C'est de Suède que nous vient cette excellente idée qui consiste à ressusciter les sonorités que nous pouvions obtenir avec le chip du Commodore 64 ! Elektron, jeune société de passionnés, est aujourd'hui distribuée en France par M.E.S.I. qui nous donne l'occasion de tester ce synthétiseur pas comme les autres !
Fin 1983, un fabricant informatique lançait un pavé dans la mare : le Commodore 64. Bien moins coûteux que ses homologues, plus «sympathique», facile à interfacer (rappelez-vous le séquenceur Sequential...), nous tenions là ce qui sera considéré plus tard comme l'ancêtre de l'Atari. Le plus drôle, comme souvent avec l'informatique, c'est que les musiciens se sont vite aperçus que le processeur équipant ces machines pouvait servir à autre chose qu'à générer des sons pour de quelconques jeux vidéos. Bien des années ont passé et, le Commodore, comme plus tard l'Atari, a disparu de la circulation. C'était sans compter la terrible passion qui anime une équipe de jeunes suédois, avides de sons analogiques des années 80 - comme ils sont nombreux ! L'idée a consisté à remettre ce circuit au goût du jour et à l'introduire dans un boîtier digne de ce nom, flanqué des atours indispensables à toute manipulation synthétique qui se respecte.
Côté cour, côté jardin
Dans un pupitre en aluminium brossé, de la taille d'une boîte à rythmes, le Sid Station abrite un MOS6581, le chip du Commodore 64. L'écran informatique a été remplacé par un LCD 2 x 16 caractères rétro-éclairé, un pavé alphanumérique, une molette de type alpha dial et quatre potentiomètres rotatifs de bonne taille complétant la surface de contrôle. Notons que ces derniers peuvent être assignés chacun à un contrôleur MIDI, transformant le Sid Station en un contrôleur temps réel pour des environnements MIDI externes. Enfin, quatre LED (trois vertes et une rouge pour la synchronisation) renseignent l'utilisateur. Côté jardin, on ne se bouscule pas au portillon ! Outre la prise pour alimentation externe accompagnée de son interrupteur marche/arrêt, nous trouvons simplement un entrée et une sortie audio (le tout en mono), des prises MIDI In/Out/Thru ainsi qu'un potentiomètre de réglage pour le contraste. Exit, donc, la prise casque et d'éventuelles sorties individuelles. Mais à regarder cet engin de près, nous imaginons sans peine que des choix aussi radicaux que ceux-ci correspondent bien à une volonté délibérée du fabricant.

Synthèse ?
Des plus classiques, la synthèse soustractive que nous retrouvons ici annonce quand même des caractéristiques pour le moins alléchantes. Trois oscillateurs par voix, quatre formes d'ondes de base (triangle, dent de scie, impulsion variable, bruit blanc), trois générateurs d'enveloppe de type ADSR, trois modulateurs d'amplitude, un ring modulator, des filtres programmables avec quatre types différents et une fréquence de coupure allant de 30 Hz à 12 kHz... A cet inventaire, ajoutons quatre LFO dotés de six formes d'onde chacun, avec toutes les possibilités de renvois vers les modules cités plus haut. La synchronisation des oscillateurs est présente et permettra de grossir des sonorités gourmandes. Voilà de quoi travailler correctement ! On peut dire que la polyphonie (trois notes en mode Poly et une en mode Single) est limitée, ou plutôt, qu'elle précise encore mieux le type d'utilisation auquel on destinera le Sid Station. Il s'agit bien là d'un appareil mono, analogique, qui complètera une palette sonore déjà existante. Histoire de bien s'amuser, le constructeur nous a réservé cent emplacements mémoire pour stocker nos sonorités, ce qui devient assez confortable pour une machine de cette gamme. Que dire du grain ? C'est bien le son du Commodore 64, en plus propre toutefois, et ce n'est pas étonnant, vu le soin apporté au choix des convertisseurs A/D et D/A, ainsi qu'à l'ensemble des composants.

Conclusion
Bonne surprise que ce petit appareil tout droit sorti des années 80 (pour le son, s'entend !). De l'analogique sympathique, sans équivoque, qui complètera parfaitement quelques vintages ou encore du matériel plus récent. Pour un prix de 4 990 F TTC, on peut considérer sérieusement l'achat d'un appareil comme le Sid Station, au lieu de se rabattre systématiquement sur des vintages pas toujours en bon état. La bonne nouvelle du mois !
IN
Le son «revival», la facilité d'emploi, la qualité des traitements.
OUT
Un léger «buzz» de fond à l'arrêt, l'adaptateur secteur (il y a de la place dans l'appareil...), un petit clavier de saisie de note aurait été le bienvenu.
CMDM
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