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Media Box

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Roland GrooveBox MC-505

Article paru dans Keyboards/Home Studio n°121

01 janvier 1987

Après avoir ressuscité l'esprit «Bassline + Drumatix» avec la surprenante MC-303, Roland frappe à nouveau et produit une station de travail beaucoup plus professionnelle : la GrooveBox MC-505.

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la sortie de la 303, on avait crié «revival» en se rappelant, non sans une certaine nostalgie, que Roland avait fait ses premières armes avec des boîtes à rythmes (cf. «La saga Roland», KB n° 107). Si la 303 a tenu ses promesses (50 000 unités vendues les dix-huit premiers mois) en dynamisant un certain créneau de création, allant jusqu'à motiver la sortie d'un album exclusivement réalisé avec la GrooveBox, en revanche, côté performance et implémentation MIDI (pour ne citer que ces deux aspects), nous étions restés sur notre faim. Passé l'enthousiasme du départ, il est vrai que nous avons constaté, à l'usage, un certain nombre de lacunes, voire de bogues. Cela n'a pas empêché les utilisateurs de travailler leur musique, mais, parfois, notre élan créateur s'est vu ralenti. Ce qui est intéressant dans cette chronologie, c'est qu'à l'évidence, Roland a écouté très attentivement les propriétaires de GrooveBox, fans ou détracteurs, si bien que la 505 rassemble à peu près tout ce qu'on avait rêvé de posséder sur le modèle originel : plus de sons, plus de polyphonie, une vraie implémentation MIDI, plus de contrôles «temps réel», plus de sorties, en un mot comme en cent, plus de capacité ! Du coup, le public visé n'est plus tout à fait le même puisque le prix de la 505 est deux fois supérieur à celui de sa petite soeur. En outre, les performances et l'interface de la nouvelle venue lui ouvrent grand les portes des studios, ce qui, pour la 303 relevait de l'exploit.

L' interface

Plus volumineuse que son aînée, la 505 arbore néanmoins un look similaire. L'idée force de cette génération de machines reste : «la boîte à rythmes devient station de travail». Le petit clavier (disons plutôt sa représentation) est toujours présent et la partie basse de la surface de contrôle reste à peu près identique à celle de la 303. C'est au dessus que les choses évoluent considérablement avec un mixeur doté de 8 faders et complété par des commandes de fonction lumineuses, un écran LCD 2 x 16 caractères accompagné du classique écran à 6 caractères de 7 segments rouges, rencontré sur la 303. Cinq curseurs verticaux permettent un réglage de l'enveloppe en temps réel et une surface de commande D-Beam fait son apparition. La molette du type alpha dial est toujours présente et les différents boutons rotatifs reprennent les fonctions que nous avions déjà rencontré sur sa petite soeur. Par conséquent, la 505 est plus profonde (320 mm contre 244 pour la 303), sans que cela devienne gênant. Au contraire, il semble plus aisé de travailler sur cette surface, plus aérée et plus complète que bien des façades de workstations. La face arrière nous réserve quelques surprises avec les 6 sorties séparées et un slot d'extension mémoire pour cartes SmartMedia. Le MIDI Thru fait son apparition et signale, au cas où ce constat nous aurait échappé, que la 505 est prête à s'intégrer dans un système MIDI global, si nécessaire. Le poids de la bécane passe à cinq kilos...Tout augmente !

D-Beam, la révolution en marche

Comment parler de cette machine sans rendre hommage au constructeur qui nous donne accès à la création live ! L'adjonction du module D-Beam dans la 505 (dans la SP-808 aussi) ouvre des horizons jusqu'à présent réservés aux réalisateurs de performances (rappelez-vous la harpe laser utilisée par JMJ lors de ses concerts, par exemple). Il s'agit en réalité d'un contrôleur générant un faisceau infrarouge, lequel, coupé à divers endroits par une main experte, transformera le facteur longueur dudit faisceau en information de tempo, d'ouverture de filtre . . . soit vingt huit paramètres associés à ce contrôleur de gestuelle. Les variations s'effectuent en temps réel et on peut simuler, par exemple, le ralentissement/ accélération d'une platine disque vinyle ! Là où ce module devient encore plus passionnant, c'est que ses paramètres sont transmissibles via MIDI... Je vois déjà vos yeux écarquillés à la lecture de cette petite phrase anodine. Associé à un outil novateur comme le logiciel XPose d'Arkaos, vous contrôlerez de main de maître des morphings d'images évoluant en synchro avec la résonance d'un filtre, la fluctuation d'un tempo, etc. N'oublions pas que comme ces informations sont transmises par la prise MIDI Out, elles en deviennent de facto mémorisables dans un séquenceur externe, pour une édition ultérieure encore plus précise. Seule vraie restriction : l'environnement lumineux à l'aplomb du faisceau doit être faible afin de ne pas perturber le rayon infrarouge. Signalons, enfin, qu'un interrupteur situé dans la zone de travail du contrôleur permet de verrouiller l'action de celui-ci, et ainsi d'éviter tout déclenchement inopiné. Bien au delà d'un gadget, le DBeam s'adresse à tout ceux qui désirent pratiquer l'interaction autant que la création.

L'armée des sons est en marche...

