Lexicon vient de commercialiser le multi-effet MPX 110 qui remplace le MPX 100 dans ses produits d'entrée de gamme. Ce petit rack peu profond d'une unité contient le fameux Lexichip, un DSP "propriétaire" qui bénéficie des algorithmes et de la technologie des modèles haut de gamme.
L'inventivité du staff de recherche et de développement de chez Lexicon n'est plus à démontrer. Cette société fait partie de la nébuleuse Harman, l'un des poids lourds américains de l'audionumérique, mais, même avant l'absorption de Lexicon, cette firme se distinguait déjà par ses produits de qualité. Le MPX 110 propose, pour un prix très compétitif, deux processeurs d'effets indépendants d'une résolution de 24 bits, tout comme les convertisseurs d'entrée et de sortie. Le MPX 110 est fourni avec un manuel, un CD-ROM multilingue avec des démos, et un adaptateur secteur.
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Double processeur
Ce petit rack renferme l'un des trésors de la technologie audionumérique. Dans ce créneau d'entrée de gamme, la concurrence fait rage, alors chaque constructeur y va de ses spécificités. Ici comme ailleurs, pour le même prix, on fait l'impasse sur les afficheurs LCD et autres écrans. On se contera donc de deux rotacteurs sans fin, cinq potentiomètres et trois touches rappelées par des leds. Les deux rotacteurs donnent accès aux 240 présélections d'usine, soit 15 banques comprenant chacune 16 variations. Il reste possible, néanmoins, de créer 16 programmes d'effets en plaçant la commande crantée de droite sur la position "user", l'utilisateur disposant ainsi des 16 variations qui deviennent ses propres programmes. Le nouveau Lexicon, processeur d'effet stéréo, ne fonctionne pas seulement sous ce mode, ses deux moteurs d'effets sont complètement indépendants, si bien que l'on peut les router de quatre manières différentes : double mono, double stéréo, mono split et cascade. Un dessin (ou 4) valant mieux que 100 discours, disait Napoléon qui n'a pourtant jamais travaillé chez Lexicon, vous pouvez le constater sur les schémas ci-contre.
Black jack
Partant de ces caractéristiques engageantes, parler des connecteurs devient un jeu : 4 jacks noirs pour les entrées et sorties analogiques doubles et configurables, comme exposé ci-dessus. Petit plus, on peut brancher un casque sur la sortie de gauche. Un cinquième jack reçoit les commandes d'une double pédale, qui bypasse le Lexicon ou la synchronise au tap-tempo. Une sortie numérique SPDIF à 44,1 kHz sous 24 bits sur connecteur Cinch permet de relier le MPX 110 à tout appareil numérique, y compris une carte son de Mac ou de PC... Enfin une paire de DIN 5 broches à 180° assure les liaisons MIDI IN et OUT ou THROUGH. Si ce processeur d'effet ne semble pas très interactif, pour cause d'absence d'écran LCD, en revanche, il est entièrement configurable via MIDI : si vous maîtrisez déjà bien un contrôleur de ce type, vous pourrez télécommander totalement le Lexicon, sans devoir vous pencher sur sa face avant lourdement sérigraphiée, en raison, notamment, des 256 (240 + 16) mémoires disponibles. Enfin l'embase de type Philips reçoit la tension de l'adaptateur secteur.
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Demandez le programme
Le manuel du CD-ROM contient des tableaux sur plusieurs pages chargés de livrer tous les détails des programmes d'usine. Les 240 presets peuvent subir quelques modifications, comme, par exemple, le dosage entre signal direct et traité, au moyen du potentiomètre de Mix : un autre réglage baptisé "Effects Level / Balance" permet l'ajustement du niveau d'effet pour un algorithme simple, ou l'équilibre entre deux effets en utilisation double processeur. Ceci explique en partie la mesure un peu moyenne de la séparation des canaux, située aux alentours de 45 dB, pas mieux... Enfin, un potentiomètre, sérigraphié "Adjust" propose à chaque effet et sa variation correspondante un paramètre à régler. L'utilisateur peut, sur le mode user, plonger dans les algorithmes et définir lui-même l'assignation des deux moteurs d'effets, ainsi que le paramètre qui sera édité en face avant parmi 5 options possibles. Pour y parvenir, il suffit de passer en mode d'apprentissage en pressant simultanément les touches "Store" et "Tap". Même manipulation pour ressortir de ce mode. Dès que l'on modifie l'un des paramètres éditables, la led d'édit clignote. La synchronisation par tap-tempo dispose de deux modes : soit au rythme en pressant le bouton au même beat, soit en audio : dans ce cas, il suffit de presser le tap plus de 2 secondes et de jouer deux notes dans le rythme et c'est parti !
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Chic, chip, cheap
Ce petit rack au gros son intègre une technologie éprouvée, des algorithmes d'excellente qualité et une grande facilité d'exploitation, en dépit de l'absence d'écran LCD. Mieux vaut réaliser quelques économies sur l'aspect cosmétique plutôt que sur l'électronique qui reste, fort logiquement, au plus haut niveau pour garantir au MPX 110 le meilleur rapport qualité prix possible. Tout au plus, regrettera-t-on de devoir faire systématiquement appel au manuel, dans les premiers temps. Il faut mémoriser tous les algorithmes et toutes les configurations des deux moteurs d'effets, et leurs assignations, suivant les 4 possibilités illustrées, sont également à connaître. Passé ce stade, tout devient plus simple et l'on se surprend à manipuler ce petit rack jusque dans ses retranchements afin d'obtenir des effets superbes et parfaitement utilisables partout, en toutes circonstances.
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IN
Les effets d'une qualité fort appréciable, la configuration des deux moteurs d'algorithmes configurables suivant 4 options de routage, la souplesse d'utilisation et sa polyvalence, le prix compétitif...
OUT
L'obligation, dans les premiers temps, d'utiliser le manuel pour tirer le maximum du MPX 110, en l'absence d'écran LCD. Le prix a dû provoquer quelques simplifications...
Philippe David
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