De plus en plus présent dans le monde de la techno, Yamaha a vraiment franchi le pas avec le RM1x, un produit qui s'inscrit parfaitement dans la logique du constructeur en offrant à l'utilisateur puissance et simplicité.
Il n'aura pas fallu bien longtemps avant que Yamaha se décide à répondre à la concurrence, dans ce secteur très en vogue des «boîtes à groove» et autres «techno instruments». En réalité, il ne faut pas considérer le RM1x simplement comme une riposte, c'est aussi une autre vision de ce concept. Utilisant des technologies déjà éprouvées séquenceur développé depuis plus d'une décennie, générateur de sons pratique et standardisé... , la marque nippone a eu l'idée de réunir le tout dans un boîtier «intelligent» et, comme nous allons le voir, le résultat est plutôt réussi.

En surface
Autour de l'écran rétro-éclairé, sont répartis treize potentiomètres rotatifs : huit d'entre eux, situés à droite du LCD, sont dédiés aux contrôles temps réel (coupures de filtre et enveloppe), quatre autres, placés en dessous, servent à l'édition et le dernier, à gauche toute, est dévoué au volume général de l'appareil. Les commandes de transport (lecture, enregistrement, avance et retour rapides) se trouvent au milieu de la surface de travail, partageant l'espace avec les switches de fonctions et les curseurs de déplacement dans l'afficheur. La partie inférieure du RM1x est bien entendu flanquée d'un clavier de deux octaves, matérialisé par des petites touches carrées. Remarquons au passage que Yamaha a eu la bonne idée de reproduire fidèlement le positionnement des notes - les noires ne se retrouvent pas au même niveau que les blanches, contrairement à ce que nous avons pu rencontrer ailleurs... La sérigraphie, orange et blanc sur fond bleu, qui peut surprendre de prime abord, s'avère pratique et assez lisible. Nous constatons qu'une grande partie des menus sont inscrits en surface et que pratiquement toutes les fonctions disposent d'un accès par touche, ce qui dispense d'une fastidieuse circulation dans un écran déjà bien rempli. La face arrière est assez dépouillée. On y retrouve le strict nécessaire, à savoir une paire de sorties stéréo, une prise pour casque, une entrée pour interrupteur au pied, les classiques MIDI In/Out, ainsi qu'un bouton de réglage pour le contraste de l'afficheur et la borne d'alimentation pour l'adaptateur secteur. Quant à la face avant, elle offre l'accès au lecteur/enregistreur de disquettes haute densité.
Remixeur de séquences
L'idée maîtresse du RM1x est de pouvoir offrir à l'utilisateur un maximum de boucles ou phrases rythmiques, et de le laisser remixer à souhait les parties entre elles. Chaque pattern dispose donc de seize sections qui sont autant de variantes de la boucle initiale. A l'attention de ceux d'entre vous qui improvisent, sachez qu'il est possible d'utiliser le mode de chaînage de patterns, qui offre une alternative astucieuse à la construction de chansons. Pour l'enregistrement en temps réel, vous bénéficiez d'une résolution de 480 tics par noire, autorisant par là un maximum de groove... En complément du séquenceur, vous disposez aussi d'un arpégiateur avec ses modes habituels : montant, descendant, etc. Comme il n'est pas possible d'enregistrer sur un preset, il faudra donc penser à copier celui-ci dans une zone utilisateur si vous voulez partir d'un rythme existant. Rassurez - vous , Yamaha, fidèle à sa réputation, vous alerte systématiquement quand une manipulation n'est pas autorisée dans tel ou tel mode. En général, la parade n'est pas très loin, d'autant plus que le large écran facilite grandement le travail d'édition. D'ailleurs, une mention toute particulière est à décerner pour l'utilisation on ne peut plus intelligente de cet afficheur ! Prenons par exemple la fonction Groove : en laissant tourner un pattern, vous pouvez accéder directement à n'importe quelle fonction d'édition ; si nous choisissons «groove», l'écran affiche instantanément une grille temporelle autorisant la modification des paramètres d'emplacement de note, de glissement d'horloge, de gate... Encore une fois, la notion d'improvisation n'est pas loin, et l'on se prend vite à bidouiller quelque vélocité ou gate ici ou là... Pour tout «copier-coller», là encore l'écran fait des merveilles, puisqu'il représente graphiquement les portions musicales à éditer, comme sur un logiciel ! La fonction Play FX est aussi amusante et dispose d'un harmoniseur et d'un octaver. Un mot concernant le MIDI : la reconnaissance du MTC (MIDI Time Code) permet à la machine d'accepter les environnements du type magnétos et/ou logiciels musicaux. Enfin, le RM1x transmettant tout ce que vous désirez, il sera donc possible de récupérer quelques expandeurs et d'utiliser cette station de travail comme centre nerveux pour vos compositions.
Générateur de sons et effets
A l'évidence, Yamaha ne se repose pas sur ses lauriers (ou ses diapasons...) et le module de sons du RM1x est parfaitement adapté au secteur visé - celui de la techno et ses courants dérivés. Fort de 654 presets au format XG, extension de la norme GM, le générateur sonore de l'appareil offre une grande palette de couleurs, allant des kits de batteries (normal) aux sons plus «synthés», en passant par des nappes et FX très bien réalisés. Outre les réglages de volume et les panoramiques, regroupés dans le même écran, les fonctions d'édition restent à la portée de tous : des modifications basiques d'enveloppes ou de valeurs de filtre. Yamaha n'a pas oublié le LFO, indispensable au style de musique initié par le RM1x. Les huit potentiomètres rotatifs de la façade autorisent l'édition rapide d'un timbre, et quelques vives pressions sur les switches d'appel de menus/sous-menus vous donnent accès à l'ensemble des paramètres de synthèse. Le constructeur n'ayant pas omis les effets, sachez que ceux-ci se retrouvent aux côtés du mode Voice - comme quoi nous devons de plus en plus considérer les traitements comme le prolongement naturel du travail de synthèse... Un diagramme ergonomique s'affiche à l'écran, permettant de suivre le parcours du son via les trois groupes d'effets : réverb, chorus, variations. Pour ce dernier, sachez qu'il regroupe les délais, FX, mais aussi quelques réverbs et chorus - au total, pas moins de 43 types pour cette seule section...
Conclusion
Voilà une machine qui sonne ! Au-delà des aspects liés au style global du RM1x (ceux qui n'aiment pas la techno peuvent s'abstenir), c'est une vraie petite bête de son à laquelle nous avons affaire. La programmation est suffisamment aisée pour ne consulter le manuel que pendant les congés maladie. Au prix de 4 990 F, gageons que le RM1x risque fort de rencontrer la route du succès !
IN
La simplicité d'emploi, le prix, les possibilités du séquenceur, le son.
OUT
L'adaptateur secteur, seulement deux sorties, l'écran souvent bien encombré de nombreux paramètres. Ergonomie : **** Sons : ***** Qualité des séquences : **** Rapport qualité/prix/ performances : ***** Nul *, insuffisant **, moyen ***, bon ****, excellent *****
CMDM
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