Avec un seuil de 64 voix de polyphonie, soit autant qu'un JV-1080/2080, Roland n'a pas lésiné sur la capacité sonore de la 505. Pas moins de 512 presets équipent la machine, et, si cela devient nécessaire, la carte mémoire d'extension double cette mise. Pour se retrouver dans cette forêt «timbrée», les sons sont classés par banque : A, B, C, D, comme à l'accoutumée chez le constructeur nippon. D'emblée, on constate une nette amélioration de la qualité des présets et on retrouve même des accents de cartes d'extension de la série JV, comme les «sitars» ou les «electric guitars». La similitude avec les modules et/ou synthés de la série JV ne s'arrête pas là, puisque l'architecture sonore est très semblable, soit 4 tones par patch, mutables individuellement, filtre multimode résonnant... Si certains noms de sonorités se sont pas très précis ou concrets, n'hésitez surtout pas à pratiquer l'écoute totale des timbres pilotés par un clavier externe (un vrai !), histoire de comprendre à quel point la palette sonore est riche et quasi complète. A ce niveau de capacité, c'est un peu comme si on avait un expandeur multitimbral sous la main, ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas sur les stations de travail. L'architecture de la MC-505 autorise 8 parties multitimbrales, plus 16 autres associées au mode RPS propre au fabricant. Rappelons que cette fonction permet de déclencher par une note MIDI un pattern musical comprenant une rythmique de batterie, mais aussi une basse, des accords, bref, séquences qui permettront de monter un morceau en temps réel en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire. Le seul petit reproche que l'on pourrait faire au RPS, c'est son côté quelque peu «figé», mais c'est là qu'intervient le nouveau concept de Roland : le Megamix. C'est un système «temps réel» qui autorise le changement d'une ou plusieurs phrases d'un pattern par une ou plusieurs autres. Par exemple, prenons trois parties : A, B et C. Gardons les drums de A, la basse de B, le thème de C et agençons-les en direct dans un nouveau song : D. Autant dire que les combinaisons sont multiples. L'appellation «Remix» serait d'ailleurs plus appropriée. On découvrira peut-être sur une future (et hypothétique) MC-707 le terme «MegaRemix»... Les kits de batterie, au nombre de 26, ne sont pas en reste et côtoient de nouveaux univers tels le reggae, le latin ou le jazz.

... et celle des patterns aussi

Il faut être organisé pour gérer au mieux les 512 sonorités de la MC-505 ! Aussi, Roland a doté sa petite dernière de... 248 patterns de base auxquels il convient d'ajouter les 466 RPS... auxquels nous nous devons d'ajouter 200 patterns utilisateurs, ainsi que 200 autres si on utilise la carte mémoire optionnelle (que celles et ceux qui trouvent que cela est trop peu cessent sur le champ tout additif mélangé dans le café du matin). Le tout est, bien entendu, agrémenté du sempiternel mode Song et 50 chansons pourront être ainsi construites à partir de cette gigantesque banque de données. Si cela ne vous suffit toujours pas, la MC-505 est aussi pourvue d'un arpégiateur, incontournable par les temps qui courent, avec 34 styles de base. La capacité du séquenceur interne est de 110 000 notes ; avec une carte mémoire de 2 Mo, on atteint 260 000 notes, et avec 4 Mo, on frise les 520 000 notes (que l'on additionne avec les 110 000 internes). Il s'agit d'un séquenceur 8 pistes, complété par les contrôles de «mute», ainsi que par les patterns RPS. La résolution est de 96 ppqn et le tempo couvre une plage de 20.0 à 240.0 à la noire. La quantisation offre trois modes : grid (assez rigide), groove, avec 71 types présélectionnés, et shuffle. On peut agir sur ces paramètres en temps réel, comme sur la 303. Si on ne trouve pas dans le séquenceur de la MC-505 tous les ingrédients rencontrés dans ses homologues logiciels, c'est sans nul doute parce que la vocation d'une telle workstation est avant tout orientée «live» - on est pas dans l'édition pas à pas, ni dans le «chipotage » de données MIDI. Là, tout est simple, accessible, bienvenu ! L'ensemble des réglages est lui aussi axé vers le contrôle instantané, et c'est une vraie réponse au «tout logiciel» que Roland nous offre, bien au delà d'une quelconque démarche commerciale. Signalons pour terminer la présence, qui en aurait douté, d'un générateur d'effets constitué comme il se doit chez Roland, d'une partie réverb, une partie délai et une EFX (24 types différents) pouvant fonctionner comme des inserts.

L'outil live pour les musiques actuelles

Sans conteste, la 505 est bien la réponse que l'on était en droit d'attendre de la part d'un constructeur aussi sérieux que Roland. Toutes les critiques ou manques évoqués autour de la MC-303 ont été pris en compte, au point qu'il y aurait presque une place pour une MC-404 tellement la différence de puissance et d'ergonomie entre les deux machines est flagrante. Il faut un peu de temps pour maîtriser l'engin, ne serait-ce que pour écouter correctement la banque de sons gargantuesque. La manipulation du D-Beam est ludique et ne demande qu'un soupçon de créativité pour réaliser des prouesses. Au prix généralement constaté de 7 990 F au 1/05/98, le moins qu'on puisse en dire, c'est que l'on possède une super boîte à rythmes, un séquenceur puissant et convivial et un expandeur multitimbral de bonne qualité... L'outil «live» des DJ et compositeur de tout poil.

IN

La convivialité, la capacité, l'originalité des contrôleurs, les sorties séparée.

OUT

Tous les paramètres utiles ne sont pas forcément accessibles facilement, il faut vite revendre sa 303. Ergonomie/originalité : ***** Son : **** Intégration technologique des contrôleurs : ***** Rapport qualité/prix : **** Nul *, insuffisant **, moyen ***, bon ****, excellent *****

CMDM .

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