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Saffire interface audionumérique/MIDI en FireWire

Article paru dans Keyboards Recording n°205

01 février 2006

Focusrite a pris son temps pour commercialiser cette première mouture d'une nouvelle ligne de produits en réunissant un tant soit peu, à l'instar de quelques concurrents, le hardware et le software. Des plug-in vraiment intéressants et performants apportent une grande souplesse d'utilisation au home-studiste qui choisit la Saffire, ce qui explique son prix sensiblement plus élevé que les autres interfaces FireWire quatre entrées, dix sorties du marché. Les plug-in ne sauraientdonc être considérés comme des cadeaux, car cette « qualification » se rapporte à des ajouts de type gadgets et autres trouvailles anecdotiques. Focusrite propose des outils particulièrement bien conçus et efficaces, capables de fonctionner en standalone: une version autonome mobilisant les DSP de la Saffire, en allégeant la tâche de l'ordinateur. Sinon, on peut les employer comme des plug-in traditionnels, hébergés par le séquenceur- hôte (acceptant les VST ou les AudioUnits) mais, dans ce cas, c'est l'unité centrale qui devra octroyer des ressources processeur(s) aux effets signés Focusrite.

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STATION DEBOUT

À l'instar de deux concurrents, Digidesign et Mackie, la Saffire s'installe debout, stabilisée par un socle ovale. Le câble FireWire 400 à six contacts fourni peut alimenter la Saffire à partir de l'ordinateur, mais on lui préférera l'adaptateur secteur en exploitation sédentaire. Puisque nous en sommes à mentionner les accessoires, citons aussi un Cubase LE qui permettra de démarrer dans la MAO dans de bonnes conditions. Le CD du Saffire, présent lui aussi dans la boîte, ne sert pas à grand-chose : on préférera télécharger les dernières versions des plug-in et du firmware de l'interface. Il n'y a rien d'autre à faire, en dehors d'inscrire le numéro de licence. Tout est automatique et il suffit de suivre les instructions simplissimes. Voyons ce que nous réserve cette interface audionumérique.

LE PANNEAU DE CONTRÔLE HARDWARE

Commençons par la connectique analogique: une paire de XLR constamment actives, à moins que l'on insère des jacks dans les embases appropriées, gère les entrées micros alimentant des préamplificateurs Focusrite, bien sûr ! Ces embases peuvent délivrer les + 48 V de l'alimentation fantôme pour les micros électrostatiques. Il est dommage qu'aucune Led ne vienne signaler l'enclenchement de cette fonction, car le petit commutateur blanc, trop discret, peut prêter à confusion. Utilisateurs de micros à ruban, redoublez de prudence sur ce point !

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Les XLR se déconnectent dès que l'on emploie la paire de jacks Line In 1 & 2. Ici, on pourra choisir, au moyen d'un commutateur actionnant un relais par voie, le niveau d'entrée admissible moyen et l'impédance, courante pour les lignes et haute pour les instruments tels que les guitares et basses électriques passives. On peut ajuster les niveaux au moyen de potentiomètres hardware classiques, agissant sur le gain d'un étage de préamplification. À droite de ses commandes, un brelan de Leds affiche grossièrement le niveau sur chaque canal. Qu'importe, la Saffire se rattrapera plus loin sur l'affichage software... Au dessous, une zone affiche la présence d'un signal S/PDIF en entrée, via la connectique Cinch au dos du coffret, ainsi que la présence d'au moins un des seize canaux MIDI, en entrée comme en sortie, avec la possibilité de câbler ces deux embases Din en MIDI Thru. Cette fonction est validée par une Led verte. Lasection Monitor, particulièrement pratique, comprend un potentiomètre de niveau hardware doté de deux touches bien utiles : un atténuateur Dim et un mute total que l'on retrouvera plus loin puisque la console logicielle de la Saffire les pilote aussi. Contrairement aux commutations par relais des entrées audio, ici, la Saffire adopte des circuits logiques... Terminons le tour de la façade en remarquant la présence d'une paire de prises casque stéréo, chaque sortie disposant d'un ajustement de niveau indépendant.

