En France, le V-Synth n'a sans doute pas rencontré le succès auquel il pouvait légitimement prétendre. L'arrivée de la version expandeur, dotée de nouvelles fonctionnalités et d'une banque de sons enrichie, va certainement remettre les pendules à l'heure, si toutefois les utilisateurs potentiels ne se contentent pas d'écouter quelques présélections en magasin et insistent pour passer un peu de temps sur ce synthétiseur hors norme.

Un potentiel créatif
C'est en 2003 que le V-Synth a été lancé. À cette époque, il semblait évident que cet instrument possédait un fort potentiel créatif. Seulement voilà, les présélections et les styles abordés orientaient cet outil plus vers un public habitué à travailler des boucles et peu enclin à programmer réellement un synthétiseur que vers des accros de la synthèse et du sound design. Parfois, on passe comme cela à côté d'un superbe outil, simplement parce que le premier sentiment est influencé par le côté « à la mode » de ses présélections d'usine. En 2003, j'avais trouvé lr V-synth vraiment innovant, à la fois dans sa façon d'aborder la sculpture de timbre et par les possibilités qu'il offrait dans la réalisation d'une palete sonore complexe. J'étais par contre, un peu gêné par son aspect trop plastique à mon goût. Au-delà du test déjà effectué (Keyboards 173), et sur une idée originale de Paul Snaps des cahiers de l'ACME, nous avions poussé, dans la revue eponyme, jusqu'au match Hartmann Neuron/Roland V-synth, tant nous pensions que ces outils représentaient le futur possible de la synthèse, au-delà des sempiternelles redites technologiques. C'est dire si la présentation du V-Synth XT au dernier Namm a retenu toute mon attention. Vous noterez que la version de l'OS du V-Synth XT correspond à la version 2, qui apporte aussi des fonctionnalités nouvelles au V-Synth clavier.

Une démarche claire
La question des nouveautés est toujours posée quand il s'agit de découvrir la version rack d'un synthétiseur existant. Ne serait-ce que parce qu'elle ne correspond que très rarement en tout point à la version clavier. Soit on étend la capacité d'extension, soit on supprime purement et simplement quelques attributs (échantillonnage, séquenceur interne...). Le V-Synth XT, lui, porte bien son suffixe (XT pour ExTented). J'ai remarqué (j'y reviendrai plus tard) la présence de deux V-Card, les VC-1, D-50, et VC-2, Vocal Designer, d'une prise micro en face avant et d'un écran tactile couleur. En revanche, disparaissent, par rapport à la version clavier, le D-beam (contrôleur temps réel via faisceaux infrarouges) et le Trackpad (figure 1) physique, remplacé par son équivalent logiciel pilotable via l'écran tactile (figure 2). Globalement, l'interface utilisateur est assez différente, voire simplifiée, et le travail des ingénieurs de Roland semble s'être concentré sur la synthèse et l'ergonomie générale. Pour une fois, d'ailleurs, la partie logicielle, souvent signalée comme un point faible chez Roland (voir le système VM et VS, par exemple), est particulièrement bien traitée. Il y a, dans l'approche du V-Synth XT, une démarche claire et logique, bien supérieure à ce qu'on peut trouver dans d'autres gammes ou marques. Plusieurs fonctions ont aussi retenu mon attention. Par exemple, un intéressant modulateur multipas dans le module arpégiateur, dont l'utilisation peut être associée aux huit potentiomètres de la face avant. J'ai aussi noté quelques formes d'ondes nouvelles par rapport au V-Synth clavier, comme les Polyphonic Feedback, SuperSaw (plusieurs formes d'ondes dent-de-scie à l'unisson) ou encore X-mod.
