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Alesis HD24

Article paru dans Keyboards/Home Studio n°164

01 janvier 1987

À L'INSTAR QUE QUELQUES AUTRES CONSTRUCTEURS, MAIS AFFICHANT CLAIREMENT SES DIFFÉRENCES, ALESIS A NÉGOCIÉ AVEC BRIO LE DANGEREUX PASSAGE DE LA BANDE, FUSSE-T-ELLE NUMÉRIQUE, AU DTD. LE TAPELESS A DE BEAUX JOURS DEVANT LUI...

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Attendu, présenté, puis retardé et enfin arrivé ! Ainsi pourrait se résumer l'aventure du HD24 depuis sa toute première apparition au NAMM de Los Angeles... Les promesses ont été tenues et le cahier des charges scrupuleusement respecté, et c'est bien ce que nous attendions de la part d'un fabricant aussi sérieux qu'Alesis, à qui nous devons, excusez du peu, le standard ADAT ! Le HD24 a en effet la lourde tâche de succéder à terme aux fameux enregistreurs 8 pistes modulables de la marque avec lesquels il reste totalement compatible au niveau des transferts de données (de l'ADAT vers le HD24) ! Mais vivons avec notre temps... S'il y a encore quelques années, ce rêve semblait inaccessible pour cause de médias trop onéreux (les disques durs), aujourd'hui, entre l'inflation des capacités, le temps d'accès raisonnable et le prix dérisoire de ces supports (les disque IDE en tête), la technologie consistant à enregistrer 24 pistes en 24 bits sur une mémoire de masse est enfin devenue concrète.

Présentation

Le HD24 est un rack de trois unités... bien rempli ! Rien n'est vraiment de trop sur la face avant, comme à l'arrière. Au premier coup d'oeil, ce côté ultra compact incite à faire appel à la télécommande fournie avec l'appareil. En façade, outre les deux emplacements pour disques amovibles (sur tiroirs extractibles) IDE, on trouve au-dessus d'eux les 24 touches de sélection de pistes complétées par une commande d'édition et l'interrupteur général, surmontées d'un magnifique écran/bargraph. Un switch placé de chaque côté de cet afficheur permet la sélection du disque dur, parmi les deux disponibles. À ce propos, sachez qu'il est fortement déconseillé d'extraire à chaud une de ces mémoire de masse, c'est la raison pour laquelle la LED de couleur nous renseigne sur son état - en marche, valide etc. La partie droite est bien complète (voire encombrée !) par les touches de transport, les différents appels de fonctions (nous vous ferons grâce d'un inventaire à la Prévert) et d'un écran largement dimensionné et lisible, ce qui n'est pas toujours le cas sur ce type de produits... Ce qu'on peut déjà dire de cette partie, après quelques heures de manipulation, c'est que si les accès sont clairement balisés, on fatigue vite d'avoir le bras en extension, en bas ou en l'air selon l'endroit où l'appareil se situe. Le recours à la télécommande est donc indispensable et gageons que celle développée spécialement par Alesis pour le HD24 rendra celui-ci encore plus convivial. Notons quand même que le nombre important de commandes de sélection en face avant part d'un simple soucis d'ergonomie, une touche =une fonction. La face arrière est à la fois plus encombrée et plus simple d'accès puisqu'il s'agit des entrées/sorties analogiques et numériques, pour le principal des connexions. Mentionnons 24 entrées/sorties en jacks 6,35 symétrisées (+4 dBu), trois entrées/sorties optiques ADAT, la fameuse prise de synchro ADAT en entrée et sortie, un connecteur de punch in/out, un pour la LRC (la petite télécommande fournie), une entrée Word Clock (terminaison 75 Ohms), une entrée/ sortie MIDI et, enfin, une connexion Ethernet ! Pour cette dernière, attardez-vous sur l'encadré «Le DtD en réseau» pour en savoir plus. Pour rester exhaustif, sachez que nous avons aussi en face arrière la prise d'alimentation et l'interrupteur marche/arrêt. Bon point à ce sujet car nous mentionnions plus haut qu'il y avait aussi un interrupteur en face avant. Il suffit donc de laisser celui de la face arrière en position On et de jouer uniquement avec l'autre ceux qui ont galéré derrière quelques racks voient très bien à quoi je fais allusion...

