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LEXICON MX200 multieffet et plug-in

Article paru dans Keyboards Recording n°203

01 décembre 2005

Multieffet hardware ou plug-in ? Et pourquoi pas les deux ? En modifiant les termes de l’alternative, Lexicon propose, avec sa MX200, un appareil sans équivalent sur le marché : un double multieffet USB, pilotable depuis un Mac ou un PC, s’insérant dans n’importe quel logiciel compatible VST ou Audio Unit...

Depuis plus de trente ans, Lexicon est l'un des plus grands noms dans le domaine des multieffets numériques. Les 224, 480, PCM70, 80 et 90 sont aujourd'hui légendaires, tout comme les délais Delta-T ou PCM42. Avec l'avènement de l'informatique musicale et des plug-in d'effets, ces appareils, autrefois indispensables, sont quasiment tombés en désuétude en home-studio. Ils présentent pourtant un certain nombre d'avantages: on peut s'en servir sur scène,il soffrent une approche «tactile» très appréciable, ils ne consomment pas de ressources processeur et leurs algorithmes optimisés, très recherchés sur les modèles haut de gamme, sont souvent indisponibles sur les plug-in. Avec son interface audio Omega, sortie voici deux ans, et à laquelle il vient de donner une petite soeur, la Lambda, Lexicon livrait le plug-in Pantheon, basé sur des algorithmes de quelques-uns de ses programmes connus. La MX200 adopte une autre optique: se « faire passer » pour un plug-in VST ou Audio Unit, afin d'obtenir une intégration maximale avec tout logiciel compatible. Même si les concepteurs ont recherché une facilité d'utilisation maximale, les caractéristiques n'ont rien de ridicule : on est loin de la « réverbe » à presets, même si la MX200 ne coûte que 350 euros...

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DEUX PROCESSEURS, UNE UNITÉ

La MX200 rassemble deux processeurs en un même appareil, chacun proposant seize réverbérations Lexicon « typiques » (Hall, Plate, Room, Chamber, Ambience, etc., avec plusieurs variantes), six délais (Tap, Pong, Mod, Reverse...), deux traitements de dynamique (compresseur et déesseur) issus d’une collaboration avec dbx, compagnon de Lexicon dans le groupe Harman Pro, et huit effets de modulation divers (chorus, flanger, rotary...). L’utilisateur peut, en appuyant sur une touche, disposer les deux processeurs selon plusieurs configurations : en double mono (effet différentsur le canal 1 et sur le canal 2), en cascade (les deux processeurs se suivent et traitent un même signal stéréo), en parallèle (les sorties des deux processeurs sont sommées), en mono split (canal 1 dans un processeur, canal droit dans l’autre, sommation stéréo des sorties). La MX200 offre 99 mémoires usine et 99 mémoires utilisateur, appelées via une grosse molette crantée située à droite de la face avant, et dont le numéro apparaît sous forme de gros chiffres verts sur un afficheur. La MX200 se présente sous la forme d’un périphérique d’une unité de rack, d’une profondeur réduite (130 mm). Elles’alimente sous 9 V alternatifs par un adaptateur externe fourni. La face avant, d’un bleu plusfoncé que le traditionnel « bleu Lexicon », est assez dense : un potentiomètre de réglage de niveau (mini-échelle de Leds graduée de -24 à 0 dB) et deux autres dosant le mélange signal d’origine/signal d’effet pour le processeur 1 et le processeur 2, la touche de choix de routing avec Led de rappel, un témoin de présence de signal numérique. Attention : c’est fromage ou dessert, entrée numérique ou entrées analogiques...

PRATIQUE, À L’AVANT ET À L’ARRIÈRE

Aspect très pratique : tous les programmes disponibles sont rappelés sur la face avant, chacun disposant d’une Led indiquant leur chargement dans le processeur interne 1 (couleur verte) ou 2 (couleur rouge). Chaque processeur dispose des mêmes commandes, dupliquées sur la partie droite de la façade : un sélecteur de programme, des touches Tap Tempo et Bypass, et trois potentiomètres repérés Pre Delay (Time, Speed), Decay (Fback, Depth) et Variation, qui permettent, selon le programme sélectionné, d’accéder directement aux paramètres les plus efficaces au niveau sonore. Délicate attention : les ingénieurs ont inclus cinq sons pour « tester » les effets (caisse claire, grosse caisse, voix, accord de guitare acoustique et claquette), directement accessibles via la touche Audition, en alternance ou fixe (choix par menu interne). Sur le panneau arrière, outre les deux entrées et les deux sorties sur jack 6,35 mm TRS (canal gauche seulement pour compatibilité mono), doublées d’une entrée/sortie numérique S/PDIF coaxiale (44,1 ou 48 kHz, 24 bits) sur connecteur RCA, on ne peut que remarquer l’embase USB ! Comme annoncé, elle permet d’intégrer la MX200 à une configuration informatique. Attention, toutefois : la liaison USB ne transporte pas les données audio ! Il faut assurer les connexions en parallèle, ce qui nécessite une interface audio bien pourvue en entrées et en sorties. La MX200 offre également, très traditionnellement, une prise footswitch sur jack TRS, ce qui autorise la télécommande de deux fonctions et deux ports MIDI : In et Out/Thru.