VariPhrase enrichi
Ce que je viens d'évoquer correspond au premier coup d'?il, mais la version 2 de l'OS qui équipe tous les V-Synth XT recèle bien d'autres atouts non négligeables. Si le système VariPhrase est toujours présent, il s'enrichit de plusieurs formes d'ondes et de patches. Quel chemin parcouru depuis le VP-9000, innovant pour l'époque, mais proposé à un prix dissuasif et aussi quelque peu incompris. Pourtant, ce système permet une modulation de la durée, du pitch et du formant tout à fait remarquables (figure 3). Bien sûr, il s'agissait d'un échantillonneur et, contrairement à ce que laissaient entendre les démos de l'époque, ce n'était pas à proprement parler un système temps réel. Il fallait passer par une analyse de la forme d'onde échantillonnée avant de pouvoir la triturer. Le fait d'utiliser des formes d'ondes stockées par le constructeur permet donc cet accès temps réel. Tout l'intérêt de ce procédé réside dans la possibilité de jouer des sons échantillonnés sans passer par une phase de montage souvent fastidieuse et antimusicale au possible. Là, les phrases musicales sont jouables autrement que comme des patchworks de sons.
COSM orienté synthèse
La technologie propriétaire COSM (Composite Object Sound Modeling) est toujours sollicitée et le V-Synth XT embarque pas moins de seize modèles distincts. De nouveaux patches ont été programmés afin de faciliter l'exécution via tel ou tel module. Si, dans un autre registre, ce sont les modélisations de sons de batterie qui sont abordées (les V-Drums) chez ce même constructeur, on constate que, sur le V-Synth XT, comme sur le modèle original, c'est plus une orientation synthèse qui est prise, bien que les simulateurs d'amplis n'aient pas été oubliés. Toujours à propos de cette technologie, on peut, par exemple, passer d'un module à l'autre (fonction COSM switch), parmi les seize modèles proposés, pour un jeu plus réaliste ou simplement évolutif.
V-Link, synchronisation son/image
Le système V-Link permet la synchronisation d'images (fixes ou animées) avec le jeu temps réel d'un instrument pourvu de ce mode de communication. Aujourd'hui, une grande partie de la gamme de Roland répond à cette exigence. Ces informations transiteront par l'interface MIDI et il faut utiliser les huit potentiomètres de contrôle pour gérer la vidéo depuis le V-Synth XT. En associant à ce concept sa marque Edirol, dont l'un des secteurs de production touche l'image, Roland a souhaité offrir à ses utilisateurs la jonction entre ces deux mondes. S'il ne s'agit pas, à proprement parler, d'une révolution puisqu'un certain nombre d'entre nous travaillent déjà avec les produits Arkaos (X pose puis, plus récemment, VJ), on ne peut que féliciter Roland de vouloir travailler à la standardisation d'un protocole. En poussant un peu plus loin, et sans vouloir jouer les visionnaires à 30 cents d'euros, je dirais que c'est une voie indispensable pour le futur du support audio tout court. En effet, je vois mal le futur du CD/ DVD/audio sans association d'image... Qui achètera demain un CD (fort cher) sans autre chose que de l'audio ? De fait, la démarche d'un fabricant, visant à ouvrir son matériel audio vers des horizons plus visuels, est loin d'être anodine. Certes, il faudra posséder les outils de diffusion d'images idoine, soit un V-4 Edirol (mixeur vidéo quatre canaux) ou encore un DV-7PR de la même marque, qui combine montage audio et vidéo.
