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Focusrite Penta

Article paru dans Keyboards/Home Studio n°159

01 janvier 1987

PRÉSENTÉ AU DERNIER SALON DE FRANCFORT, LE PENTA REPRÉSENTE PEUT-ÊTRE LA SOLUTION IDÉALE POUR TOUS CEUX QUI RECHERCHENT UN BON COMPRESSEUR STÉRÉO... À PRESETS ! INTÉGRANT LA GAMME PLATINUM DU FABRICANT, ON RETROUVE DONC ICI TOUS LES INGRÉDIENTS QUI FONT LE SUCCÈS DE CETTE SÉRIE.

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Chez Focusrite, on cultive à souhait le corporatisme et l'esprit de clan. De la gamme Red à la Platinum, en passant par la Green, chaque série propose plusieurs modèles bien distincts, toujours réunis autour de thèmes récurrents : compression et égalisation.

De front

Réparties sur une face avant de deux unités de hauteur, les commandes du Penta sont suffisamment espacées pour que la confusion ne règne pas. Tout d'abord, saluons le bon sens des ingénieurs de Focusrite qui ont laissé un accès pour une entrée micro (XLR) avec alimentation fantôme commutable (48 V). En dessous de cette prise se trouve une autre entrée (jack 6,35) destinée à recevoir un signal ligne (instrument). Ces deux accès sont complétés par les switches de circonstance, à savoir : le sélecteur micro/instrument, le sélecteur de phase et le commutateur de filtre coupe-bas. Enfin dans cette section gauche de la face avant, on retrouve les LED d'indication de niveau d'entrée (deux rangées de huit LED L&R) ainsi que le potentiomètre de réglage idoine. Cela nous rappelle bien que le Penta est une unité stéréo (voir plus bas, la description de la face arrière). Toute la partie centrale du Penta est occupée par la matrice de présélection (seize programmes) et les réglages du compresseur. En effet, à ce stade de la description, il est utile de préciser que si le Penta est avant tout un outil préprogrammé, il va de soi qu'on peut intervenir sur les réglages afin d'adapter un preset à une situation donnée... Terminons ce tour de la face avant avec la partie droite, qui correspond aux réglages et indicateurs de niveau de sortie et à la mise sous/hors tension de l'appareil. Notons aussi la présence d'une intéressante fonction agissant sur la stéréo (image width), qui analyse la différence entre les canaux droit et gauche, et amplifie ou réduit cette dernière (commutation par interrupteur et dosage par potentiomètre).

L'arrière boutique...

La face arrière est aussi assez complète malgré une simplicité de bon aloi. On y découvre les blocs gauche et droit d'entrée/sortie ainsi que de chaînage (sidechain), avec, pour chaque section, un commutateur -10/+4 dB. Toutes ces prises sont au format jack. La partie droite de la face arrière est monopolisée par l'interface numérique. Eh oui, cerise sur le gâteau, le Penta peut converser avec un environnement numérique, en sortie seulement... Pour ce faire, le fabricant a opté pour la prise S/PDIF, celle que l'on retrouve assez couramment sur les DAT ou modules de sons divers et variés. Le Word Clock est présent et offre la possibilité de recevoir un signal externe (BNC). Deux switches proposent le choix entre les fréquences de 44.1, 48, 88 et 96 kHz. Chose pour le moins surprenante, le 16 bits est absent, et tout signal se présentant à la sortie de la prise numérique est en 24 bits ! Du coup, le fabricant suggère que l'appareil récepteur devra savoir pratiquer le dithering pour ramener le signal en 16 bits... Il se trouve donc que le Penta est bien 24 bits/96 kHz, étonnant, non ?

À l'usage

Quelques jours d'essai pour dire simplement que cet un outil est parfait pour ceux qui ont fréquemment recours à la compression et qui ne désirent pas systématiquement investir dans des appareils coûteux ou encore complexes. Cela dit, le Penta se montre assez souple et tolère aussi quelques sollicitations intempestives. L'action renouvelée sur les switches laisse à penser que ceux-ci seront à surveiller de près dans quelques années (quoique), et la qualité de conversion analogique/numérique est correcte. On peut être personnellement moins fan des séries de LED en façade pour indiquer les niveaux, mais bon, le prix suggère aussi qu'il faut bien faire des économies... Au-delà des ces détails somme toute assez subjectifs, il faut bien reconnaître qu'à l'usage, le Penta se révèle très efficace. Rapidement, on prend des repères, c'est-à-dire que l'on part d'un preset constructeur et qu'ensuite, on l'adapte assez facilement au contexte du moment. Ce qui est assez intéressant, c'est que même avec peu de pratique des compresseurs, on imagine qu'un apprenti ingé-son s'en tirera plutôt bien ! Le choix de Focusrite pour des presets couvre à peu près la plupart des cas de figure rencontrés et répond donc instantanément aux sollicitations de l'utilisateur. Le seul regret réside dans le fait de ne pas avoir de mémoire utilisateurs ou encore une interface MIDI permettant le transfert des données vers un séquenceur... Militons donc pour un Penta+ ! Un dernier mot sur l'ergonomie générale du Penta : elle est excellente ! Du micro branché à la hâte en face avant au rôle de compresseur de mixage branché à la sortie stéréo d'une console (peutêtre dépourvue de sortie numérique...), le Penta remplit son office sans broncher et se montre d'une grande souplesse dans le traitement.

Conclusion

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? La question mérite d'être posée et la réponse de Focusrite se nomme Penta ! Après de nombreuses années de recherches dans le domaine de la compression, il est vrai que l'on peut sans doute dégager quelques généralités, qui seront autant de réflexes et de points de départ pour le travail de studio. De là à imaginer un appareil doté de ces réglages pré-établis, pourquoi pas ? On y gagne en ergonomie, en souplesse, donc en rapidité ! Si on ajoute à cela les critères assez sérieux qui caractérisent la gamme Platinum, associée à un prix très abordable, on peut raisonnablement craquer pour ce compresseur stéréo très convivial.

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IN

La simplicité, la qualité des presets, la sortie numérique.

OUT

Pas de mémoire utilisateur, l'apparence fragile des switches.

Philippe DAVID .

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