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Kurzweil K2000VP

Article paru dans Keyboards/Home Studio n°119

01 janvier 1987

Après avoir brillamment imposé son haut de gamme, le K2500, comme standard professionnel, Kurzweil ressuscite le K2000, décliné en rack et clavier, et équipé d'un logiciel revu et corrigé.

Testé par Michel Geiss dans sa version rack en juin 95 (KB 89), le K2000 est resté un standard des années 90. Cette série annonçait avec brio le renouveau de la marque, qui, après quelques avatars (comme de nombreuses autres sociétés américaines), avait eu la bonne idée d'être absorbée par le fabricant de piano coréen Young Chang. En clavier, puis en rack, le K2000 offrait de nombreuses sonorités, un soft évolutif et des capacités de lecture d'échantillons tous azimuts. /medias/khs/119/article-1027/urtz_1.jpg On pouvait aussi lui adjoindre une carte d'échantillonnage agrémentée d'entrées/sorties numériques. La combinaison synthé/sampler était née ! Au delà de l'innovation, le K2000 souffrait quand même de quelques petits défauts (le clavier des toutes premières versions entre autre). Avec la série des 2500, Kurzweil représentait la marque haut de gamme, puisque ses prix (hormis l'excellent PC88) réservaient ces modèles à une élite professionnelle chanceuse, mais fortunée. Le K2000VP s'inscrit dans une logique plus abordable, en conservant les atouts qui ont contribué au succès de la série originelle.

Quoi de neuf ?

En ce qui concerne l'aspect extérieur, le moins que l'on puisse dire est qu'il ressemble à s'y méprendre à son petit frère sorti il y a quelques années. Le traditionnel lecteur de disquettes est sur la gauche, surmontant les molettes de pitch bend et de modulation, et un curseur de «data» jouxte le contrôleur de volume. Suivent les touches de sélection de menu, et l'écran agrémenté de touches d'accès aux différents menus. La partie droite de la face avant héberge la molette de type alpha dial, ainsi que le pavé numérique. La face arrière est pourvue de deux groupes de sorties stéréo séparées, en plus des générales, de la prise casque, d'une entrée pour pédale volume et deux autres pour pédales de commande. Le MIDI est forcément là, côtoyant un connecteur SCSI 25 broches monté d'origine. Pour les retardataires, rappelons brièvement que les K2000 possèdent un séquenceur, qu'ils sont multitimbraux, qu'ils savent interpréter les banques de sons Roland, Ensoniq, Akai et... Kurzweil bien sûr. Leur polyphonie est de 24 notes (réelles), et les layers (trois) sont possibles.

Version 3.54

Comme on pouvait s'en douter, une nouvelle version de machine suppose aussi une nouvelle mouture de soft ! Sans détailler les 3.01 ou 3.18, voyons un peu ce qu'il y a de nouveau. Désormais, vous disposez de huit groupes de trente-deux layers pour les drum maps, les MIDI Files de type 1 peuvent être importés, les disques durs de deux Go sont supportés, et le formatage des disquettes s'effectue à la chaîne (entendez par là qu'il n'est plus utile de repasser par la page «format» après chaque opération !). Le menu Info Soft, dans la page Utilitaire, donne la version de la mémoire de masse sélectionnée et une double vérification s'effectue lors des copies et sauvegardes en tout genre ! La copie de plusieurs fichiers simultanés est maintenant possible. Enfin, une nouvelle option de commande pour la pédale de sustain consiste à ne plus couper le release de l'enveloppe en même temps que la réception du message sustain off. Pratique pour les sons à temps de relâchement important. Comme vous pourrez le constater, Kurzweil ne rate pas une occasion de réévaluer son système d'exploitation et les améliorations apportées par couches successives depuis la première mouture sont légions. Avec la version 3 était d'ailleurs arrivé cet excellent séquenceur 32 pistes, avec piste d'arrangement, groove quantize, enregistrement multicanaux MIDI... /medias/khs/119/article-1027/kurtz_2.jpg Petite parenthèse au passage pour les possesseurs de K2000 qui ne seraient toujours pas passés en v.3. Pour les K2000 et K2000VX, il existe deux types de cartes mères : Janis et Calvin ! Si vous voyez apparaître un «j» après le numéro de version de l'appareil, il s'agit de Janis, s'il n'y a rien, c'est donc Calvin qui se cache dans l'engin ! Cette information est indispensable pour les possesseurs de ces synthés, afin de préciser au S.A.V. compétent la version exacte avant de commander l'EPROM d'upgrade pour passer en v.3.