VC-1, émulation du D-50
Le VC-1 (figure 4) est une émulation complète du mythique D-50 (ou D-550 pour la version expandeur). Tout y est, voire plus : par exemple, j'ai trouvé des formes d'ondes qui ne figuraient pas sur la liste originale ! Il ne manque que le PG-1000, programmeur optionnel, mais, n'en ayant pas sous la main, je n'ai pu tester cette possibilité. Considérant que cet outil dialogue via MIDI, on pourrait imaginer qu'il soit compatible, d'autant qu'un rapide coup d'?il au manuel de la V-Card semble indiquer que le SysEx est identique à l'original. À vérifier, donc. Sinon, les sons sont identiques en tout point, exception faite du souffle, très présent sur les modèles de l'époque, et qui a littéralement disparu. Je me souviens qu'en 1987, après des premiers essais, le réflexe était de couper la section effets (Reverb, Chorus). Mais rapidement, ce sont les formes d'ondes elles-mêmes qui furent pointées du doigt, et je mesurai alors toute la détresse d'un échantillonnage PCM 8 bits ! Cela dit, la synthèse LA (pour Linear Arithmetic Synthesis) a offert un espace nouveau qui marqua son temps. Côté interface, forcément, on ne joue plus dans la même cour non plus puisque les liaisons numériques du V-Synth peuvent être sollicitées (la paire de sortie S/P-Dif correspond au signal présent sur la paire de sorties stéréo générale).
VC-2, Vocal Designer
Amis du traitement vocal, ne passez pas votre chemin ! Le VC-2 (figure 5) devient la carte indispensable, car elle regroupe nombre de fonctionnalités qui font souvent défaut sur des outils dédiés, c'est dire. Au-delà du fondamental vocodeur, complété dans son fonctionnement par la prise d'entrée pour microphone présente en face avant, mais aussi par la paire d'entrée ligne située en face arrière dont on ne branchera que le canal gauche (le canal d'entrée droite n'est pas sollicité dans ce mode), j'ai noté d'autres applications. La première propose de transformer le V-Synth en outil d'harmonisation, comme le travail sur les ch?urs. J'ai aussi testé la possibilité d'importer une forme d'onde échantillonnée (Wav ou AIFF) en provenance de la mémoire interne du V-Synth (ou de la PC Card optionnelle) et de l'associer aux différents réglages et contrôles de la voix. Cela ouvre encore d'autres perspectives très intéressantes. Les effets disponibles sont légion et je n'ai pas remarqué de manque dans l'offre du constructeur. Associer la voix à ses divers traitements, qu'ils visent à la transformer ou simplement à l'embellir, est un complément idéal pour ceux qui pratiquent la scène. En revanche, pour le travail en studio, on aime bien les outils spécifiques. Je remarque néanmoins que le coût d'un outil qui réunirait tous les avantages de cette carte serait certainement disproportionné comparé à l'utilisation qu'on en fait généralement. À moins de s'appeler Daft Punk et de ne passer que par ce type d'effet...
Échantillonnage simplissime
Souvent oublié tant les ressources de base d'un tel synthétiseur semblent suffisantes, l'échantillonnage reste, pour moi, le complément indispensable de ce concentré de synthèse. Différentes sources sont identifiables, de l'entrée micro à l'entrée S/P-Dif, en passant par la paire d'entrées ligne (jack TRS) et même l'USB (pour une interface audio USB, par exemple). La procédure est simplissime et, après avoir sélectionné le menu idoine (Sampling !) et identifié la source, on n'a plus qu'à enregistrer. Enfin presque, car comme pour tout autre échantillonneur, il faut penser à régler le niveau d'entrée, le mode d'armement de l'enregistrement (MIDI, trigger, etc.). Ensuite, on trouve la panoplie classique du traitement de sample comme la mise en boucle, Couper/Copier/Coller, Reverse, etc. La technique du resampling est aussi disponible. Les sons présents sur les sorties générales droite/gauche seront rééchantillonnés. On dispose aussi d'une banque d'effets qui peuvent intervenir entre la source et le mode d'enregistrement. Cela se révèle assez pratique, puisqu'on y trouve, par exemple, un compresseur, un limiteur, un suppresseur de bruit. J'ai aussi repéré un métronome (de 20 à 250 battements à la noire). Comme pour d'autres secteurs d'édition du V-Synth XT, je peux créer des gabarits avec mes réglages favoris. En revanche, la capacité mémoire est limitée. Le synthé affiche 50 Mo de mémoire vive, dont 32 Mo sont déjà pris par les formes d'ondes d'usine. Bien sûr, on peut avoir une PC Card en option (slot en face avant) et on peut aussi transférer au fur et à mesure ses samples vers une station informatique via USB (PC et Mac)... Le plus intéressant réside dans la conformation d'un échantillon personnel en donnée V-Synth. Cela ouvre réellement la porte à l'originalité, car c'est là qu'un V-Synth XT ne ressemblera à aucun autre ! Plusieurs types d'encodages sont disponibles : Lite (sélectionné par défaut mais de moindre qualité, comme son nom l'indique), Backing (pour les instruments à forte attaque comme des batteries ou encore des accords de guitares électriques), Solo (pour les voix, par exemple) et, enfin, Ensemble (pour les sons à sustain et qui demanderaient un jeu legato, comme des ensembles de cordes ou des ch?urs). Comme stipulé dans le paragraphe traitant de la VC-2, on peut importer des échantillons Wav et AIFF et leur appliquer l'ensemble des traitements disponibles dans la partie Sampling du V-Synth XT.
