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Korg D1200

Article paru dans Keyboards/Home Studio n°173

01 janvier 1987

Présenté pour la première fois à l'occasion du NAMM show de juillet 2002, le Korg D1200 se pose comme le digne successeur du D12 dont il reprend les bases essentielles, mais avec des possibilités largement accrues.

Korg se penche régulièrement sur l'ensemble de ses gammes de produits et renouvelle, le cas échéant, les modèles qui le nécessitent. Justement, le D1200 reprend les grandes lignes du D12 en les améliorant. Le prédécesseur proposait un disque dur interne de 6 Go, là où le D1200 embarque un 40 Go. Exit le connecteur SCSI, le nouveau venu se comporte en esclave USB et pourra ainsi être relié à n'importe quel ordinateur Mac ou PC, contre 2 Go de son disque dur, dans tous les systèmes d'exploitation existants, sans ajout d'un driver spécifique, sauf pour Windows 98 qui vous obligera à en télécharger un sur le site de Korg. La firme nippone a dû s'apercevoir que la faculté de gérer un Téra-octet de données via une chaîne SCSI n'était pas spécialement ce vers quoi tendaient les utilisateurs potentiels du D12. Ainsi, le D1200 semble plus raisonnable dans ce domaine, sachant que l'on pourra toujours effectuer des sauvegardes de projets ou de morceaux terminés et masterisés sur un ordinateur hôte ou sur un CDR ou CDRW. /medias/khs/173/article-1125/D1200_KB_173.jpg Ici, trois possibilités s'offrent à l'utilisateur pour le back-up du master : déplacé sur l'ordinateur, lequel dispose souvent d'un graveur, enregistré sur un médium externe (MiniDisc, DAT ou autre), ou bien directement gravé sur le driver CD/CDRW proposé en option par Korg. Dans ce domaine, oubliez le premier verbe de la phrase qui précède, car le terme "offrir" ne saurait avoir cours ici, vu qu'il vous en coûtera un peu moins de 600 ? TTC pour avoir le privilège d'installer ce précieux périphérique dans son compartiment, logé sous les faders. Si l'on peut apprécier la modularité d'un studio numérique intégré et performant, proposant des options bien ciblées, on regrettera le prix de celle qui, d'importance majeure, fera réfléchir plus d'un client potentiel.

Nettes différences

Un examen de la façade permet de déceler les bouleversements entre le D12 et le D1200. Si les 10 faders n'ont pas changé, avec les 9 premiers dédiés aux entrées, en mono de 1 à 6, en stéréo pour les 3 suivants, le dernier dévolu au master, et leur course de 50 mm environ, la structure générale a été repensée. Le micro intégré, qui ne servait qu'à enregistrer des voix témoin, disparaît. Tant mieux, car son utilité laissait à désirer. Les potentiomètres de sensibilité d'entrée, peu pratiques et leur connectique associée située sur la tranche antérieure se retrouvent à un endroit nettement plus logique, ce qui améliore agréablement l'ergonomie : les boutons se situent à proximité des connecteurs d'entrée, judicieusement disposés en haut du coffret. Ne subsiste, sur la paroi verticale avant, que l'entrée haute impédance pour guitare et la sortie de casque et son potentiomètre, tandis que la partie gauche abrite un obturateur qui masque l'emplacement du graveur CDRW optionnel. Les leds qui surmontaient les accès des tranches virtuelles laissent la place à des boutons translucides, nettement plus pratiques. De même, l'écran LCD rétro éclairé ne s'illumine plus en jaune, mais en bleu et il a été poussé vers la droite, au-dessus des commandes de défilement et de configuration. On peut l'incliner pour une meilleure visibilité de l'affichage. Cet écran augmente quelque peu l'ergonomie, car il affiche des icônes qui se modifient suivant les réglages apportés, un petit plus aussi pratique qu'agréable... On dispose également dans cette section de plus de commandes directes, ce qui augmente sensiblement la rapidité d'exécution. Les trois boutons dévolus aux effets assignables au micro, à la guitare et à la basse éditent les paramètres que l'on lit sur l'écran. Pour les autres, il faudra faire appel au jog/shuttle accompagné des 4 flèches directionnelles. A quand une rangée de soft-knobs facilitant l'accès direct à tous les paramètres affichés sur le LCD ? La face arrière rassemble les sorties de master sur Cinch, séparées de celles du monitoring équipées du même type de connecteurs, mais avec un potentiomètre de volume local.

