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Akai MPC 4000

Article paru dans Keyboards/Home Studio n°166

01 janvier 1987

Dernier arrivé de la gamme MPC, le Centre de Production Musicale de la firme Akai profite de la technologie intégrée dans les nouveaux samplers Z4 et Z8 dont vous avez pu lire un banc d'essai détaillé ici même, le mois dernier.

Akai développe depuis 1987 une longue lignée de MPC. Tout a commencé avec le MPC60. Il faudra attendre 4 ans pour voir débarquer dans les vitrines le MPC60 MkII, soit en 1991. Deux ans après apparaît le MPC3000 qui bénéficie de l'expertise technique et des apports de connaissance de Roger Linn lui-même. La firme japonaise cessa sa collaboration avec l'inventeur de la boîte à rythme aux sons échantillonnés pour la sortie du MPC2000 en 1997 ; en 1999, le MPC2000 passe en version XL, largement améliorée. Cette gamme évoluée change de patronyme avec la MPC4000 : de Midi Production Center, Akai a rebaptisé le dernier venu en Music Production Center. Ses très nombreuses possibilités et ses facilités d'exploitation lui valent largement ce titre. A la fois sampler, boîte à rythme et séquenceur MIDI, cette machine complète et performante intègre ce qui se fait de mieux dans ce domaine actuellement.

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De visu

La forme de console du MPC4000 rend son exploitation aisée. Encastrable, l'engin présente tout de même un défaut : dans ce cas, on n'a plus accès à la trappe du disque dur, ni au tiroir du lecteur ou graveur de CD optionnel, ni à la prise de casque et son réglage de volume, ni à l'embase USB maître. Si l'on décide d'encastrer le MPC4000, il faut ouvrir la partie avant du meuble. A gauche de la surface de contrôle, on aperçoit 6 potentiomètres assignables suivant les menus, deux rectilignes et quatre rotatifs. En haut de la console trône l'écran LCD rétro éclairé, doté de 6 soft keys qui ne tombent pas en face des fenêtres affichées. Dommage, on pouvait penser que ce genre de détail assez gênant ne figure pas sur une machine de ce prix. Au-dessous, on remarque les 16 pads sensibles à la pression et à la vélocité, et leurs 6 banques repérées de A à F, ce qui offre à l'utilisateur jusqu'à 96 sons accessibles en temps réel. Sur la droite se trouve un pavé numérique, pratique pour éditer des valeurs directement et un jog-shuttle, ou plus précisément un vrai jog encadré de quatre touches de fonction disposées sur le mode cardinal. Juste au-dessus, des touches de couleur crème donnent l'accès à toutes les fonctions importantes du MPC400. Enfin, en bas à droite, un clavier de petites touches noires, permettant de naviguer dans les séquences, surmonte un autre clavier de défilement, regroupant les traditionnelles commandes de lecture, d'enregistrement continu ou furtif (Overdub) et un stop.

Branché

Le modèle testé dispose d'un grand nombre de connecteurs, car il est équipé des options permettant le raccordement d'une autre machine au format Adat et de la carte analogique 8 sorties sur jacks, configurables tant en paires stéréo qu'en sorties mono indépendantes. Comme le faisait remarquer Gaël pour le Z8 testé le mois dernier, on peut déplorer le faible nombre de sorties possibles, d'autant plus qu'elles sont optionnelles. A cela viennent s'ajouter une entrée et sortie SPDIF, une entrée de word-clock. A part le standard Adat, seule une paire de cinch assure les liaisons numériques. Conformément aux étonnantes qualités sonores du MPC 4000, pourquoi ne pas avoir prévu d'entrées et sorties AES ? Le MPC4000 sait, lorsqu'il est équipé de sa carte IB-4D, convertir toute fréquence d'échantillonnage entrante avec celle qui a été sélectionnée dans son set-up. L'Akai se synchronise de toutes les façons possibles, en SMPTE, grâce à une entrée et une sortie sur jacks symétriques et aux standards de synchro du MIDI, au moyen de 2 entrées et de 4 sorties à cette norme. Au-dessus, le MPC4000 nous gratifie d'une entrée phono stéréo, reconnaissable à sa paire de prises Cinch rouge et blanche et à sa borne de masse châssis vissante. Le préamplificateur RIAA monté en aval des connecteurs bénéficie d'une excellente qualité. En parlant de l'audio, ce panneau arrière est équipé de connecteurs combos jacks et XLR pour les entrées symétriques. En revanche, les sorties principales se scindent en deux, soit une paire de XLR et une paire de jacks. A côté du sextet de prises DIN des liaisons MIDI, se trouvent une embase USB esclave et une mini sub-D 50 broches afin de pouvoir relier d'autres volumes externes en SCSI. Au moment de l'essai, il n'a pas été possible de faire fonctionner le MPC4000 avec un Macintosh, car le site Internet de la firme japonaise propose l'Ak-Sys V2.1 compatible, mais pas encore les drivers USB, alors qu'ils existent déjà pour le monde du PC. Espérons que ce petit oubli sera vite réglé, car cela nous prive pour l'instant d'un essai complet avec ordinateur hôte.