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Enregistrement

Certes, la surprise n'est pas forcément de mise devant un enregistreur Tapeless 24 pistes/24 bits car le marché offre déjà plusieurs références aux utilisateurs. Mais, une nouveauté reste une nouveauté et il est vrai que chaque fabricant apportant sa propre philosophie, c'est toujours un moment d'intense découverte. Premier constat, le HD24 est simple comme bonjour ! Pas d'embrouilles de fonctions ésotériques, pas de galères de disque dur, pas de bruits numériques parasites... Rien que du concret : on créé une chanson (song) que l'on nomme, on arme, on enregistre et on réécoute. Si seulement toutes nos bécanes étaient comme cela. Ceci étant dit, rien ne nous dispense de quelques réflexes élémentaires, comme le choix de la fréquence d'échantillonnage, celui de la ou les pistes à enregistrer, la méthode de synchronisation, etc. Pour le premier paramètre, le HD24 est vraiment haute résolution, mais pas à n'importe quel prix. Il peut atteindre des fréquences élevées de 88,2 ou 96 kHz mais à condition de diviser par deux le nombre de pistes. À ce sujet, ces fréquences élevées ne sont possibles que via les entrées numériques car leurs «homologues» analogiques d'origine ne supportent que le 44,1 et le 48 kHz... Mais comme Alesis a pensé à tout, une modification à l'aide d'un kit optionnel (et uniquement installé par un revendeur agréé) autorise l'enregistrement à 88,2 et 96 kHz par ces entrées mêmes analogiques, chic ! Petite restriction concernant ces hautes résolutions : s'il vous venait l'idée de transférer quelques pistes d'un Pro Tools HD à 96 kHz par exemple, sachez qu'il ne pourra pas être effectué d'édition ultérieure (crossfade, tonalité, etc.) à cette même fréquence sur le HD24, le réenregistrement serait impossible. Ce qui compte, en réalité, c'est d'avoir un enregistreur qui accepte ces fréquences, car si beaucoup s'accordent sur le fait que, pour l'instant, le CD est toujours à 16 bits/ 44,1 kHz, il n'en reste pas moins vrai, pour les plus avancés d'entre nous, que le futur sera haute résolution ou ne sera pas ! Que ce soit le CD ou le DVD et quelques soient les choix stratégiques des industriels, la haute résolution est en marche. Pour le support d'enregistrement, les disques durs IDE remplissent parfaitement leur office et l'O.S. autorise la copie de l'un à l'autre pour le backup par exemple, mais il n'est pas exclu de devoir régulièrement les reformater - format court ou long au choix. Le premier se contente de réécrire un «directory» vierge, le second beaucoup plus intéressant, efface chaque secteur et trie ceux défectueux. Le seul inconvénient des disques durs IDE est qu'ils ont tendance à se fragmenter assez rapidement, mais en regard de leur faible coût et de leur temps d'accès acceptable (généralement autour de 7200 tours/mn), on peut s'accommoder de cette contrainte de maintenance. Une fois enregistré un signal, s'offre à nous la possibilité de relire la piste puis de l'éditer. Pour la lecture, une astucieuse fonction de Scrub (avant d'ouvrir la notice, je me demandais d'ailleurs comment je pourrais travailler comme cela, aucune molette n'étant apparente !) est générée en maintenant enfoncée la touche Stop et, au choix, Forward ou Rewind ! Et comme un vrai Scrub, la vitesse augmente en fonction du temps d'enfoncement desdites touches... Édition Une fois les pistes enregistrées, on peut, tout à loisir, copier, couper, coller n'importe quelle section à n'importe quel endroit. La fonction Undo (indispensable !) affiche fièrement 99 niveaux. Le buffer, largement dimensionné, permet de stocker 72 minutes de pistes à 48 kHz, ce qui équivaut à peu près à 3 minutes pour 24 pistes, soit pratiquement un morceau complet ! En phase d'édition, on n'oubliera pas de toujours définir un point de début et un autre de fin pour valider une zone via les curseurs ou en utilisant la fonction Scrub mentionnée plus haut. Les crossfades sont de la partie et prennent une importance considérable en numérique. Les juxtapositions de fichiers pouvant entraîner quelques bruits parasites comme des clics par exemple, le HD24 opère un crossfade de 10 ms entre deux parties. Attention cependant à bien tenir compte de ce temps complémentaire qui peut fausser, à la longue, l'exactitude des points de début et de fin d'une location, car les points de crossfade se situent en amont et en aval de la zone de collage. Pour ainsi dire inaudible pour les oreilles averties, ce subterfuge permet de gommer toutes les aspérités entre deux sections. Petite précision, comme chaque Song (le dossier complet d'un morceau) possède sa propre fréquence 'échantillonnage, parmi celles proposées, il est fortement conseillé de travailler le plus souvent possible à la même fréquence, ne serait-ce que parce que si l'envie vous prenait, bricoleurs que vous êtes, de vouloir mélanger des fichiers entre morceaux... Le HD24 dispose aussi de toutes les fonctionnalités de location de points pendant le déroulement d'un morceau. Quelque soit la technique utilisée (à la volée, en programmation pas à pas), ces «markers» sont nommables et complétés par des fonctions de base comme l'Auto Return, l'Auto Play, l'Auto Record - que l'on retrouve sur la télécommande LRC. Une intéressante fonction de mise en boucle est aussi proposée et il suffit de déterminer deux points de location baptisés Loop Start et Loop End. Par défaut, ceux-ci correspondent, une fois activée la touche Auto Return aux points 01 et 02, mais bien entendu, le tout est programmable et le point de boucle peut s'effectuer n'importe où. Comme l'O.S. est bien écrit, on peut aussi imaginer faire appel à plusieurs de ces fonctions d'édition pour nous faciliter la vie, comme, par exemple, combiner la mise en boucle avec l'enregistrement automatique ou avec l'action du punch in/out. C'est vrai, des fois, on se dit que nous n'avons pas dix bras et qu'il faut encore garder les oreilles grandes ouvertes et rester parfaitement concentré, alors si les enregistreurs deviennent intelligents, qui s'en plaindra ?

