Logo de Keyboards Recording
      S'inscrire

Filtres: Downloads Artistes Studio des potes Banc d'essai News

Media Box

mime type Yamaha_EX5.jpg

Yamaha EX5

Article paru dans Keyboards/Home Studio n°124

01 janvier 1987

Annoncé en début d'année, l'EX5 débarque dans nos contrées avec, à son bord, pas moins de quatre types de synthèse, plus, en prime, la possibilité d'échantillonner ! Une sorte d'aboutissement pour Yamaha qui présente au travers du dernier-né tout son savoir-faire en matière de lutherie électronique. Analyse.

Depuis la FM apparue au début des années 80, Yamaha n'a cessé de développer de nouveaux types de synthèses. Certains modèles sont restés dans les annales, d'autres pas, mais ce qui est sûr, c'est que le constructeur nippon n'a jamais laissé indifférents les utilisateurs. A défaut de surprendre, l'EX5 étonne par sa puissance et sa capacité, et va sans nul doute marquer son époque. L'architecture du dernierné est tellement simple qu'on pourrait se dire : «pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ?». Prenez la synthèse AWM, ajoutez l'AN, saupoudrez de VL, complétez de FDSP, n'oubliez pas la cerise «sampling» et le tour est joué, vous avez un EX. Eh oui, tout cela est bien réuni dans l'EX5 et sa version rack, l'EX7 (sans la synthèse VL), qui complète la gamme par le bas. Cette station de travail offre un séquenceur et un arpégiateur, un grand écran, pléthore de boutons et de contrôleurs, représentant en définitive toute l'expérience du constructeur dans ce domaine.

/medias/khs/124/article-1033/Yamaha_EX5.jpg

Interface

Equipé d'un clavier de 76 touches (six octaves donc), l'EX5 joue d'emblée dans la cour des grands. On retrouve en face avant, comme arrière, les ingrédients qui ont fait le succès des générations précédentes (rappelez-vous des fameux SY) : deux molettes de modulation, en plus de celle plus traditionnelle de pitch, toutes les touches d'appel de menus et autres fonctions, telles les Job, Performance, Voice, Utility..., soit soixante-dix huit switches au total, complétés par six potentiomètres rotatifs d'édition de l'écran et de modification des valeurs de paramètres de synthèse en temps réel. Une molette de type alpha dial, un curseur de volume et un potard de gain d'entrée (pour le sampling) viennent parfaire cette panoplie plutôt impressionnante. Cela donne un aspect «tableau de bord de Boeing», mais ce n'est pas désagréable, car, très vite, les chemins étant bien balisés, tout tombe sous les doigts, et à aucun moment la sensation de touches inutiles se fait sentir. La face arrière s'orne de deux ports MIDI, de deux sorties principales et de deux autres individuelles, d'une prise casque, ainsi que de quatre prises d'entrées de contrôleurs - volume, sustain, interrupteur, contrôleur continu assignable (foot controller). La traditionnelle, mais toujours originale, entrée pour contrôleur buccal (breath control) est aussi présente. En regardant de plus près l'arrière de l'EX5, on constate que le constructeur prévoit des extensions d'interface (trois slots). A l'évidence, Yamaha doit nous cacher quelque chose car la sérigraphie annonce déjà l'extension SCSI, et les sorties individuelles ou numériques (là, on est en droit de se demander pourquoi le fabricant va nous obliger à choisir entre sorties séparées supplémentaires d'études) ; mais il reste un emplacement vide non répertorié et plus grand que les autres ! Le concours est lancé...

AWM

Attardons-nous sur les différents types de synthèse utilisés. L'Advanced Wave Memory est un système qui utilise les formes d'onde échantillonnées. Il fournit une gamme complète de générateurs d'enveloppe, de filtres, de modulateurs et bien d'autres paramètres traitant les formes d'onde de base. Il est permis d'assigner quatre éléments (oscillateurs) à chaque voix, ce qui renforce encore la puissance de ce type de génération sonore. Sachez que les formes d'onde sont à base d'échantillons 16 bits/44,1 kHz, et que ceux réalisés avec la partie sampling de l'EX5 pourront aussi servir comme éléments de base - bonne nouvelle. Apprenez encore que c'est la synthèse AWM qui génère les sons de batterie pour lesquelles on pourra assigner différents instruments sur une note individuelle du clavier, avec leurs propres paramètres de volume, de hauteur de son et de timbre.