Z8 and Intel inside

Le MPC4000 comprend, outre ses nombreuses possibilités, un sampler de dernière mouture, le fameux Z8 dont vous avez pu lire le banc d'essai le mois dernier. A ceci près que les 8 potentiomètres assignables sont passés à 6. Comme le Z8, les convertisseurs internes analogiques numériques et réciproques de haute qualité numérisent et relisent les échantillons jusqu'à 96 kHz pour une résolution de 24 bits. Dans ce cas précis, la polyphonie passe de 64 à seulement 32 voix. Les échantillons sont stockés au format .wav sur le disque dur en FAT32, comme sur les PC. Le traitement des signaux du sampler s'effectue dans un microprocesseur Intel de hautes performances. Il s'agit ici plus d'une puissance de calcul importante que d'une résolution d'une précision extrême. C'est notamment la raison pour laquelle on peut échantillonner un son tout en lui assignant les effets d'une banque de la carte intégrée EB-4JS, fonctionnant sur 56 bits pour 4 canaux simultanés. Dans le même ordre d'idée, le MPC4000 dispose de filtres numériques à raison de 3 par voix, pouvant se combiner, sur un canal considéré, en filtre à 6 pôles, soit une pente de 36 dB par octave. N'oublions pas la résonance, configurable sur une échelle de 64 pas, contre seulement 16 sur l'ancienne série des samplers S5000 et 6000. L'Akai peut générer jusqu'à 192 filtres à choisir parmi 26 types différents. Le traitement de la modulation utilise deux LFO indépendant dotés de nombreuses formes d'onde. De même, on peut intervenir en temps réel sur les commandes de variation de note, au moyen des deux potentiomètres rectilignes, et aussi sur les 4 boutons de Q-link. L'ergonomie très poussée de l'engin propose deux types d'exploitation qui s'adressent aux néophytes comme aux experts confirmés : ces derniers peuvent s'aventurer sans risque dans les menus évolués mais toujours accessibles en pressant le bouton window, reconnaissable à sa couleur orange. De plus, comme sur le MPC2000XL, on peut diviser les échantillons qui deviennent de nouveaux échantillons à part entière, si j'ose dire. Les traitements spéciaux suivent la même logique, un échantillon passé au travers des effets spéciaux devient automatiquement un nouvel échantillon : pratique et pas prise de tête, ce "resampling".

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OK computer...

Comme nous l'avons vu, tout n'est pas encore disponible sur le site pour les possesseurs de MacIntosh désirant utiliser leur(s) ordinateur(s) avec le MPC4000 via la prise USB esclave située en face arrière. Cela ne tardera certainement pas, puisque le soft de mise à jour et le nouvel OS (version actuelle : 1.13) est déjà chargé dans la machine et peut transiter par un Mac. Les Pcistes sont, pour l'instant, mieux servis. C'est pas juste. Ce nouvel appareil Akai possède donc une chaîne interne SCSI, une externe, des options disque dur, graveur CD et RAM jusqu'à 512 Mo en DIMM 168 broches, des connecteurs USB capables de reconnaître tous les volumes existants ou presque, de même qu'un clavier, un microprocesseur Intel etc. Pas étonnant de retrouver des échantillons en .wav stockés en FAT32 et surtout une gestion intelligente des fichiers : dans un projet, vous pouvez mémoriser toutes les séquences, les songs, les échantillons, les programmes et autres dans un seul fichier .PRJ comme "projet" avec une puissante routine de gestion des fichiers : pas moyen d'en perdre un sans l'avoir effacé ce qui implique une action consentie et volontaire.

...and more

Les fondus (déchaînés) de l'échantillon ne seront pas perdus avec cette machine extrêmement complète. Certes, elle possède quelques petits défauts remarqués ici ou là et dévoilés à la face du monde ci-dessus, mais ses qualités sonores et ergonomiques surpassent ce qui a déjà été réalisé dans ce domaine jusqu'à présent. Cette machine omnipotente possède d'autres fonctions incontournables, comme le time-stretch, calculé par rapport à la durée ou au tempo, une commande de mute de piste assignable, un enregistreur multipistes, chaque canal étant éditable (affichage des "formes d'ondes", fonctions cut et paste), un séquenceur puissant et de très (ou trop ?) nombreuses options. Par exemple, le MPC4000 est livré d'origine avec un CDROM de sons, mais rien pour le lire, ce qui obligerait presque l'utilisateur à choisir d'emblée le graveur/lecteur de CD à intégré sur le panneau antérieur du coffret, à mois qu'il ne trouve les bons softs sur le net. On peut penser qu'il s'agit là d'un défaut de jeunesse pardonnable, surtout si le constructeur en tient compte par la suite.

IN

La qualité sonore L'ergonomie Les vastes possibilités L'intégration de nombreuses fonctions en une seule machine

OUT

Les remarques sur l'encastrement sur trois côtés Les softs keys décalés par rapport au LCD Les options rassemblant des éléments indispensables devant être montés en série La gestion des OS et autres soft sur le site, notamment pour les Mac.

Philippe David .

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