USB multitâche
Polymorphe, la prise USB du V-Synth s'acquitte de nombreuses tâches. Tout d'abord, l'enregistrement audio est possible via USB. On peut aussi, via une sélection dans le menu idoine, aiguiller les sorties générales audio du V-Synth XT comme source audio USB. Cette interface sert également à transférer le contenu du V-Synth vers l'ordinateur à des fins d'archivage, par exemple. Le constructeur ne délaisse ni l'une ni l'autre des plates-formes informatiques, et le CD fourni d'origine propose un installeur PC et Mac. Pour s'aider dans l'archivage des données, un éditeur de librairie est aussi gracieusement fourni. Il mettra à profit la présence de cette prise USB. On imaginerait assez mal le transfert de quelque 50 Mo de données de formes d'ondes en SDS (Sample Dump Standard !). Enfin, l'USB peut gérer le protocole MIDI et se substituer ainsi au classique bornier In/Out/Thru.
Sound Shaper, des paramètres masqués
La fonction Sound Shaper, qui apparaît avec la version 2 de l'OS, est là pour faciliter la tâche des utilisateurs. Une fois déterminé le type de timbre que vous souhaitez créer (une basse, des nappes, un piano, une voix...), le Sound Shaper masque tout simplement les paramètres dont vous n'aurez pas besoin. Pour travailler rapidement, rien de mieux, c'est sûr ! Par contre, cela risque de baliser singulièrement le terrain du sound design en évitant de sortir des sentiers battus. Dès lors que l'on préfère partir à l'aventure, s'affranchir des stéréotypes, il faudra apprendre à se dispenser de cette fonction fort utile, pratique, mais qui a le défaut de sa qualité et risque de brider l'imagination débordante de certains bidouilleurs. Cela dit, j'ai apprécié la possibilité de programmer ses propres gabarits (template) et donc, dans une certaine mesure, d'écrire d'autres chemins possibles dans l'élaboration d'un timbre.
Rhythm Mode, le rythme facile
Au début, je ne m'étais pas spécialement intéressé au module Rhythm Mode, voyant dans le V-Synth XT un synthétiseur plus qu'une boîte à rythmes ou une groovebox. Après avoir lu, comme récréation pendant l'écriture de ce long banc d'essai, le chapitre qui lui est consacré, j'ai finalement changé d'avis et me suis rendu compte que j'avais là un outil bien précieux, qu'il serait dommage de passer sous silence. Chaque kit est totalement assignable et modulable via la synthèse V. Ce qui est puissant dans ce moteur, c'est la capacité d'assigner pour chaque note des choix d'arpèges ou encore des effets (avec tous leurs réglages individuels accessibles). L'ajustement du volume est aussi possible pour chaque note (et donc chaque forme d'onde). La combinaison de cette section avec l'arpégiateur, particulièrement développé sur le V-Synth, autorise assez facilement des figures rythmiques complexes, la grille d'enregistrement de l'arpégiateur pouvant être assimilé aux grilles de pas à pas des fameuses boîtes à rythmes de la série TR.

