Eh oui, voilà plus de douze ans que cette série a vu le jour... Le succès n'a jamais été démenti et au fil des ans, les performances ont toujours été meilleures. Anatomie du dernier-né, mais du plus costaud : le Proteus 2500 !
L'arrivée de ce Proteus 2500 annonce donc une nouvelle génération d'expandeurs, entre surface de contrôle (si on fait référence au nombre important de contrôleurs en face avant) et générateur de timbres surdimensionnés. Le tournant a été pris avec les Command Station et nul doute que le 2500 ne trahira pas les ambitions d'E-mu en la matière.

En scène... et en coulisse
À l'évidence, le 2500 emprunte pas mal d'idées aux dernières stations XL-7 et MP-7, dont l'efficacité de la matrice de contrôle n'est plus à démontrer. Pas moins de 17 potentiomètres rotatifs couvrent la partie gauche de la face avant, dont celui du volume général. Au centre, nous trouvons un afficheur LCD rétro-éclairé (2 x 24 caractères), les sélections de mode (Preset, Pattern, Song et Mix), un deuxième écran qui nous renseigne sur le tempo, le numéro de preset, la barre de mesure en cours d'exécution ou encore le numéro de piste et son canal MIDI associé. Les commandes de transport, elles, occupent le bas de la partie centrale. La partie droite est divisée en deux zones distinctes : en haut, nous avons les sélections de menu et, en dessous, 17 switches pour naviguer au sein du séquenceur et plus généralement commander les fonctions - ce pavé permet aussi de jouer sur une zone de 16 triggers ! La face arrière est on ne peut plus claire puisque nous retrouvons les six sorties audio, 'interface MIDI In/Out/Thru, une sortie S/PDIF, deux entrées pour pédales interrupteur, mais aussi une prise USB...

En pratique...
Après que l'O.S. se soit correctement chargé, le Proteus 2500 est prêt à l'emploi. La première question qui vient à l'esprit est : «Par quoi commencer ?». En effet, avec ce type de workstation, la tentation est grande de faire appel aux patterns du séquenceur, mais va-t-on leur préférer la ballade au travers des presets, via le mode Audition et ses riffs ? Dans tous les cas de figure, sachez qu'il faudra peu de temps pour vous familiariser avec le 2500, mais beaucoup plus pour matricer toutes les subtilités de ses immenses possibilités. Les sonorités sont en général mieux réparties dans le spectre que certains des expandeurs de la famille Proteus sortis ces dernières années. La dynamique semble d'ailleurs plus importante. Notons au passage l'arrivée d'une nouvelle banque de formes d'onde triées sur le volet qui reste extensible par barrettes SIMM. En fouillant bien et en comparant avec mon sampleur E-mu, je me suis aperçu qu'un salutaire retour aux sources avait été effectués par les sound designers de la marque - tant mieux ! Le séquenceur de 16 pistes offre une résolution de 384 ppqn, ce qui répond à l'ensemble des besoins sur ce genre de station. À ce propos, signalons que le timing MIDI est trois fois plus précis que sur un Proteus 2000 ! L'édition est on ne peut plus simple, et l'écran associé à une sérigraphie précise permet de bien tirer parti de l'O.S. Le mode Trigger est un régal et sachez qu'on peut assigner n'importe quelle note et canal MIDI à chaque touche. Deux mots aussi concernant l'arpégiateur multicanal vraiment sympa. Chaque arpège peut se voir attribuer un canal MIDI spécifique. Nous sommes vraiment en présence d'une matrice de contrôle de l'environnement home studio ! Toujours aussi intéressants, les effets se programment de la même façon que sur les autres appareils de la gamme que nous avons largement décrits tout au long de leurs bancs d'essai respectifs. Enfin, l'USB autorise le chargement de nouvelles séquences par exemple, ainsi que les mises à jour de l'O.S.

En somme
Pari gagné pour E-mu qui livre là le must des expandeurs/synthés de la marque. Les nouvelles banques sonores sont les bienvenues et le séquenceur, associé aux effets et autres contrôleurs temps réels, en fait une véritable workstation. La parenté avec les Command Station est flagrante, et à ce stade, une remarque s'impose : compte tenu que les quatre unités sont essentiellement justifiées par l'imposante face avant, et qu'il n'est pas toujours pratique d'aller manipuler les commandes devant un rack vertical, bourré d'autres expandeurs, pourquoi ne pas imaginer un appareil de 1U simplement, avec une face avant/télécommande déportée ? Cette solution, semblable à ce que l'on peut trouver côté effets par exemple, autoriserait une bien meilleure manipulation des paramètres et serait moins encombrante. Hormis cette suggestion, il n'y a rien à redire concernant le Proteus 2500, réussite sur le plan sonore comme sur celui des performances.
IN
Le son, les possibilités, les contrôleurs, l'USB
OUT
Le bleu de la sérigraphie demande de la luminosité, une seule sortie numérique
CMDM
.