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MULTIMIX 16 FIREWIRE console analogique et interface FireWire

Article paru dans Keyboards Recording n°211

01 septembre 2006

Alesis étoffe sa gamme de consoles compactes avec une version FireWire de la MultiMix 16, comprenant également un multieffet numérique intégré et une sortie S/PDIF. Le tout pour un prix très abordable...

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Spécialiste des produits audio à prix étudiés, Alesis réalise en quelque sorte une économie d'échelle en commercialisant une nouvelle version de la MultiMix 16 qui, après la version USB 1.1, se transforme en interface FireWire, ce qui étend nettement ses possibilités.

UNE CONSOLE ANALOGIQUE

Avant toute autre considération, sachez que la MultiMix s'appuie sur une structure analogique. Elle comprend donc huit entrées micro, commutables en lignes, et quatre voies stéréo, ce qui porte donc le nombre des entrées à seize, pour une configuration offrant une grande souplesse dans le raccordement des sources. Elle dispose aussi de sorties principales séparées de celles qui se destinent au monitoring. Ces voies d'entrées reprennent les standards en vigueur et peuvent se comparer à d'autres références concurrentes dans cette gamme de prix pourtant abordable, qui impose quelques simplifications dans le routing des modulations et dans le nombre des possibilités.

CHANNEL STRIP

Examinons le synoptique de la figure 1. Chaque voie micro ou ligne possède ses deux connecteurs, respectivement XLR et jack (des connecteurs de bonne qualité, un point fort puisque les trois quarts des pannes proviennent de la connectique), pouvant également recevoir une modulation symétrique. Les huit entrées micro dépendent du même commutateur d'alimentation fantôme, ce qui peut poser quelques problèmes, car certains microphones électrodynamiques supportent mal la présence de la tension de 48 V à leurs bornes, notamment les micros à ruban, qu'une telle épreuve conduit immanquablement à un choc fatal. Si Alesis a réalisé là une économie, elle reste de bon aloi : on mélange assez rarement des micros incompatibles dans le cadre d'une prise de son de home-studio où, de toute manière, la multiplication des sources microphoniques en simultané reste purement anecdotique... Mais il faudra y penser au moment du choix des micros devant être branchés de concert. Cette console ne dispose pas de sortie directe physique par voie, mais elles existent via le FireWire, comme nous le verrons plus loin. Pour cette même raison, les voies d'entrées sont dépourvues d'insert : on se servira des plug-in ! Le premierétaged'amplification, équipé du trimmer de l'ajustement du gain, précède un filtre passe-haut commutable et fixé à 75 Hz pour une pente de 18 dB/oct., un accessoire fort pratique pour éviter l'effet « boomy » souvent rencontré sur les prises de son microphonique de proximité, tant pour les voix humaines que pour les guitares acoustiques. Ici, la pente du filtre peut paraître assez raide en deçà de 75 Hz parce que nombre de constructeurs se contentent d'un filtre du deuxième ordre, soit 12 dB/oct. L'égaliseur qui suit le premier étage de gain comporte trois bandes, dont les extrêmes fonctionnent en plateau, tandis que la correction centrale agit suivant une courbe en cloche. Ces trois filtres bénéficient d'une amplitude de ± 15 dB, une valeur appréciable là où nombre de concurrents ne dépassent pas ± 12 dB. Cependant, on peut s'étonner de rencontrer ici trois filtres à fréquences fixes, d'autant qu'au moins un médium semi-paramétrique aurait apporté bien plus de souplesse aux corrections de timbre. Alesis aurait pu également ajouter un bypass dans cette section, ce qui aurait pu faciliter les comparaisons avec et sans égalisation, tout en évitant de colorer inutilement la modulation au cas où l'égaliseur resterait en position linéaire. Le fader de chaque voie se limite à 60 mm de course, on aurait aimé le voir atteindre les 100 mm que l'on commence à rencontrer sur d'autres consoles bon marché. Après le fader, un étage de gain alimente les bus principaux, gauche et droite, en sortie du panoramique. Ici, on a le choix de passer sur le bus 3 & 4 en pressant la touche idoine, qui mute l'assignation de la modulation des bus principaux. C'est également à ce stade que l'on prélève le signal pour l'écoute solo, après le fader, en plus de la PFL (Pre Fader Listen), la préécoute, connectée en sortie de l'égaliseur.