Data et numérique

Une paire de Din 5 broches assure les liaisons MIDI et on retrouve aussi les deux embases optiques Toslink pour l'entrée sortie numérique. Comme vous pouvez le constater dans la fiche technique ci-contre, la fréquence d'échantillonnage du D1200 reprend celle du D12 : 44,1 kHz sous 24 bits dans le format numérique. Bien entendu, un SRC (Sample Rate Converter) ou convertisseur de fréquence d'échantillonnage se charge de recalculer en 44,1 kHz toute fréquence entrante comprise entre 32 et 48 kHz. Pas de différences avec l'ancien, observerez-vous... Eh bien si, il y en a une, et d'importance : les convertisseurs qui numérisent simultanément jusqu'à 4 entrées audio (puisque l'on peut enregistrer jusqu'à 4 pistes en simultané) bénéficient d'une résolution de 24 bits, contre seulement 20 bits sur le D12 et la différence s'entend. Deux raisons ont permis à Korg d'améliorer les convertisseurs d'entrée et de sortie : la baisse du coût de ce genre de circuit et la réduction du niveau de bruit interne. En effet, là où le D12 se contentait une tension d'alimentation unique de 9 volts en alternatif, le D1200 reçoit une alimentation à découpage externe qui fournit directement 3 tensions continues, convenablement régulées et filtrées au D1200 : du +5 volts pour le numérique, et du +12 et du -12 volts pour les circuits audio. Comme l'accroissement de la résolution s'opère dans la quantification des signaux de faible amplitude (ceux qui n'ont que quelques bits de dynamique), on gagne en précision sur les petits signaux. Ainsi, que l'on traite un signal à partir des entrées audio ou de l'embase optique, la résolution reste la même. Cependant, on ne pourra enregistrer que 6 pistes en 24 bits, alors qu'en 16 bits (le format CD 16 bits sous 44,1 kHz), on pourra disposer des 12 pistes réelles. Ici, pas question de compression numérique de données, ce D1200 fonctionne exclusivement sous le mode linéaire.

Exploitation

Nous n'entrons pas ici en terrain méconnu, car les opérations génériques restent les mêmes d'une machine à l'autre, et seuls quelques détails diffèrent dans l'ergonomie des commandes et dans la structure générale d'un mini-studio numérique par rapport à un autre. Et profitons de l'occasion pour saluer le travail accompli sur le manuel d'exploitation de plus de 160 pages en bon français qui figure parmi les plus complets et les plus fluides jamais tombés entre mes mains quelque peu expérimentées. A l'évidence, un débutant saura tirer parti de son D1200 sans avoir à phosphorer jusqu'à la migraine. Pouvoir enregistrer 12 pistes réelles peut convenir à tout musicien compositeur. Mais l'on peut toujours fusionner des pistes via la fonction de "Bounce", ce qui libèrera de la place et de nouveaux canaux. Avantage : la place gagnée, et la fusion sans dégradation des signaux, puisque le D1200 travaille en numérique et en linéaire. Inconvénient : on ne peut plus intervenir sur les pistes fusionnées en une pour appliquer un nouvel effet à l'une des sources. Il faut donc préparer son opération à l'avance, et il est toujours possible de passer par les pistes virtuelles avant de figer les effets de plusieurs pistes allant fusionner. Justement, l'une des rares difficultés consiste à savoir gérer correctement les effets, sans trop les empiler n'importe comment. Non que le D1200 ne soit pas capable d'assumer un grand nombre d'effets spéciaux (il le peut, par l'insertion de 8 effets par voie, plus deux sur les masters et un général), mais il faut garder à l'esprit que le résultat final doit présenter une valeur artistique suffisante pour être jugé écoutable. Pour le reste, ce mini-studio ne doit cette appellation, qu'à sa compacité. Il intègre tellement de facilités que l'on en vient à se demander ce qui lui manque... Il intègre, certes, les effets spécifiques aux guitares, aux basses et aux microphones, disponibles dans la section à modélisation REMS : propriété de Korg, excellents traitements que l'on trouve dans des appareils plus orientés "guitare"(série PX et les amplificateurs Vox de la série Valvetronix). Aucun utilisateur ne se sentira limité par les 192 effets d'usine, auxquels viennent s'ajouter les 192 créations personnelles de l'heureux propriétaire du D1200. De surcroît, le Korg se permet tout, quasiment tout ce que l'on attend d'un vrai studio : accordeur, métronome, patterns de batterie, écoute en solo, compression temporelle sans changer la hauteur tonale, ou, si vous préférez, time streching sans modifier le pitch etc. Toutes les manipulations d'édition d'enregistrement figurent en bonne place. Pour les débutants, vous pouvez effectuer du montage dans vos morceaux enregistrés. Si vous vous trompez, une fonction d'undo replace votre "song" dans son état initial. Comme d'ordinaire, la notice dispense deux fois plus d'instructions pour le raccordement du Korg à un PC, alors que tout est plus simple pour les ordinateurs arborant une pomme : toujours plus facile sur les Mac...

Compact, pratique et musical

Ce Korg recèle tellement de possibilités qu'il ouvre des perspectives de création à tout musicien, même débutant, dans la technique de l'enregistrement de ses ?uvres. On stocke les data sur le disque dur, après avoir mémorisé les quelques fonctions principales de la section enregistreur. Ensuite, à tête reposée, on peut rajouter tel ou tel effet, doubler une piste, remonter une intro, peaufiner les égalisations, les correcteurs de dynamique, réajuster le mixage, expérimenter plusieurs versions différentes grâce aux pistes virtuelles, le tout avec une aisance assez déconcertante : le D1200 regorge de possibilités, mais, paradoxalement, cela ne le rend pas plus complexe à exploiter. La liste pléthorique de ses atouts s'assimile rapidement et le Korg D1200 devient vite un allié : les choix qu'il propose dans ses nombreux menus stimulent l'imagination et, partant, la création...


IN

Un vrai studio compact, numérique très complet, mais restant facile à exploiter...

OUT

Le prix du graveur de CDRW trop élevé à notre goût : le D1200 crève allègrement la barre des 2200 ? !!

Philippe DAVID





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