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ONYX 400F interface audionumérique FireWire

Article paru dans Keyboards Recording n°206

01 mars 2006

L'incursion remarquée de Mackie dans le domaine de l'audionumérique se poursuit avec une gamme d'interfaces audionumériques FireWire en éléments indépendants, complétant la série Onyx...

La bonne santé de la firme de Greg Mackie se traduit par sa présence sur plusieurs fronts d'importance stratégique. Nous en avons eu l'illustration au dernier NAMM Show, où la marque présentait pas moins de vingt-six nouveautés! Remarquons que la pertinence de nombreux produits les destine à un succès certain. Ainsi, la gamme Onyx, apparue voici à peine plus de deux ans, avec un ensemble de consoles analogiques, s'étoffe : ces consoles reçoivent toutes l'option FireWire, ce qui se traduit en interne par l'ajout de convertisseurs audionumériques et la gestion de l'IEEE 1394. On obtient ainsi le meilleur des deux mondes... Mais quid des utilisateurs souhaitant uniquement une interface à raccorder directement sur un ordinateur et souhaitant mixer virtuellement les pistes du séquenceur sans passer par une console externe? En réponse à cette question, Mackie présente l'Onyx 400F, un rack d'une unité d'épaisseur présentant une grande souplesse d'utilisation et des ressources de calcul destinées à adoucir l'exploitation en réduisant les temps de latence...

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UN RACK COMPLET

Dans la gamme des interfaces audionumériques aux alentours de 1000 euros, Mackie joue la carte de la qualité et de la puissance. Tout commence par un tableau de bord plutôt complet, sur lequel on remarque aussi de la connectique dédiée aux liaisons temporaires: deux entrées instruments à haute impédance (1 MΩ) prenant la main sur deux entrées de ligne, et deux sorties de casque, chacune possédant son potentiomètre de volume indépendant. Les entrées instruments reçoivent principalement les guitares et basses, tant passives qu'actives, ainsi l'Onyx 400F fait office de boîte de direct active en passant, ce qui économise le prix de ce genre de boîtier de symétrisation et d'adaptation d'impédance en élément séparé. De gauche à droite, le commutateur du secteur agit sur l'alimentation à découpage interne au rack. Trois Leds affichent le mode de synchronisation de l'audionumérique, qui offre le choix entre externe (l'ordinateur hôte), interne, les signaux de WordClock présents sur l'entrée BNC ou, option pratique, une synchro provenant de l'entrée S/PDIF. Les trois autres Leds suivantes indiquent la présence d'une connexion FireWire, l'arrivée et le départ de signaux MIDI. Le premier potentiomètre ajuste le niveau d'écoute, d'autant plus facilement que l'Onyx dispose de sorties dédiées au Control Room, une option agréable dans cette gamme d'interfaces, là où les modèles moins chers se contentent d'utiliser deux voies de sorties choisies parmi celles disponibles... Puis on retrouve les sorties casques avec leurs jacks quart-depouce et leurs volumes ajustables. Enfin, sur la droite, les commandes des quatre préamplificateurs universels.

UNE CONNECTIQUE COSSUE

La connectique de l'Onyx 400F occupe la quasi-totalité du panneau arrière (figure 1) : on exploite les quatre préamplis précités via un quartet d'embases combinées XLR/ jacks TRS.

