Dernier-né de la gamme QS d'Alesis, le 6.1 se présente comme une alternative aux stations de travail souvent surdimensionnées qui encombrent les home studios et vident les porte-monnaie. De temps à autre, les constructeurs nous livrent un appareil intelligent, discret, qui passerait presque inaperçu... Un tour d'horizon s'impose !
Pas trop large (cinq octaves) ni très profond, léger, voilà bien des précisions que nous aimerions donner plus souvent. S'il est vrai que les claviers de 76 touches restent mes préférés, il faut reconnaître qu'un synthétiseur aussi peu encombrant et quasi autonome comme le QS6.1 risque d'en séduire plus d'un...
Panorama
En face avant, pas de doute, nous avons bien affaire à la gamme QS : des larges molettes en caoutchouc aux quatre curseurs de contrôle (un seul sur le modèle original), en passant par l'écran rétro-éclairé de bonne dimension, tout y est. Pour uniformiser l'ensemble, l'instrument est présenté dans une robe noire agrémentée de la sérigraphie précisant la totalité des fonctions du synthé. Pas de quoi se compliquer la vie, bien au contraire ! Ici, tout est simple et à sa place.
Ainsi, nous trouvons treize boutons d'appel de banques et dix de presets. Pour ces derniers, trois couches de sons d'usine, complétées par une banque GM et une utilisateur, sont superposées il faut bien caser toute cette mémoire quelque part ! Cette hiérarchie est aussi valable pour le mode Mix, qui est à Alesis ce que les Multis et autres Performances sont à d'autres fabricants, à savoir un groupe de plusieurs sonorités utilisables simultanément sur le clavier (mais pouvant faire office de mode multitimbral en cas d'utilisation avec un séquenceur externe, ou en lecture d'un MIDI file via le module prévu à cet effet - encore un plus par rapport au QS6). La face arrière de l'engin est des plus sobre. Hormis l'inévitable embase d'alimentation (cordon secteur trois broches) et son bouton marche/arrêt, s'y côtoient une sortie générale stéréo, deux entrées pour pédales (additionnelle et sustain) et des prises pour un casque, le trio MIDI et une connexion à un ordinateur. Communément appelée To Host, cette dernière permet une communication directe entre le synthé et un Mac ou un PC (vous disposez d'un interrupteur pour la sélection), vous dispensant par là d'utiliser les ports MIDI et d'acheter l'interface appropriée. Enfin, un double slot pour carte PCMCIA confirme une fois de plus que de nombreux constructeurs se tournent vers ce standard de la sauvegarde.
Synthèse
Organisée autour de 16 Mo de formes d'onde (contre seulement 8 pour le modèle original), extensibles à 32 par carte PCMCIA, la synthèse employée par le QS6.1 reste dans le peloton de tête de la norme actuelle. Les sons échantillonnés sont répartis en dix-sept familles allant du piano aux sections rythmiques, en passant par les basses... et bénéficient d'une polyphonie de 64 voix. Comme cet appareil est GM, toutes les formes d'onde qui y sont associées sont aussi de la partie. Le principe de la synthèse de l'instrument est identique a celui des autres modèles de la gamme. Nous travaillons à partir d'ondes samplées et nous y appliquons une synthèse soustractive. Si les LFO, les enveloppes de filtre, de pitch et d'amplificateur ainsi que le filtre sont bien présents, nous pouvons cependant regretter la simplicité de ce dernier module, qui ne propose ni multimode, ni résonance... Au vu de la très imposante liste des formes d'onde fournies avec la machine, le constructeur a visiblement privilégié la démarche intuitive à la recherche poussée du son personnel. La qualité d'échantillonnage étant de mise, force est de reconnaître que la plupart des presets se suffisent à eux-mêmes et que seules quelques corrections, ici ou là, devraient permettre d'adapter les sonorités à notre environnement créatif. D'autre part, en fouillant un peu dans les ressources du QS6.1, on déniche, bien cachées derrière les pianos et autres sons aux vertus éblouissantes, pas moins de 72 formes d'onde de synthés analogiques... De quoi sortir des sentiers battus et se concocter des banques sonores bien à part.
Ouverture
Un des points forts de ce type de synthé, c'est de pouvoir se connecter directement à un ordinateur. Cela sous-entend que nous pouvons donc nous passer de l'interface MIDI et que nous risquons, pour notre plus grande joie, de rencontrer un environnement adapté côté logiciel. Rassurez-vous, avec le QS6.1, c'est bien le cas ! Le CD-ROM fournit d'origine est là pour nous le rappeler. Du bon, rien que du bon ! Proposé au format Mac, tout y est : des patches en grand nombre, des profils d'édition de sons pour les plus grands éditeurs (Steinberg, Opcode, MOTU...), quelques softs en démo et d'autres, comme le Cubasis, en version originale non bridée ! Egalement au menu, vous trouvez SoundBridge, développé par Alesis ; il s'agit d'un éditeur de formes d'onde qui autorise l'utilisateur à préparer ses samples (16 bits/44 kHz, s'il vous plaît) et à les éditer avant transfert vers le QS, ou encore à fabriquer sa propre table. L'autre aspect informatique, c'est la présence de plus en plus fréquente des cartes PCMCIA. Issues de la miniaturisation des mémoires de masse et des périphériques d'ordinateurs portables (les modems, par exemple), ces cartes offrent de grandes capacités pour un encombrement minime. Nous choisirons une Flash RAM pour stocker de nouvelles «waves», tandis qu'une SRAM de 512 ko sera suffisante pour sauvegarder huit banques sonores du QS6.1.
Seul inconvénient : elles coûtent encore relativement chères. D'un autre côté, comment faire pour rentrer quelques centaines de nouvelles ondes dans notre synthé ? Notons que la présence d'une carte est nécessaire pour utiliser le lecteur interne de MIDI files qu'Alesis a eu la bonne idée d'installer sur l'instrument.
Conclusion
Sans véritablement innover, le QS6.1 apporte son lot de bonnes idées. La simplicité d'emploi est de mise, et la mémoire d'éléphant de la machine vous évitera une lassitude prématurée. Le port de cartes PCMCIA autorise vraiment un stockage à haute dose, et la connexion directe vers un ordinateur assure au synthé un dialogue sérieux avec le monde logiciel. Petit modèle de la gamme, il est très logiquement doté d'un clavier de cinq octaves (son grand frère, le QS8, en possède sept) qui lui confère légèreté et ergonomie - prêt à être emporté dans toutes les aventures musicales. Les traitements internes sont de bonne qualité, mais de la part d'Alesis, qui s'est fait connaître du public par... ses effets, c'est assez logique. Un dernier mot concernant la qualité du son : elle est de très bonne facture ! A n'en pas douter, il n'y a pas de compression excessive et les multi-échantillons sont correctement étagés. Au prix généralement constaté de 8 990 F, il représente donc un très bon synthé d'entrée de gamme qui en remontrera à plus d'un.
IN
La simplicité d'emploi, le SoundBridge, le double slot PCMCIA, les quatre curseurs de contrôle, une prise secteur normale (l'adaptateur du QS6 disparaît).
OUT
Le filtre limité, l'obligation d'avoir une carte d'extension pour le fonctionnement du lecteur de MIDI files. Innovation : *** Ergonomie : ***** Qualité des sons : ***** Rapport qualité/prix : **** Nul *, insuffisant **, moyen ***, bon ****, excellent *****
CMDM .