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Fostex D1624/D824

Article paru dans Keyboards/Home Studio n°144

01 janvier 1987

CE NOUVEAU DTD DE FOSTEX EXISTE EN DEUX MODÈLES, LE D824, 8 PISTES RÉELLES + 16 PISTES VIRTUELLES, ET LE D1624, 16 PISTES RÉELLES, 8 PISTES VIRTUELLES... LEUR COMPATIBILITÉ 96 KHZ/24 BITS LEUR OUVRE LES PORTES DE TOUS LES HOME STUDIOS POUR U N PRIX ABORDABLE.

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Société japonaise quelque peu atypique, Fostex commercialise une vaste gamme de consoles numériques et de DtD spécifiques au home studio et quelques petits accessoires à des prix très raisonnables, comme des distributeurs audio, des changeurs de genre optique vers S/PDIF et S/PDIF vers AES...

Tout nouveau, tout beau

Issu de la philosophie de conception du D-90 de l'ancienne gamme, le D824 est capable de fonctionner tant à 44,1, 48 qu'à 96 kHz. Même processus pour le D1624, qui, lui, remplace le D-160. Si l'ancienne génération quantifiait les données sur 16 bits, la nouvelle ouvre l'accès au 24 bits. Ces enregistreurs linéaires - ce qui signifie qu'aucune compression de débit numérique ne vient altérer la qualité des données - fonctionnent de plusieurs manières. Le D824, 8 pistes réelles et 16 virtuelles, ne change pas de format quelle que soit la fréquence d'échantillonnage choisie. Il ne peut enregistrer et lire que 8 pistes à la fois. Doté d'un plus grand nombre d'entrées et de sorties, le D1624 reprend point par point les caractéristiques du D824, à ceci près que le grand frère respecte les limites du petit en 96 kHz/24 bits.

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Pour toute autre fréquence d'échantillonnage, il se transforme en 16 pistes réelles et 8 virtuelles, pouvant enregistrer en simultané 8 pistes analogiques (ou 16 numériques) et en lire 16 en même temps.

Boîte vide ?

Pas de mystère pour tenir des prix aussi bas : la machine dispose d'un petit éventail d'options que l'on achètera en fonction des besoins. La conception héritée des anciens Fostex a du bon, même s'il faut acheter une allonge filaire terminée par une paire de Mini Sub-D 15 broches pour disposer la télécommande à côté de sa table de mixage. D'origine, celleci se comporte comme l'habituel panneau de contrôle, clipsé sur un rack de 3 unités. Voilà pour l'ergonomie, fort bien étudiée au demeurant, offrant un bel écran fluorescent plutôt bavard et très lisible, avec ses messages et ses bargraphs, et un vrai jogshuttle jouxtant les touches de défilement et autres. L'option la plus élevée en prix reste le médium de stockage, en fait un disque dur à la norme E-IDE. A vous de voir ce que vous voulez installer dans l'engin : Fostex recommande vivement la large gamme Quantum Fireball composée de 10 modèles de 4,3 Go à 30 Go, soit, pour 8 pistes enregistrées à 96 kHz sous 24 bits, une durée d'enregistrement respective de 30 à 216 minutes environ. Surtout, ne vous écartez pas des recommandations de la firme, sous peine de provoquer des avaries dans l'exploitation du DtD. Mieux vaut dépenser quelques centaines de francs de plus pour ne pas avoir de problème : au diable l'avarie des avaricieux !

Connectique à la carte

D'origine, le D824 dispose de 8 entrées et 8 sorties audio sur cinch (16 sorties pour le D1624), d'une paire de photo-connecteurs Toslink (2 pour le D1624) au format 8 canaux ADAT ou 2 canaux S/PDIF ; ces connecteurs servent aussi au transfert data d'audio et de set-up, soit vers une autre machine externe pour le back-up, soit en réception pour le chargement des données précédemment archivées sur un support externe. On peut effectuer les back-ups au moyen du port SCSI-2, beaucoup plus rapide. Attention, ce port ne gère qu'un seul périphérique externe. dans un studio audionumérique, la synchronisation par le Word Clock est indispensable, et les DtD de Fostex répondent à cette obligation. Si vous disposez déjà d'un appareil Fostex dans votre home studio, vous pourrez peutêtre raccorder le DtD via l'une des deux sub-D 9 broches pour le pilotage du défilement. A défaut, cette prise est configurée au protocole RS-422. La deuxième sert à cascader les commandes pour plusieurs DtD. La triplette de prises MIDI est compatible MTC (Midi Time Code) et MMC (Midi Machine Control) mais le Fostex, présentant une architecture ouverte propose dans son catalogue d'options une carte d'entrée/sortie de LTC (Longitudinal Time Code), pour la vidéo. L'audio bien balancé Le transfert de l'audio numérique ne saurait se contenter de la connectique existante. Le D824 peut recevoir une carte 8 entrées/ 8 sorties symétriques audio analogiques ou AES. Le D1624, lui, accepte pour l'analogique une carte 8 entrées/16 sorties et jusqu'à deux cartes numériques AES de mêmes caractéristiques que celle du D824.

