TONY LARKING AUDIO DÉCLINE LA FAMEUSE CONSOLE À TUBES VTC DANS UNE VERSION HUIT ENTRÉES, HUIT SORTIES DIRECTES ET DEUX SORTIES DE MIXAGE. C'EST LA PLUS PETITE CONSOLE À TUBES DU MONDE CONSTRUITE EN SÉRIE. PORTRAIT D'UNE PETITE MERVEILLE...
TLA fabrique de très nombreux processeurs à tubes, utilisés par des noms prestigieux. Les prix restent raisonnables, sur une large gamme de produits. Cette fois, la firme britannique propose une console à tubes issue de la fabuleuse VTC dont elle reprend les grands principes. De nombreux aménagements dans la conception de cette console la rendent très souple en exploitation, dans beaucoup de configurations. TLA a même prévu en option une carte de conversion analogique vers numérique 96 kHz sous 24 bits, directement connectée au panneau arrière : la DO-1.

Coup de tube
Pourquoi ? Parce que cela sonne, et plutôt bien, doux euphémisme pour une console vraiment performante, musicale et originale. La topologie des circuits se place au carrefour de la technologie des tubes et de celle des transistors. Ainsi le signal traverse quatre étages à tubes de l'entrée à la sortie, ce qui équivaut à deux double-triodes. Nous y reviendrons. La M3 comprend huit entrées, commutables en micro ou ligne, toutes les entrées à la fois : pas de commutateur indépendant par voie. Cette console fonctionne en symétrie active, éliminant tout transformateur dans les circuits audio : cela diminue le taux de distorsion dans le registre grave tout en étendant la bande passante. Sur ce premier étage, TLA emploie des circuits intégrés à très bas bruit : il serait difficile d'obtenir le même rapport signal/bruit au moyen d'un tube. Ensuite, on choisit entre micro et ligne, le potentiomètre de gain étant commun aux deux, mais sur des plages différentes. Chaque entrée dispose d'un inverseur de phase et d'un filtre passe-haut commutable à 90 Hz pour une pente de 12 dB par octave. Le signal traverse une première double-triode placée juste avant la sortie d'insert sur jack TRS. À l'entrée de ce tube, une led jaune à intensité variable affiche grossièrement le niveau. Puis un égaliseur ajuste le timbre au moyen d'un Baxendall (filtre en plateau) à 80 Hz et à 12 kHz sur une amplitude de ± 15 dB ; il comprend aussi deux semi-paramétriques, le premier travaillant de 50 Hz à 2 kHz, le second de 500 Hz à 18 kHz, toujours sur ±15 dB. Du coefficient de surtension fixé à 0,7, on en déduit un filtrage en cloche qui s'étend sur 1,5 octave. Le signal peut éviter l'ensemble de l'égaliseur grâce à un bypass. Le synoptique indique à la sortie de cette section la commutation du mute, de la préécoute, et de la sélection en pré ou post fader du départ auxiliaire n°1, le n°2 se contentant du post. Ces départs disposent d'une PFL (Pre Fader Listen) et d'un réglage de niveau d'envoi.
Sorties
Les départs auxiliaires constituent le point nodal où le signal est assigné en sortie, à la fois sur le bus de mixage L/R que vers les sorties directes par voie. Une détection de niveau, appelée «drive» illumine une LED rouge. Ici, la modulation transite donc par les faders à piste plastique et course de 100 mm, via un étage amplificateur (gain maximal de + 10 dB en fin de course) ; un autre buffer symétrise le signal à destination de la sortie directe de voie, commutable à - 10 et + 4 dBu. Les sorties de mixage intègrent un tube de même facture que ceux des entrées. Dans cette section, respectivement sur XLR et sur jack de type TRS. Les entrées micro disposent d'une alimentation fantôme + 48 V présente sur on remarque aussi les deux retours d'effets stéréo commutables par paire sur - 10 ou + 4 dBu, les sorties principales sur XLR et le monitoring sur jack, ainsi que les deux sorties des départs auxiliaires et un retour machine deux voies dotés d'un choix entre - 10 et + 4 dBu. De plus, les concepteurs ont prévu des ajustements pour le calibrage des voies d'entrée (0 dB et + 10 dB), de même que sur les sorties de mixage, suivant la même configuration de deux trimmers par canal. Cette zone comprend aussi le calibrage des deux VU-mètres à aiguille, dans le plus pur style «rétro». A l'opposé se trouve la plaque qui, démontée, permettra le montage de la carte de conversion DO-1, option indisponible pour l'instant. Elle proposera, à l'heure où vous lirez ces lignes, une entrée de word-clock, une résolution au choix entre 16, 20 ou 24 bits, une fréquence d'échantillonnage de 44.1, 48, 88.2 et 96 kHz et trois sorties simultanées AES, S/PDIF et optiques EIAJ.
Couplage
Cette console huit entrées, huit inserts, huit sorties directes, deux départs, deux retours auxiliaires, quatre retours d'effets stéréo, sorties de mixage, monitoring et retour machine stéréo, peut, grâce à des connecteurs Sub-D, s'accoupler à d'autres consoles de même type. Ainsi l'utilisateur disposera de plus d'entrées, par bacs de huit, mais les bus des auxiliaires, des sorties de mixage, et des retours d'effets se prolongeront aux autres consoles.
Success story
Cette M3, extrêmement bien conçue, est un modèle de musicalité et de performances. Ces qualités s'obtiennent au moyen, entre autres, d'une alimentation séparée (en rack de deux unités), d'un chauffage des filaments des tubes en 12 V continus, ainsi qu'une haute tension de 200 V continus, gage d'un grand silence de fonctionnement. Les tubes choisis sont des versions améliorées des 12AX7, le suffixe WA indiquant une forme de filament et un blindage modifiés. Si, à quelques pages d'ici, notre rubrique «Home studio facile» donne quelques règles de soin du matériel, justement, TLA annonce dans le manuel de la M3 un temps de chauffe nécessaire de 30 minutes avant exploitation.
IN
Le son superbe, les caractéristiques, la qualité de fabrication.
OUT
Rien du tout...
Philippe DAVID .