Faisant suite à l'ASR-X, le Pro, outre sa robe rouge, se dote de quelques fonctions supplémentaires et d'une capacité accrue. Voici donc un modèle qui a su évoluer avec son temps sans rompre pour autant avec les habitudes de la firme américaine, puisque qualité des sons et originalité sont toujours de la partie.
Lors de l'essai de l'ASR-X (KB n°115), nous nous interrogions sur la longévité des stations présentant une surface de travail à poser. Aujourd'hui, le succès incontesté des GrooveBox et autres sampleurs prouve bien qu'Ensoniq ne s'était pas trompé de créneau en choisissant cette option. Le modèle Pro présentement testé devient donc une sorte de super ASR-X, au point que nous pouvons nous demander pourquoi le constructeur n'a pas sorti directement cette version... En effet, ce qui pouvait manquer sur l'appareil original devient ici de l'accessoire en série ! Pour mémoire, et sans nous étendre sur ce qui avait fait l'objet du précédent banc d'essai, rappelons qu'il s'agit d'une workstation à base de sampling, dotée d'un séquenceur instinctif mais assez puissant, et de deux Mo de sonorités en ROM, avec la possibilité d'ajouter une carte d'extension (pour un total de 26 Mo de formes d'onde), transformant l'engin en synthé à présélection de sons. L'OS est organisé autour d'un écran de contrôle (petit) reprenant la logique des instruments de la gamme MR, à savoir une division horizontale de l'écran en deux parties, avec un choix de menus contextuels sur la gauche et une crémentation/décrémentation sur la droite - simple mais efficace ! Une double rampe d'effets est présente (issue du fameux DP 4), et signalons que ce module de très bonne qualité équipe les appareils Ensoniq depuis quelques années, pour la plus grande satisfaction des utilisateurs. Notons enfin la présence d'une fonction de resampling assez évoluée, qui nous avait beaucoup séduits et que nous retrouvons, bien entendu, dans l'ASR-X Pro !
Quoi de plus ?
Eh bien, pas mal de choses - à croire qu'Ensoniq a bien écouté les utilisateurs de l'ASR-X et la presse spécialisée... D'abord, sachez que le SCSI n'est plus une option. Hourra ! A force de dire qu'il est aberrant qu'un échantillonneur soit livré sans cette interface, il fallait bien que les constructeurs sérieux réagissent. Il s'agit plus précisément d'une interface SCSI II. Pour ceux qui auraient un peu de mal à se procurer des mémoires de masse à ce standard, sachez qu'il existe des cordons SCSI II/SCSI 25 ou 50 broches. Dans la série des bonnes nouvelles, la mémoire (SIMM 72 broches) est doublée par rapport au modèle original. Nous pouvons donc atteindre les 66 Mo.
Malheureusement, la machine est toujours livrée avec deux malheureux Mo de mémoire - dommage ! Ceux-ci étant soudés sur la carte mère, toute extension s'additionnera avec la mémoire d'origine. Toujours à propos de mémoire, 2 Mo de sons en ROM équipent l'ASR-X Pro et un slot est disponible pour recevoir une carte d'extension (parmi la série proposée par Ensoniq). La surface de travail n'échappe pas au lifting et se voit complétée par dix nouveaux switches permettant une navigation plus aisée et plus rapide à l'intérieur des menus. Autre avantage de ces nouvelles touches, il est possible de leur assigner certains sons que l'on considère comme génériques - c'est-à-dire ceux qui reviennent sans cesse dans notre Top 50 (le constructeur les regroupe sous l'appellation «essentiel») - et chacune d'elles pourra recevoir un preset. Mais Ensoniq va encore plus loin en nous autorisant la combination de paires ! A la manière d'un mode Performance, il est donc possible d'avoir, de façon quasi instantanée, des sons sélectionnés parmi une banque importante, par simple pression d'un petit switch... Excellent moyen d'aller rapidement dans l'élaboration d'une séquence et preuve indiscutable que le fabricant ne néglige pas la partie preset au profit de l'échantillonnage, mais voit bien ces deux sections totalement complémentaires l'une de l'autre. En parlant des sonorités, la nouvelle façon d'aborder l'édition de celles-ci, notamment avec l'apport de ces touches supplémentaires, permet de s'orienter vers d'autres directions. Dans la partie synthèse, nous trouvons d'ailleurs, sous la dénomination «stomper», un ensemble de fonctions autorisant la création de kits de sons de batterie très orientés «vintage», par exemple, et ce, d'une façon beaucoup plus simple. Toujours aussi convaincante, l'action des filtres vous fera vraiment sortir des sentiers battus... Enfin, la résolution du tempo a été revue, et atteint désormais 1/100 de bpm, ce qui facilitera notamment l'élaboration de boucles de sampling.
Conclusion
Pas vraiment novateur , puisque l'ASR-X Pro est une évolution d'un modèle précédent, ce sampleur tire quand même bien son épingle du jeu. Plus de mémoire, plus d'interfaces en standard, plus de boutons de contrôle sur la surface de travail, bref, des extensions ici ou là qui raviront les utilisateurs.
Le choix s'effectuera plus en fonction de la qualité du son, toujours présente, et de la modularité de l'appareil via ses cartes de sons optionnelles. L'aspect de la machine ne risque pas de passer inaperçu, n'hésitez pas à mettre le feu, les pompiers ne sont pas loin...
IN
La face avant plus ergonomique, la mémoire RAM maxi plus importante, le SCSI en standard, l'OS revisité.
OUT
Pas assez de mémoire RAM à la livraison, l'écran sous-dimensionné, une machine «pro» qui comporte encore quelques options... indispensables ! Innovation/technologie : **** - Qualité des sons : **** - Rapport qualité/prix : *** Nul *, insuffisant **, moyen ***, bon ****, excellent *****
CMDM .