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Korg SGproX

Article paru dans Keyboards/Home Studio n°121

01 janvier 1987

A la fois piano électronique de grande facture et clavier-maître d'un home studio ou d'un setup de scène, le SGproX s'impose dans ce secteur assez peu fréquenté par les constructeurs.

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Après un détour quasi obligé par les pianos de salon, Korg retrouve avec brio les lettres de noblesse du modèle «on stage», ou plus simplement de l'hybride» piano électronique/ clavier de contrôle». Il faut remonter à la série des SG1 pour croiser ce type d'appareil chez le constructeur nippon. A l'époque, ils avaient fait sensation auprès des professionnels car leur toucher mixte les destinaient autant au pianiste se consacrant aux synthés qu'au synthésiste désirant s'initier à d'autres touchers que ceux (assez pauvres) des synthés. Comme le veut la coutume, qui dit piano dit 88 touches, c'est le moins que l'on puisse attendre d'un clavier sensé émuler le piano classique ! Le SGproX répond à cette norme et se distingue de certains de ses homologues par son encombrement relativement réduit. Inconvénient de ces dimensions «allégées» : les molettes de pitch bend et modulation sont situées au dessus des cinq premières notes de gauche. Cette concession donne le ton et on devine que la priorité du fabricant est de proposer un bon clavier/piano, et pas forcément un clavier de contrôle équipé d'une ROM de sons de piano. Choix d'autant plus logique que ces accessoires que sont les molettes ne sont pas des plus utiles quand on joue avec des timbres de... pianos ! En revanche, comment s'en passer dès qu'il s'agit de moduler un son de synthé ? C'est un des principaux griefs qu'on peut signaler à l'évocation de prendre un piano numérique «classique» pour l'utiliser tel un clavier de commande, tant l'absence de molettes bien souvent constaté s'affiche comme un défaut rédhibitoire. Le clavier, lui, est bien pondéré, et rappelle celui des pianos numériques des séries 5000 et suivants (un peu plus dur peut être...). Tout cela reste subjectif et dépend souvent de l'instrument sur lequel nous avons tous fait, un jour ou l'autre, notre apprentissage, pour le plus grand désarroi des voisins. La technologie marque donc un point définitif avec la possibilité de travailler en appartement à trois heures du matin... au casque ! Pas de mécanique complexe, du style marteaux, donc pas de poids superflu (24 kg seulement). Voilà qui simplifiera aussi l'entretien de l'appareil. On se souvient des Prophet T8 Sequential ou des plus récents pianos Wersi, dont la qualité du toucher n'avait d'égale que la fragilité des éléments qui constituaient le clavier. Korg assure dans la simplicité, ce qui est plutôt rassurant.

Tour du propriétaire

Sobre et claire, la face avant propose toute une série de curseurs situés à gauche de l'écran : un pour le volume, cinq pour l'égaliseur et quatre assignables. L'écran à cristaux liquides de deux lignes de vingt caractères, est rétro-éclairé. La taille extraordinairement importante de chaque lettre/chiffre (1 cm de hauteur !) donne une lisibilité difficile à prendre en défaut, si bien qu'on regrette presque de ne pouvoir bénéficier que de deux lignes de texte - on imagine sans peine les problèmes d'encombrements si on devait obtenir toutes les infos d'une page de Trinity, par exemple ! A gauche de l'afficheur, quatre touches de fonctions assurent le changement de banque, la mise en/hors service des effets (un bon point quand on se rappelle que chez ce constructeur, il fallait, il n'y a pas si longtemps, entrer dans le menu «global» pour accéder à cette fonction - pas pratique en utilisation «live») et la sélection du mode de clavier, à savoir split, layer ou single. Enfin, un dernier switch permet de sélectionner alternativement les fonctions de transposition, accordage de l'appareil et le retour au mode normal d'affichage - le nom du timbre. A la droite de l'afficheur, on trouve le traditionnel curseur de crémentation/décrémentation, flanqué de ses deux touches + et -. Situées sous la partie centrale, deux touches valident le déplacement du curseur à l'intérieur de la zone d'écran. Pour finir, les touches de sélection de programmes et de performances, au nombre de seize, permettent un accès instantané à soixante-quatre présélect ions ( banques A à D ) . Complétées par trois boutons verticaux, ces switches forment un tableau sérigraphié, qui, à la manière des synthés/boîtes à rythmes d'antan de Korg, autorisent l'entrée à l'ensemble des paramètres du SG pro X . Astucieux et redoutablement efficace car à aucun moment, il ne faut rentrer dans des pages et sous-pages d'écran pour découvrir une quelconque fonction cachée (à noter qu'il faut parfois se déplacer horizontalement dans l'écran dans le cas de pages plus fournies en éléments, le MIDI par exemple). Ici, tout est lisible, tout de suite, et d'une programmation simplissime. Un très bel exemple d'ergonomie qui devrait en réconcilier plus d'un avec les claviers numériques. La face arrière est sans grande surprise si ce n'est la présence de deux fois deux bornes MIDI (A et B) et d'un MIDI Thru. Chaque groupe de deux prises Out transmet les mêmes données, assimilant ce système à un mini MIDI patch bay. Le constructeur souligne ici la deuxième vocation du SGproX, celle de clavier-maître d'un système MIDI. Trois prises d'entrées sont là pour accueillir des pédales de sustain, expression et autre switch. Les sorties audio sont de simples couples stéréo (une seule paire) droite/ gauche et, une fois n'est pas coutume la prise casque est... en façade !

