M-AUDIO RENFORCE SA PRÉSENCE DANS LA PLUPART DES DOMAINES LIÉS AU HOME STUDIO : MONITORS, CONTRÔLEURS MIDI USB, INTERFACES AUDIO USB, FIREWIRE, INTERFACES PCI, LOGICIELS, BANQUES DE SONS, ACCESSOIRES, PRÉAMPLIFICATEURS ET MICROPHONES, PARMI LESQUELS LE SOLARIS FIGURE EN BONNE PLACE.
M-Audio étonne par son développement, se traduisant par la commercialisation de produits divers et variés dédiés au home studio. À chaque nouveau produit, la firme crée l'événement, notamment pour le rapport qualité/prix toujours très intéressant. Tout récemment, M-Audio a conçu une petite gamme de microphones électrostatiques à large capsule : deux modèles d'unidirectionnels, le Nova, d'entrée de gamme, et le Luna, plus élaboré ; le Solaris, lui, présente trois directivités commutables.

Solaris
On pourra s'étonner de ce patronyme déjà utilisé par des logiciels, un film, un livre, une revue de science-fiction... Pourquoi ce nom, au fait ? Peut-être à cause de la forme de la grille de protection de la cellule électrostatique. Il semble que cette explication soit la bonne, puisque le Luna partage la même silhouette, bien que la notice du Solaris indique une forme de sucette (lollipop)... Ce design particulier entraîne un encombrement conséquent, surtout lorsque l'on sait que la grille fait 76 mm de diamètre... Cette solution, plus technique qu'esthétique, évite tout grand accident dans la courbe de réponse du microphone, ou plutôt dans les courbes, pourrait-on dire, puisque le Solaris présente trois diagrammes de directivité : omni, cardio et figure de huit. L'examen des courbes de réponse officielles de ce micro montre une grande homogénéité, d'une directivité à l'autre, une qualité que l'on ne rencontre que trop rarement sur des modèles de micro bon marché...

En surface
Le Solaris possède trois commutateurs situés en haut du fût : le premier, à trois positions, offre le choix des directivités, en agissant sur les polarisations différentielles de la double cellule électrostatique. Le second réduit le signal de 10 dB sur tout le traitement audio, et le dernier atténue toute fréquence inférieure à 125 Hz, suivant un filtrage du premier ordre, soit 6 dB par octave. Le fait d'atténuer ainsi le bas du spectre (il s'agit donc d'un filtre passehaut, donc coupe-bas) facilitera la prise de son de la voix, en proximité, ainsi que celle de la guitare acoustique. Dans ce domaine, on coupe généralement plus bas avec une pente plus raide (12 dB par octave à 80 Hz), mais cela revient pratiquement au même... La suspension périphérique, fournie et étudiée pour le poids conséquent du micro, sera d'un grand secours pour l'installation sur une perche. On apprécie la présence de la molette à trois branches facilitant l'inclinaison de l'ensemble, grâce à une bonne tenue au serrage. Dommage que l'on ne puisse pas ranger cet accessoire indispensable dans le flight-case...

Au coeur de l'étoile
Le Solaris place toutes les chances de son côté pour présenter des performances plus qu'intéressantes, surtout par rapport au prix. Ainsi, la double cellule électrostatique, construite en cuivre, reçoit sur ses membranes une fine couche d'or (3 microns) déposée par évaporation. Le fait que le principe de ces transducteurs statiques d'un pouce et plus soit tombé dans le domaine public permet d'abaisser considérablement les coûts, tout en conservant un excellent niveau de qualité. L'électronique du Solaris, montée sur deux cartes, impressionne aussi par ses atouts : transistor FET polarisé en classe A, autres circuits actifs pour les polarisations des trois diagrammes de directivité disposant de transistors (4, hormis le FET), de condensateurs au polypropylène pour l'audio (et électrochimiques pour l'alimentation fantôme). Enfin, un transformateur de modulation, blindé et surdimensionné, symétrise le signal en offrant d'excellentes caractéristiques, y compris dans le bas du spectre et à fort niveau : il encaisse sans distordre, bravo ! Cet élément d'importance cruciale présente souvent un prix directement proportionnel à ses qualités ; là encore, on ne peut que s'étonner face à cet élément performant qui entre dans la conception d'un micro électrostatique à bon marché. Mais comment font-ils ?

Radiotélescope
L'écoute de ce micro révèle ses aptitudes à de nombreuses applications. Comme d'ordinaire, la courbe la plus linéaire se trouve sur le mode omnidirectionnel, avec une remontée d'environ 2,5 dB vers 12 kHz, comme ce que l'on a coutume de rencontrer sur les électrets... L'homogénéité de ce micro se remarque surtout à la comparaison des courbes cardioïde et figure de huit : là aussi, on remarque une bosse d'environ 2,5 dB centrée sur 6 kHz. Ce petit "accident" de linéarité profitera à la voix, mais pas seulement : une prise de son de piano, voire de guitare acoustique, gagnera en intelligibilité, grâce à cette petite touche de brillance, souvent utile. On peut aussi utiliser le Solaris en reprise d'ampli, car, même s'il est doué d'une grande sensibilité (voir la fiche technique), il accepte une grande dynamique sans faillir, aidé ou non du pad à -10 dB. Dans ce domaine, que ce soit une reprise d'ampli de guitare électrique, électro-acoustique ou basse, il faudra positionner le micro à plus ou moins grande distance de l'enceinte, en ajustant ainsi le caractère d'ambiance, mais on veillera à trouver le "hot spot", là où le hautparleur donne le meilleur de lui-même, soit à l'endroit de sa membrane où l'on ressent le son le plus dense (exempt d'annulations de phase). Autre application, à laquelle on ne pense pas forcément : la prise de son des cuivres et des instruments à vent en général : le comportement dynamique et spectral du Solaris s'y prête très bien.
Bonne découverte
Musical, précis, polyvalent, et pas cher, ce micro statique sait se montrer à la hauteur en de nombreuses circonstances. Il constitue ainsi un choix fort intéressant pour un home studio, domaine dans lequel M-Audio tire à nouveau son épingle du jeu. Bravo !
IN
La conception générale, le son, la double cellule statique (directivités), la classe A, le prix.
OUT
L'esthétique encombrante pouvant rebuter, l'impossibilité de ranger la suspension dans le flight-case.
Philippe David .