Les sons

Le K2000VP est livré avec deux cents sonorités en ROM (8 Mo extensible à 24), 2 Mo de RAM pour la lecture des échantillons (extensible à 64), et 120 Ko de PRAM (extensible à 760 Ko). Ajoutons à cela la présence de cent setups, ensembles de programmes (trois zones) répartis sur le clavier (splitables ou empilés). A ce stade de l'essai, on peut noter l'existence du K2000XV qui possède simplement d'origine plus de sons en présélection (ROM et PRAM plus importante). Les sonorités sont fidèles à la réputation de l a marque et les presets ressemblent étrangement à ceux des séries K2500 ! Sinon, nous sommes encore en présence de la synthèse V.A.S.T. (pour Va r i a b l e Architecture Synthesis Technology) et disposons toujours de vingtquatre oscillateurs (plus 72 traditionnels pour la génération de forme d'onde de synthé). D'une manière générale, les sons sont très bien calibrés, mais on pourra regretter cependant les effets, à mon goût pas assez discrets. La grande nouveauté (et quelle bonne surprise !) réside dans la fourniture d'origine d'une banque de sons (livrée sous la forme de disquettes), regroupant échantillons et programmes des plus grands synthétiseurs analogiques, ceux qui ont marqué notre temps. Du Minimoog en passant par tous les classiques Roland, on découvre le légendaire ARP Chroma, les Odyssey et autres Matrix 12. Au total, pas moins de trente disquettes sont réunies (échantillons et programmes compris), pour constituer, il faut bien le dire, une des meilleures banques actuelles de sons analogiques samplés.

Et le MIDI ?

La multitimbralité de l'appareil couvre seize canaux, mais on pourra regretter la polyphonie un peu faible de 24 voix ! La page MIDI est toujours aussi simple d'accès et regroupe l'ensemble des données nécessaires au traitement des informations : transmission, réception, réglage particulier de chaque canal, de sorte qu'en un seul coup d'oeil, on a la photographie complète d'un canal et donc d'une partie multitimbrale. Les deux curseurs situés à gauche de l'écran permettent (quand le mode MIDI est sélectionné) de visualiser l'ensemble des parties MIDI. A noter, le Quick Access qui regroupe en une seule fenêtre un ensemble de paramètres liés à un programme : la transposition, les parties de son utilisées, le canal MIDI, etc. Nous l'avions mentionné plus haut, les fichiers MIDI Files de format 1 sont désormais importés ; rappelons qu'il s'agit du format de sauvegarde MIDI File en pistes séparées auxquelles s'ajoutent la possibilité de conserver leur nom. D'une manière globale, le K2000VP ne souffre pas de défauts particuliers au niveau MIDI. La partie séquenceur, quant à elle, bénéficie des améliorations de la v.3 (voir plus haut) et la fluidité des événements indique la présence d'un buffer digne de ce nom. Sampling : lecture et enregistrement... Fidèle à la philosophie adoptée depuis quelques années, le K2000VP est en tous points identique à ses frères et soeurs ; il est donc livré avec 2 Mo de mémoire vive extensible à 64. Cet upgrade s'effectuant par barrettes SIMM 30 broches, il est fortement conseillé de monter dès l'achat un maximum de mémoire : d'une part, parce que ces barrettes sont en voie de disparition (elles ne sont plus fabriquées, mais toujours disponibles sur le marché), d'autre part, la plupart des banques de sons compatibles avec le K2000 seront au minimum de quatre Mo, et, le plus souvent, de 8 ou de 16 (Akai ou Roland...). Il va sans dire que les 2 Mo fournis d'origine sur le K2000VP feront très rapidement pâle figure. On se demande d'ailleurs pourquoi les constructeurs, puisque Kurzweil est loin d'être le seul, n'équipent pas leurs machines, dès l'origine, d'au moins 8 Mo. Ce constat est d'autant plus frappant qu'avec la baisse des prix des supports mémoire en tous genres, il est dommage d'avoir à ouvrir ou d'être obligé de demander aux S.A.V. agréés de réaliser cette «manip» (ne serait-ce que pour ne pas invalider la garantie de l'appareil). La compatibilité avec les fichiers Roland, Akai, Ensoniq et le format générique WAV ne pose aucun problème et hisse le K2000VP au plus haut niveau des systèmes compatibles. On pourra toutefois regretter que la fameuse banque de sons E-mu ne soit pas entendue par les enfants Kurzweil ! Le grand intérêt d'un appareil mixte synthé/sampler, même s'il est comme le K2000VP dépourvu de carte d'échantillonnage (qui reste optionnelle), c'est de pouvoir utiliser des bases de sons échantillonnés et de mettre à profit l'ensemble de la technologie V.A.S.T. Cette philosophie complète à merveille l'aspect quelque peu restrictif des sacro-saintes PCM stockées une fois pour toutes dans la ROM de nos synthétiseurs. A mon sens, c'est la combinaison la plus souple qui soit : l'intérêt du synthétiseur et son côté «plug'n play» complété par la lecture, voire, l'enregistrement d'échantillons en tout genre. En ce qui concerne les compatibilités de disques et de CD-ROM, une liste est disponible sur le site Internet du constructeur : http//:www.youngchang. com/kurzweil.