Patience et concentration
Les premiers contacts avec le V-Synth XT sont simples et assez intuitifs. Cela dit, on paie aussi en lenteur de l'OS quelques bonnes idées. Par exemple, pour passer du V-Synth à l'une où l'autre des V-Card embarquées, on n'utilise pas la mise hors tension de l'appareil mais on devra patienter quelques instants, sagement assis devant l'écran. Le chemin inverse est plus long encore, car la somme d'informations à charger pour retrouver le mode V-Synth est assez conséquente. On vous demandera de patienter une bonne trentaine de secondes. Certes, c'est assez peu, mais répéter cette action plusieurs fois dans la même séance peut vite devenir fastidieux. En revanche, l'apport de ces cartes (intégrées en interne, donc pas d'intervention extérieure technique) est bienvenu et la combinaison de l'entrée micro en face avant, des entrées ligne en face arrière et de la Vocal designer transforment véritablement le V-Synth XT en un vocodeur assez intéressant.

un écran bien structuré
L'écran tactile couleur remplit correctement son office même si, parfois, je n'ai pas réussi à incrémenter/décrémenter des valeurs en mode édition et ai dû passer par le potentiomètre Value dédié à cette tâche et situé idéalement à proximité de l'écran. Toujours à propos de cet écran, beaucoup d'informations y sont inscrites et la concentration sera de mise dès lors que l'on aventurera ses doigts dessus ! Mais globalement, c'est assez bien structuré. J'ai particulièrement apprécié de voir la structure de chaque patch sollicité (figure 6), ne serait-ce que pour en modifier plus rapidement encore les valeurs et donc la texture sonore finale. Les huit potentiomètres assignables sont aussi de précieux alliés pour les aficionados du temps réel. En revanche, le choix de la surface de travail de type bureau ou rack me laisse un peu perplexe. En effet, si je positionne le V-Synth XT dans un rack (flight-case, armoire...), cela sous-entend que je n'ai plus vraiment le bénéfice de l'écran tactile, car, comme mes autres expandeurs, celui-ci se trouvera plus éloigné de mon clavier maître. Si je l'utilise comme une surface à plat posé sur mon clavier maître, par exemple, le V-Synth XT sera plus encombrant que n'importe quel autre outil prévu à cet effet (plus haut et moins stable, car il repose sur un angle moins important). Alors, rack ou pas rack ? Dilemme que je n'ai pas résolu au moment où j'écris ces lignes, mais je conseille aux futurs possesseurs de V-Synth XT de bien penser l'emplacement de celui-ci. Seule consolation : le fabricant a imaginé un ingénieux système de charnières qui permet d'incliner l'expandeur si celui-ci est monté en rack.
Une navigation naturelle
Au-delà de ces considérations physiques d'installation, le V-Synth XT s'est montré particulièrement ergonomique et c'est assez naturellement qu'on navigue sur la surface de contrôle. C'est en faisant subir à ce synthétiseur un test complet que l'on en perçoit les limites. Celles-ci, atteintes, relèvent alors de la critique constructive. Par exemple, j'ai, par moments, été gêné par le redéclenchement des patches. Je m'explique : jouez en polyphonie le patch n° 1, Da ?V' Code. La qualité est impressionnante et donne envie de jouer avec ces voix dans le plus pur style Ademius, mais voilà, si vous jouez plus de quatre notes simultanément et que votre jeu est legato, certaines phrases ne vont pas se déclencher à nouveau et vous n'aurez, à ce moment, que la deuxième couche de sons : une nappe discrète de synthé. Cela paraît assez logique en regard des vingt-quatre notes de polyphonie maximum et de la complexité d'un système VariPhrase, mais cela peut surprendre un utilisateur non averti.