VL

Nous retrouvons là le système de synthèse acoustique virtuelle de chez Yamaha. Celui-ci n'utilise pas d'oscillateur d'ondes préenregistrées ou échantillonnées pour produire des sons, mais fait appel à la technologie de modélisation physique. Le module VL simule donc les vibrations, les résonances, les réflexions et autres phénomènes acoustiques très complexes des instruments à vent ou à cordes réels, et son élément de base définit la tonalité ou le timbre du son. Le modèle instrumental consiste en un contrôleur (anche/embouchure, lèvres/embouchure ou archet/corde) et un système de résonance qui correspond à un tube, une colonne d'air ou des cordes. N'importe quel élément de base peut être associé à n'importe quel système de résonance. Sachez que l'EX5 possède une palette de 271 «ondes» préenregistrées. Les voix VL peuvent être constituées d'un élément VL et de trois AWM maximum. En d'autres termes, cette technologie de modélisation physique permet de mieux simuler un timbre acoustique, tant dans la perception du son que dans son comportement. Ce qui nous gêne toujours un peu avec l'échantillonnage, c'est ce côté «instantané » qui entraîne invariablement un manque de réalisme dans l'exécution de timbre complexe. Un des atouts majeurs de cette synthèse est d'avoir un comportement évolutif selon l'expression souhaité par le musicien. Certes, ce mode n'est pas très facile à maîtriser et a le regrettable défaut d'être monophonique. Néanmoins, il revêtira toute son importance pour compléter avantageusement un son élaboré avec l'AWM, et lui apportera une touche de réalisme non négligeable.

AN

La synthèse AN Yamaha (Analog Physical Modeling), ou la modélisation physique de modèles analogiques, c'est la meilleure façon de retrouver les gros sons analogiques d'antan... sans les défauts ! Adieu les galères d'accordage, les circuits qui chauffent, les patches qui craquent, les mémoires dont il faut prendre le plus grand soin. Jusqu'à l'arrivée de ce type de synthèse, on pensait tous que pour retrouver la chaleur les analogiques, le mieux était de se procurer un «vintage» pour être dans le ton ! Aujourd'hui, on y regarde à deux fois et la préférence va bien souvent sur un synthé virtuel nouvelle génération, tant l'écart de prix est minime et les performances supérieures. La AN offre un certain nombre de caractéristiques nouvelles, comme la possibilité de reproduire une synthèse de modulation de fréquence similaire à celle des DX. Dans le cas de l'EX5, elle sera aussi monophonique ou duophonique, selon l'algorithme choisi.

FDSP

La FDSP (Formulated Digital Sound Processing) est en réalité un complément de la synthèse AWM, prévu pour ajouter un système de traitement des effets très sophistiqués pour chaque note - les paramètres sont contrôlés avec les données de notes individuelles et de vélocité, ce qui n'est pas le cas avec une synthèse d'effets standard. Ce mode peut aussi intervenir sur le retard des flangers ou des chorus en fonction de la note jouée. Il s'agit plus d'une sorte de modulation matricielle sur les traitements, considérant que ceux-ci font désormais partie intégrale de la synthèse. L'EP Pickup (capteur de piano électrique), le PWM (modulation de la durée des impulsions), le Self FM (auto-modulation de fréquence), le Tornado (effet de tornade !), ou encore le Ring Mod (modulateur en anneau) ne sont que quelques exemples parmi la liste des traitements applicables avec le système FDSP.

Echantillonnage

Le mode Sampling de l'appareil est des plus classiques, et propose ce que l'on rencontre habituellement sur ce type d'instruments : enregistrement ligne ou micro via les entrées analogiques situées en face arrière, échantillonnage en 16 bits à 44.1 kHz. Attention cependant, si l'EX5 peut exporter des fichiers au format WAV ou AIFF, il n'est pas directement compatible avec celui du A3000, le sampler maison. Vous pourrez également échantillonner des sons et des phrases directement à partir de l'EX ; pour cela, il suffit de sélectionner la source «interne» plutôt que AD (pour Analog-Digital). Comme l'écran est très bien dimensionné, il nous permet l'affichage des formes d'onde et de l'ensemble des paramètres s'y référant. Un sampleur complet en totale interaction avec le reste de la machine, quel pied ! La mémoire RAM de base est de 1 Mo, extensible à 64 par adjonction de barrettes SIMM (72 broches). La carte de mémoire Flash EXFLM1, optionnelle, pourra être installée si nous voulons ajouter une mémoire Flash non volatile de 8 Mo pour sauvegarder les échantillons. L'interface SCSI ASIB1 reste une option (hélas) et offre l'accès aux sauvegardes sur mémoires de masse externes, ainsi que la lecture de CD-ROM. Les fichiers d'ondes au format standard WAV, AIFF ou Akai sont compatibles, et par conséquent lisible par l'EX5.

