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Princeton Digital Reverb 2016

Article paru dans Keyboards/Home Studio n°188

01 janvier 1987

RÉMINISCENCE DE LA CÉLÈBRE EVENTIDE SP2016, CETTE NOUVELLE RÉVERBÉRATION HARDWARE RENOUE AVEC LA SIMPLICITÉ D'UTILISATION ET LA CLARETÉ DES EFFETS QUI ONT BÂTI UNE LÉGENDE.

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Acheter une réverb aujourd'hui, est-ce bien raisonnable? La réponse est indéniablement : oui ! Si il manque bien quelque chose dans la plupart des pré-productions que l'on reçoit à la rédac', c'est bien de l'espace, du volume... Les réverbérations sont essentielles, ne serait-ce que pour compenser ce qui nous manque le plus : l'espace naturel. Et cela ne s'arrange guère quand on commence à traiter acoustiquement nos petites pièces de home studio (cf. nos dossiers sur le Home Studio de A à Z). Par contre, opter pour les multi-effets comme effet principal de réverbération, c'est beaucoup plus délicat. D'où l'intérêt de choisir un effet purement réverb ! En ce qui concerne cette réverbération, sachez quand même qu'il aura fallu 4 ans de développement (de 1976 à 1980) pour réaliser les algorithmes de la SP2016 originale. Ici, 3 de ces effets originaux sont simulés et de nouvelles possibilities sont offertes, comme de vrais espaces stéréo par exemple.

Présentation

Habillée dans un rack de une unite, la Princeton Reverb 2016 brille par sa sobriété. Nous l'avions croisée pour la première fois lors d'une AES américaine, non loin du stand Eventide... Et pour cause : les concepteurs de la 2016 sont aussi à l'orgine de la société spécialisée dans les effets qui ont fait le tour du monde des studios. Le choix des potentiomètres rotatifs ceinturés de LED est le bienvenu et reste à tout moment d'une clareté implacable. Après quelques manipulations, on peut même mémoriser visuellement certains dosages. L'écran à LED à deux chiffres, type années 80, nous renseigne sur le n° de programme en cours. Un EQ à 2 bandes tourne aussi sa place en face avant. En revanche, les différents interrupteurs (marche/arrêt, bypass etc.) semblent sous-dimensionnés et peutêtre perfectibles après quelques années d'utilisation intensive, mais cela, c'est l'avenir qui nous le dira. Un bouton encodeur autorise la sélection des présélections et autres programmes personnels. En face arrière, la sobriété est toujours de mise, mais rien ne manque. Les entrées/sorties bénéficient de 2 types de prise, à savoir XLR et jack 6.35, et un sélecteur associé permet de choisir le niveau (-10 dB ou +4 dB). Une entrée/sortie numérique stéréo au format S/PDIF, ainsi qu'un bornier MIDI complètent les liaisons possibles de la 2016. Enfin, notons la présence d'une prise d'entrée pour pédale au pied, de type interrupteur, pour une sélection de l'état Bypass/Kill (Kill, pour couper l'entrée, mute !).

À l'usage

Soyons clairs : il y a réverb et réverb ! Avec la 2016, on rentre dans la cour des grands. Et dès les premiers essais, le son est vraiment bien là, et les réverbérations sont bien paramétrées. Je dis souvent qu'une bonne réverbération est celle qui sait se faire oublier. En clair, trop de réverb ou des EQ et des volumes mal definis risquent de gêner l'audition. D'autres pièges, dans lesquels les utilsateurs tombent de plus en plus, c'est sur la multiplication des piéces virtuelles (surtout depuis l'arrivée de réverb sous forme de plug-in). Autant de contradictions que l'on ne risque pas de rencontrer avec la 2016. Les effets sont suffisamment bons pour qu'on passe du temps à subtilement doser les injections d'effets, juste pour recréer une ambiance naturelle, ce qui devient possible au bout de quelques instants. J'ai bien aimé les New Stereo Room, car il y a bien des simulations de pièce stéréo, et quelques "Plate". J'ai aussi trouvé des présélections de type réverb à plaque, assez réalistes, l'encombrement en moins ! Les liaisons numériques sont sans problèmes, si ce n'est que, bien que travaillant en 24 bits, nous sommes cantonés au 44,1 kHz ou 48 kHz (seulement si asservi par une source à l'entrée, dans ce dernier cas). Cela dit, j'ai trouvé les convertisseurs AD/DA de très bonne facture et, hormis la station tout numérique, on peut largement se contenter de liaisons analogiques ! Enfin, une mention spéciale pour les potentiomètres de la face avant qui permettent, d'un tour de main, d'adapter un preset à ses besoins du moment. Les Predelai, decay, position et diffusion, ainsi que le mix, sont autant de précieux alliés. J'imagine que le puissant DSP cadencé à 120 MHz n'y est pas étranger, car la souplesse est l'un des maîtres mots de cet effet. Seuls les LED de niveau ne m'ont pas semblé d'une redoubtable précision.

Conclusion

Aujourd'hui, utiliser une réverbération numérique reste une évidence. Mais, au-delà de ce constat, tout le monde se pose la question : hardware ou logiciel ? Beaucoup pensent que les réverbérations numériques hardware sont complexes, coûteuses, et souvent disproportionnées pour une utilisation en home studio. C'est là qu'intervient la Princeton 2016. Certes, cet effet n'est pas donné, mais l'investissement vaut le coup, si l'on souhaite acquérir une réverbération, et simplement cela, sans fioritures et autres programmes ésotériques que l'on utilise au mieux une fois dans sa vie de musicien ou de producteur... En somme, on a la technologie d'aujourd'hui avec la pertinence et la qualité des effets d'antan !

IN

La qualité des reverberations, la simplicité

OUT

Pas de haute resolution (96 kHz ou plus), le prix... Mais cela depend des priorités de chacun.

CMDM

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