REQUISITE PROPOSE U N PRÉAMPLIFICATEUR MICRO INTÉGRANT UN COMPRESSEUR/LIMITEUR MONOPHONIQUE REPRENANT AVEC SUCCÈS LES MEILLEURES RECETTES ÉPROUVÉES DE LA TECHNOLOGIE À TUBES.
L'audio-numérique passe, à tort, pour un média froid, trop précis et impersonnel. Cette technologie a énormément évolué et la restitution d'un appareil audionumérique se confond souvent avec la musicalité d'un processeur analogique. Comme le mieux est l'ennemi du bien, on peut toujours aller plus loin en affinant la matière sonore, en lui procurant plus de relief, plus d'articulations dans les différents registres. Pour cela, l'exploitation de processeurs à tubes constitue la meilleure des solutions. Un tube bien utilisé met en valeur la matière sonore, la fluidité du son, et sa courbe de distorsion très progressive apporte une douceur certaine, qui se reconnaît instantanément et se distingue aisément du son des transistors. Le meilleur plug-in du monde aura bien du mal à émuler les subtilités d'un processeur à tubes. C'est l'une des raisons pour lesquelles cette technologie vintage reste plus que jamais d'actualité.

Micro
La prise de son microphonique ne s'improvise pas. Il faut savoir, en effet, maîtriser de nombreux paramètres d'acoustique et bien choisir ses micros en fonction de ce que l'on désire recueillir comme son. De plus en plus de marques proposent des microphones d'excellente qualité pour des prix raisonnables, ce qui les place à la portée du budget du home studiste. Un rapide coup d'oeil dans les catalogues ou les publicités des officines spécialisées donne un aperçu de ces choix pléthoriques. Mais cela ne suffit pas : l'amplitude du signal doit subir une amplification jusqu'au niveau ligne, et cette opération délicate nécessite un certain nombre de précautions. On n'obtiendra jamais le même son à partir du même micro en le reliant successivement à une vulgaire entrée de console «lambda» et à un préamplificateur à tubes, processeur spécifique. De plus, la majorité des enregistrements actuels s'effectue dans le domaine numérique : on essaie de se rapprocher du 0 dB pleine échelle, sans l'atteindre cependant, afin d'éviter les horribles saturations de type «digital». Il convient donc de juguler la dynamique pour la cantonner à des valeurs d'amplitude exploitables par l'électronique et... écoutables par l'auditeur pour qui 60 dB de dynamique enregistrée semble l'extrême limite acceptable pour ne pas tomber de son fauteuil en cas de brutal saut de modulation. La problématique coule de source : pourquoi ne pas acquérir un «vrai» préamplificateur micro à tubes doté d'un compresseur-limiteur ? C'est là que Requisite intervient avec son PAL. Préampli-limiteur 100% tubes Processeur au look et à la technologie vintage, le Requisite renferme pas moins de cinq tubes avec lesquels le son sera préamplifié, compressé ou limité, à l'exlusion de tout semi-conducteur moderne. La face avant de 5 mm d'épaisseur rassemble des commandes aussi «rétro» qu'ergonomiques : trois gros boutons de potentiomètre et des interrupteurs à levier de bonne taille, semblables à ceux que l'on trouvait dans les années 40 sur ce type d'appareil. Un large VU-mètre occupe le dernier tiers de la façade. Aucun rappel lumineux des fonctions engagées ne vient contredire l'extrême sobriété de la face avant.
Fonctions
On peut raccorder au Requisite un micro, une ligne normale, et une autre à haute impédance, à partir de la façade, parfait pour tout instrument de musique électronique ou électroacoustique. Côté connectique, une paire de XLR Switchcraft plaquées or attaquent chacun des deux transformateurs d'entrée en μ-métal, dans la plus pure tradition vintage. L'entrée micro arrive directement sur l'atténuateur commutable de 20 dB. Comme chaque unité est montée à la main et testée individuellement, le pad du Requisite PAL N° de série 11817 a été mesuré à 19 dB. L'engin accepte tous les types de micros, dynamiques ou électrostatiques, grâce à une alimentation-fantôme de 48 volts commutable. Un potentiomètre de gain ajuste le niveau d'entrée micro et instrument. On peut même doser la richesse en harmoniques au moyen du niveau d'entrée et du potentiomètre de sortie : il suffit de monter le gain d'entrée et d'atténuer le niveau de sortie, ce qui produit une légère saturation des plus agréables. Le Requisite agit sur la dynamique en compresseur ou en limiteur, suivant la sélection des deux ratios utilisables, soit, respectivement, 3:1 et 10:1. Sur le ratio le plus élevé, le PAL dispose d'un seuil fixé à -30 dB : en-deçà, il applique une compression moyenne au signal, et au-delà de ce niveaucharnière, le taux passe à 10:1. Cet appareil fonctionne sur le mode «Soft knee», ce qui signifie qu'il intervient en douceur sur le signal et qu'aucun effet de pompage intempestif ne se fera entendre. Le procédé est le même qui a fait le succès des Urei, Fairchild ou API de légende : la détection optique travaille sur la contre-réaction du circuit de gain. Le Requisite ne possède aucun ajustement du temps de relâchement, fixé une fois pour toutes. Résultat : quoi que l'on fasse, quelque soit le mode choisi (compresseur ou limiteur, voire ampli de ligne), le Requisite sonne de manière magistrale, grandiose : un son vivant, chaleureux, tout en finesse et en relief. La sortie de ligne traverse un grand transformateur de modulation, dans la plus pure tradition vintage. A gauche du large VU-mètre rétro-éclairé à aiguille, un inverseur conditionne son affichage sur deux modes : affichage du niveau de sortie ou de la réduction de gain. Au bout d'une heure de chauffe, environ, on pourra affiner la précision du VU-mètre au moyen d'un petit tournevis glissé entre le sélecteur de taux de compression et le commutateur de Link, ce dernier servant à relier deux unités : ainsi, elles formeront une paire stéréo. Le constructeur donne d'ailleurs une procédure en dix points pour effectuer le parfait alignement des deux processeurs : pas de panique, cette opération aisée nécessitera une petite minute pour les plus néophytes.
