Première version du logiciel audio/MIDI entièrement sous la coupe d'Apple, Logic Pro 7 va-t-il satisfaire les aficionados de feu Emagic ?
Beaucoup ont suivi, avec une certaine fébrilité, pour ne pas dire inquiétude, les aventures du rachat de Emagic par Apple. Exit les fans de la marque germanique qui travaillaient sur PC, ceux-là sont définitivement laissés sur le bas-côté (à moins qu'ils n'aient migré vers l'OS X), les autres attendaient un peu de savoir à quelle sauce ils seraient mangés. Résultat ? La version 7 a débarqué sous la marque Apple, et, même si on sait bien que l'équipe de développeurs de Hambourg est toujours derrière, on peut trouver dommage qu'Apple n'ait pas imaginé que les musiciens fonctionnent aussi à l'affectif et que la disparition d'une marque (qu'ils auront suivi pour certains d'entre eux depuis le début des années 90) risque de les peiner, voire de les détourner du chemin de Logic.
Quoi qu'il en soit, Apple semble bien décidé à conserver la philosophie E-magicienne, et les différentes nouveautés présentes dans la version 7 s'annoncent vraiment comme la continuité naturelle de ce logiciel phare.
Tout est dans le dongle
Hormis ce dongle justement, qui diffère des anciens modèles parce qu'il arbore le look Apple, rien ne distingue vraiment le pack Logic Pro des versions précédentes (abstraction faite aussi de la marque bien sûr). Mode d'emploi conséquent, un CD d'installation, un autre pour les contenus, et nous voilà partis pour quelques minutes d'installation. Seul problème rencontré : le balayage des plug-ins Audio Units semble poser problème. Réflexion faite, ayant omis de brancher ma Powercore et un disque externe contenant des banques de sons propriétaires, l'interrogation traînait en longueur... Cela dit, ne perdez pas de vue que sans le dongle «clé», rien ne sera possible, c'est bien là le rôle de ce système de protection !
Alors quoi de neuf ?
Plutôt que de se lancer dans un inventaire à la Prévert, je vous renvoie à l'encadré qui liste les nouvelles caractéristiques du logiciel. En résumé, donc, de nouveaux instruments virtuels viennent compléter la liste (déjà conséquente) fournie avec Logic Pro, la compatibilité avec le monde extérieur (ou le monde d'Apple si vous préférez) semble avoir été un mot d'ordre !
Ultrabeat
Sorte de boîte à rythmes virtuelle sophistiquée, Ultrabeat se veut être l'ultime générateur de rythmes intégré à Logic Pro. Il est vrai que cela manquait, et qu'avec l'offre pléthorique on ne sait plus vraiment où donner de la tête ! 25 voix de polyphonie (ou instrument si vous préférez) sont disponibles et un séquenceur pas-à-pas intuitif complète la programmation de ce plug-in. A l'usage, on se retrouverait presque à monter ses rythmes comme avec les TR de Roland, tant l'utilisation est déconcertante de facilité. Les sons sont assez sympas et bien classés. En bref : une bonne boîte à rythmes logicielle (enfin !).
Sculpture
Sculpture simule les caractéristiques de comportement de la vibration d'une corde ou d'une barre et donne aux utilisateurs la capacité de contrôler et de créer leurs propres sons dynamiques et expressifs. Nous sommes donc en présence d'un outil de modélisation de modèles analogiques. 20 modèles de morphing et un intéressant système de contrôle externe complètent bien cet instrument virtuel. L'interface utilisateur est fort bien conçue et facilite la création avec ce type d'outil, assez délicat à manipuler sur l'ensemble des synthétiseurs hardwares faisant appel à cette technologie. Dans ce cas précis, on peut vraiment dire que l'option logicielle l'emporte ! Bon, après pas mal d'utilisation, force est de constater que la méthode empirique prime bien souvent dans la recherche sonore avec ce type d'outil, à moins de concevoir sur le papier un modèle d'instrument et de suivre pas à pas sa démarche.
Autres goodies
Guitar Amp Pro, un nouveau simulateur d'amplificateur de guitare, recrée, comme il se doit, les sons des onze amplificateurs de guitare. Les utilisateurs ont la possibilité de créer leur système d'amplification personnel, en choisissant le haut-parleur, le type et la disposition de microphone, ainsi que les paramètres d'égalisation. Logic Pro inclut de nouveaux plug-ins de mastering, enfin ceux-ci sont déterminés comme tels, bien qu'on puisse sérieusement se poser la question de savoir si on parle bien de mastering... Ne serait-ce que parce que cette étape dépend aussi de l'environnement hardware (quels interface audio, convertisseurs, type d'écoute, etc.). On trouve aussi des instruments de mesures. Au total ce sont neuf nouveaux plug-ins qui viennent s'ajouter à la liste déjà longue des outils fournis en standard.
Le réseau selon Apple
Logic Pro 7 introduit le traitement audio distribué. En clair, cela veut dire que, si vous possédez plusieurs unités centrales, le partage des ressources DSP est disponible en temps réel pour le traitement audio par exemple, gourmand en ressources. Il est certain que cette option va intéresser le monde des studios, où il est fréquent de rencontrer plusieurs Mac, souvent dédiés à des tâches distinctes, mais imaginons que l'on puisse cumuler cette puissance pendant un mixage par exemple... On peut laisser aller son imagination et concevoir un Mac pour les instruments virtuels, un autre pour les pistes audio, etc. L'idée est vraiment bonne, mais ne s'adressera qu'aux plus fortunés, car dès que l'on regarde les home studios il est rare d'y trouver plusieurs UC.
Mise en boucle
Logic Pro 7 accepte les boucles audio Apple Loops. Intégré à Logic Pro 7, Apple Loops offre un atout non négligeable en temps réel pour la modification et le réglage du son et des notes dans une boucle. Une centaine de fonctions incluent des modèles de song, des sauvegardes de tranche de mix, ainsi qu'un mode d'édition de crossfade automatique, accessibles directement à partir de la fenêtre d'arrangement.
Conclusion
Pari réussi pour Apple qui trouve en Logic Pro 7 son outil réellement professionnel. Pour les aficionados de feu Emagic, on est bien dans la continuité du produit. Pour les allergiques en revanche, rien ne s'arrange vraiment, l'interface est toujours aussi austère et les menus s'apparentent toujours, à mon goût, à un labyrinthe par trop abstrait. Il faut reconnaître la puissance générale du logiciel, ses capacités, l'offre quasi complète via ses pluq-ins propriétaires. C'est peutêtre là que le bât pourrait blesser d'ailleurs, car l'effet pervers de ce système est d'enfermer l'utilisateur dans une suite d'outil que l'on va rapidement détecter (signature sonore). En effet, compte tenu du prix élevé de l'ensemble, il n'est pas dit que les musiciens iront s'offrir d'autres instruments virtuels... Il s'agit donc d'un choix raisonné, intéressant, mais pas forcément si original qu'il pourrait y paraître de prime abord. Reste que c'est un outil pro, au service des pros !
IN
Les nouveaux instruments virtuels, la compatibilité de formats.
OUT
Le prix, les menus pas toujours très «logiques», uniquement pour Mac.
CMDM .