Séquenceur + arpégiateur

Non content de présenter un synthé survitaminé, Yamaha n'a pas oublié son concept de station de travail. Le séquenceur seize pistes de l'instrument offre une résolution de 480 ppqn, l'équivalent des valeurs moyennes rencontrées sur les logiciels de séquence. L'emploi de cet outil est très simple et se décompose en patterns et songs. Toutes les opérations de coup er / copier / coller sont présentes aux côtés de la quantisation et autre édition de notes comme la vélocité, la durée, etc. En réalité, peu de surprises nous attendent de ce côté, Yamaha nous ayant habitué depuis de nombreuses années à fournir de bons séquenceurs, simples et fiables, qu'ils soient autonomes ou intégrés dans un clavier. Le Song Job est un modèle du genre et toutes les fonctions indispensables se retrouvent sous les doigts en un tour de main. L'horloge n'est pas oubliée, et c'est dans la page Sync du menu MIDI que l'on pourra régler la réception/ transmission de clock. L'EX5 reconnaît le MTC - bonne nouvelle - et peut isoler la réception de ce dernier sur l'un ou l'autre des ports MIDI. Enfin, nous avons accès à un réglage d'offset pour le départ de la séquence (incontournable en cas de synchronisation de l'appareil avec un magnéto externe par exemple). Quant à l'arpégiateur quatre pistes, il est livré avec cinquante modes présélectionnés et le même nombre d'emplacements est disponible pour vos motifs personnels. Là encore, le système d'exploitation propose le choix de transmettre ou non les données via les ports A ou B de l'EX5 (notons que l'EX7 ne possède pas de deuxième port MIDI). Avec, en complément, un double bloc d'effets doté de quatre vingt présélections pour l'un (réverbs...) et vingt-quatre pour l'autre (EQ, phasers, exiter...), voilà qui devrait permettre de réaliser nombres de bonnes séquences dignes de productions music a l e s professionnelles.

Conclusion

D'un rapport qualité/prix inimaginable il y encore quelques années (18 990 F TTC), le Yamaha EX5 s'avère être un très bon synthétiseur-station de travail. On pouvait craindre qu'une telle débauche de fonctions et de possibilités déroute l'utilisateur, mais il n'en est rien ! Au contraire, l'approche est logique et tout est rapidement accessible, avec une mention tout particulière pour l'excellence du son. On peut juste reprocher au constructeur de ne pas faire plus souvent appel à des programmeurs, des vrais ! En effet, les présélections d'usine ne sont pas à la hauteur de ce que l'EX5 est capable de fournir, puisque les résultats, avec peu de travail, dépassent largement la moyenne des 256 sons livrés. Pour terminer, notons que quelques précautions d'usage seront nécessaires dans l'élaboration de nouveaux timbres, car le mélange de divers modes de synthèses peut entraîner quelques incompatibilités. Pas de doute, l'EX5 est un synthé haut de gamme et une des meilleures surprises de l'année !

IN

La synthèse multimode, la polyphonie globale, l'ergonomie générale, le son, l'écran, la sensation d'être aux commandes d'une grosse bécane.

OUT

Le choix cornélien entre sorties séparées supplémentaires et interface numérique, la limitation de la polyphonie sur la synthèse AN, la qualité des presets d'usine. Qualité sonore : ***** Concept/ergonomie : ***** Rapport qualité/prix : **** Nul *, insuffisant **, moyen ***, bon ****, excellent *****.

CMDM .

Tags:

retour à la page précédente

Commentaires
Vous devez vous identifier pour émettre un commentaire. (formulaire en haut de page)
 
KEYBOARDS RECORDING est un magazine de Roularta Media France - Mentions légales - contact
- Habillage:

Partenaires: Guitar Part - Ciné Live