EN LICENCE CHEZ STEINBERG, TIME FACTORY APPORTE LA TOUCHE TRÈS PROFESSIONNELLE QUI MANQUAIT DANS LE PANEL DE TRAITEMENTS DE LA CÉLÈBRE MARQUE. IL EST SPÉCIALISÉ DANS LA MODIFICATION DU TEMPO OU DE LA HAUTEUR D'UN FICHIER AUDIO.
On connaissait déjà Sonic Works artist et sa version studio, ou encore les fameux Orange Vocoder, Ambisone, Voxciter, dans la gamme des plug-ins. Le simple énoncé de la gamme des logiciels Prosoniq offre la démonstration qu'il est bien spécialiste dans le traitement audio ! Ce qui est intéressant chez ce développeur, c'est que la démarche est toujours originale et suffisamment décalée par rapport aux phénomènes de mode pour que l'on n'y voie pas une once d'opportunisme. Dans le cas de Time Factory par exemple, l'ensemble des fabricants s'est déjà attelé depuis longtemps à cet épineux problème qui consiste à modifier la hauteur d'un signal (sans en changer la vitesse - pitch shift) ou d'un signal (sans en changer la vitesse - pitch shift) ou en changer le tempo (sans en modifier la hauteur - time stretch), mais bien des formules proposées ne nous ont pas forcément convaincus... Donc, bien après les premières batailles sur ce terrain, Time Factory débarque chez Prosoniq et, comme il fallait s'y attendre, le résultat est à la hauteur des espérances.
Installation Compatible PC et Mac, le Time Factory est livré avec un CD-ROM et une disquette d'autorisation (une clé ! 1 exemplaire Mac et 1 PC). Rassurez-vous, les possesseurs de Mac récents ne sont pas lésés puisqu'ils peuvent installer le logiciel à partir du CD-ROM, puis demander par téléphone lors de la procédure d'installation. Cette méthode est assez plaisante car elle permet, au passage, de s'enregistrer auprès du réseau Steinberg, ce qu'on oublie souvent de faire et qui nous rend absents des bases de données du constructeur. Inutile de se plaindre ensuite quand les mises à jour n'arrivent pas directement dans la boîte aux lettres, électronique ou pas ! Ces protections logicielles sont les bienvenues en regard du piratage persistant dont les softs musicaux font l'objet. A des fins pédagogiques, le fabricant consacre une page de son manuel à l'explication de sa démarche face à ce problème. MPEX : la quatrième dimension En général, pour le time stretch et le pitch d'un fichier décomposé en milliers de segments, qui seront ensuite reconstruits en fonction du traitement demandé. Reconnaissons que le résultat n'est pas toujours homogène, hormis les algorithmes utilisés par MOTU, bien que le traitement impose de travailler sur un fichier monodique (une voix, un instrument soliste, etc). Le MPEX (pour Minimum Perceived Loss Time Expansion/Compression) est une méthode qui vise plutôt à «apprendre» le contenu d'un signal audio et à l'interpréter ! Eh oui, les ingénieurs de Prosoniq sont partis d'un postulat pourtant simple : ils ont réfléchi à la façon dont les oreilles perçoivent le son et s'adaptent aux différentes variations contenues dans un signal ! Du coup, le processeur de l'ordinateur réagit littéralement comme un «réseau neuronal artificiel», pour reprendre l'expression du fabricant. Action ! Le principe consiste à charger un ou plusieurs fichiers audio existants et à leur faire subir les pires outrages afin de détecter les faiblesses et les atouts de ce procédé. Quand je précise plusieurs, c'est que nous sommes en présence d'un mode batch, c'est-à-dire que nous pourrons lancer un calcul sur plusieurs fichiers simultanément. Cette fonction semble aujourd'hui indissociable de tout logiciel de traitement qui se respecte ; sinon, comment faire face à 357 fichiers à descendre d'un demi-ton et dont on devra modifier le tempo de quelques valeurs ? Une fois fixées les valeurs des paramètres à modifier, il n'y a plus qu'à cliquer sur la touche DSP, qui nous enverra éventuellement un message nous interrogeant sur le dossier et le disque de destination, et le calcul peut enfin être exécuté. Là, il faut, selon les cas, ne pas quitter son écran des yeux ou partir prendre un café. Tout dépendra de la complexité du traitement demandé, du mode de travail (choix de la qualité dans le menu idoine) et de la longueur du fichier initial, bien sûr ! On soulève donc le problème récurrent de ce type de logiciel : le mode pre-listen (pré-écoute), bien que complexe à mettre en oeuvre pour les développeurs, semble nécessaire, ainsi que le mode de calcul en tâche de fond, le temps de calcul pouvant être relativement long. Une fois celui-ci effectué, un nouveau fichier apparaît automatiquement dans la fenêtre principale et est sélectionné, prêt à l'écoute. Au bout de quelques manipulations, il faudra bien vérifier les noms attribués à chaque élément car la distinction entre un segment audio original et son homologue «traité» risque d'être mince (le nom reste identique, seules des abréviations en en-tête lui sont ajoutées). Sur un travail autour d'un titre, cela peut aller, mais dans le cas d'une gestion lourde, quelques dizaines de fichiers, cela peut devenir handicapant. Pour le reste, signalons que la fonction Undo n'est pas opérationnelle suite à un traitement DSP. Cela dit, il y une raison possible à cela puisque le fichier original est toujours présent dans la fenêtre et qu'un «double» modifié apparaît plus bas, donc pas de risque d'abîmer accidentellement quoi que ce soit ! Conclusion Simple d'emploi, capable de traiter des signaux complexes et polyphoniques, le Time Factory peut se vanter de redistribuer les cartes dans ce domaine, bien qu'arrivant un peu tardivement sur le marché. On regrettera le côté un peu bâclé de l'interface utilisateur car les développeurs nous ont habitués à travailler devant des pages logicielles colorées et agréables. De fait, quand on regarde les autres logiciels de la marque Prosoniq, on finit par se demander si, pour le Time Factory, ils n'auraient pas oublié de recruter un ingénieur «ès thétique»... D'un autre côté il s'agit d'une version 1.0... Bon, le principal est que cela fonctionne et que les résultats soient satisfaisants. De ce côté, pas de souci, même si nous avons détecté ça et là quelques incohérences, notamment sur des voix lead dont le timbre semble légèrement modifié (en dessous de 3 demi-tons). Mais là, comparé aux autres softs du marché, on reste quand même largement au-dessus de la moyenne. Une dernière remarque concerne l'absence de visualisation des formes d'ondes : bien que le soft permette de renvoyer automatiquement un fichier sélectionné vers notre éditeur habituel (Sonic Works par exemple !), il est néanmoins dommage que Time Factory ne soit pas réellement autonome, ne seraitce que pour isoler une partie d'un signal audio à traiter (je tronque le début, je ne prends que le refrain de la chanson, etc). Quoi qu'il en soit, Time factory représente un outil indispensable pour tout remixeur, monteur, ou musicien !
IN
La simplicité d'utilisation, la qualité des traitements, la possibilité de travailler sur des signaux stéréo, la compatibilité fichiers audio assez large.
OUT
Pas de mode de pré-écoute, l'interface un peu austère, les calculs ne s'effectuent pas en tâche de fond.
CMDM .