Acquérir un sampleur, c'est bien ! Penser à affiner son choix selon le but musical à atteindre et se porter vers une station de travail basée sur le concept «boîte à rythmes à échantillonnage + puissant séquenceur», c'est encore mieux. Etre l'heureux propriétaire d'une MPC3000 LE signée Roger Linn, alors là, cela relève de la passion ! Il n'y a pas de mal à détenir aujourd'hui ce qui sera un collector dans quelques années, un placement en quelque sorte...
La MPC3000 Akai qui avait dignement succédé à la MPC60, fleuron des stations de travail dans les années 80, a dû s'effacer au cours du temps devant la MPC2000, puis la MPC2000 XL, prouesses technologiques obligent. En effet, dans l'absolu, ces deux dernières machines restent plus extensibles sur le plan de la mémoire vive et offrent l'avantage d'avoir au catalogue un certain nombre d'options, comme c'est la règle actuellement.
Mais devant une demande incessante des DJ et autres rappeurs, le constructeur nippon a décidé de rééditer cette MPC sous la forme d'un hommage à son concepteur, Roger Linn. Une plaque dorée orne donc la face avant avec un numéro de série... limitée !
Interface
Soyons clair, hormis la robe gris foncé (anthracite ?) du boîtier, le reste est strictement identique à l'originale. Celle-ci représentait déjà une évolution majeure par rapport à son aînée, dont le SCSI restait une option, l'échantillonnage du 12 bits/40 kHz, etc. Issues du moteur des S3000, les MPC3000 travaillent en 16 bits à 44,1 kHz et disposent du SCSI en standard, ainsi que de huit sorties individuelles, quatre sorties MIDI, une entrée numérique et deux analogiques pour le sampling et d'entrées/sorties pour la synchronisation externe. Attention, si le FSK (Frequency Shift Keying) est disponible en série, le SMPTE n'est plus une option (sous forme de carte). Il est déjà possible d'imaginer qu'au delà de l'utilisation basique de la MPC3000 LE, celle-ci pourra aussi servir de centre nerveux MIDI au sein d'un home studio ainsi que de convertisseur d'horloge en direction des boîtes à rythmes vintages répondant au FSK24, ce signal étant toujours généré par la MPC en mode d'exécution de séquence. Seule restriction, comme il n'y a pas de pointeur sur ce code, il est conseillé de démarrer les machines au même instant et de reprendre au début des séquences en cas d'arrêt subit - ah ! Les vintages ! La face avant ne présente aucune différence par rapport à la MPC3000 classique, à part celles signalées plus haut qui ne relèvent que de l'esthétique. En résumé, nous trouvons seize pads sensibles et largement dimensionnés, un écran rétro-éclairé amovible complété par quatre touches d'accès chères au constructeur (Shift Keys), plus quatre autres pour le déplacement du curseur, et enfin une molette de type alpha dial, elle-même secondée par deux touches de crémentation/décrémentation. Vingt switches de fonction ou d'accès à des paramètres spécifiques ainsi qu'un pavé numérique facilitent grandement l'édition. Pour les commandes de transport et de contrôle temps réel, quinze boutons ergonomiques et bien situés accentuent le côté instantané et convivial du travail sur la MPC3000 LE. Le potentiomètre de volume et celui d'enregistrement (échantillonnage) ainsi que le contraste de l'écran sont eux situés en haut à gauche de la façade. Mais le plus sympa dans tout ça, c'est le fameux curseur hérité de la MPC60 qui permet, entre autres prouesses, d'évoluer autour du paramètre de decay, mais aussi de hauteur d'attaque ou de fréquence de coupure du filtre d'un échantillon. Imaginez que vous dosiez en temps réel le passage d'une charley fermée vers une ouverte... Amusant et très utile dans bien des cas.
Fonctionnement
Comme nous l'avons signalé plus haut, il s'agit de plusieurs appareils en un. L'échantillonneur arrive évidemment en tête et reprend les caractéristiques des «moteurs 3000» de la marque, à savoir un échantillonnage mono/stéréo à 44,1 kHz, 32 voix de polyphonie, un filtre passe-bas résonnant pour chacune d'entre elles, un générateur d'enveloppe... Jusqu'à 128 sons peuvent être stockés et répartis dans 24 programmes pouvant contenir eux-mêmes 64 échantillons parmi les 128. Un processeur V53 (16 bits/16 MHz) assure les tâches de calcul et un autre dédié aux effets est embarqué d'origine. La mémoire totale n'est (malheureusement) extensible qu'à 16 Mo, ce qui peut suffire pour sampler des sons courts tels que nous les rencontrons dans les kits de batterie, mais reste nettement insuffisant en regard de ce qui existe sur le marché... et même dans le catalogue du fabricant, la MPC2000 monte à 32 Mégas ! Mais attention, sur les deux slots mémoire de base qui reçoivent normalement des barrettes de 4 Mo (30 broches), certains utilisateurs ont réussi à placer des modèles de 16 Mo chacun, ce qui porte la capacité à 32 ! Restons extrêmement prudent par rapport à cette information car cela n'est possible qu'à partir de la version 3.11 de l'OS et sur un certain type de barrettes mémoire (à tenter avec votre revendeur). En ce qui concerne l'échantillonnage, les manipulations sont d'une facilité déconcertante, et c'est plutôt en travaillant sur le séquenceur qu'il faudra être le plus concentré. C'est assez logique car celui-ci rassemble tous les outils que nous trouvons habituellement dans un logiciel. Entre la taille de l'écran qui, bien que confortable, ne peut rivaliser avec celle d'un ordinateur (sauf si nous utilisons l'option IB- CRT qui permet le raccordement d'un écran SVGA comme rappel des informations du LCD), et le fait que ce type de station implique deux raisonnements en un (je gère mon échantillonneur, mais là, je bascule dans le séquenceur, et après je retourne dans la page sampling, etc.), il faut reconnaître que la gestion de cet appareil demande un peu d'investissement en temps et en énergie ! Mais rassurez- vous, les résultats sont largement à la hauteur des espérances et les MPC ont, à ce titre, participé à l'évolution des styles musicaux de cette dernière décennie. Le séquenceur offre la possibilité de stocker 75 000 notes réparties en 99 séquences de 99 pistes. Les deux entrées MIDI peuvent être mélangées (merge) et il est possible d'enregistrer seize canaux simultanément (pratique pour du transfert de séquences...). La transposition en temps réel ainsi que la mise en boucle d'une portion pendant un overdub sont aussi de la partie.
Conclusion
Si le time stretch ou le pitch shift, des traitements couramment rencontrés sur les appareils actuels, peuvent faire défaut, l'ergonomie générale, et, plus encore, la philosophie même de la MPC3000 LE satisferont totalement bien des utilisateurs. L'ensemble reste complet et très cohérent et la qualité est omniprésente. Certes, il s'agit de se faire plaisir avec un modèle anniversaire , mais qu'importe, ce qui compte avant tout, c'est le sentiment que la MPC vous pousse à jouer, à créer : un facteur fondamental dans l'approche d'un instrument de musique, et c'est cette impression qui nous a accompagné tout au long de ce test. La MPC3000 LE est une superbe machine d'exception pour les aficionados de la rythmique !
IN
Le concept, le son, l'objet rare, la qualité de finition, l'ergonomie générale.
OUT
Il y a encore des options à acquérir sur un modèle «luxe», la capacité mémoire, l'absence de certains traitements d'échantillons. Qualité sonore : ***** - Ergonomie : **** - Rapport qualité/prix : ***
CMDM .