CE QUADRUPLE PRÉAMPLIFICATEUR PLUTÔT COMPACT, PRÉSENTÉ EN FORMAT DEMI-RACK, SORT QUELQUE PEU DES SENTIERS BATTUS ET REBATTUS DES ACCESSOIRES ET AUTRES PETITS PÉRIPHÉRIQUES...

IL existe un grand nombre de petits produits destinés à faciliter la vie du home studiste, et pas seulement cette catégorie de personnes car, dans l'audio professionnel, on retrouve souvent les mêmes matériels, ici et là, en évidence dans les armoires racks ou placés dans des endroits inaccessibles... RME propose une très vaste gamme d'interfaces de qualité et à des prix très étudiés : une petite visite du site du constructeur ou de celui du distributeur vous en dira bien plus sur le sujet. Le QuadMic paraît très intéressant à plus d'un titre : il s'agit d'un quadruple préamplificateur de haute qualité, bien meilleur que ce que l'on peut trouver dans la plupart des consoles de mixage analogiques, ainsi que dans les numériques, car, avant la numérisation des signaux entrants, la modulation est prise en charge par des circuits analogiques, dotés de qualités tantôt passepartout, tantôt discutables, mais rarement de haute volée.
Quatre préamplificateurs indépendants
Ce petit coffret demi-rack comprend donc quatre préamplificateurs microphoniques complètement indépendants, à l'exception de l'alimentation commune aux quatre sections. Ainsi, on remarque, sur chaque préamplificateur, un étage de gain à symétrie active, avec ajustement du niveau sur une plage de 10 à 60 dB. Ensuite, un filtre passe-haut commutable coupe les fréquences inférieures à 80 Hz sur une pente à 18 dB par octave (filtre du troisième ordre). Puis le signal transite par un inverseur de phase commutable. À ce stade, la détection de saturation illumine une diode électroluminescente en façade, exactement 2 dB avant le seuil critique. Enfin, un buffer de sortie, à symétrie active (donc sans transfo symétriseur) abaisse l'impédance sur un niveau de sortie normalisé de +4 dBu. Un commutateur baptisé Hi Gain pousse le QuadMic dans ses retranchements : il peut délivrer un niveau maximal de sortie de +21 dBu avant saturation. Comme ce périphérique se spécialise dans la préamplification de microphones, l'impédance d'entrée reprend celle des consoles de mixage : 2 kΩ seulement. Le RME reçoit tous types de microphone, y compris les statiques, puisqu'il génère au besoin les 48 volts requis de l'alimentation fantôme, cette option étant bien sûr commutable indépendamment sur chacune des quatre entrées.
Technologie
Un rapide coup d'oeil au prix du QuadMic dans la fiche technique peut, au premier abord, donner l'impression que cet appareil est cher. Mais il n'en est rien : les concepteurs ont choisi la polarisation en classe A pour les premiers étages des préamplificateurs, d'importance critique pour conserver l'intégrité du signal entrant. La valeur du bruit de fond ramené à l'entrée n'a rien à envier à celle que l'on peut mesurer sur une console de mixage de bonne qualité. La conception des premiers étages fait appel à des composants discrets, il s'agit de montages différentiels à transistors. Ensuite, le signal transite par des amplificateurs opérationnels de type JRC 4580 jusqu'aux sorties. Le temps de montée frise l'exceptionnel dans cette catégorie de produits, situé aux alentours de 1,5 μs (microseconde). Si cette valeur ne vous parle pas, sachez que cela induit une bande passante de 200 kHz : plus que suffisant pour le format 96 kHz et 24 bits (bande passante utile de 44 kHz) et même pour le format SACD qui sait restituer les signaux analogiques jusqu'à 100 kHz. Cela peut paraître superflu, mais on ne le dira jamais assez : de la bande passante dépend le temps de montée (et viceversa). En effet, plus le temps de montée est court, et plus l'intégrité du signal sera respectée, notamment dans son enveloppe, ainsi que dans sa position dans un espace stéréophonique tridimensionnel. Petite précision, stéréo signifie " son en relief " et pas seulement " sur deux voies ".

Alimentations plurielles
La polarisation en classe A garantit une excellente prise en charge du signal. Bien sûr, il existe un revers à la médaille : la consommation en énergie, plus importante sur un circuit en classe A que sur tout autre montage audio. Ainsi, le QuadMic consomme 4,6 watts. Ce préalable doit sa pertinence aux nombreuses possibilités d'alimentation de cet appareil. En effet, le RME dispose, dans sa boîte d'origine, d'une alimentation secteur universelle (on pourra la brancher dans le monde entier), d'un câble terminé d'une prise pour allumecigare, et d'un autre, muni de cosses, pour son branchement direct à une batterie. De plus, comme vous pouvez le constater dans la fiche technique, le RME accepte des tensions d'alimentation sur de larges plages, que ce soit du courant alternatif ou continu, quelle que soit la polarité de ce dernier. Une petite alimentation à découpage (d'un rendement atteignant les 90 %) fournit, en toutes circonstances, l'énergie nécessaire aux circuits actifs, sur une tension symétrique de ±15 volts, soit une amplitude de 30 volts, en valeur absolue. Cela explique en grande partie les niveaux de sortie très élevés que l'on obtient de ce quadruple préamplificateur, aussi compact que performant.
Qualité pro
Cet outil de grande qualité saura efficacement remplacer vos entrées de console si vous en possédez une, ou vous apporter ce qui vous manque dans votre équipement, que ce soit en studio, sur scène ou en extérieur, puisque l'on peut alimenter le RME sur batteries. Les préamplificateurs portables en classe A ne courent pas les étagères des revendeurs de matériels, ou alors ils sont proposés à des prix très prohibitifs. Le QuadMic rompt avec cette tendance semi-séculaire et le résultat sonore dépasse toutes les espérances. Il faudra désormais compter avec RME.
IN
La conception générale, le son, la bande passante, la polarisation en classe A, les alimentations multiples, le prix.
OUT
Rien de particulier, après avoir pourtant cherché partout le moindre défaut...
Philippe David .