ROLAND, QUI N'EST PLUS À UNE INNOVATION PRÈS, DÉTOURNE ICI LES PRINCIPES D U SAMPLEUR, DU DTD AVEC CONSOLE ASSOCIÉE, ET NOUS PRÉSENTE LE CDX-1 O U DISCLAB, VÉRITABLE STATION DE TRAVAIL DÉDIÉE À L'ENREGISTREMENT DE SKUDS... PARDON, DE CD !

Découvert au dernier salon de Francfort, le CDX-1 avait étonné, tant par son concept que par l'aspect ludique de sa prise en main. Le photographe qui nous y accompagnait alors s'était retrouvé «scotché» devant l'appareil, casque sur les oreilles ! Engénéral, c'est assez bon signe quand les néophytes peuvent adopter un nouvel outil en quelques instants. Après quelques mois, les retrouvailles (avec le CDX-1, pas le photographe !) ont confirmé cette sensation première : le CDX-1 est une station à mettre entre toutes les mains... ou presque.
Visite guidée
Comme toute workstation qui se respecte, le CDX-1 apporte son lot de commandes en tout genre, du fader aux pads en passant par les switches et autres potentiomètres rotatifs, sans oublier l'Alpha Dial... Malgré cela, la surface de travail n'est pas trop encombrée et reste assez logique. La petite taille de l'écran dénote un peu : on aurait aimé qu'il utilise totalement la surface inclinée qui l'héberge... Ah réduction des coûts, quand tu nous tiens! La face arrière du CDX-1 est bien pourvue, avec deux entrées micro, une autre pour guitare et une paire d'entrée ligne (en RCA), deux paires d'entrées/sorties digitales S/PDIF (coaxial et optique), une entrée pour pédale interrupteur et le triple bornier MIDI. L'alimentation est déportée à la façon des nouveaux ordinateurs portables: fini les gros transfos moches et lourds ! Mais, cerise sur le gâteau, nous avons aussi en face avant un CDRW, soit un lecteur/graveur de CD-R et réinscriptibles ! Et c'est bien là que réside l'originalité de ces nouvelles stations DtD rencontrées ici ou là : finaliser un projet au sein même de la workstation. Si le procédé existe maintenant couramment depuis plus de deux ans, l'originalité de Roland est d'avoir su associer un échantillonneur puissant et instinctif à l'ensemble console/DtD/ séquenceur/graveur. On retrouve donc toute la puissance et la subtilité des «SP» par exemple. On notera que la mémoire vive de la partie échantillonnage est de 32 Mo de base extensible à 128 M o (par ajout d'une barrette DIMM).
Comment ça marche ?
Assez simplement, répondit-il en terminant d'ingurgiter la 212e page du manuel ! Comme à l'accoutumée chez Roland, il y a deux niveaux d'exploitation. Le premier consiste à prendre l'appareil en main et à jouer avec. Là, pas besoin d'ouvrir le mode d'emploi car, en se fiant simplement à la sérigraphie, presque toutes les fonctions de base apparaissent clairement. Le second, plus complexe, concerne l'édition à proprement parlé, et là, nous conseillons à tout le monde de travailler avec le mode d'emploi à proximité! Le principe du CDX-1 reste malgré tout très simple : on enregistre des sources audio (via le CD, les entrées ou des pistes du séquenceur) dans les pads (64 banques de 8 pads = 512), et puis on joue sur les pads en enregistrant dans le séquenceur interne de la station. Ensuite il n'y a plus qu'à lire la séquence, mixer le travail et passer à l'étape de réduction stéréo (Mixdown) avant de graver (CD burning) sur un support vierge ou réinscriptible. Les manipulations se font donc aisément et la gymnastique de l'esprit interviendra lorsqu'il s'agira d'éditer plus précisément telle ou telle fonction. D'un autre côté, cela est assez logique compte tenu du nombre très élevé de paramètres (et c'est le risque encouru quand on combine plusieurs appareils en un !).
Au service des créateurs
Ce qui nous a frappés, pendant les essais du CDX-1, c'est le nombre impressionnant d'astuces développées par Roland pour nous faciliter la tâche ! A tous les niveaux de la station, on trouve des petites fonctions sympathiques, comme le guide rythmique pendant l'enregistrement de patterns, les multiples avertissements de l'O.S. pour prévenir toute erreur possible, le principe d'une touche = une fonction, le bouton de blocage (Hold), de pad, etc. Autant de bonnes idées qui nous entraînent bien souvent au-delà du cahier des charges que l'on s'était fixé en début de session. En revanche, certaines fonctions auraient mérité plus d'intégration : par exemple, il est dommage d'avoir à se déplacer dans l'écran via les curseurs cardinaux pour sélectionner les niveaux d'envoi d'effets quand on préférerait passer par les sélecteurs de pistes physiquement présents sur le mixeur...
On grave le groove...
Toute l'orientation du CDX-1 se concentre sur le principe de graver un CD de nos oeuvres. Le graveur de CD n'est donc pas en option puisque c'est l'essence même de l'engin. Le fabricant fournit d'ailleurs, en plus du CD audio de démo (une bonne piste pour la prise en main), un CD vierge prêt à recevoir notre mastering. Notons que cette opération s'effectue à 12 fois la vitesse (32 x en lecture), ce qui représente une excellente moyenne.

A l'heure du bilan
Toujours en phase avec un marché qui repousse sans cesse plus loin les limites de l'imaginable, Roland avec le CDX-1 innove tout en exploitant un créneau initié... par d'autres. L'appareil est facilement apprivoisable quoique l'ergonomie du logiciel d'exploitation soit parfois un peu hermétique. La qualité audio est au rendez-vous et les effets Cosm complètent la station à merveille. En réalité, il s'agit là d'une réponse d'un constructeur à la vision du tout informatique. On y retrouve les mêmes ingrédients mais dans un hardware dédié et plus simple à mettre en oeuvre. Si le CDX-1 s'adresse d'abord aux aficionados du remixage, les créateurs purs y verront aussi un studio compact et puissant.
IN
Le concept, la qualité audio, la puissance.
OUT
L'ergonomie pas toujours au rendezvous, l'écran trop petit.
CMDM .