Déclinaison logique des technologies récemment développées par Yamaha, le SU700 fait le plein de fonctions et affiche une cohabitation réussie entre sampleur et séquenceur. Une machine au look original, qui tranche avec la production habituelle du constructeur, et un bel effort vers une clientèle de plus en plus ciblée.
Aujourd'hui, les sampleurs prennent de moins en moins souvent l'apparence d'un clavier, les fabricants préférant opter en général pour le rack. Mais depuis environ deux ans, le format «station de contrôle» s'impose en douceur. Il est vrai que l'utilisateur qui ne cumule pas les expandeurs en tout genre n'a que faire d'un rack, ce dernier s'avérant en outre peu pratique dans le cas d'éditions prolongées (bras en suspension, contraste d'écran...).
L'idée d'avoir une surface de travail à plat, regroupant tous les outils nécessaires à la création musicale, a donc séduit les bureaux de recherche, et ce, pour notre plus grande satisfaction. La notion d'improvisation a certainement aussi contribuée au concept du SU700, et c'est d'ailleurs dans cet esprit que Yamaha a orienté son produit.
Profusion
Forcément, le côté «concentré» du SU700 possède son revers de la médaille : pas moins de cent boutons en tout genre s'entassent sur le dessus du sampleur ! Mais le fait qu'il y ait autant de contrôles souligne l'accessibilité des paramètres, les souscouches de programmation étant largement secondées par l'écran bien dimensionné. La surface de travail est divisée en plusieurs zones distinctes. En bas, nous trouvons les pads de déclenchement des échantillons, surmontés par douze potentiomètres rotatifs. L'afficheur (en couleur !) trône pratiquement au centre de l'appareil, et juste au-dessus de lui se positionnent les commandes de transport de la partie séquenceur. Franchement, voilà qui laisse perplexe : après quelques heures de pratique, on constate une fâcheuse tendance à appuyer les paumes sur l'écran... De plus, en utilisant ces touches comme navigateurs au sein d'une séquence, c'est l'afficheur qui fournit toutes les informations de positionnement ! En haut du SU700, nous découvrons une matrice de programmation avec une sélection en abscisses et ordonnées, les paramètres étant sérigraphiés à la manière d'un petit tableau. Sur la droite, l'alphadial est dominé par les contrôles d'échantillonnage : touche de déclenchement et gain d'entrée. Cette touche d'activation de l'enregistrement audio s'avère fort pratique et bien plus intéressante qu'une fonction d'armement logicielle via l'écran. Un contrôleur à ruban en position verticale complète la partie droite de l'appareil - un accessoire indispensable pour moduler efficacement les samples autrement que par les pads, qui se contentent d'un déclenchement associé, au mieux, à une vélocité. La partie gauche du tableau de bord est dédiée aux boutons d'appel des principales fonctions d'édition sonore : LFO, filtre, égalisation, effets... Parmi tous les contrôleurs qui recouvrent le SU700, nous avons remarqué quelques petits outils bien malins, comme le tap tempo (vous tapez en rythme et le processeur analyse le tempo et l'affiche à l'écran, en calant la séquence, bien sûr) ou la touche undo/redo, très intéressante pour ressortir rapidement d'une édition insatisfaisante.
Extensions
A l'arrière de l'appareil, nous trouvons une paire de sorties stéréo au format jack, que jouxte une paire... d'entrée, pour l'échantillonnage, plus un bornier MIDI In et Out pour compléter le tableau. Rien de superflu, donc. Heureusement, il y a les cartes optionnelles, la plus importante étant celle d'entrées/ sorties séparées (AIEB1, 1 190 F TTC). Avec elle, vous disposez d'entrées/sorties numériques (optique et coaxiale) et de six sorties séparées analogiques. L'autre option, indispensable dès l'achat, c'est l'interface SCSI, au format SCSI 2 (ASIB1, 1 290 F TTC). Si vous complétez votre SU700 avec un peu de m é m o i r e vive (jusqu'à 64 Mo en plus des 4 Mo de base), vous aurez vite des soucis de sauvegarde avec le seul lecteur de disquettes ! A l'avenir, il serait bien que le fabricant équipe d'origine sa machine avec cette interface... La mise en place de ces cartes est simple et précise, la qualité de fabrication du constructeur restant au-dessus de tout soupçon. L'option SCSI impliquera simplement de se rappeler que l'engin est calé par défaut sur le numéro d'identification 6, et comme c'est l'un des deux numéros possibles sur un lecteur Zip (le plus économique du moment), il s'agira de ne pas créer de conflit. Profitons de l'évocation des options pour signaler que la mémoire vive est augmentée grâce à l'ajout de barrettes SIMM 72 broches (encore assez courantes) et que les 4 Mo livrés d'usine sont soudés sur la carte mère. Deux slots seront là pour accueillir la mémoire supplémentaire.
Cohabitation
L'idée d'associer un puissant séquenceur à un échantillonneur a fait son chemin depuis une dizaine d'années, et reconnaissons que Yamaha ne s'est pas privé d'intégrer le meilleur de ces deux technologies. En réalité, la philosophie du SU700 incite l'utilisateur à travailler pratiquement simultanément avec les deux modules. L'architecture est simple : nous utilisons les échantillons comme générateurs sonores des pistes du séquenceur, un sample étant associé à chacune d'entre elles. Pas moins de quarante pistes pourront ainsi être créées. Nous compléterons notre travail par des pistes d'événements du type contrôleur temps réel (le ruban, par exemple) ou les effets... Toute l'ergonomie du système d'exploitation est d'ailleurs orientée dans le sens échantillon/séquence. La phase d'enregistrement est on ne peut plus simple et les opérations d'édition (troncature, mise en boucle, etc.) sont maîtrisées en quelques instants. Il s'agit là d'un des points forts du SU700 : facilité d'utilisation, qualité du résultat.
Mine de rien, sous des aspects presque ludiques, le SU700 cache bien son jeu, car des fonctions assez avancées comme la normalisation, la conversion de fréquence ou encore la conversion de résolution (16 bits/8 bits) sont présentes dans le coeur du système. Les mises en boucles seront plutôt traitées dans la logique du séquenceur et de la mise en place des pistes. A ce stade du travail, un choix s'impose, puisqu'il est conseillé d'indiquer correctement la destination du sample. En effet, il existe plusieurs genres de pistes (loop or not loop...). Du choix de cette piste dépendra le type de play-back... Dès lors, la mise en boucle et en séquence des échantillons est quasi automatique, libérant ainsi l'utilisateur de tâches parfois fastidieuses. Il s'agit donc bien d'un hybride sampleur/séquenceur et, à ce titre, soulignons que le SU700 doit être le premier du genre à aussi bien amalgamer les deux domaines.
Conclusion
L'appareil de Yamaha se présente comme une réponse à deux secteurs concurrentiels : celui de la station de travail orientée échantillonnage/boîte à rythmes, et celui du sampleur de scène, bardé de contrôleurs temps réel et de fonctions automatiques. L'objectif est atteint dans les deux cas et le SU700 apparaît comme un nouvel hybride sampleur/station de travail. Le savoirfaire du constructeur dans l'intégration de diverses technologies de pointe n'est plus à faire et la qualité est présente partout.
IN
Les options, l'écran, la qualité des boucles.
OUT
Trop de boutons sur une si petite surface, l'interface SCSI en option. Concept : *** Capacité/performances : **** Rapport qualité/prix : **** Nul *, insuffisant **, moyen ***, bon ****, excellent *****
CMDM .