CONNECTIQUE: 4 X 10

Pas moins de huit sorties analogiques, sur jacks à double sérigraphie, se partagent les canaux analogiques pouvant se conformer soit à des canaux totalement indépendants, soit à un ensemble discret configuré en 7.1, voire 5.1 si l'on n'utilise pas les sorties centre gauche et centre droit, soit sur les indications les LC et RC ou 7 et 8... La deuxième verticale de connecteurs comprend l'embase asymétrique de l'adaptateur secteur spécifique, muni d'une ferrite à l'extrémité de son câble afin d'éviter toute interférence avec les circuits audionumériques de l'interface. Suivent la paire de Cinch des liaisons S/PDIF, ce qui laisse deviner, à ce stade, l'ajout de deux voies d'entrées venant s'ajouter aux deux analogiques de la façade (XLR ou jack sur chaque canal) et deux voies de sorties venant compléter les huit analogiques. La Focusrite Saffire appartient bien à la famille des 4 x 10... Puis une paire de Din 5 brochées à 180° assure les liaisons MIDI et, enfin, une paire de prises FireWire 400 dialogue avec le monde informatique, notamment l'ordinateur hôte. On remarquera l'absence de connecteurs BNC pour la synchronisation au WordClock: on se contentera donc de la synchronisation interne de la Saffire ou de celle de l'ordinateur en validant la fonction correspondante dans le panneau de contrôle audio et MIDI.

DANS LES PROFONDEURS

L'ouverture du coffret dévoile la présence de deux cartes en vis-à-vis, sur lesquelles on aperçoit nombre de composants à haute intégration, des DSP, des convertisseurs et autres circuits de gestion du S/PDIF comme Crystal... Les amplificateurs opérationnels assurant la gestion de l'audio analogique ne possèdent qu'une seule référence, des Texas Instruments 4565, évolution des 4560 qui ont fait leurs preuves dans de nombreuses consoles, notamment chez Mackie. Trois circuits spécifiques d'alimentation Motorola génèrent des tensions régulées à partir de celle de l'ordinateur, via la liaison Fire- Wire ou l'adaptateur secteur, bien plus puissant (12 V/1 A) et plus fiable en exploitation sédentaire. Par rapport à l'électronique d'une interface audionumérique FireWire 4 x 10 ne disposant pas de puces de traitement du signal, on peut établir que la Focusrite en comprend trois fois plus, ce qui explique le prix de cette interface capable de faire tourner des plug-in spécifiques en interne.

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CONSOLE LOGICIELLE, MONITORING ET ASSIGNATIONS

Cette petite interface graphique (figure 1), aussi fonctionnelle qu'étonnante, rassemble un grand nombre de fonctions visibles sur le synoptique (figure 2). Voyons d'abord l'Output Mix et les ajustements des différents niveaux, sachant, par exemple, que si les boutons H ne sont plus teintés de bleu, le potentiomètre logiciel prend le pas sur sa version hardware de la façade. La flèche vers le bas actionne le Dim à - 12 dB sur l'interface, de même que le M mute les voies. Le S, vous l'avez deviné, connecte le solo. Juste au-dessus, quatre petits curseurs rectilignes, affichés sur le bouton rond, changent de position en fonction des réglages des mixages indépendants de la lecture, sachant que l'on peut envoyer un équilibrage différent des canaux sur chacune des cinq paires de sorties, de 1/2 à 9/10. La touche C coupe le son de cette section. L'input Mix ajuste via le potentiomètre l'équilibre entre les entrées 1 et 2 ou bien 3 et 4, en illuminant de bleu le bouton éponyme. Ici encore, le fait de jouer sur le potentiomètre de balance réajuste la position des petits faders sur le bouton d'ouverture du Custom Mix des entrées. Juste au-dessous, on remarque le potentiomètre de dosage de réverbération et son bypass. Donc, lorsque l'on considère les quatre entrées physiques de la Saffire, on peut les assigner sur les dix sorties organisées en cinq paires, comme on peut le voir en bas de la console, avec, sur chaque paire, une balance différente et un monitoring passant progressivement du retour source direct au retour séquenceur via des crossfades horizontaux. En bas à droite de la fenêtre, il est possible de mémoriser des configurations et de les rappeler : la réduction de l'affichage des fenêtres, l'assignation d'un effet à une piste en tant que plug-in logiciel VST ou AU... C'est également dans cette zone que l'on choisit la fréquence d'échantillonnage, jusqu'à 192 kHz. On peut se demander si une telle fréquence d'échantillonnage sera vraiment usitée sur ce genre deproduit, d'autant que lorsque l'on considère l'atténuation et le taux de jitter d'une liaison S/PDIF à 44,1 kHz, on frémit à l'idée de la dégradation du même signal porté à 192 kHz ! Puisque nous en sommes aux critiques, un contraste plus prononcé et des commandes moins minuscules auraient apporté plus de confort d'exploitation...

