'avenir nous dira si son usage traversera le temps et les moeurs.

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Front

Très sobre, la face avant dispose d'un clavier (!) de pads souples, correspondant à treize notes de base (transposables, bien entendu par l'action de deux switches), de Do à Do. Tout y est clair, chaque partie étant clairement présentée. Mais avec une ergonomie si bien pensée, la petitesse de l'écran (8 x 1,5 cm) saute aux yeux ! D'une part, la taille de l'ASR-X permettrait d'accueillir un large display, d'autre part, le choix stratégique d'orienter ce modèle vers la workstation oblige l'utilisateur à traiter un grand nombre d'informations sur une même machine. A la décharge d'Ensoniq, il faut reconnaître que la gestion de son écran lilliputien est extrêmement bien conçue. On retrouve avec joie le système rencontré sur le MR76 (voir KB 104), à savoir une division horizontale de l'écran en deux parties, avec une commande de menu à gauche et un choix par crémentation/ décrémentation à droite. Un système simple, très efficace et qui a fait ses preuves.

Back

Quelques bonnes surprises nous attendent au dos de l'instrument. D'origine, l'ASR-X possède deux sorties générales, droite et gauche. Cependant, attention, car à l'inverse de la plupart des appareils du marché, aucune d'elles ne délivre un signal stéréo, elles sont d'ailleurs toutes les deux notées «mono». A côté de ces sorties, on trouve une prise casque, deux entrées audio (L/R), complétées par un réglage de gain, un sélecteur micro/ligne et une prise footswitch double avec priorité au sustain, tout ce beau monde étant au format jack 6.35. Le trio MIDI In/Out/Thru est de la fête et le reste de la face arrière, bien qu'obstrué sur notre modèle d'essai, annonce une bonne nouvelle : il s'agit de la carte optionnelle permettant de passer à dix sorties séparées (8 + 2 d'origine). Un autre emplacement pourra recevoir la liaison SCSI de type II, un standard qui tend à se généraliser ces derniers temps, mais sachez qu'il n'est pas toujours facile de se procurer un câble SCSI classique (25 ou 50 broches) d'un bout avec un SCSI II à l'autre. En d'autres termes, vérifiez vos supports de mémoire de masse avant de vous lancer dans la grande aventure du SCSI.

Memory

Contrairement aux autres modèles de la marque (ASR-10 et 88), la mémoire vive n'est pas limité à 16 Mo, mais extensible à 34 Mo (2 d'origine + 32). Autre bonne nouvelle, cette extension s'effectue par l'ajout de barrettes SIMM au format 72 broches le plus répandu actuellement. Néanmoins, il faudra rester vigilant sur la qualité de ces mémoires, le constructeur préconisant un temps d'accès de 70 nanosecondes et une tension d'alimentation de 5 volts, et non 3 volts comme d'autres barrettes SIMM. Enfin, signalons qu'il n'existe qu'un seul slot d'extension, rendant par là même impossible la combinaison de barrettes. Vous pourrez donc monter votre ASR-X en 6 (4+2), 10 (8+2), 18 (16+2) et 34 Mo (32+2). Tout cela vous permettra d'échantillonner d'environ dix secondes (en stéréo à 44.1 kHz) à trois minutes (en version 34 Mo).