Le meilleur du tube
Si vous n'avez qu'une vague idée de ce que le mot audiophile signifie, le Requisite lèvera le voile sur plusieurs points qui sont d'excellentes surprises. En effet, l'alimentation intégrée, véritablement surdimensionnée, pourrait faire fonctionner à elle seule un amplificateur de puissance : nous avons là un énorme transformateur torique monté sur une semelle d'acier découplée du châssis qui ferait pâlir d'envie bien des enceintes actives. Cette section, entièrement blindée, comprend deux cartes d'alimentation : la principale travaille en haute tension en aval d'un filtre secteur, tandis que la secondaire se charge de l'affichage des niveaux sur le VU-mètre alimenté par un amplificateur opérationnel TL081, seule minime entorse au vintage, sachant que ce circuit se réserve exclusivement au VU-mètre. De l'autre côté de l'épais blindage, une carte assure la détection de niveau au moyen d'un sytème optique. Et alors là, surprise : les cinq tubes montés dans des supports en stéatite (sorte de céramique blanche, insensible à la chaleur des tubes) disposent d'une électronique passive annexe montée en l'air ! Explication : les résistances surdimensionnées et condensateurs de haute qualité ne sont pas soudés sur un circuit imprimé, mais «fil à fil» sur quatre étages de barettes, comme cela se faisait dans les années 40/50 ! Cette technologie vintage se ressent à l'écoute par un gain en relief de la restitution. En effet, tout circuit imprimé possède des caractéristiques parasites dont on aimerait pouvoir s'affranchir : capacitance, inductance, résistance. L'industrie réalise des circuits imprimés sur d'autres matières que la bakélite ou la fibre de verre Epoxy, fibre de verre Epoxy, mais cela coûte très cher d'utiliser du Téflon à la place. Le meilleur, dans ce domaine, consiste à câbler tous les composants sur des barettes, car la constante diélectrique de l'air ne provoquera pas l'apparition de problèmes parasites propres au circuits imprimés. Autre surprise : toutes les résistances Vishay-Roederstein combinent le carbone et le film métallique, le fin du fin dans ce domaine. De plus, le Requisite dispose aussi d'un grand nombre de condensateurs au polypropylène. Pour un appareil américain, rencontrer un condensateur Solen fabriqué en France à Châteauroux n'est pas chose commune. Enfin, tous les câbles blindés du Requisite ont été choisis dans l'excellente gamme Mogami : cuivre OFC et isolants de qualité très proche du Téflon (réduction de l'effet de peau provoqué par la charge électrostatique de la gaine au le passage du courant dans le conducteur). Splendide, superbe, admirable, en un mot : audiophile.
Quinte gagnante
Montés à l'arrière du rack, directement accessibles de l'extérieur, les tubes pourront être facilement remplacés au terme de leurs 5000 heures effectives de bons et loyaux services. Cette place réservée aux tubes leur confère aussi un excellent refroidissement par convection naturelle, à condition que le fond du coffret ne soit pas plaqué contre une paroi. Attention à la ventilation statique du coffret lors de son montage dans un rack. Le quintet se compose donc d'un amplificateur de micro 12AY7, que l'on peut (et que l'on devrait, à notre humble avis), remplacer par une 6072. Cette double-triode est suivie d'une paire de 12AX7, les amplis audio par excellence présents dans de nombreux montages d'exception. Le circuit de détection optique mobilise un tube 6AQ5A, aux caractéristiques d'importance stratégique pour le bon fonctionnement du compresseur. Le driver de sortie fait appel à un tube 12BH7A, très bon modèle, bien qu'il soit toujours possible de le remplacer par un 6414. Les fans du tube comprendront. Pour les autres, sachez que Requisite fournit des tubes de remplacement triés en (hautes) performances : vous voilà rassurés.
A vos chéquiers
Rien ne diffère plus d'un processeur à tubes qu'un autre processeur à tubes. Il ne s'agit pas de céder à une mode, mais d'offrir à son (home) studio ce qui se fait de mieux pour tirer le meilleur parti des prises de son microphoniques, sans oublier le traitement des entrées ligne ou instrument. Le Requisite PAL reprend le meilleur de la technologie à tubes : tri en performances, topologie du circuit irréprochable, câblage en l'air, haute qualité des liaisons internes, alimentation surdimensionnée... Un excellent préampli/ compresseur/limiteur à placer parmi les meilleurs du monde.
IN
La conception, la fiabilité, l'ergonomie, le son, et quel son !
OUT
Rien, même en cherchant bien...
Philippe DAVID .