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Deux d'entre eux, comme nous l'avons vu, laissent la main aux jacks de façade pour recevoir les signaux d'instruments asymétriques à haute impédance. Chacune des quatre entrées bénéficie d'un insert asymétrique (départ et retour sur le même jack), mais cela pourra servir en live, par exemple, à l'insertion de compresseurs de dynamique, nous y reviendrons plus bas... Suivent quatre autres entrées de ligne à gain fixe et uniquement sur jacks. Si l'on ajoute ces huit entrées à celles du S/PDIF, l'Onyx totalise donc dix entrées en tout. En sortie, huit jacks TRS délivrent autant de signaux analogiques sur le mode symétrique, et une sortie audionumérique S/PDIF complète le tableau, pour une somme de dix sorties en tout. À cette configuration 10 x 10 vient s'ajouter la paire de sorties audio, également sur jacks, dédiée au Control Room. L'Onyx 400F appartenant à une catégorie de matériel de plus de 1000 euros, ne soyons pas surpris de rencontrer une paire d'embases BNC pour la synchronisation au WordClock. À proximité de l'habituelle entrée/sortie MIDI, on remarque deux connecteurs FireWire: on peut ainsi chaîner l'interface à un disque dur externe au même format, voire une deuxième Onyx 400F qui doublera ainsi le nombre total d'entrées et de sorties si le système d'exploitation de l'ordinateur le permet, tel Mac OS Tiger (10.4). Autre possibilité, et non des moindres, de l'Onyx 400F: dès que l'on a configuré les entrées et sorties sur la console virtuelle, on peut débrancher l'ordinateur hôte de l'interface, qui devient ainsi un mélangeur autonome, aux possibilités limitées au faible nombre des commandes hardware: on ne peut pas espérer plus que le 10 x 2...

DES PRÉAMPLIS DÉRIVÉS DES XDR

La section de droite de la façade rassemble les contrôles des quatre préamplisuniversels,dumoins pour deux d'entre eux (micro, ligne ou instrument) tandis que les n° 3 et n° 4 se contentent du choix entre micro et ligne « seulement ». Les deux premiers, comme nous l'avons vu plus haut, offrent la haute impédance aux instruments à cordes passifs (capteurs en direct) et actifs (instruments à préamplificateurs intégrés). Il suffit de presser sur le bouton à la sérigraphie stylisée constituée d'un corps de Dean ML prolongé d'un manche à tête stratoïde... En position micro, le gain de chaque section préamplificateur possède une plage de 60 dB à partir de la valeur minimale du gain unitaire. Sur une utilisation de ligne, le gain, toujours de 60 dB, s'étale sur une plage de - 20 dB à + 40 dB. Petit détail pouvant être gênant, le commutateur de l'alimentation fantôme délivre les 48 V simultanément sur ces quatre entrées, on aurait aimé choisir... Chaque préampli affiche sommairement son niveau au moyen d'un petit bargraphe à quatre Leds : -40 dB, - 20 dB, - 10 dB et surcharge. Mackie annonce un niveau de bruit ramené à l'entrée meilleur que - 129 dBu pour un gain de 60 dB, et cela se vérifie. La topologie du coffret montre, en effet, que l'alimentation à découpage, un modèle de compacité, se situe à l'opposé des entrées à bas niveau et que les éléments actifs de ces dernières ontétécorrectement filtrés au moyen de condensateurs électrochimiques de forte capacité, montés en aval des régulateurs de tension placés à proximité immédiate des circuits audio.

LES RECETTES « MAISON »

Mackie ne s'écarte pas des sentiers battus pour les tout premiers étages d'entrée, avec les résistances demi-watt de 6,8 kΩ sur les points chaud et froid, le découplage par des condensateurs de très bonne qualité, chargés de bloquer la composante continue de l'alimentation fantôme afin qu'elle ne perturbe pas les circuits audio. Remarquons au passage un filtre inductif destiné à bloquer les interférences hautes fréquences générées, le cas échéant, par les circuits numériques. Chaque entrée dispose de son couple de transistors Toshiba 2SA1316, des modèles à très bas bruit ayant fait leurs preuves dans les préamplificateurs pour cellule photo à bobine mobile. En aval de ce couple, un double amplificateur opérationnel bipolaire JRC NJM2068 présente, lui aussi, des caractéristiques de bruit très faible pour un taux de distorsion extrêmement réduit. Les autres amplificateurs opérationnels doubles se partagent une seule référence, les JRC NJM4580, un modèle classique mais performant, toujours sous les aspects du rapport signal/bruit et sur le taux de distorsion infinitésimal. On le rencontre tant dans des circuits audio de qualité que dans le domaine de l'instrumentation et de la mesure, juste pour donner un rapide aperçu de ses performances intrinsèques... Ce soin particulier du signal se retrouve dans les buffers de sortie et le filtrage passe-bas monté en aval des convertisseurs numérique vers analogique Asahi Kasei AKM 4358, tandis que des AKM 5385 se chargent de la conversion réciproque, et ce jusqu'à la fréquence d'échantillonnage de 192 kHz pour une résolution de 24 bits (figure 2).

