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Media Box

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Roland D2

Article paru dans Keyboards/Home Studio n°157

01 janvier 1987

FORT DU SUCCÈS DES MC-303 ET 505, ROLAND A DÉCIDÉ DE TABLER SUR UNE INTERFACE PLUS INTUITIVE ET FUTURISTE... RÉSULTAT : LE D2 ÉTONNE AUTANT PAR SON LOOK QUE PAR SES POSSIBILITÉS !

L'apparition du système DBeam chez le constructeur nippon a provoqué une déferlante digne des tsunamis les plus impressionnants. Cette nouvelle façon d'envisager la sculpture d'un rythme et des timbres associés a su générer de nouvelles tendances au sein même de styles musicaux déjà novateurs en soi. La boîte à rythmes était enfin réinventée et nous avons pu renouer avec cette façon de faire, offrant ainsi une alternative intéressante au tout informatique. De la 505 au D2, il n'y a qu'un pas que Roland n'a pas hésité à franchir, quitte à dérouter quelques esprits par trop conservateurs !

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Le tour... du parc !

Autant la surface de travail paraît très complète, autant la face arrière laisse un peu l'utilisateur sur sa faim... Une entrée/sortie MIDI, une paire de sorties audio au format cinch, une prise casque en jack 3,5 mm et c'est tout ! Pas de prise pour switch de Start/Stop (pourtant très utile sur ce type d'instrument), pas de sorties séparées, pas d'entrées pour gérer un module externe, juste le strict minimum... C'est d'autant plus surprenant que Roland a toujours fait un gros effort de ce côté. Mais il nous vient à l'esprit que la rationalisation des coûts va parfois clairement à l'encontre des besoins réels des utilisateurs ! En revanche, la surface de travail est parfaitement dimensionnée et l'ensemble des fonctions tombe naturellement sous les doigts. D'un aspect moins complexe que la MC- 505, le D2 affiche une simplicité de programmation de bon aloi. Quelques bonnes trouvailles de la série suscitée ont été conservées, comme l'afficheur à LED du pattern courant et celui à suivre, l'encodeur sans fin de type Alpha Dial, les touches de transport bien espacées, etc. Petite suggestion au constructeur : nous aurions aimé un système de fixation (à la manière d'un pupitre) permettant de poser le D2 sur un pied, ne serait-ce que parce que nous travaillons généralement debout avec ce type d'interface...

D-Field

Outre quelques éléments sonores nouveaux, les autres provenant directement de la MC- 505, nous trouvons donc un nouveau mode de saisie/jeu, à savoir le D-Field ! Extrapolation du D-Beam (faisceau à infrarouge), il s'agit d'une surface de contrôle sur laquelle on agira en deux dimensions. Quel que soit le mode de travail du pad, nous serons face à huit zones distinctes et un effort de mémorisation sera nécessaire pour identifier le rôle de chaque zone en fonction du mode choisi, Sound, XY ou Spin. Sound permet de jouer des phrases musicales (RPS), des solos ou arpèges, des effets de scratch, des mutes... Notons à ce stade qu'il n'est pas possible d'assigner des multi-parts aux huit zones du D-Field, à moins de muter les autres. Le mode XY offre plusieurs contrôles de paramètres tels que le filtre (avec commande simultanée de la fréquence et de la résonance), le X-Fader, qui s'apparente à un crossfade entre deux patterns, ou encore le MFX qui est assigné à la gestion des effets. Enfin Spin, le mode le plus original des trois, s'attache à simuler les effets d'une platine disque comme l'avance, le recul et l'arrêt d'un plateau, le contrôle du tempo (BPM), la simulation d'un roulement de caisse claire (SD Roll), et l'assignation à divers contrôles comme le pan, etc. Notez qu'à chacun des modes évoqués, un type bien précis de déplacement sera nécessaire : avec Spin, on travaillera en formant des cercles, alors qu'en mode Sound, on tapera simplement sur des zones, et en mode XY, on agira horizontalement, verticalement et transversalement. Vous l'aurez compris, ces trois modes distincts ne sont pas utilisables simultanément et une palette de contrôle est disponible sur la gauche de la surface de travail afin de sélectionner la fonction désirée. Après de nombreux essais, il s'avère assez facile de passer en temps réel d'un mode à l'autre, en jouant de la main gauche pendant que la droite sollicite le pad.

Divers

Nous trouvons aussi un nouveau mode d'enregistrement en pas à pas à l'aide du D-Field et de 32 témoins lumineux. C'est assez intuitif, si tant est que nous ayons bien mémorisé les fonctions assignées à chaque zone du pad. Par exemple, en ce qui concerne les durées de note, la zone 7 correspondra aux noires tandis que la 1 sera affectée aux triples croches, etc. La saisie ou l'effacement des événements seront aussi affectés au D-Field. Tout cela n'empêche pas bien sûr de saisir les données selon le mode temps réel classique. La section Song correspond à ce que l'on connaît déjà dans la famille Groove Box et propose, comme d'habitude, d'excellentes fonctions de montage. N'oublions pas non plus Megamix qui autorise la création de nouveaux patterns par substitution de phrases (à piocher parmi celles existantes) : un moyen très intuitif pour se lancer dans la personnalisation de motifs préexistants.

Or, donc

Le D2 renouvelle bien le genre Groovebox, malgré tout le succès rencontré par la série. L'interface novatrice demande un peu d'apprentissage, mais offre bien de nouveaux modes de jeu, comme on pouvait s'y attendre. On regrettera l'interface entrée/sorties on ne peut plus dépouillée et la finition un peu légère de l'ensemble. Mais le son est à la hauteur des espérances et la capacité générale suffisante pour ce type d'appareil - en l'absence de SmartMedia... L'implémentation MIDI est, comme à l'accoutumée chez Roland, impeccable, et les dumps se réalisent sans difficulté. Un bien bel outil de production qui annonce clairement les mutations technologiques et artistiques de la décennie à venir. À voir et à jouer absolument !

IN

L'innovation du D-Field, la qualité générale des sons, la simplicité d'emploi.

OUT

L'aspect général un peu léger, l'interface entrée/ sortie assez dénudée, les abréviations de l'écran pas toujours parlantes.

CMDM .

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