Devenu incontournable en matière de création musicale sur compatibles PC, Acid Pro présente sa toute nouvelle mouture, prête comme les précédentes à ravir les utilisateurs de soundtracking et autres adeptes de collage sonore. Une seule goutte d'acide va-t-elle faire pêter les watts ?

Désormais passée sous le giron du constructeur japonais Sony, la société américaine Sonic Foundry (qui rappelons-le était également à l'origine du développement d'applications telles que Sound Forge et Vegas) possède un réel savoir-faire en matière de gestion de l'audio. Mis à part Acid Pro 5, la version la plus complète qui nous intéresse plus particulièrement aujourd'hui, notons que la gamme se décline autour d'Acid Xpress, une version très allégée gratuite sur Internet, et Acid Music Studio, une version moins allégée mais destinée au grand public. Aujourd'hui, cette version Pro ne dispose pas vraiment de concurrence frontale face aux expérimentations grand public de produits allemands comme la famille eJay (dance, groove, house) et Music Maker. Non, cette version se retrouve plutôt aux côtés de logiciels professionnels tels que Live de l'éditeur Ableton, ou de logiciels intégrés qui gèreront des boucles, comme Cakewalk ou Cubase. Point ennuyeux, le logiciel possède une documentation assez brêve en français. Il est livré brut de décoffrage tout en anglais. Bon, certes, même si l'anglais nous est maintenant commun en matière d'applications technologiques, il aurait quand même été judicieux de franciser l'interface...

Sons acidulés
Mais revenons donc à cette interface, qui malgré tout présente une prise en main très intuitive. Pour ceux qui ne connaîtraient pas la philosophie de ce genre d'application, Acid fonctionne par l'intermédiaire de fichiers audionumériques prêts à l'emploi, des boucles ou des one-shots. L'interface, très ergonomique, propose dans sa partie supérieure un multipiste principal, tandis que la zone inférieure se focalise sur diverses fenêtres parmi lesquelles celles de l'explorateur de fichiers et du mixeur général. Le maniement d'Acid est relativement commun ; on procède au déplacement par drag & drop des médias sons vers l'une des pistes disponibles. Puis un outil de dessin (Draw) permet de remplir les cellules par l'échantillon sélectionné en fonction des mesures. Pour gérer le matériel sonore, il sera facile d'établir une prévisualisation, aujourd'hui encore plus efficace, à partir du gestionnaire de fichiers audio. Comme la gestion des pistes n'est pas bridée, en théorie vous pourrez charger autant de pistes que vous le souhaitez. Donc de manière illimitée. Mais dans la pratique, cela dépendra surtout des caractéristiques techniques de votre ordinateur. Côté sons, et livrés en standard, Sony propose tout d'abord un millier de samples de bruitages (1001 Sound Effects) et une sélection de boucles issues de ses collections Acid Loops, comprenant plus de 500 échantillons. Pour cet ensemble trop limité dans un amalgame de styles, et compte tenu de son prix, on constate que cette sélection est juste une démo. Et pourtant l'éditeur dispose d'un vaste catalogue de samples avec ses Acid Loops. Toutefois, pour démarrer un arrangement, on y trouvera une base de boucles de batteries, de basses, de guitares, de sons synthétiques, etc.