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TIMBRE, DYNAMIQUE ET SIMULATION D'AMPLI

La console offre, en haut à gauche de la fenêtre, la possibilité d'insérer deux effets par voie en plus de la réverbération. Ainsi, la Saffire Control intègre des quadruples égaliseursparamétriques( figure3). Leurs extrémités proposent, en plus, une configuration en passe-haut et passe- bas, et aussi les habituels « plateaux ». Ils affichent, de surcroît, quatre autres filtres à quatre commandes rotatives dont les intitulés changent en fonction des présélections choisies, parmi les cas de figure courants, du « normal » aux percussions, en passant par la guitare électrique, acoustique, la basse, les cordes, le piano... Une bonne idée, permettant d'affiner les réglages, d'autant que l'on peut intervenir finement au moyen de raccourcis clavier. Dans le même élan qualitatif, le type de compresseur adopté par Focusrite (figure 4) ressemble, dans ses sonorités et sa balistique générale, à ceux qui, en version hardware, intègrent un détecteur optique de niveau d'entrée. Outre les curseurs d'entrée et de sortie, associés à leurs bargraphes respectifs, celui de la réduction de gain et les habituelles commandes de seuil de déclenchement, de taux de compression, de temps d'attaque, de relâchement, suivi de la compensation de gain, le compresseur propose aussi des configurations préétablies à taux ajustable. La manipulation de ce processeur virtuel est aisée, sachant que toute intervention sur un paramètre affiche sa valeur en lieu et place de sa fonction. Pour finir, la nouveauté qui plaira à ceux qui s'intéressent de plus en plus au home studio : les guitaristes bénéficient de l'apport d'un simulateur d'amplis (figure 5) à la saturation ajustable et quelques présets bien généralistes qui semblent cacher, de gauche à droite, des marques comme Marshall, Mesa Boogie, Fender et Ampeg, d'après les sonorités et le comportement dynamique... On peut donc choisir, sur la Saffire Control, deux des trois effets par voie, tout en définissant soi-même l'ordre de traitement: compresseur avant ou après l'égaliseur, égaliseur avant ou après le simulateur...

DEUX RÉVERBÉRATIONS INDÉPENDANTES

Sous le logo, on remarque la commande d'ouverture de la fenêtre des deux réverbérations, l'une pour le canal 1, l'autre pour le canal 2 : ces deux traitements indépendants disposent d'un ajustement de la taille de la pièce (Room) tandis que l'on peut aussi définir l'absorption de la salle virtuelle via Diffusion et la tonalité générale au moyen de la commande idoine. Les deux modules apparaissent sauf si les deux voies d'entrées sont couplées et, dans ce cas, un seul se montrera. Les fenêtres de réverbération diffèrent en version plug-in VST et AU, car le bypass est remplacé par un dosage de l'effet de 0 à 100 %. Les réverbérations, de très bonne qualité de traitement, ne déparent pas de l'offre logicielle particulièrement bien conçue de Focusrite, soit en mobilisant les ressources DSP de l'interface, soit en étant accueillies par les séquenceurs hôtes, sans aucun problème, tant sur Cubase SX3 que sur Logic 7 Pro.

Philippe David .

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