/medias/khs/119/article-1027/kurtz_3.jpg

K2000VP contre K2500 ?

Il est tentant d'effectuer un petit comparatif rapide entre deux générations d'appareils si semblables sur leur base de fonctionnement. Bien sûr, les différences vont surtout se situer au niveau des capacités : 24 voix de polyphonie pour le K2000VP contre 48 pour le K2500, mémoire vive extensible à 64 Mo sur le K2000, 128 pour son grand frère, un slider de contrôle sur notre appareil, huit sur le haut de gamme de la marque ! Au delà de ce constat multiplicateur par excellence, on remarque que le moteur de base répond sensiblement de la même façon. Une différence plus évidente se fait entendre dans le traitement des effets, mais s'agit-il d'une orientation de la programmation, d'une capacité de traitement des DSP ou d'un simple sens subjectif (j'ai une machine moins puissante et moins chère entre les mains, sonne-t-elle moins bien ?), vaste débat ! L'autre élément de comparaison réside dans le clavier, les racks étant beaucoup plus proches selon la version 2000 ou 2500. Il faut rendre à César... Le K2000VP propose un clavier de cinq octaves de Do à Do, avec le C4 comme point central (drôle d'idée !). Les touches sont relativement souples, mais ne sont pas près d'atteindre la qualité des claviers piano PC88 ou des K2500 ou K2500X. En revanche, le K2000VP reste, lui, transportable. A chacun ses qualités !

Concluons

Après un grand lifting, le bon vieux K2000 nous revient d'une cure de jouvence bien méritée. La thérapie a été bénéfique car il s'agit désormais d'un modèle réellement abouti. Les capacités de stockage et la qualité sonore du K2000VP associées à son séquenceur «turbo» (depuis la v.3.0) font de ce synthé un excellent outil de travail pour tout ceux qui recherchent une machine évolutive (les options), tout en démarrant avec un budget raisonnable (14 950 F TTC, prix conseillé au 1/2/98). Pour tous ceux qui auront compris l'intérêt d'avoir un synthétiseur associé au sampler, le K2000VP constitue un ticket d'entrée déjà professionnel dans le monde de la création musicale et de la synthèse.

IN

Le soft v.3.54 avec la gestion élaborée des mémoires de masse, le séquenceur 32 pistes, la superbe banque de sons analogiques (fournie sur disquettes), l'écran.

OUT

La polyphonie limitée (en regard de la multitimbralité de l'appareil), un seul slider de contrôle sur la face avant, une seule prise SCSI. Ergonomie : ***** Qualité des sons : **** Rapport qualité/prix : ***** Nul *, insuffisant **, moyen ***, bon ****, excellent *****

CMDM

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