LES BUS

L'Alesis fait preuve d'une bonne souplesse d'utilisation, puisque l'on remarque immédiatement que le monitoring est indépendant des sorties principales, également sur jack. Cependant, on peut déplorer que le gros potentiomètre bleu dédié au niveau d'écoute principal agisse aussi sur la sortie de casque. Un commutateur additionnel offre le choix entre la préécoute et le solo. Cette section reçoit la modulation de la sortie du mix principal, de la sortie alternative des bus 3 & 4 ou le « retour machine », l'habituel « 2 Track » (avec ses quatre embases Cinch pour son entrée et sa sortie stéréo), sur lequel nous reviendrons. On retrouve la sortie alternative 3 & 4 équipée de son propre fader stéréo rectiligne et alimentée, comme nous l'avons vu plus haut, à condition que les bus principaux 1 & 2 soient mutés. Chaque voie se connecte aux bus des départs auxiliaires : le bus A prélève la modulation au choix, soit pré, soit postfader, tandis que le bus B se limite au postfader, mais assigne aussi le signal au départ sur l'entrée d'un petit multieffet numérique. Le bus de sortie comprend un fader stéréo baptisé Main Mix. Dans cette section, on peut assigner les bus 3 & 4 vers le mixage, ainsi que le retour machine deux pistes. Les deux bargraphes affichent le niveau de tout bus stéréo sélectionné: principal, alternatif, solo, préécoute...

PÉRIPHÉRIQUE NUMÉRIQUE À BORD

La MultiMix 16 FireWire intègre un multieffet numérique, à la précision de calcul de 28 bits, qui présente pas moins de cent programmes choisis parmi les plus utiles, tels que les réverbérations de type Hall, Room, Plate et Chamber, à raison de dix effets par catégorie. On a donc le choix entre des grands espaces, des sonorités de lieux plus intimistes, des réverbérations à plaque et l'émulation du son caractéristique des années 50 et 60... De même, ce module numérique propose dix chorus et autant de flangers, de délais, de pitch, ainsi que vingt programmes (répartis en deux banques) combinant certains de ces effets génériques entre eux. Le départ effet parvenant à ces algorithmes embarqués est le B, tandis que le bus A ne gère que les modulations et processeurs externes à la console. Le choix d'un programme s'opère facilement, via l'encodeur rotatif et l'afficheur de 00 à 99 : une fois le programme choisi, il suffit de presser l'encodeur pour l'activer... Rien de plus simple, d'autant qu'aucune commande n'offre d'accès à ne serait-ce qu'un seul paramètre!

INSTALLATION ET CONFIGURATION

La boîte contient plusieurs manuels d'instruction, un câble FireWire et un CD-Rom contenant les pilotes et un séquenceur Cubase LE qui permettra aux débutants de démarrer aux commandes d'un bon séquenceur. Comme d'ordinaire, la notice comporte bien plus d'instructions et d'exemples relevés sur PC, au détriment du Mac qui, il est vrai, présente une facilité d'exploitation accrue. Ainsi, la configuration des préférences audio ne pose pas de problème mais affiche néanmoins des points intéressants. Outre la transmission du signal sur 32 bits des seize canaux du Flux 1 (figure 2) et des deux canaux du Flux 2 (le mixage principal) et la réception des deux voies en provenance de l'ordinateur hôte, on peut renommer la console, ce qui laisse à penser que l'on pourra en chaîner plusieurs, dans le but d'augmenter le nombre de voies. Le tableau de bord de la MultiMix (figure 3) affiche également le verrouillage de la synchronisation de l'audionumérique, ainsi que la fréquence d'échantillonnage choisie, qui affecte autant la liaison FireWire que la S/PDIF. Il est possible de renommer la console... On peut également choisir le signal de synchro soit en interne, soit sur d'autres périphériques connectés au bus FireWire (figure 4). En matière d'exploitation d'un home-studio construit autour d'un ordinateur séquenceur, on essaie de s'affranchir au mieux de la latence en mode d'enregistrement, surtout si l'on ajoute successivement des pistes les unes aux autres, ce qui nécessite d'écouter les précédentes pour en ajouter de nouvelles. Dans ce cas, on choisira une taille de buffer réduite, afin d'éviter trop de latence. En revanche, lorsqu'on attaque la phase du mixage, une opération consistant à gérer un grand nombre de pistes auxquelles les plug-in viennent s'ajouter en sollicitant fortement le processeur, une latence plus longue, qui a pour but de soulager le travail de l'ordinateur, paraît plus souple d'utilisation. Ainsi, le tableau de bord de la MultiMix 16 FireWire sait différencier les deux (figures 5 et 6), en proposant des tailles indépendantes de buffers et d'échantillons par buffer, pour l'enregistrement et la lecture. Cela permet d'optimiser le fonctionnement de l'ensemble afin de travailler confortablement. Sur mon installation, une configuration aux alentours de 128 échantillons s'est avérée convenable. Mais je suis persuadé que l'on peut descendre plus bas sur un ordinateur plus puissant, comme sur un bicore, par exemple.

