Frontier Design propose Tranzport : un clavier de télécommande avec molette, petit écran rétroéclairé et touhes de fonction, qui marche sans fil. Idéal pour les home-studistes trop souvent coincés près de l’ordinateur pour pouvoir enregistrer.
Si la révolution du sans-fil est passée depuis longtemps dans le domaine des micros HF, des téléphones domestiques, du WiFi et des ordinateurs (le BlueTooth est partout !), force est de constater que le home-studiste n’en a pas vraiment vu la couleur... Les plus avisés se sont offert une souris et/ou un clavier sans fil, mais ne serait-ce qu’en MIDI, les interfaces sans fil annoncées depuis longtemps se font attendre... Question de taille de marché, sans doute : côté fabricants, il est sûrement plus intéressant commercialement de développer un casque sans fil/télécommande pour iPod, par exemple ! Remercions donc le constructeur américain Frontier Design, peu connu chez nous mais dont vous avez certainement déjà vu le logo sur des produits Tascam, de nous offrir la TranzPort : un pupitre de commande sans fil, de dimensions compactes (178 x 140 x 51 mm, 500 g), dialoguant avec la plupart des logiciels de séquence audio et MIDI du marché via un récepteur USB qui est relié à l’ordinateur hôte.
UNE LARGE PORTÉE
Première précision : si TranzPort travaille sur la bande des 2,4 GHz, celle du BlueTooth, il n’utilise pas pour autant ce protocole pour des raisons de latence, de résistance aux interférences et de portée d’émission. Les ingénieurs de chez Frontier Design ont préféré implémenter un protocole propriétaire, utilisant une très faible largeur de bande (1 MHz), dont la robustesse permet d’optimiser la puissance d’émission. Résultat : une portée dépassant les 10 m dans des conditions normales d’utilisation et une grande résistance aux interférences si vous possédez d’autres appareils travaillant dans cette bande des 2,4 GHz. Signalons que l’appareil s’alimente par quatre piles LR06, alcalines ou rechargeables. L’autonomie annoncée est de cinquante heures avec rétroéclairage d’écran, cent heures sans. L’appareil ne possède pas d’interrupteur On/Off : en mode veille, la consommation est négligeable. Reste qu’une entrée pour adaptateur externe n’aurait sans doute pas coûté très cher...
SIMPLICITÉ D’INSTALLATION
Le carton du TranzPort contient, outre le clavier proprement dit, le récepteur USB (60 x 50 x 15 mm) et un CD-ROM rassemblant les installeurs/désinstalleurs des pilotes, plusieurs documentations PDF (aucune n’est en français mais le distributeur, UM Distribution, inclut une traduction sur papier). Comme d’habitude, il faut d’abord installer les pilotes, puis connecter le récepteur. L’installeur est plus convivial sous Windows XP que sous Mac OS X mais il est très simple à utiliser - les utilisateurs de SONAR ou d’Adobe Audition peuvent installer directement les composants spécifiques à ces logiciels sur PC depuis l’installeur. Sous Mac, il faudra installer à la main (procédure bien expliquée) les composants pour Logic 7 et Digital Performer 4. Tant que le récepteur n’est pas connecté et reconnu par l’ordinateur, le TranzPort refuse de s’allumer plus de quelques secondes. Lorsqu’il parle à l’émetteur, il se met en veille au bout de quinze minutes, et appuyer sur n’importe quelle touche le réveille immédiatement. On remarque également une prise jack 6,35 mm à droite de l’appareil, idéale pour connecter une pédale d’entrée/sortie d’enregistrement, par exemple. Le jeu de commandes émises par TranzPort est configurable, depuis un tableau de bord logiciel, au format Pro Tools/HUI, Cubase/Mackie Control et TranzPort natif. Le CD-Rom d’installation propose les plug-in pour Logic et Digital Performer, qu’il suffit de faire glisser dans Bibliothèque/Support Applications/Périphérique MIDI/Dossier Plug-Ins.

DE NOMBREUSES FONCTIONS
Outre un écran de deux lignes de vingt caractères, le TranzPort offre un clavier de transport tout à fait standard (témoin lumineux rouge sur la touche d’enregistrement), une molette, un témoin Link confirmant la liaison HF avec le récepteur USB, deux touches utilitaires (Battery et Backlight), puis quatorze touches directement reliées à l’exploitation de votre logiciel de séquence audio + MIDI : sélection de pistes, mode de piste (Rec, Mute Solo), annuler/rétablir, points de in/out, activation du punch-in/out automatique, de la lecture en boucle, gestion des marqueurs, touche Majuscule pour accéder à des fonctions secondaires... Les valeurs correspondantes des paramètres sont confirmées dans l’affichage. La première ligne indique le nom de la piste, son niveau et son panoramique dans la console de voies, la seconde l’emplacement du curseur de projet. Dans Cubase SX, nous avions accès à huit fonctions programmables (pédale footswitch + sept touches en maintenant enfoncée la touche Shift).
UN CÔTÉ PRATIQUE
Comme nous nous y attendions, nous nous sommes très vite habitués au côté pratique de la TranzPort. Facile à configurer, ni trop simple ni trop complexe dans son approche, se posant partout (même sur un pied de micro, avec un adaptateur optionnel !), elle s’est pliée à toutes nos exigences, que ce soit avec Cubase SX sur PC ou Logic et Digital Performer sur Mac. Pour tout vous dire, nous aurions même désiré la voir commander iTunes ! Le constructeur annonce la compatibilité avec Adobe Audition, Guitar Tracks Pro, Nuendo, Reason (dont la version 3.0.3 reconnaît directement la TranzPort), SAWStudio, SONAR... Et rien n’empêche les programmeurs un peu à l’aise avec les SysEx de développer leurs propres gabarits de commande. Petit problème : les touches sont toutes très précises, mais émettent un click sonore un peu gênant quand on enregistre ou qu’on sort d’enregistrement. Le but était justement de faire le moins de bruit possible... On aurait aimé un retour utilisateur léger mais quand même ferme, un peu comme la molette de Jog. Autre constatation : dans un espace ouvert, les 10 m de portée annoncés sont atteints sans difficulté, mais en appartement, les ondes radio n’apprécient pas le béton armé des murs : ceci est un phénomène classique, qui réduit la portée de moitié. Troisième aspect : une fois qu’on a pris l’habitude du sans fil, il est toujours difficile de revenir en arrière. Vous aurez belle allure, avec votre TranzPort sans fil, votre casque sans fil, votre émetteur d’instrument ou micro HF... Bref, à son prix, voilà un engin qui n’est pas à l’abri d’un succès commercial franc et massif ! À quand une vraie surface de contrôle sans fil, avec faders ?
Franck Ernould
http://fernould.club.fr/index.html
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