le contrôle du vocodeur
En mode VC-2, il est intéressant de pouvoir entrer un signal externe via la paire d'entrée ligne située en face arrière, simplement pour associer le mode vocodeur à une rythmique externe, ce qui aura pour effet de proposer une synchronisation « naturelle » à la ligne musicale du vocodeur. Mais il faudra être prudent car le Peak (Led rouge en face avant) a une fâcheuse tendance à se signaler et le réglage de niveau de sortie de votre source audio sera délicat. Dans ce cas, pensez à toujours utiliser une paire de sorties séparées (individuelles) de votre source si celle-ci le permet, car, en réglant le volume de sortie via le contrôleur général, c'est tout le générateur qui est affecté alors qu'avec des sorties séparées, il y a toujours moyen d'en ajuster le volume de façon indépendante. J'utilisais déjà cette technique de contrôle d'un vocodeur via une rythmique externe avec le JP-8080 de la même marque - je n'ai rien inventé, la paternité de cette astuce revient au groupe Kraftwerk, me semble-t-il. Pour en finir avec ce paragraphe dédié à l'usage du V-Synth XT, je dois dire que le son est plus que correct et que c'est, à mes yeux (et surtout à mes oreilles), l'un des meilleurs synthétiseurs de l'année (avec le Korg Oasys). Cependant, l'année n'est pas complètement écoulée... En réalité, je pense que cela vient de notre éducation en la matière, car, depuis de nombreuses années, on nous a saturé de PCM en tout genre, et ce qu'ont en commun un V-Synth XT (ou V-Synth) et un Oasys, par exemple, c'est ce métissage entre plusieurs types de synthèse. Autre point commun, bien moins visible : le côté workstation du V-Synth. J'en vois déjà qui vont faire des bonds dans les services marketing ! En ce qui me concerne, l'apport de la partie rythmique, le sampling possible, l'arpégiateur assez développé, la multitimbralité de seize parties (bien que limitée par la polyphonie), la section effets, les extensions VC-1 et VC-2 donnent à ce synthé un petit côté station de travail. D'ailleurs, la possibilité offerte de sauvegarder ses données sous forme de projets rejoint cette idée qu'on travaille toujours avec plusieurs modules (dont les générateurs sonores) distincts et qu'on peut avoir une vision plus globale de son travail.
L'imagination pour unique limite
Tester le V-Synth XT, c'est aussi tester la version 2 de l'OS des V-Synth. La version rack de cette série se distingue par de nombreuses fonctionnalités qui améliorent l'ergonomie mais aussi le principe de recherche sonore. Je regrette, parce que c'est frustrant, de ne pas pouvoir mélanger à loisir les VC-Card avec la synthèse V. Le V-Synth XT intègre parfaitement les dernières évolutions technologiques, notamment l'écran tactile couleur, et avance sur le chemin tracé par la version clavier. L'apport des cartes VC-1 et VC-2, optionnelles auparavant, est très attrayant. Elles proposent ni plus ni moins qu'un traitement de la voix complet : un vocodeur, un harmoniseur de voix, un modéliseur performant et une section d'effets dédiés ainsi qu'un D-50 totalement identique à l'original, le souffle en moins ! L'enrichissement des formes d'ondes et autres modèles le démarque encore plus des productions actuelles. Tout ce qui faisait l'intérêt du V-Synth est ici renforcé mais, en même temps, l?approche en est simplifiée. L'intérêt du VariPhrase n'est plus à démontrer, tant il est évident que le sampling, en 2005, ne devrait être que variphrasé ! L'interaction entre différentes synthèses offre toujours autant d'intérêt dès lors qu'on consacrera un peu de temps à la sculpture sonore. La plupart d'entre nous consacrent une bonne partie de leur temps de création à l'utilisation massive de banques sonores échantillonnées, qui finissent par devenir navrantes et par trop banalisées. En somme, le V-Synth XT est un outil original mais qui se fondra parfaitement dans les productions musicales actuelles et à venir, car sa capacité à se morpher est telle que seule notre imagination peut poser des limites à cette investigation sonore.
CMDM
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