VOICI LA DEUXIÈME INTERFACE FIREWIRE DE M-AUDIO, UNE VERSION ALLÉGÉE DE LA FIREWIRE 410 QUI REPREND LES GRANDS PRINCIPES DE L'AUDIOPHILE USB POUR LA CONNECTIQUE, LE TOUT À UN PRIX ABORDABLE.
De plus en plus abordable, le format IEEE 1394 ou FireWire ne cesse de se démocratiser, ne serait-ce que par son débit de 50 Mo par seconde (400 Mb/s). En effet, ce mode de transmission permet l'envoi et le retour de canaux audio en simultané, sur des fréquences d'échantillonnage et des résolutions élevées, ce que ne pouvait pas réaliser la liaison USB 1.1 avec ses 12 Mb/s (1,5 Mo/s).

Audiophile deuxième
Cette nouvelle interface FireWire Audiophile s'inspire de l'Audiophile USB, pour seulement une soixantaine d'euros de plus. Pourquoi "Audiophile" ? Parce que ces produits présentent d'excellentes caractéristiques sonores en 96 kHz et 24 bits, lorsqu'ils sont alimentés par leur adaptateur secteur spécifique, moins "bruyant" du point de vue radioélectrique que le mode d'alimentation par le bus USB ou FireWire, suivant l'interface considérée. Mais en fait, ces interfaces pourraient s'appeler "DJ", puisque la structure semble pouvoir parfaitement s'adapter à une configuration mobile, ou un home DJ, ou un home studio spécialisé claviers. En effet, pas d'entrées symétriques, pas d'entrées micro, rien que du niveau ligne, ainsi qu'une entrée/sortie S/PDIF et une autre MIDI.
Connectique
Tout simple, le boîtier d'interface présente donc une entrée ligne stéréo sur Cinch, et deux sorties ligne stéréo au même format de connecteurs. Le numérique se limite à une paire de Cinch, également, mais l'entrée comme la sortie sont compatibles PCM (2 canaux en linéaire jusqu'à 96 kHz sous 24 bits), mais savent aussi générer ou gérer un flux numérique compressé 5.1 suivant les deux formats les plus répandus : l'AC-3 (le Dolby Digital) et le DTS. Le FireWire Audiophile peut également servir d'interface d'entrée/sortie MIDI sur 16 canaux ; voilà de quoi se concevoir un mini-studio, d'autant que M-Audio, qui soigne ses clients, fournit aussi un bundle de logiciels très intéressant (voir la fiche technique).
Exploitation
Après avoir installé le logiciel spécifique, il suffit de brancher l'interface et de la mettre sous tension. À la manière de son aînée FireWire 410, l'interface illumine ses LED de manière séquentielle avant de se stabiliser, en attendant que l'on se penche sur sa configuration : le petit mélangeur dispose de quatre onglets sur lesquels on trouve les entrées, les sorties, et les retours du logiciel utilisé (Cubase, Nuendo, DP, Logic...) compatible ASIO 2, WDM... Les faders s'actionnent soit directement à la souris, soit en utilisant la commande rotative de l'écran après avoir sélectionné les faders par paires et/ou groupes via la sélection "Control", ou alors en utilisant les encodeurs physiques sur l'interface : ces commandes ne sont pas très précises, parfois le tracking des encodeurs se perd et la balistique des faders ralentit... Les différents niveaux d'entrée et de sortie serviront plus à l'étalonnage que pour un véritable mixage.On retrouve le même type d'encodeur rotatif sur le volume de la sortie casque, avec la même réserve, mais là, c'est moins gênant...
Mixeur
Le mélangeur dispose de trois bus (sorties 1 & 2, 3 & 4, S/PDIF) de deux entrées hardware (analogique stéréo et S/PDIF). On peut y ajouter les retours du logiciel hôte d'enregistrement. Toutes les entrées précitées possèdent leurs propres départs auxiliaires à niveaux ajustables. On assigne les canaux de sortie soit sur les bus principaux, soit sur les auxiliaires. Bien que l'on puisse penser au premier coup d'oeil que ce mélangeur soit simplissime, on s'aperçoit peu après du large éventail de ses possibilités, comme, un exemple parmi tant d'autres, l'utilisation d'un processeur hardware externe pour les effets via le routing auxiliaire du mélangeur avec son monitoring direct, obtenue en quelques secondes et clics de souris.

Monitoring
Cette section mériterait au moins trois pages à elle toute seule, tant les possibilités sont nombreuses. Outre les désormais traditionnels monitorings, direct à latence nulle, et logiciel à latence quasi nulle, le FireWire Audiophile autorise aussi la préécoute, soit au casque, soit en utilisant les bus de sortie. L'inverseur présent en façade dispose de plusieurs fonctions : monitoring On ou Off, ou encore la comparaison entre l'écoute de deux bus différents, à choisir entre quatre possibilités, assignable en A ou B : sorties 1/2, 3/4, S/PDIF ou auxiliaires. Bien sûr, on peut aussi, sur un simple clic de souris, sélectionner le bus à écouter sur l'onglet des sorties, en passant en mode manuel, prioritaire sur la configuration de la grille dédiée à la comparaison A/B. J'ai pu noter l'excellente qualité de la sortie de casque, bien servie par un circuit spécialisé réputé pour son courant de sortie.
La boîte à outils FireWire
Bien conçue, ergonomique, souple et bon marché : les clés du succès pour cette interface équipée de son pilote/mélangeur, surprenant par ses possibilités et sa grande souplesse. On pourra sous peu quadrupler les possibilités de la FireWire Audiophile grâce au pilote qui acceptera la liaison de 4 interfaces sur le même port IEEE1394.
IN
La compacité, les performances étonnantes, le routing très complet, le prix.
OUT
Les commandes des niveaux très perfectibles.
Philippe David .