Après l'arrivée fracassante du port USB sur les stations de travail Mac ; mais beaucoup plus discrètement dans le monde PC bien que ce dernier en ait été l'initiateur ; il fallait bien que les fabricants de périphériques MIDI relèvent le défi et sortent au plus vite des interfaces compatibles. Les Emagic AMT8 et Unitor8 MK II ne sont pas de nouveaux produits à proprement parler, mais l'adaptation logique d'appareils existants afin de leur apporter de nouveaux protocoles de transfert. Revue de détail !
Tout d'abord, afin de s'y retrouver dans toute cette gamme d'interfaces, autorisons-nous un petit tour d'horizon. Ce qui différencie une Unitor d'une AMT, c'est la possibilité, pour l'Unitor, de gérer la synchronisation par code temporel. Autant dire que si ce type de synchro n'est pas indispensable dans votre configuration, et que le MTC (MIDI Time Code) suffit par exemple à l'exploitation de votre système, il ne sera pas nécessaire d'investir dans une Unitor8. Ce que nous avons en commun entre l'AMT8 et l'Unitor8 MK II, c'est l'interface USB. La bonne idée d'Emagic a consisté à ne pas supprimer le classique port série RS 422 - MOTU avait déjà appliqué la même logique. Du coup, ces interfaces font preuve d'une polyvalence redoutable, que ce soit pour Mac ou pour PC. La partie MIDI n'est pas en reste puisque pas moins de huit ports équipent nos deux interfaces, pour un total de 128 canaux. Pour se faire reconnaître de l'ensemble des séquenceurs du marché (autre que la gamme Logic pour laquelle elles ont été conçues initialement), l'émulation de la classique Midi Time Piece de MOTU a été retenue par les développeurs d'Emagic. Plutôt que de créer encore de nouveaux drivers, il a semblé plus simple au fabricant de s'aligner sur un standard... Bonne idée et beaucoup de soucis en moins !

La multiplication des canaux...
Au départ, le MIDI était pourvu de seize canaux d'émission/réception, un point c'est tout ! Comme les machines du début des années 80 étaient rarement multitimbrales, un seul canal suffisait bien souvent à la discussion MIDI entre appareils. A l'époque, nous imaginions qu'avant de voir évoluer seize bécanes dans le home studio, il allait passer de l'eau sous les ponts... Oui, mais avec l'arrivée des synthés et expandeurs multitimbraux, tout ceci a été remis en cause ! Et malheureusement, il aura fallu un certain temps avant que les fabricants de périphériques mettent au point de vraies interfaces multicanaux. Après Opcode et MOTU, Emagic s'est lancé dans l'aventure et le résultat est au-dessus de la moyenne ! Chacun des huit ports de l'AMT8 s'adresse donc à un appareil distinct. Seize canaux MIDI sont véhiculés sur chaque prise, ce qui nous amène à un total de cent vingt-huit canaux (8 x 16, pour ceux qui ne suivraient pas au fond de la salle !). Là où les capacités de l'informatique font des merveilles, c'est que nous pouvons cascader plusieurs interfaces... Le nombre de modèles liés les uns aux autres varie en fonction de la plate-forme informatique à laquelle le système est connecté. Ainsi, sur un Mac, nous pourrions bénéficier de cent quatre-vingt douze ports, en utilisant deux ports série et le port USB. Il s'agit là d'un cas extrême qui nécessite d'ailleurs de gonfler l'unité centrale avec une carte PCI de ports série, puisque aujourd'hui, nous ne trouvons plus que de l'USB comme port de base. En revanche sur un PC équipé de Windows 95, nous tombons à onze ports et nous nous rattrapons un peu avec la version 98 qui autorise jusqu'à soixante-quatre ports MIDI. Vous l'aurez compris, dès que votre set-up dépasse deux appareils et que vous utilisez un séquenceur logiciel, mieux vaut s'équiper d'une interface digne de ce nom. Petit complément d'information : comme les AMT et Unitor possè dent des mémoires internes de configuration, il vous est possible de les utiliser sans avoir recours à l'ordinateur.
Quoi de plus ?
Tout d'abord le mode AMT, pour «MIDI Active Transmission», se révèle être beaucoup plus puissant que les modes de transmissions couramment utilisés pour les interfaces MIDI classiques. A l'origine, la fréquence utilisée pour la discussion entre l'unité centrale et une interface MIDI est de 1 MHz. Depuis, les techniciens ont progressé et nous pouvons faire appel au mode Fast, qui correspond à quatre fois la vitesse nominale de flux entre l'ordinateur et l'interface. L'AMT, lui, annonce un délai zéro ! Cette optimisation ne va pas d'ailleurs sans poser quelques problèmes puisque nous avons constaté qu'elle peut perturber la gestion des buffers MIDI des appareils récepteurs. Non pas que ce procédé augmente la vitesse de flux du MIDI (il faudrait revoir le protocole lui-même) qui est toujours de 31,25 Kbauds, mais quand le flux est important entre le séquenceur et l'interface, parfois, c'est le synthé qui ne suit plus ! A ce stade, nous aurons recours au bouton situé en face avant, appelé Panic/patch, et qui permet d'envoyer un reset sur tous les ports MIDI et sur chaque canal.

En somme...
Souvent, ce type d'investissement est négligé, ne serait-ce que parce ce c'est frustrant d'acheter un appareil qui ne produit aucun son ou qui n'a d'autre fonction que de gérer une gare de triage ! Eh bien, c'est pourtant là que tout le système MIDI prend son essence. Et ce centre nerveux résout bien des problèmes dès lors qu'il est correctement dimensionné. Certes, il s'agit d'un investissement relativement lourd en regard des autres appareils avec lesquels il est possible s'amuser, 3 490 F TTC pour l'AMT8 et 4 690 F TTC pour l'Unitor8 MK II, mais cet achat devient vite indispensable... Alors pensez-y !
IN
Le concept modulaire, les différents standards d'interfaçage, le mode autonome.
OUT
Il manque un écran de gestion pour l'utilisation «stand alone», l'adaptateur secteur n'est pas le bienvenu.
CMDM
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