AU MOMENT OÙ L'ARRIVÉE DU KARMA SEMBLE REDISTRIBUER LES CARTES DANS LA GAMME DES SYNTHÉTISEURS KORG, LE CONSTRUCTEUR SURPREND ET ENVOIE SUR ORBITE LES «LE», UNE SÉRIE PAS SI «LIGHT» QUE ÇA, AU VU DES SPÉCIFICATIONS ALLÉCHANTES...
On connaît les Triton et le succès incontestable qu'ils ont rencontré auprès des musiciens. En général, les constructeurs (et Korg en particulier) remplacent purement et simplement une série par une autre et ne la complètent que très rarement - sur plusieurs années par exemple. Pourtant, le fabricant nippon étonne une fois de plus et, après avoir lancé le KARMA, fait fondre sur la populace claviériste deux nouveaux modèles, les Triton Le 61 et 76 notes.

Changements extérieurs
Tout d'abord, pour rester compétitif en termes de prix, Korg a de nouveau fait l'impasse sur l'écran tactile... Bon, c'est dommage, certes, mais pas dramatique ! D'autant que l'afficheur du Triton Le est particulièrement bien agencé et complété des touches de fonctions (indispensables), il permet une navigation sans histoire au sein du Système d'Exploitation. En revanche, ce qui saute aux yeux, c'est l'absence de lecteur/enregistreur de disquettes, remplacé par un slot d'accueil pour carte SmartMedia ! C'est une première chez ce constructeur qui a beaucoup misé sur le format «floppy» pendant tant d'années ! La nouvelle est plutôt réjouissante : capacité, compacité, fiabilité. Par contre, on se pose d'emblée la question de savoir comment transférer des banques vers le monde extérieur, ou comment mettre l'O.S. à jour. Pour ce dernier point, la réponse est contenue dans la gestion de Systèmes Exclusifs et Korg s'apprête à mettre en ligne sur ses sites Web les éléments nécessaires sous forme de fichiers MIDI. Autre point notable, une option Sampling (qui nous était fournie) peut intégrer l'appareil et proposer les entrées pour l'acquisition audio (switch micro/ligne, gain par molette, deux entrées jack 6,35, connecteur SCSI 2). Pour le reste, notons les quatre sorties individuelles, des prises pour pédale de volume, switch (start/stop par exemple), sustain, et l'interface MIDI. Ajoutons un dernier mot pour signaler la matrice de contrôleurs en face avant composée de quatre potentiomètres et de trois rangées d'affectation de paramètres, dont quatre assignables.
Continuité intérieure
Pour tout avouer, le son est sans grande surprise puisque nous retrouvons là les banques qui ont fait le succès des Triton, ainsi que quelques combinaisons empruntées au récent KARMA. Le résultat est au-dessus de la moyenne et rappelons que la fabricant fait appel à une technique d'échantillonnage des formes d'onde à 48 kHz, ce qui donne une dimension étonnante aux timbres. L'architecture sonore est toujours la même avec des programmes alimentés par deux oscillateurs par voix et des combinaisons formées de huit programmes au maximum. Et comme d'habitude chez Korg, rien ne vous empêche, pour une question de commodité, de passer par le séquenceur pour gérer la multitimbralité de l'appareil. Par ce biais, vous aurez droit à seize timbres simultanés, pour une polyphonie maximale de 62 ou 31 notes, selon que l'on utilise le mode Double Oscillateur ou pas. Par contre, profitons de ces lignes pour attirer l'attention de l'utilisateur et rappeler que, comme le Triton Le fait appel à un nouveau code machine dans la gamme du fabricant, les échanges de banques de sons avec d'autres Triton (sauf le Le bien entendu) ne pourront s'effectuer qu'à partir d'une «moulinette» MIDI qui se trouve être en cours de préparation, rassurez-vous ! Nous retrouvons avec bonheur le module d'effets qui fait de véritables prouesses ! Notons aussi qu'avec l'option Sampling, vous bénéficiez d'une véritable workstation, à un prix et une simplicité d'emploi réellement compétitifs. Le séquenceur associé au système RPPR et au double arpégiateur polyphonique devient un puissant outil de création pour qui veut bien se donner la peine de rentrer dedans - parfois un peu hermétique quand même...

Conclusion
Pour ceux qui rêvent de Triton mais qui n'ont pas forcément la possibilité de s'offrir les grands frères, le Triton Le est un choix évident. À ceux qui se posent la question en comparant plusieurs marques, nous dirons que le Triton Le complété de sa carte Sampling reste l'une des meilleures affaires du moment ! Le son est au rendez-vous, la simplicité d'emploi aussi (propos à modérer car c'est un habitué de la série Triton qui parle...). C'est vraiment une station de travail à quoi nous avons affaire là. Bel engin que rien ne peut nous laisser confondre avec un KARMA ou un autre Triton, tant sa philosophie et ses atouts.
IN
L'ergonomie, le son, le port SmartMedia, l'option Sampling.
OUT
La prise casque mal calibrée (trop fort), pas de slots d'extension pour les cartes de sons de Korg. personnels le distinguent bien des autres.
CMDM .