Retour d'Acid...
Remémorons-nous... Acid, dès son apparition en 1998, était l'un des premiers logiciels de soundtracking à utiliser le time-stretch (le changement du tempo sans affecter la hauteur tonale) en temps réel. Ayant évolué avec son temps, il permet aujourd'hui le support audio autour du 24 bits à une fréquence de 192 kHz. Il va être capable de charger de multiples formats (WAV, AIFF, MP3, WMA, etc.), des fichiers vidéo (MOV, AVI, WMV, etc.), des images fixes (BMP, JPEG, PNG, etc.), mais aussi des fichiers MIDI. Chose nouvelle, le logiciel peut désormais charger des fichiers Flash (SWF). Outre sa capacité à gérer des boucles audio, Acid permet aussi de travailler sur les fichiers MIDI. Grâce à la présence d'un éditeur, sous la forme d'un "Piano Roll" (pas-à-pas), on pourra à sa guise créer, modifier, effacer et ajouter directement les notes à la souris. Un piano virtuel est même livré pour pouvoir composer directement. Et pour ouvrir son application à d'autres outils de création, Acid Pro 5 propose le support des instruments virtuels VST (VSTi), ainsi que des effets VST avec automation et synchronisation au tempo. Les fonctions de mixage sont bien pourvues, particulièrement dans le chaînage d'effets audionumériques que l'on affectera à une piste. On remarquera d'ailleurs, sur la droite de la zone mixeur, un icône "Insert Assignable FX". Une vingtaine d'effets DirectX temps réel est fournie en standard, mais vos effets favoris compatibles peuvent également être reconnus par le logiciel. Ce sont près de 32 effets qui pourront être chaînés les uns après les autres pour réaliser un traitement tout à fait personnel. On y trouvera des chorus, des distorsions, des flangers, des réverbs, des delays, des filtres, etc. Pour la finalisation, signalons qu'il sera possible d'effectuer un mixage en Surround 5.1, de l'enregistrement audio live, ainsi que de la gravure de CD Disc-at-Once.

Montée d'Acid...
Nouveauté de cette version 5, le module Media Manager (gestionnaire des ressources médias) va offrir d'analyser l'ensemble des périphériques de stockage pour proposer tous les médias compatibles qui pourront être chargés sous Acid. Vous pourrez ensuite renseigner cette base afin d'annoter vos échantillons comme étant soit des boucles, soit des one-shots, mais également de les classer par style ou par instrument. Ainsi, une fois en cours de composition, vous pourrez appeler le Media Manager, puis effectuer une recherche dans votre propre librairie de matériaux sonores. Bien pratique pour retrouver rapidement un échantillon mal classé. Une fois l'échantillon pré-écouté, il est également possible de jouer une séquence et de l'écouter en parallèle à la volée pour vérifier s'il fonctionne dans l'arrangement principal. Outre la gestion de boucles audio, Acid propose le chargement de fichiers vidéo, qui offriront à tous les utilisateurs de musique à l'image de pouvoir générer une bande-son totalement conforme et calée. Pour cela, lors de l'import d'une vidéo, le logiciel scinde en fait la piste audio et la piste vidéo sur deux pistes distinctes de l'arrangeur. Autres outils dédiés aux remixeurs en tout genre, la possibilité d'extraire une piste d'un CD audio pour pouvoir ensuite l'intégrer directement dans l'arrangement principal. Et autre nouveauté importante de cette version 5, l'utilitaire de quantification "Groove Mapping" : vous pourrez grâce à lui effectuer sur le sample de votre choix un clonage rythmique qui va faire sonner l'ensemble de la séquence. Plus de 50 grooves (funk, reggae, rock, salsa, jazz, hip-hop, etc.) pourront être affectés sur vos propres samples audio et fichiers MIDI, en allant dans la fenêtre du gestionnaire de médias via l'onglet "Groove Pool", en choisissant un groove, puis en modifiant à la souris les diverses syncopes rythmiques pour assurer votre propre feeling. Par extension, il sera également possible d'effectuer un "Groove Cloning", pour extraire le groove d'un fichier afin de l'affecter à un autre. Pour finir, et dans la même logique, on pourra, par le module "Chopper", créer très rapidement des déclinaisons d'un même échantillon, en n'utilisant que certaines informations. Une fois chargé dans l'arrangement, il sera recoupé en portions sonores puis réinjecté dans l'échantillon original, ce qui permettra d'assurer par exemple des variations rythmiques à l'infini. Alors, un petit tour d'Acid ?
IN
L'ergonomie redoutable, les outils de Groove Mapping et de Chopper, le chaînage d'effets.
OUT
Le logiciel en anglais, les boucles livrées en standard peu fonctionnelles.
Thierry Demougin .