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THD_N_a_500Hz_10_dBu.gifCe Mindprint, comme son patronyme ne l'indique pas, nous vient d'Allemagne : il s'agit de deux tranches de console assemblées en un rack de trois unités. Le design rappelle un peu les univers de Jules Verne, ou, plus près de nous, l'architecture du jeu Myst / Riven... Un zeste d'étrangeté ne nuit pas... Les tranches de console en rack : mode ou nécessité ? Plutôt nécessité, car comment, sans cela, tirer au mieux parti des avantages du numérique de haute définition, tel l'actuel 96 kHz sur 24 bits, en attendant une démocratisation du format DSD (Direct Stream Digital) de Sony ? Voilà bien une paire de questions que les ingénieurs et le staff du marketing ont du se poser chez Mindprint. Résultat : la commercialisation d'un appareil destiné au "Project Studio", soit le home studio. Ou si vous préférez, le studio personnel, comme on pourrait le dire dans la langue de Molière (qui n'a jamais voulu s'installer de home studio, allez savoir pourquoi) : en fait, les médecins de l'époque saignaient les malades, si bien (ou si mal) que la mode était aux prises de sang, mais pas aux prises de son... Mais je m'égare !¡ !¡

Conception Loger deux tranches de console dans un rack de trois unités n'a rien d'aisé, un rapide coup d'?il (admiratif) sur la façade plutôt dense en commandes permet de le confirmer. Les concepteurs ont donc délimité les différentes sections afin que l'on puisse s'y retrouver sans trop de peine. Si l'on considère une voie, on remarque la présence de l'entrée proprement dite, suivie d'un égaliseur plutôt complet, d'un processeur de dynamique et des potentiomètres de niveau de sortie. Une fenêtre circulaire bordée de diodes rouges pour l'affichage de la réduction de gain et vertes pour les niveaux de sortie laisse voir les deux tubes dévolus à la section des compresseurs. Cette fenêtre porte un dessin sérigraphié, rappelant, de manière très stylisée, les deux lobes d'un cerveau (mindprint ?) ce terme pouvant être traduit par "l'empreinte de l'esprit".
Connectique et options
Dans ce domaine, le DTC ne fait pas non plus dans la sobriété : deux jacks pour les entrées haute impédance en façade, qui conviendront aux instruments (guitare, basse, clavier)... La grande majorité des connecteurs se situe en face arrière : XLR pour les micros, combos XLR/Jack pour les lignes en symétrique active, tandis que les micros disposent de transformateurs d'isolation à relativement haute impédance (5 kΩ) dans le but de linéariser la réponse en fréquence des préamplis. Les sorties analogiques offrent le choix entre symétrique sur XLR ou asymétrique sur jack. Comble du luxe, les ingénieurs ont prévu, sur chaque canal, une boucle d'insertion en symétrique, excusez du peu, voilà qui brille par sa rareté ! Suit, toujours de droite à gauche, deux emplacements pour les cartes audionumériques optionnelles : on peut choisir l'entrée / sortie SPDIF coaxiale et optique, puis, après coup, rajouter le module d'entrée et de sortie AES, le tout se verrouillant sur une fréquence de référence externe comprise entre 32 et 108 kHz et délivrant sur ses sorties du 44,1 ou du 48 et surtout du 96 kHz sous 24 bits. On ne trouvera pas d'entrée de word-clock, car cet appareil se destine en premier lieu aux home studios, sachant que toute entrée numérique peut acheminer aux convertisseurs la fréquence de référence externe.