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FAIBLE LATENCE

L'installation ne pose aucun problème: téléchargement de la console sur Mac (1,3 Mo) et, sur PC, la console et le pilote associés. Celleci comprend des onglets (figure 3).

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L'Onyx 400F étant fournie avec le séquenceur Mackie Traktion 2 de base (la version « de boîte » comprenant plus de plug-in), on en profite pour passer à la mise à jour 2.1. Tout d'abord, on ne peut qu'apprécier la petite console virtuelle complète, dont la configuration dans la fenêtre des Settings fait suivre celle de l'ordinateur, ce qui n'est pas toujours le cas ailleurs. En haut de la fenêtre, on peut naviguer par onglets et appliquer un mixage différent à chacune des paires audio considérées. On pourra réaliser un ensemble de sorties surround ou, pourquoi pas, des balances de mixage différentes pour des musiciens jouant simultanément. La console offre également panoramiques, solos et mutes, sans oublier la possibilité de nommer comme on le désire chaque voie, dans la petite fenêtre en bas du fader. Chaque configuration est sauvée dans la mémoire flash de l'interface. Ce qui surprend immédiatement, dans une configuration périinformatique, c'est la faible latence dans le traitement des signaux, ce qui rend le monitoring performant: l'Onyx 400F est équipé d'un processeur spécialement dévolu à cette âpre tâche. D'une puissance de 1 800 MIPS, ce processeur fonctionnant en 64 bits à virgule flottante épaule vraiment celui de l'ordinateur. Trop d'interfaces présentent des temps de latence longs, ce qui limite de facto leur utilisation à de basses fréquences d'échantillonnage. Testée sur Traktion, Cubase et Logic, la Mackie est reconnue sans souci. Sur le plan de l'audio pur, divers tests particulièrement piégeants ont permis de confirmer que les préamplis de Mackie sont à la hauteur de ce que le constructeur annonce. On pouvait craindre, en raison d'un taux de distorsion infinitésimal, une atténuation, voire disparition des signaux de faible amplitude figurant sur mes enregistrements de test. Fort heureusement, l'Onyx 400F s'est sortie avec brio de tous les pièges tendus. On ne peut qu'apprécier la réserve de dynamique sur les entrées micro, testée avec une paire d'électrostatiques, alimentés en 48 V...

DES QUALITÉS AUDIO ENVIABLES

Depuis longtemps, Mackie a perdu sa réputation de matériel bon marché de qualité moyenne, pour en acquérir une autre, bien plus reluisante, et pas seulement au moyen de ses produits de haut de gamme... Le concept de la gamme Onyx peut renforcer toute assertion positive à l'égard de ce constructeur qui a le chic pour combler les besoins des home-studistes, des sonorisateurs et des structures professionnelles: combien d'émissions de télévision du câble voient leur son mixé sur des Mackie? Vous seriez surpris du nombre! Pour à peine plus de 1 000 euros, l'interface Onyx 400F comprend d'excellents points forts, tels la facilitéde mise en oeuvre, un temps de latence très faible grâce à l'intégration d'un processeur spécialisé, et des qualités audio enviables, dans une gamme de prix restant raisonnable pour une matrice 10 x 10 capable de fonctionner en 192 kHz sous 24 bits, en entrée comme en sortie. On pourra regretter les limitations dans la visualisation des niveaux sur le rack, bien qu'elle soit fort lisible sur la console virtuelle, la limitation de l'exploitation sur le mode autonome et l'absence de commutations indépendantes de l'alimentation fantôme sur les quatre préamplis universels... Mais en dehors de ces points secondaires, l'Onyx 400F est l'une des meilleures interfaces FireWire qui m'ait été donné de tester jusqu'à présent !

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Philippe David .

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