Echo Digital Audio Corporation se spécialise depuis deux décennies dans le traitement du signal audio numérique. La firme vient de lancer deux interfaces audio péri-informatiques au format FireWire. Test en situation.

Echo a fait du chemin, depuis l'élaboration de sa première carte son pour PC et ses travaux sur la compression de données sur la voix et toutes ses applications, il y a une vingtaine d'années... Le société a aussi développé de nombreux produits dans le domaine de l'audionumérique,notamment dans le DSP, ce qui lui a permis de vendre des licences d'exploitation à des fabricants spécialisés dans les semiconducteurs et le multimédia, tels que, parmi les plus connus: Analog Devices, Hewlett Packard, Asahi Kasei (AKM), Motorola, Peavey, Rockwell, Sony, VLSI, ICS et Media Vision. L'été dernier, Echo Audio Digital a présenté une carte Fire- Wire à faible coût douze entrées et douze sorties à 192 kHz d'échantillonnage et, peu de temps après, a signé un accord bilatéral avec Loud Technologies qui utilise le savoirfaire d'Echo tandis que cette dernière fournit le séquenceur audio Mackie Tracktion (KR 207) avec ses interfaces audionumériques. Hormis les moutures récemment mises à jour d'interfaces combinant boîtier externe et carte PCI, telles que les Gina 3G et Layla 3G, mais aussi les modules miniatures Indigo IO et Indigo DJ au format Cardbus Type II, enfichables dans les ordinateurs portables, Echo Digital Audio mise sur deux nouveautés en FireWire 400, l'AudioFire 8 et l'AudioFire 12. Cette gamme naissante s'étoffera par la suite d'autres modèles.
AUDIOFIRE 8
La plus universelle des deux interfaces de la firme dispose de connecteurs combos Neutrik pouvant recevoir tout microphone sur les XLR et des instruments asymétriques sur les jacks centraux. Habituellement, le matériel audio capable de recevoir la modulation d'une guitare électrique passive possède une impédance de 300 kΩ minimum (et jusqu'à 1 MΩ, voire 2 MΩ), alors qu'ici elle dépasse à peine les 100 kΩ... Heureusement que l'on peut ajuster le gain des entrées universelles 1 et 2 au moyen d'un potentiomètre par canal pour compenser toute perte de liaison, sans parler de la bande passante liée à la guitare électrique qui s'étend rarement audelà des 5 kHz. On aurait aimé une impédance mieux adaptée. À moins que les concepteurs aient pensé que le guitariste insérerait une pédale d'effet ou un préamplificateur à tubes ou non dédié à la gui-tare... En parlant d'insert, ces entrées en possèdent une chacune. On pourra y raccorder en asymétrique un compresseur, un égaliseur ou toute autre chaîne de traitement analogique. On notera la présence d'une alimentation fantôme commutable, mais simultanément sur les deux canaux. Deux petits indicateurs de niveau indiquent la présence d'un signal en vert, son niveau nominal en jaune et l'arrivée de la surcharge en rouge. La prise casque est bien utile sur ce type de produit! Le dos de l'Audio Fire 8 propose six autres entrées mais au niveau ligne, cette fois, ainsi que huit sorties au même format. Si l'on ajoute l'entrée et la sortie S/PDIF commutable (figure 1)

en grand public ou en professionnel (pour s'affranchir des limitations des bits d'anticopie), l'interface totalise dix entrées et douze sorties utilisablessimultanément, sachant que l'on ne peut pas brancher simultanément deux sources dans les connecteurs combos de la façade. La connectique se complète d'une entrée/sortie de WordClock, de deux prises MIDI et de deux embases FireWire.
AUDIOFIRE 12
Cette interface, sensiblement plus grande que sa consoeur, se loge dans un rack d'une unité, alors que la boîte de l'AudioFire 8 possède des oreilles rack amovibles. L'AudioFire 12 s'adresse à ceux qui exploitent déjà d'autres périphériques analogiques puisqu'elle ne comporte que douze entrées et autant de sorties au niveau ligne, sur jack TRS. Ainsi, il sera facile de raccorder une console de mixage sur ses sorties directes ou bien des channel strips (les tranches de consoles en rack, souvent équipées d'un égali-seur, voire d'un compresseur)... La façade dispose, cette fois, de vingtquatre bargraphes de quatre Leds chacun, donnant une indication sur les niveaux d'entrée et de sortie, sachant qu'à l'instar des lignes analogiques de l'AudioFire 8, celles de la 12 se configurent aussi individuellement soit sur - 10 dBV, soit au format professionnel de + 4 dBu (figure 2). Mais avant d'en arriver là, il a fallu effectuer quelques petites manipulations très simples...