Section d'entrée
Ce rack possède vraiment tous les attributs d'une tranche de console : on remarque deux réglages de gain, ligne ou instrument d'une part, micro d'autre part, ces entrées pouvant être court-circuitées par l'entrée numérique optionnelle : on entre en AES ou SPDIF dans le DTC, qui convertit le signal en analogique et ce dernier peut ensuite traverser les étages de correction, avant de se faire reconvertir en numérique, le cas échéant. Pratique, non ? Revenons à la section d'entrée qui comprend un pad à -20 dB, un commutateur pour l'alimentation fantôme 48 volts, un inverseur de phase, la mise en service de l'insert et un dernier poussoir servant à visualiser le signal d'entrée ou celui de sortie sur les Vu-mètres à leds.
Egalisation :
Ici encore, le Mindprint se distingue au moyen d'égaliseurs plutôt complets : un passe bas, un passe haut et pas moins de 4 paramétriques entre les deux, les extrêmes présentant des courbes de correction en plateau, les centrales optant pour des filtres en cloche, mieux adaptés aux bandes de fréquences de la gamme des médiums. Un examen des caractéristiques vous en apprendra plus sur la correction de timbre, à ceci près : contrairement à la grande majorité des égaliseurs, dans lesquels les filtres se succèdent sur un bus série, ceux du DTC se placent sur un bus parallèle. Ainsi, aucun filtre ne peut agir sur son voisin, et il devient plus aisé d'obtenir de bons réglages, sans que le reste du spectre fréquentiel ne soit affecté. Cette astuce d'importance majeure rejoint une pléthore de petits plus qui ont présidé à la conception de ce processeur, décidément très abouti...

La dynamique
DTC signifie Dual Tube Channel, mais les deux tubes se consacrent exclusivement aux compresseurs limiteurs. Leur rôle consiste à adoucir le signal, cette paire de 12AX7 faisant partie d'un circuit qui limite les harmoniques de rang pair, au profit des harmoniques de rang impair : ce procédé procure un son musical, non agressif, tout en apportant de la densité. Un filtre passe-haut commutable, à la pente de 6 dB par octave en deçà de 300 Hz, évite le pompage du compresseur qui aurait pu être provoqué par la grande amplitude du registre grave, détectée par le circuit à opto-coupleurs du Mindprint. La lutte contre le pompage ne s'arrête pas là, puisque le compresseur limiteur comprend une sorte de circuit très rapide, ce montage prédictif ajustant en permanence et de manière automatique le temps d'attaque des VCA chargés de la réduction de gain. Une commande baptisée "link", comme d'ordinaire, assure le couplage dynamique des compresseurs des deux canaux.
Master
Cette zone ne comprend qu'un potentiomètre chargé d'ajuster le gain de sortie. En revanche, le bouton de bypass de cette section dévie le signal de toute correction : il évite ainsi l'égaliseur, le compresseur limiteur et l'ampli de sortie de la section de master. Il s'agit donc d'un bypass général qui diffère d'avec les bypass locaux, notamment ceux des différents modules d'égalisation, 6 en tout, les passe-haut et bas, et les 4 paramétriques...
Construction
Laissons Molière au début de cet article. Cependant, son contemporain La Fontaine aurait pu dire que le plumage du Mindprint vaut le ramage. En d'autres termes, il est aussi beau à l'intérieur qu'à l'extérieur. On y trouve une topologie de circuit bien étudiée, des composants d'excellente qualité n'ayant rien à envier à ceux que l'on rencontre dans les appareils de très haut de gamme, bref, une rigueur toute teutonne... Ceux qui choisiront l'option numérique ne seront pas déçus, la firme de St Wendel a sélectionné les puces 96 kHz / 24 bits de conversion Asahi Kasei (reconnaissables à leur logo AKM) AK 5393 VS pour la conversion analogique vers numérique et AK 4393 VS pour le traitement de signal réciproque.

Esprit malin
Il faudra désormais compter avec Mindprint et son DTC, un processeur de signaux d'excellente facture, intégrant quelques astuces intéressantes et arborant un nombre impressionnant de réglages... Le Mindprint ne saurait envier quoi que ce soit à des tranches de consoles analogiques réputées, mais bien moins pratiques à racker que cette conception du tout en un, alimentation comprise, dans un coffret de trois unités normalisées. N'oublions pas les options audionumériques et la connectique très complète, inserts symétriques compris. Une superbe réussite qui se devait de figurer dans les colonnes de votre magazine favori !
In
le son précis, défini et vivant, les correcteurs de timbre et de dynamique
Out
le commutateur du secteur, un peu léger par rapport aux nombreuses qualités de cet appareil...
Philippe David .