YAMAHA FUT L'UN DES PREMIERS CONSTRUCTEURS À PROPOSER DES GRAVEURS DE CD AUDIO PROFESSIONNELS. LA FIRME AUX TROIS DIAPASONS RÉCIDIVE AVEC CE NOUVEL ENREGISTREUR CD-R/CD-RW TRÈS ABOUTI, DOTÉ DU FAMEUX UV22 D'APOGEE.

Ce nouveau graveur arbore sur son tiroir de chargement le terme «Professional», qui marque d'emblée sa destination, bien que les amateurs éclairés puissent eux aussi s'intéresser à cet appareil. La façade anodisée façon «grand public» nous change des présentations austères, trop souvent noires : on remarquera aisément le CDR1000 dans un rack et l'on saura apprécier l'esthétique aussi réussie que rationnelle de son coffret de deux unités. Fonctionnel Toutes les commandes du CDR1000 tombent sous la main, si bien que l'on pourrait presque se passer du mode d'emploi, mais l'utilité de ce document ne fait aucun doute sur certaines particularités du Yamaha. Ainsi, l'on apprend que son exploitation ne se limite pas aux touches de façade et à la télécommande à infrarouges : une embase sub-D 9 points reprend quelques fonctions vitales au moyen de contacts momentanés à la masse. On pourra donc se servir d'une télécommande filaire pour la lecture, la pause, l'arrêt, le stand-by de l'enregistrement et l'incrémentation manuelle des plages. Avec le contact de masse, les entrées mobilisent donc 6 contacts sur les 9. Les trois derniers envoient des impulsions de lecture, de pause et d'arrêt, une option bien pratique pour ceux qui désirent chaîner plusieurs graveurs, le premier, le maître, pilotant les esclaves. Comme ce graveur exclusivement dédié à l'audio ne tourne qu'à la vitesse nominale, la combinaison maître/esclave(s) reste la seule solution pour réaliser plusieurs copies en un minimum de temps... Une autre embase, située en façade à côté de la sortie de casque réglable, reçoit un jack 6,35 mm pour un footswitch configurable en bouton de lecture ou de début de gravure. Voilà une bonne idée pour les musiciens qui ne disposent pas de trois mains, et ils sont nombreux, croyez-moi. Autre bonne idée, celle de la mémoire tampon réglable, qui stocke de 0 à un peu moins de 5 secondes de son, précédant une action sur les touches de gravure, histoire de ne rien perdre d'un enregistrement dont on ne connaît pas le moment de départ, comme lors d'un «live», par exemple... Equipement La volonté de qualité se remarque aussi dans le choix des entrées et des sorties : exit les connecteurs optiques de type Toslink les moins bons et les plus enclins à générer du jitter, pour trois raisons majeures - la limitation de la bande passante des optocoupleurs, le jeu mécanique provoquant un mauvais centrage de la fibre par rapport à la cible située dans l'embase et la structure hétérogène de la fibre elle-même, en matière plastique. Yamaha a donc choisi des entrées et sorties AES et S/PDIF, respectivement sur XLR et cinch. L'analogique comprend deux paires de XLR, les entrées disposant, en plus, d'un interrupteur -10/+4 dBV. Le CDR1000 accepte toutes fréquences d'échantillonnage comprises entre 30 et 50 kHz, grâce à un SRC (Sample Rate Converter) qui convertit le flot numérique à 44,1 kHz en vue de le graver. En mode automatique, le SRC se déclenche si la fréquence d'échantillonnage est différente du 44,1. Mais on peut quand même l'insérer dans la chaîne numérique si la fréquence entrante est la même que celle du CD : dans ce cas, avec son entrée et sa sortie calées sur 44,1 kHz, le SRC se comporte comme un atténuateur de jitter, ce qui peut être utile dans le cas d'une source numérique peu précise ou d'un câble de liaison AES ou S/PDIF de piètre qualité. Si l'instabilité temporelle de la source numérique atteint la valeur de ±150 ppm, le CDR1000 enclenche lui-même le SRC ! Bravo. Comme sur