Haute intégration

A première vue, l'intérieur des Fostex ressemble un peu à un ordinateur. Un examen plus attentif met en valeur les différences, et non des moindres. Ces DtD auraient pu tenir dans des racks de deux unités, mais l'implantation adaptée des circuits électroniques aurait coûté beaucoup plus cher. Là, les ingénieurs n'ont pas cherché la difficulté en dessinant des cartes électroniques rectangulaires qui occupent à peu près, sur le D1624, les deux tiers de la surface du fond du coffret. Cela laisse une place non négligeable pour l'installation des cartes électroniques optionnelles. Une alimentation à découpage se charge de fournir l'énergie nécessaire à tous les étages électroniques. On notera la présence, sur ce module particulièrement élaboré, de condensateurs de haute qualité, éléments indispensables à la tenue dans le temps d'un tel type d'alimentation. La plupart des tensions d'usage «noble», comme l'alimentation des circuits de conversion et de la section analogique disposent de régulateurs montés sur des dissipateurs. La partie la plus bruyante, du point de vue électromagnétique, de cette carte, soit le primaire, est blindée, afin d'éviter tout rayonnement sur les circuits sensibles.

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L'intérêt de ce type d'alimentation réside autant dans le coût intéressant, qui se démocratise de plus en plus, que dans la légèreté (comparée à une solution plus traditionnelle à transformateur). N'oublions pas la faible impédance de sortie, caractéristique que l'on oublie trop souvent et qui intervient sur la qualité sonore de manière très sensible : plus l'impédance de l'alimentation à découpage est faible et plus elle devient capable de délivrer du courant instantanément sans s'écrouler. Depuis l'implantation des premières alimentations à découpage dans les ordinateurs, ces modules ont singulièrement évolué, à tel point que l'on s'en sert de plus en plus souvent dans les appareils audio. Le silence de fonctionnement est important, notamment dans ces DtD, sinon tout bruit de fond intempestif pourrait gêner ou interdire le plein emploi des 24 bits dans le bas de l'échelle numérique. Vous l'avez compris : à quoi bon commercialiser des DtD ou autres en 24 bits si le bruit de fond intrinsèque de la machine empêche d'en profiter...

24 vrais bits

Fostex a implanté des circuits «propriétaires» dans la gestion du disque dur, des fonctions de montage et autres. En revanche, les circuits de conversion A/D et D/A sont d'Asahi Kasei. Au départ, cette société fabriquait des convertisseurs sous licence, copies conformes des Crystal. Depuis un peu plus de deux ans, AK fabrique sa propre gamme de convertisseurs Delta-Sigma. Ainsi, les D1624 et D824 contiennent des AK5393 pour la numérisation des sons et des AK4393 pour la conversion réciproque. Tout ce joli petit monde travaille en 96 kHz et 24 bits. On remarque en amont des A/D et en aval des D/A des amplificateurs opérationnels de très bonne qualité, respectivement JRC 2115 et 2068. Toutes les entrées et sorties sont protégées des tensions continues au moyen de condensateurs électrochimiques à faible résistance-série. On ne perçoit pas leur influence sur le son et leur valeur capacitive importante ne limite pas la réponse dans le registre de l'extrême grave.

Drive slot

Ces deux DtD, malgré leur prix plus qu'alléchant, ne sont pas des machines bas de gamme prévues pour une exploitation épisodique. Tout a été conçu pour un usage intensif, témoin le logement du disque dur, fort bien réalisé et équipé d'un ventilateur directement monté sur un portique très rigide. Cette conception traduit une démarche résolument professionnelle, et c'est peu de l'écrire...

Comme les pros

Ces deux machines, véritables magnétophones numériques professionnels au prix du home studio possèdent des fonctions dignes de machines 10 fois plus chères, comme par exemple Copy & Paste, Move & Paste, Undo, Redo, Track Exchange, avec la possibilité de se caler sur un tempo donné, de créer des clip-boards, les fameux «chutiers» dans lesquels on stocke des sons qui peuvent être déplacés et réutilisés plus tard... ou modifiés en direct en utilisant le Punch in/Punch out en manuel ou en automatique, bref, de quoi se prendre pour l'ingénieur du son de Joe Cocker qui, après avoir été plombier, continue de sortir des tubes. Ces nouveaux DtD rassemblent en un encombrement et un prix réduit tous les outils nécessaires à l'enregistrement d'aujourd'hui, tels que le varispeed, la sélection du temps de pré-roll, la gestion des entrées et des sorties numériques, les protections des enregistrements... N'oublions pas la grande utilité de l'écran FLS qui affiche tout ce qu'il peut et même plus : le temps restant sur le disque dur, les bargraphs des différents canaux, le mode de fonctionnement en cours, les messages d'erreurs... La prise en main de ces nouveaux enregistreurs/éditeurs audionumériques multipistes sur disque dur ne rebutera personne et surtout pas le home studiste qui en a vu d'autres sur les softs de synthèse, quelquefois assez hermétiques, pour ne citer qu'eux. La conception technique des deux Fostex, leur ergonomie et leur prix (même en y ajoutant les options) leur ouvre les voies, sinon des consoles, du moins d'un succès mérité.

IN

La conception technique et modulaire, l'ergonomie, le prix, le prix, le prix.

OUT

M'sieur, où qu'elle est la console 96 kHz/24 bits qui va avec ?

Philippe DAVID .

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