POUR COMMENCER
On ne le dira jamais assez, les CDRom fournis avec les interfaces audio sont frappés d'obsolescence dès leur sortie, si bien qu'il faut aller chercher directement la dernière version sur le site du constructeur. Cette opération a permis la mise à jour des firmware, en version 1.4.0. pour les deux interfaces (initialement 1.1.0 pour l'AF 8 et 1.3.0 pour l'AF 12). Il suffit d'en connecter une via le câble FireWire de 5 m et de très bonne qualité, fourni, et le reste se déroule automatiquement (figure 3). Ensuite, on indique à quelle fréquence d'échantillonnage on souhaite travailler, sachant que l'AF 8 ne dépassera pas 96 kHz, alors que son aînée monte à 192 kHz. On peut aussi choisir le mode de synchronisation, qu'on laisse généralement en interne afin d'éviter de créer de la latence. Ici, surprise : les modes de synchro de l'AF 8 apparaissaient en grisé, tant sur le bouton de sélection que sur l'inscription, laissant à penser qu'il faudra attendre une mise à jour ultérieure du firmware! Il n'en est rien: Echo Digital Audio a, visiblement, trop bien tenu compte des remontées d'informations de ses clients qui se perdaient en sélectionnant, sur les interfaces précédentes, des modes de synchronisation qui n'existaient pas, ce qui a dû entraîner quelques frayeurs aux utilisateurs... Comme on peut le voir sur l'AF 8 (en haut de la figure 4), ou sur l'AF 2 (en bas), dès que l'on raccorde un signal de WordClock sur l'entrée BNC idoine, on peut choisir cette option. La synchro sur le S/PDIF, exclusive à l'AF 8, respecte la même démarche: l'entrée concernée doit bien recevoir un signal pour être accessible. Si les figures 2 et 4 affichent les tableaux de bord des deux interfaces, c'était pour vérifier qu'elles peuvent bien toutes les deux fonctionner simultanément, avec, par exemple, la version allégée de Mackie Tracktion fournie sur le CDRom, ou tout autre séquenceur logiciel. Echo Digital Audio vient tout juste de mettre en ligne les versions Beta 2.02, tant pour Win XP que Mac OS X. Pour ce dernier, il suffit d'aller dans « Configuration Audio et Midi » sur l'onglet Audio pour agréger les deux périphériques testés (figure 5). Echo recommande de ne pas raccorder plus de trois interfaces sur le même bus FireWire : parlons bien de bus et pas de connecteurs. De plus, il faudra également penser à chaîner les synchronisations du WordClock qui seront distribués en cascade de l'interface maîtresse aux esclaves. Sur tout séquenceur, tel que Live 5 (exemple parmi tant d'autres), on dispose donc de la somme des entrées et des sorties que l'on peut renommer (figures 6 et 7).

CONSOLES VIRTUELLES, PERFORMANCES RÉELLES
Le téléchargement comprend également une console de mixage virtuelle telle que celle de l'AudioFire 8 (figure 8), comprenant un fader sur 10 bits par entrée, un panoramique, un solo, un mute et la possibilité de nommer chaque tranche.

En haut de la fenêtre, le passage d'un onglet de paire de sorties permet de faire varier autant de mixages différents des voies d'entrées. On peut mémoriser autant de configurations que l'on désire. Cette interface graphique comprend également une indication d'activité des canaux MIDI en entrée et en sortie. Chacune des Echo est reconnue par tout séquenceur audio et les quatre essayés n'ont posé aucun problème de configuration (Mackie Tracktion en version « de boîte », Logic Pro 7, Cubase SX 3 et Live 5). Ce qui frap-pe dès les premières écoutes, c'est l'absence de bruit de fond, notamment sur les entrées micro de l'AF 8, la dynamique, le niveau admissible important, y compris sur des instruments de musique préamplifiés. Le respect des transitoires traduit une bonne réponse en phase, un paramètre important pour la bande passante utile lors d'une exploitation à des fréquences d'échantillonnages élevées, comme celle de 192 kHz de l'AF 12. Mais surtout, remarquons que la latence se maintient à des valeurs faibles bien que variant, comme à l'ordinaire, en fonction de la fréquence d'échantillonnage sélectionnée et du mode de synchronisation. Il faut dire que ces interfaces embarquent un DSP Texas Instruments (figure 9), dans lequel tourne le système conçu par Echo et sa technologie Fire- Works.

Ce traitement ultrarapide du flot de données abaisse considérablement cette valeur critique de latence qui n'atteint, dans le meilleur des cas, que quelques millisecondes. La fluidité de l'exploitation n'a d'égale que la fiabilité qui se dégage de ces interfaces.
HAUTE INTÉGRATION
L'optimisation du circuit imprimé multicouche prend soin de la modulation. La topologie de la carte mère reste logique, tout en employant quelques solutions classiques comme la présence de condensateurs électrochimiques placés sur les entrées et sorties audio, dans le but d'éliminer la composante continue... Les sections analogiques constituées de buffers et de filtres passebas emploient un grand nombre d'amplificateurs opérationnels JRC NJM 2068 dont la qualité n'est plus à prouver. Ceux-ci présentent un très faible niveau de bruit et une grande bande passante La haute intégration se remarque aussi sur le choix des convertisseurs audionumériques, car il s'agit de combinés A/N et N/A de la marque Cirrus Logic, capables de traiter chacun deux canaux d'entrée et de sortie. Une alimentation compacte à découpage fournit de l'énergie aux nombreux régulateurs locaux. Annoncées en 2004 avec la sortie des cartes à DSP FireWire « Fire- Works » qui figurent en bonne place dans l'AudioFire 8 mais aussi dans l'AudioFire 12, ces interfaces audio de bonne facture, enfin commercialisées, conviendront à tous types de studios, de l'amateur averti au professionnel. Sensiblement plus chères que bon nombre de concurrentes, les Echo se distinguent par de très hautes performances audio et une latence très faible.
Philippe David .