DOUBLE INTÉGRATION LOGICIELLE

Si on en restait là, la MX200 constituerait un bon multieffet pas cher de plus... C’est ce que l’on trouve sur le CD-Rom livré avec l’appareil qui la fait passer dans une autre dimension. Déclinés en version Mac OS (10.3 mini) et Windows (XP Service Pack 2 mini), on y trouve un logiciel éditeur/bibliothécaire appelé MX-Edit, en version 1.0 (de quoi faire craquer les nostalgiques d’Uni-Syn !), et un utilitaire appelé VST Plug-in Editor. Leur installation ne prend que quelques secondes : un message demande de brancher la MX200 en USB, à un moment donné, pour en installer les pilotes. Astuce : laisser Windows installer d’a-bord les siens avant de continuer l’installation ! Quelques instants plus tard, en cliquant sur le raccourci MX-Edit apparu sur le bureau de Windows, on lance l’éditeur-bibilo-thécaire. Par exemple, sur notre capture d’écran, tous les paramètres du programme Ambient Chamber apparaissent, avec leurs valeurs en clair. Agir sur les contrôles à l’écran envoie, sous forme de messages MIDI de type SysEx, les informations correspondantes au processeur, qui modifie en conséquence la valeur de ses paramètres. Vous pouvez également créer de nouveaux programmes, archiver le contenu des mémoires de l’appareil... Deuxième étage de cette adaptation logicielle : l’intégration de la MX200 sous forme de plug-in à n’importe quel logiciel compatible VST ou Audio Unit. Comme on le voit sur notre copie d’écran, la MX200 apparaît dans la liste des plug-in dans la Console de Voies de Cubase SX 3. Ses paramètres sont enregistrés dans le projet, comme n’importe quel plug-in. Quand on en demande l’édition, on se retrouve... dans la fenêtre du MX-Edit ! En revanche, comme il n’existe qu’un seul appareil physique, le plug-in MX200 n’est disponible qu’en une seule instance. Par ailleurs, la liaison USB ne transporte pas les données audio : il faut donc créer, dans le logiciel, un bus stéréo d’envoi vers la MX200 et deux voies de console pour les retours de la MX200. Un peu lourd, mais indispensable... Même si rien n’empêche d’utiliser des connecteurs analogiques, Lexicon recommande de préférence les connecteurs S/PDIF. On évite ainsi les dégradations des conversions successives et les latences y afférentes. Côté implémentation MIDI, c’est quasiment le service minimal : l’appareil reconnaît quand même les Program Change, ne transmet pas des messages d’horloge MIDI mais les reconnaît (pour le tempo du délai, par exemple). Les contrôleurs continus 12 à 28 utilisables pour modifier sept paramètres sur chaque processeur (dont ceux affectés aux potentiomètres de la face avant), plus le routing des effets.

UN PROCESSEUR « SANS HISTOIRE »

La MX200 est de ces processeurs « sans histoire » : une fois qu’on s’est familiarisé avec leur fonctionnement, ils assurent tranquillement leur rôle. Même si on peut, à l’occasion, les trouver limités, c’est justement ce côté « absence de prise de tête » qui fait qu’on y revient sans cesse. Dans le cas où tel ou tel preset ne convient pas tout à fait à l’utilisation désirée, on a très vite fait de l’améliorer avec les trois potentiomètres en face avant. L’intégration comme plug-in VST ou AU est un sérieux plus : les réverbérations incluses possèdent un son différent, à notre avis plus « dense » et plus « fourni » que les plug-in de réverbération d’entrée de gamme souvent livrés avec les logiciels audio + MIDI. Pouvoir y accéder sans consommation supplémentaire de ressources est très intéressant, sur les réverbérations notamment. En effet, Lexicon a toujours eu une approche assez particulière des programmes de réverbération. Recréer sous forme logicielle les infinités de réflexions sonores intervenant dans un local donné n’a rien de simple. Les ingénieurs de la marque ont toujours su les traiter d’une façon bien spécifique : jamais métallique, toujours flatteuse et, surtout, s’intégrant bien dans les mixages. Le but de la MX200 n’est certes pas de remplacer une PCM70 ou 90 : le prix n’est pas le même, la puissance DSP non plus, mais on retrouve une certaine parenté dans les sons obtenus. Et les trois potentiomètres accessibles permettent de modifier facilement les programmes, de façon purement intuitive. On aurait pu aussi ajouter un filtre d’aigus...

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PLUSIEURS NIVEAUX D’UTILISATION

En rêvant un peu, on imagine que, pour plus de facilité d’emploi, les flux audio d’entrée et sortie pourraient, eux aussi, emprunter la liaison USB : Eventide a appliqué ce principe sur son processeur H8000, mais en adoptant le FireWire - et les coûts s’en ressentent... Dans l’état, la MX200 propose des effets parfaitement utilisables (un compresseur numérique digne de ce nom !), une ergonomie à la portée des moins doués et plusieurs niveaux d’utilisation. Le tout à un prix très abordable. L’essayer c’est l’adopter !

Franck Ernould

http://fernould.club.fr/index.html








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