VOICI LE TRITON SOUS FORME RACKABLE... EN APPARENCE, RIEN DE NOUVEAU MAIS LE TRITON-RACK APPORTE DES POSSIBILITÉS ATTENDUES EN VAIN POUR LES VERSIONS CLAVIER. UNE TECHNOLOGIE ÉPROUVÉE DONC, MAIS DES OPTIONS QUI TOURNENT CE NOUVEAU VENU VERS L'AVENIR.
Nous avions déjà disséquer le moteur d'un Triton dans notre n° 133... Passons aux évolutions: la liste est longue, et ce rack dépasse largement les capacités de ses aînés, les modèles «normal», Pro et ProX. Ce n'est pas la première fois chez Korg que la deuxième génération d'un produit se voit «boostée». Rappelons-nous le sampleur DSM1 qui présentait bien plus de puissance que le DSS1, ou encore les WS/SR et WS/AD... Mais de là à proposer un expandeur doté de tous les atours qui faisaient cruellement défaut sur la version clavier, il n'y avait qu'un pas que les ingénieurs ont décidé de franchir.

Capacités
Un des objectifs majeurs que s'est imposé le staff de développement de Korg a été d'augmenter la capacité générale du Triton. Cela s'établit à plusieurs niveaux: la mémoire de formes d'ondes passe à 32 Mo, les programmes et les combinaisons (ensemble de huit programmes) utilisateur à 1664 pour chacune des deux catégories, et la carte MOSS reçoit 128 mémoires utilisateur. Comme il s'agit d'un rack, une fonction Audition a été installée afin d'écouter rapidement les différentes textures sonores des programmes dans leur contexte. 512 phrases musicales accompagnent cette fonction, astucieuse car il est possible de laisser le bouton enclenché et de balayer les programmes avec la molette. Autre nouveauté d'importance: une page Multi qui correspond à un mode de réception multitimbral pour le Triton-Rack. En clair, là où, sur les modèles clavier, nous devons transiter par le mode Combi pour avoir huit sons simultanés, ou par le séquenceur pour en avoir seize (avec les complications d'usage, ce module n'étant pas destiné à cela), ici une page gère seize timbres, complétée par 200 mémoires! C'est dans ce mode Multi que la section RPPR (Realtime Pattern Play/Recording) est rattachée, et 100 patterns utilisateur (d'un maximum de 99 mesures par Multi et de 140000 notes de capacité totale) constituent la base de ce module. Nous trouvons ici aussi des presets de pattern de batterie (p000 à p149), et une centaine de mémoires utilisateur. Seize gabarits (template) peuvent être assignés à des Multi afin de paramétrer l'appareil pour un style musical précis. Si le séquenceur habituellement rencontré n'est pas clairement évoqué dans le Triton-Rack, il n'est pas vraiment absent et revêt simplement une forme différente.
Options
Si importantes, il faudra en tenir compte pour le prix de l'appareil, car il faut bien admettre que, sans ces options, le Triton-Rack est un expandeur comme les autres. Beaucoup de potentiel se trouve en face arrière. Une carte (optionnelle) permet de récupérer (enfin!) une interface ADAT et de véhiculer ainsi en sortie la recopie des six sorties analogiques. Elle est équipée d'une prise WordClock pour une synchronisation numérique. À côté de ce slot d'extension se trouve l'emplacement d'une carte SCSI (optionnelle!) 25 broches, destinée à dialoguer avec les périphériques éponymes: disques durs, lecteurs de CD-ROM, Zip, etc. Cette interface est indispensable, ne serait-ce que pour l'utilisation de la partie échantillonnage du Triton. D'ailleurs, en livrant l'appareil avec 16 Mo de mémoire vive (extensible à 96), on se demande bien comment on pourrait sauvegarder notre travail sans mémoire de masse.
Options (suite)
Enfin, nous trouvons l'emplacement pour une carte mLAN (optionnelle!): grande surprise et réelle nouveauté. Le mLAN (sujet traité dans KB/HS n°144) est un nouveau protocole développé par Yamaha, s'inspirant de la norme FireWire 1394: il s'agit de véhiculer de façon bi-directionnelle des signaux MIDI et audio. À terme, exit le bornier MIDI et les liaisons audio vers une carte audio, via une console éventuellement. Cette interface révolutionnaire va apparaître petit à petit sur les nouvelles générations de claviers et d'expandeurs, et c'est là la première fois (hormis le système Lone Wolf qui véhiculait du MIDI par fibre optique, mais qui ne vit pas vraiment le jour) qu'on s'attaque au hardware du MIDI! Pour l'audio, c'est aussi une avancée car cela pourrait permettre, dans une certaine mesure, de se passer de carte d'acquisition audionumérique. Voilà donc une réelle nouveauté que nous ne pourrons tester malheureusement qu'en fin d'année. Bien sûr, la carte MOSS (synthèse virtuelle issue du Z1) est en option (!); elle enrichira une palette sonore déjà bien fournie. Signalons une sortie numérique S/PDIF, non optionnelle cette fois, optique, dont le contenu correspond à la sortie générale stéréo.
Conclusion
Si la partie synthèse et échantillonnage est strictement identique (les presets d'usine sont les mêmes que sur la gamme clavier), la capacité générale du Triton-Rack est largement supérieure aux autres modèles de la marque: plus de slots pour cartes son, plus de mémoire vive pour le sampleur, plus de programmes et combinaisons, etc. L'écran non tactile de 240 x 64 est à la hauteur de la tâche (bien que la police de caractères ne soit pas toujours très lisible) et les nombreuses touches de fonctions qui l'accompagnent servent l'ergonomie de l'appareil. En deux mots : quasiment indispensable !
IN
La qualité sonore, les effets, le sampling, les extensions, les potentiomètres de contrôle, le mLAN.
OUT
La perte de l'écran tactile, l'alimentation séparée avec connecteur sur prise Din (!), pas de baie d'extension interne pour mémoire de masse.
CMDM .