Les timbres

Au nombre de soixante-quatre (quatre banques de seize sonorités pour soixante-quatre voix de polyphonie), le SGproX est assez bien fourni. La palette couvre, bien entendu, la famille des pianos, passant du timbre classique à celui des électriques en tout genre. Le mode de synthèse est le système AI, propre à la marque. A la différence d'un synthétiseur, on ne pourra pas partir d'une forme d'onde pour entièrement éditer un son (partir de zéro, en quelque sorte) ; la logique du SGproX veut que l'on démarre la programmation d'un timbre présélectionné dont on modifiera des paramètres généraux comme l'enveloppe, la brillance, l'interaction entre le toucher exercé sur le clavier et l'évolution du son. Somme toute, l'utilisation de ce clavier est simple et volontairement limitée aux réglages les plus élémentaires. Le propos, ici, n'est pas de programmer à outrance, mais bien d'ajuster quelques très bonnes sonorités de base triées sur le volet par les sound designers de Korg. Cependant, on regrettera que l'égaliseur de la face avant (graphique à cinq bandes) ne puisse mémoriser ses réglages avec un programme. Seule une astuce consistant à solliciter une tranche d'effets interne d'égalisation permet d'associer un EQ à un timbre... Dommage ! Car, comme le dit si bien le manuel, l'égaliseur permet de régler la tonalité à notre convenance, il va sans dire qu'elle est forcément différente d'un timbre à un autre (du piano de concert aux cloches et vibraphone pour ne citer qu'eux). De surcroît, l'utilisation scénique du SGproX ne risque pas de faciliter la manipulation de ces curseurs dans le noir de la salle. Un bon conseil : essayez de trouver un EQ moyen à la balance et appliquez un scotch résistant sur la zone de ces petits curseurs, histoire de ne pas avoir de mauvaises surprises entre deux morceaux. A part ce petit désagrément, force est de reconnaître que la qualité des timbres est franchement superbe : les pianos sont bien samplés (on se surprend à repérer des petits bruits de marteaux qui augmentent le réalisme) , les ensembles de cordes et autres pads dépanneront bien l'utilisateur, et les basses très cohérentes autoriseront toutes les combinaisons de split de clavier basse/ piano, basse/strings, etc.

MIDI... c'est l'heure

Chapitre ô combien important dès qu'il s'agit d'évoquer un clavier-maître d'un système ! La vocation du SGproX, comme je le signalais plus haut, étant de permettre à son heureux propriétaire d'effectuer un double investissement (piano numérique + clavier-maître 88 notes), il était logique de rencontrer une matrice MIDI puissante. Eh bien, c'est le cas ! Au delà des deux timbres constituant une performance sur le SG, pas moins de huit peuvent êtres contrôlés via MIDI avec pour chacun d'eux un réglage indépendant de numéro de programme, canal, niveau de volume (contrôleur 7), pitch, panoramique, zone de clavier et filtre de données. Voilà qui promet de constituer les meilleurs «layers» du moment ! Bien sûr, les quatre sliders dont on faisait état plus haut seront mis à contribution pour éditer avec plus de précision encore les données MIDI s'acheminant vers l'extérieur. Au détour d'un grand nombre de fonctions, on trouve, par exemple, un balayage de panoramique aléatoire ou encore le verrouillage possible des actions de pédales de sustain (pratique en cas de contrôle d'un timbre de basse synthé externe). En réalité, c'est réellement une matrice de programmation MIDI qui est intégrée au SGproX, et c'est sans nul doute un des attraits de ce nouveau venu.

Verdict

Bien réalisé, proposé avec de bons timbres d'usine, le Korg SGproX s'adresse avant tout à ceux qui désirent se frotter au monde du piano numérique. Allergiques du toucher lourd et des sonorités acoustiques s'abstenir ! Les autres seront, je le pense, ravis et comblés par un appareil performant et fiable. Malgré quelques petits manques ici ou là (égaliseur non mémorisable, pas de cartes mémoires ou de lecteur de MIDI file par exemple), La routine de programmation MIDI illustre parfaitement la vocation «clavier-maître» du SGproX.

Ce clavier devrait en satisfaire plus d'un, prêt à affronter les scènes les plus prestigieuses (sa première sortie était à Wembley, pour accompagner Rod Stewart, Bon Jovi, Robert Palmer...) et aussi devenir le maître MIDI d'un home studio déjà professionnel. Son prix public de 14 850F (constaté au 1er avril 1998) le situe déjà dans le haut de gamme des claviers numériques. Pour ceux qui posséderaient déjà un clavier-maître du type «muet», sachez qu'il existe depuis peu l'expandeur du SGproX et qu'il coûte moins de 8 000 F.

IN

Le toucher du clavier, la matrice MIDI, les timbres efficaces, l'écran.

OUT

Pas de systèmes de sauvegarde type cartes ou disquette, les molettes au dessus des touches du clavier, l'égaliseur sans programmation. Ergonomie : ***** Sons : **** Clavier : **** Rapport qualité/prix : *** Nul *, insuffisant **, moyen ***.

CMDM .

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