Habitué des déclinaisons en tout genre, Yamaha apporte, avec la RY9, une solution peu encombrante aux problèmes d'arrangements rythmiques. Au delà du concept astucieux qui consiste à faire tenir un mini-orchestre dans un boîtier de la taille d'une K7 vidéo, le constructeur nippon s'est efforcé de fournir une interface simple et conviviale à cette nouvelle petite boîte à rythmes.
Si vous avez toujours aimé les petits outils, genre couteau suisse, vous ne serez pas dépaysés par l'aspect de la RY9. S'inspirant du concept apparu au début des années 90 avec le QY10, les ingénieurs de Yamaha se sont surtout attachés à simplifier le système d'exploitation «maison» qui peut en dérouter plus d'un. Le pari consistait donc à fournir un produit basique, rapide d'accès, sans fonctions ésotériques dont l'utilisateur amateur n'a que faire. Dans cette optique, le constructeur japonais a parfaitement atteint son but.

Emballage
Revêtue d'une couleur or, la surface de contrôle est flanquée d'un écran LCD de taille suffisante. Par contre, les touches de transport et d'enregistrement nous semblent assez réduites et nous imaginons sans peine qu'il faudra travailler un peu la dextérité avant de se lancer dans des manipulations ultra rapides (surtout si la petite boîte doit être embarquée sur scène !). Dans la partie inférieure, pas moins de douze pads donnent accès aux timbres de batteries et de percussions, sans parler des quelques sonorités de synthés qui constituent la palette sonore de la RY9. Située sur la gauche, la touche bleue dénommée Mode fait office de touche «shift» (en maintenant le bouton appuyé, vous accédez à diverses fonctions, suivant le menu choisi, via les pads de la face avant). A droite, les traditionnels curseurs de crémentation/décrémentation sont complétés par la commande d'entrée/validation des valeurs. La face arrière offre une entrée pour une source externe (ligne) et une paire de sorties stéréo, au format jack 6,35 mm, ainsi que des prises MIDI In et Out, un connecteur pour l'alimentation externe et l'interrupteur de miseen marche. La sortie casque (en mini-jack) et le réglage du volume sont relégués sur le côté de l'appareil. Il est à noter que la RY9 fonctionne aussi sur piles, six R6 vous permettant de jammer en toute quiétude loin des lieux alimentés en électricité.
Sons et motifs
Compte tenu du type d'appareil et du créneau dans lequel il s'inscrit, il ne faut pas s'attendre à des merveilles... Ce constat résume bien la sensation globale qui se dégage à l'écoute de cette boîte à rythmes. Non pas que les timbres soient de mauvaise qualité, bien au contraire, chez ce fabricant, nous avons souvent de bonnes surprises. Cependant, avec le qualificatif de Big Jam placardé sur la surface de l'appareil, nous pouvions nous attendre à quelque chose d'un peu plus spectaculaire. Là, les rythmes s'enchaînent sans que les frissons viennent nous parcourir l'échine - dommage ! Par contre, quelques petites astuces font de cette bécane un véritable mini-arrangeur de poche. La présence d'accords préétablis en usine et associés à des sonorités de claviers et autres synthétiseurs facilite grandement la tâche du néophyte et évite d'avoir systématiquement recours à un générateur sonore externe. Cette harmonisation donne instantanément plus de relief aux patterns rythmiques de base. C'est à se demander si le public visé ne serait d'ailleurs pas les guitaristes et bassistes, plutôt que les claviers que nous sommes.
Manipulations
Point fort de la RY9, les manipulations, tant à l'édition qu'à la lecture, sont d'une facilité déconcertante ! Tant mieux, parce c'est ce qu'on attend généralement d'un petit appareil compact ; il faut reconnaître que, bien souvent, c'est le contraire qui se passe : plus une machine est petite, plus elle devient complexe. L'enregistrement ne pose pas de problèmes, si ce n'est, comme nous le disions plus haut, qu'il faut être attentif à la position des doigts sur les petites touches de transport/enregistrement. Sur le même principe, n'oubliez pas de vérifier constamment les indicateurs portés sur l'écran, afin de ne pas activer une fonction, par erreur, ou tout simplement, de ne pas être dans le bon mode d'édition ! Les motifs d'arrangements mémorisés prennent toute leur dimension dès lors que nous les associons à un rythme de notre cru... Il suffit, une fois le motif rythmique enregistré, de sélectionner le menu Chord et de faire défiler, en temps réel, tous les arrangements sur la boucle que nous venons de créer - on ne peut plus simple ! Les tonalités d'arrangements sont assez larges et chaque motif est décliné en La, Ré, Do et Si, de quoi couvrir pas mal de thèmes basiques et s'adapter à nombre de mélodies.
Conclusion
Petite par la taille, la RY9 sait faire oublier ses lacunes sonores par une programmation intelligente et ultra rapide. La déception vient surtout du fait que nous entendons ce genre de timbre chez le constructeur nippon depuis bientôt dix ans, et qu'il serait grand temps qu'il se renouvelle un peu. Cela est d'autant plus frustrant que cette année encore, Yamaha a sorti l'excellente RM1x, dont justement les sonorités sont un des points forts ! Hormis cette critique, la RY9 (1 890 F TTC), compte tenu du créneau auquel elle s'adresse, semble taillée sur mesure. La possibilité de l'utiliser sur piles renforce sa position de petit outil baladeur, qualité que nous saluons.
IN
La compacité, le côté «arrangeur», l'écran, la capacité de stockage, le MIDI bien géré, l'entrée externe.
OUT
Le manque d'originalité des sons, les styles d'arrangements qui datent un peu.
CMDM
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