toute machine professionnelle, une BNC reçoit les signaux de synchronisation de type Word Clock, une option à définir parmi d'autres : référence interne ou signaux numériques entrants. Puisque le flot numérique ne se limite plus à 16 bits, la résolution habituelle des CD, Yamaha a fait appel à Apogee pour son fameux système UV22 : il s'agit d'un algorithme particulier, une sorte de dither «propriétaire» chargé de réduire les mots numériques de 24 ou 20 en 16 bits, tout en maintenant la meilleure définition possible des petits signaux, là où, justement, les CD ont tendance à perdre en restitution. Le Yamaha intègre des convertisseurs 20 bits en entrée et en sortie à structure Delta-Sigma de suréchantillonnage, à 128 fois pour l'A/D et à 64 fois pour le D/A. Le refroidissement du graveur est assuré par une ventilation forcée. Gravure Le CDR1000 accepte quatre types de CD enregistrables, les CD-R audio ou ROM et les CD-RW, là encore, soit dédiés aux ROM, soit optimisés pour l'audio. Dans les deux premiers cas, la gravure restera figée une fois pour toutes, dans les deux derniers, l'utilisateur aura le loisir d'effacer tout ou partie des enregistrements effectués. Le Yamaha peut lire des disques non-finalisés : il se sert alors de la table des matières provisoire, sachant que la finalisation d'un CD-R implique la gravure automatique de la table des matière définitive, condition incontournable pour la lecture du CD-R, devenu CD, sur une autre platine. Attention, le Yamaha ne lira pas plus de 94 fois un CD-R non finalisé. A la quatre-vingtquinzième, il finalisera le disque de sa propre initiative, vous ôtant toute possibilité d'y graver de nouvelles plages. Justement, le format autorise jusqu'à 99 plages par disque et 99 index par plage. Ce graveur professionnel offre la possibilité d'inscrire dans les souscodes un bit interdisant la copie numérique du support sur un autre. Cette fonction n'est pas commutable sur les graveurs de CD audio «grand public» qui utilisent un autre type de CD-R. Le Yamaha inscrit aussi sur demande un blanc de 2 secondes au début ou à la fin de chaque plage, que l'on aura pris soin de graver une à une au moyen de la pause, par exemple. Pratique On notera la présence d'un afficheur fluorescent multifonction très interactif sur le CDR1000 : l'écran indique avec une grande clarté et souvent en toutes lettres les options engagées, de même que les codes des messages d'erreur. Des bargraphs donnent une idée soit du niveau moyen, soit du niveau instantané (temps de réponse lent ou rapide commutables). Gradués de -60 à -1 dB, ils sont dotés d'une visualisation des crêtes de modulation qui illuminent un segment durant une seconde. On peut également activer la fonction de maintien des crêtes : dans ce cas, le pic de modulation le plus élevé reste affiché ; à l'inverse de l'analogique, toute surmodulation en numérique entraîne une distorsion brutale et irrattrapable. Le Yamaha dispose aussi d'un fade in/fade out configurable de 0 à 10 secondes. Haut de gamme Ce nouveau Yamaha se situe résolument (c'est bien le cas de l'écrire) dans le haut de gamme, tant du point de vue de sa conception très aboutie (technique, esthétique, interactivité, particularités, UV22...) que de l'écoute qualitative. Dans certains cas, on peut avoir l'impression justifiée que la gravure est meilleure que la source numérique originale, grâce au travail du SRC qui resynchronise les données. Le CDR1000 est le complément indispensable de tout studio ou home studio à la recherche de la qualité optimale dans le domaine de la gravure de CD audio.
IN
La présentation, le son, l'ergonomie, les caractéristiques, UV22, etc.
OUT
Un peu cher, mais la haute qualité est à ce prix...
Philippe DAVID .