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CHANNEL ONE voice channel à lampe

Article paru dans Keyboards Recording n°200

01 septembre 2005

De-esseur à inversion de phase, compresseur à double VCA, circuits mixtes transistors/lampes... Il ne manque (presque) rien au Channel One, le dernier voice channel à lampe de la société SPL. Arrêt sur un processeur à prix très doux.

Depuis quelques années, la marque SPL s’est fait un nom dans l’analogique haut de gamme abordable. Elle propose des proces¬seurs de traitement de signal d’une approche toujours intéressante, par¬fois très novatrice (comme le Tran¬sient Designer, bientôt dans ces pages). Ses ingénieurs, l’excellent Ruben Tilgner en tête, n’hésitent pas à mélanger lampes et transistors, et à implémenter des technologies as¬tucieuses ou sans concession si le jeu en vaut la chandelle. Réunissant en un même coffret un préampli micro/ligne/instrument à lampe, un de-esseur, un compresseur/limiteur/ noisegate et un égaliseur ainsi qu’un circuit d’écoute casque, le Channel One propose des fonctionnalités et des caractéristiques impressionnantes...

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UN MOT D’ORDRE : SIMPLICITÉ

À première vue, quand on achète un Channel One, on en a pour son argent ! L’appareil, tout doré, mesure 2U de hauteur sur 210 mm de profondeur, pèse plus de 4 kg, et ne traite qu’un seul canal (d’où son nom). Ce canal est pourvu de trois entrées différentes : micro sur XLR et ligne sur jack sur le panneau arrière, instrument à haute impédance sur la face avant (jack 6,35 mm). L’entrée micro possède une alimentation fantôme, un inverseur de phase et un filtre passe-haut ; le gain disponible est de 60 dB sur l’entrée micro et de 40 sur l’entrée instrument. Une fenêtre ovale grillagée permet de voir rougeoyer la double triode (alimentée sous 250 V), utilisée dès l’entrée - le circuit correspondant prend place immédiatement après le sélecteur micro/ ligne. Après passage par la lampe, le signal traverse la section de-esseur (un domaine où SPL est traditionnellement à l’aise, et utilise une approche différente de celle adoptée par la plupart des autres constructeurs), très simple d’emploi : un réglage d’intensité, une touche d’activation. Les ingénieurs ont ensuite prévu un point d’insertion pour processeur externe, sur jacks TRS. Le mot d’ordre reste « simplicité » pour le traitement de dynamique, com-presseur/limiteur/noise gate : pas de collection de réglages, mais un potentiomètre de réduction de gain (agissant à la fois sur le niveau de seuil et le taux de compression) et un autre de réglage de seuil du noise gate (tous deux sont gradués de Off à 19), plus une touche pour transformer le compresseur en limiteur. Ce sont les circuits électroniques internes qui règlent automatiquement les constantes temporelles. Le constructeur prévient, du coup, que le limiteur ne réagira pas instantanément sur certaines crêtes, et recommande de préserver 2 à 4 dB de marge dynamique. Un circuit de rattrapage de gain re-muscle le signal s’il a trop perdu de niveau (jusqu’à 22 dB d’amplification).

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UNE ÉCOUTE SANS LATENCE

La section égaliseur possède également une certaine originalité : elle commence par un circuit de distorsion, non à lampe, mais à transistor à effet de champ. Lorsque le niveau du signal commence à être élevé (0 à + 6 dB), on obtient des effets intéressants, subtils ou plus prononcés, et les bandes d’égaliseur permettent de « travailler » le spectre du signal dans de bonnes conditions. Le grave et le haut médium se règlent respectivement de 33 à 720 Hz, ± 14 dB, et de 740 Hz à 15 kHz, ± 12 dB, et une bande « Air », située vers les 17,5 kHz, fait « respirer » le signal dans les aigus (± 10 dB). Le circuit correspondant utilise des composants spécifiques, pour un meilleur son. La touche Pre Comp inverse la disposition de l’égaliseur, qui prend alors place avant compression. Le traitement du signal s’achève par le passage dans un autre circuit à lampe. Signalons que chaque section de traitement possède sa propre touche de Bypass. Le Channel One offre deux chemins de sortie : une sortie normale, sur XLR, avec réglage de niveau de - 20 à + 6 dB, et une sortie casque, permettant de mixer le signal de l’appareil avec un signal stéréo arrivant à l’arrière (sur jacks). Très pratique, cette fonction assure une écoute sans latence, toujours utile en informatique musicale. La section de visualisation rassemble quatre indicateurs : S-Detect (visualisation de l’activité du de-es-seur), Clip (2 dB avant écrêtage), Signal (présence de signal d’un niveau supérieur à -50 dB) et Warm Up (préchauffage de la lampe). Une échelle verticale de 10 Led indique la réduction de gain effective, de 0 à -15 dB ; une autre le niveau de sortie, de - 15 à + 12 dB. Charitables, les ingénieurs de SPL ont prévu une marge de dynamique d’environ 6 dB au-dessus de la dernière Led...

FACILITÉ DE RÉGLAGE

Première impression, en branchant un micro statique dans le Channel One : une transparence et un punch remarquables dans cette gamme de prix - mais qui ne surprendront pas ceux qui connaissent déjà la Gain-Station, par exemple. Les caractéristiques sont impressionnantes : courbe de réponse de 10 Hz à 100 kHz à -3 dB, taux de réjection de mode commun de 80 dB à 1 kHz, gamme dynamique de 118 dB, distorsion inférieure à 0,004 %... À ce degré de performance, tous les détails comptent : par exemple, l’alimentation de la lampe est soigneu¬sement filtrée, celle de l’appareil utilise un transformateur toroïdal et des condensateurs de 6 000 µF, et l’alimentation fantôme 48 V provient d’un bobinage séparé du transformateur. Les impressions ultérieures restent très favorables en ce qui concerne la facilité de réglage : impossible de se perdre dans les potentiomètres, l’action de chacun s’entend immédiatement, et sa progressivité d’action est remarquable. Le de-esseur, par exemple, semble se caler de lui-même sur les sifflantes gênantes même si SPL aurait pu implanter le sélecteur Homme/Femme présent sur les modèles dédiés de la gamme. Le limiteur n’est pas un foudre de guerre, mais nous étions prévenus, et de toute façon, il suffit de prévoir une petite marge pour faire disparaître cet inconvénient. L’égaliseur donne d’excellents résultats, sans déséquilibre, et les plus expérimentaux adoreront le circuit de distorsion, qui, utilisé avec subtilité, donne une personnalité intéressante. Bref, le Channel One semble impossible à mal régler - ce qui est un beau compliment !

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LE BEST-OF DES APPROCHES SPL

Le Channel One constitue, à lui seul, un « best-of » des approches SPL : de-esseur à inversion de phase, compresseur à double VCA, circuits mixtes transistors/lampes... Il ne manque qu’une petite section enhancer ! Il complétera de façon optimale une station de travail audio où la recherche de qualité est prioritaire.Signalons qu’une carte de conversion stéréo A/N N/A 24 bits/96 kHz est disponible en option (une entrée analogique sur jack constituant alors le second canal), tout comme des transformateurs de sortie Lundahl.

Franck Ernould


http://fernould.club.fr/index.html






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