Sampling

L'intérêt d'une telle machine découle directement de la capacité mémoire que l'utilisateur veut bien lui attribuer. En clair, n'hésitez pas à gonfler vos outils de travail ! J'ajoute qu'il a été un peu frustrant de tester l'ASR-X en version de base, tant la qualité du son et les diverses possibilités offertes sont grandes. Bonne nouvelle, les échantillons stockés dans l'appareil le sont au format AIFF (Mac), donc, il ne devrait pas y avoir de problème pour transférer ceux-ci vers une station informatique équipé d'un logiciel de traitement idoine. La version testée (la 1.10) se targue d'une compatibilité avec les banques de sons ASR-10. Les instruments seront donc convertis dans l'appareil et ramenés au format AIFF. Cette solution risque d'ailleurs de s'imposer rapidement, car l'ASR-X ne dispose pas de tous les réglages à la mode, comme le time stretch ou encore le pitch shift. Par contre, le resampling, cher à la marque, fait des merveilles et on comprend mieux, en l'utilisant, la philosophie «plug'n play» d'Ensoniq - je rajouterais volontiers «and just let's play». A l'évidence, la programmation poussée ne fait pas partie des objectifs de l'ASR-X, mais qu'importe : ce style de station de travail est avant tout dédié à la création instantanée et non à la bidouille nocturne ! Vous trouverez donc les classiques fonctions de troncature, copie, normalisation et réglage de seuil. Quant au sampling, il peut se faire à travers le bloc d'effets interne (toujours excellent) et cette pratique emporte encore une fois notre adhésion la plus totale. Ajoutons à tout cela le resampling, via le Scratch Pad ?, tampon dédié à recevoir le produit d'une combinaison à rééchantillonner, et la machine à groover est en route ! La qualité du sampling reste très correcte et le préamplificateur autorisant le branchement direct d'un micro se comporte honorablement.

Sequencer

Comme nous l'avons évoqué plus haut, il s'agit bel et bien d'une station de travail ; nous trouvons donc aux côtés de la partie échantillonneur, un séquenceur 16 pistes, d'une capacité de 40 000 notes, doté d'une résolution de 384 ppqn, ce qui reste dans une très bonne moyenne (résolution d'un Cubase sur Mac par exemple). La quantisation semble être d'ailleurs un souci majeur des ingénieurs de la firme, car pas moins de quatre pages du mode d'emploi illustrent les possibilités d'édition allouées à cette fonction. Du reste, une banque de vingt-trois gabarits (template) de «groove quantize » est fournie. Un véritable cours ! Bien entendu, chaque piste est «routable» vers le bus d'effet et toutes les configurations de mix sont permises. Pour terminer, signalons que vous disposez d'un lecteur de disquettes 3,5 pouces HD, et que les séquences, au format MIDI Files, peuvent être relues sur un Mac ou un PC. Ce séquenceur est un modèle du genre qui n'a rien à envier aux stations de travail informatique ! Comme il n'est pas toujours facile de préparer une séquence rapidement, avec seulement des banques d'échantillons, Ensoniq a eu la bonne idée d'équiper l'ASR-X d'un module de sons de la gamme MR. Celui-ci peut être gonflé par une des cartes d'extension de la série. Cent vingt-huit sons répartis en dix-huit banques thématiques animent le coeur du générateur d'ondes. Au niveau presets, on y trouve ce que l'on veut, pourvu que l'on s'intéresse un tant soi peu à la techno et autres grooveries. Au moins, le choix est clair ! Au détour de la liste des formes d'ondes, on remarque les dents de scie, carré, triangle... de quoi faire de la synthèse analogique et simuler les collectors et autres coucous pas très abordables. De plus, signalons la réalisation d'un environnement sous Logic créé par Laurent Chapin, permettant de contrôler un grand nombre de paramètres de l'ASR-X . Bravo pour cette excellente initiative !

Finish

Sampler, séquenceur, synthétiseur, boîte à rythmes, l'ASR-X est résolument tourné vers le live et l'action directe, et ne manque certes pas d'atouts. Le concept «tout en un» est bienvenu pour le musicien baladeur. Pour le «home studiste», il s'agit pratiquement du coeur du système, tant il est possible de se reposer sur la qualité du séquenceur.. Pour le prix public constaté de 14 500 F, voilà une station de travail pas comme les autres qui devrait en faire craquer plus d'un !

IN

Le concept, la qualité du sampling, le séquenceur, les extensions.

OUT

L'écran, un seul slot SIMM, le SCSI en option Conception : **** Qualité sonore : ***** Ergonomie : **** Rapport qualité/prix : *** Nul *, insuffisant **, moyen ***, bon ****, excellent *****

CMDM .

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