Synchronisation

S'il est bien un sujet d'importance, tant dans les home/project studios que dans les structures les plus professionnelles, c'est bien celui de la synchronisation. Souvent négligé par les premières catégories citées, il reste un des points de réflexion majeurs des grands studios d'enregistrement. Sachez donc qu'il serait de bon ton de compléter le HD24 par un synchroniseur, mais peut-être votre studio en possède-t-il déjà un ? Il n'y a pas de générateur/lecteur SMPTE à l'intérieur du HD24. C'est un choix radical du fabricant qui peut s'expliquer simplement par le fait que la majorité des studios, même modestes, en possèdent déjà, notamment via l'interface MIDI du set up, souvent accompagnée (quand elle est sérieuse) du générateur dont il est question. D'autre part, le nouvel enregistreur d'Alesis possède les fameuses prises de synchro ADAT qui lui permettent de se raccorder à de nombreux périphériques du marché. L'appareil sait aussi envoyer du MTC (MIDI Time Code) quand on lui envoie une commande MMC par exemple. Par contre, il ne pourra être asservi via ce protocole. Notez que le HD24 peut également envoyer du protocole MMC au cas où c'est à partir de ses propres commandes de transport que les ordres partiraient. Puisque nous causons MIDI, profitons-en pour signaler que la sauvegarde de l'O.S. ou sa mise à jour peuvent s'effectuer via ces prises, même si à l'évidence, ce sera moins rapide que par le réseau Ethernet. Au moins ceux qui ne possèderaient pas d'ordinateur ou d'interface 10/100 Base T ne seront pas lésés et auront à leur disposition une solution de secours. Dernier détail pour clore ce paragraphe, on peut utiliser une télécommande BRC pour piloter le HD24... En attendant

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IN

Le concept, la simplicité d'emploi, la qualité d'enregistrement, l'Ethernet, la modularité.

OUT

Une télécommande pro en attente, la synchronisation incomplète.

CMDM .

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Commentaires
- 21 septembre 2009 14:56

Ne PAS mettre de disque dur westerne digital : ne montent pas ; de plus en plus difficile de trouver des DDurs IDE; seagate marche pas mal mais c le point faible de la machine cf. http://en.wikipedia.org/wiki/Alesis_ADAT_HD24#Known_issues_and_how_to_deal_with_them

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