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EXPLOITATION ET COMPORTEMENT

La console, très simple (voire simplifiée sur plusieurs aspects), se comporte bien: pas de bruit de fond gênant, pas plus de diaphonie que sur les autres modèles dotés d'une cartemère recevant toutes les voies. Les préamplificateurs microphoniques se situent dans la bonne moyenne de ce que l'on a coutume de rencontrer dans cette gamme de prix. Le seul endroit où l'on ressent une faiblesse est l'égaliseur. Si le Baxendall (grave et aigu en plateau) fonctionne bien, pour moi, le correcteur de médium n'a servi que pour faire sonner une guitare acoustique un peu comme un dobro en poussant son amplitude... Sinon, je ne vois pas trop ce que l'on peut en faire, à part peut-être atténuer des sons agressifs dans la bande des 2 kHz; ceux qui ont manipulé un égaliseur graphique dans cette bande de fréquences s'en souviendront. J'ai donc relié la console à mon Mac via FireWire, et j'ai pu apprécier la faible latence et la facilité avec laquelle on passe de la surface de contrôle analogique à l'écran affichant le séquenceur, ou plutôt les séquenceurs, à l'examen de ma collection... J'ai pu comparer la qualité de traitement du signal avec d'autres appareils et l'Alesis se situe au-dessus de la moyenne, sans défaut notable. Je n'ai pas trouvé immédiatement le retour machine en provenance du Mac, car aucune commande spécifique ne différencie la modulation parvenant en analogique à la paire de Cinch 2 Track des deux canaux descendant de la liaison FireWire. Le raccordement d'une platine MD de haut de gamme a permis de mettre en évidence que les deux se trouvent en parallèle sur le même bus... Dans une configuration MAO, on évitera donc de brancher une source sur l'entrée Cinch 2 Track. C'est là qu'on se rend compte qu'un patch prend toute son utilité dans un studio... Les convertisseurs fonctionnent très bien. Dommage que la MultiMix ne soit pas équipée de sorties directes externes, sinon j'aurais pu affiner la comparaison avec d'autres circuits de conversion A/N. En revanche, pour le monitoring, j'ai relié les sorties de ma MOTU sur l'entrée 2 Track: la MultiMix se maintient à un degré de qualité fort convenable, une impression accentuée, en regard de son prix abordable.

APERÇU TECHNOLOGIQUE

Justement, le prix concurrentiel de cette console, dotée d'une interface FireWire, tient en partie des petites simplifications trouvées ici et là. Cela posé, les concepteurs ont arrêté des choix techniques judicieux allant dans le sens de la qualité, vu que la MultiMix, bien que fonctionnant sur le mode autonome, fait également office de poste avancé spécialisé dans l'audio au sein d'une installation de home-studio. Cela implique une bonne qualité de prise de son, un faible bruit de fond et une excellente fiabilité générale. Cette console comprend deux coques d'aluminium et deux flancs en polycarbonate. Une option de montage en rack est disponible chez le distributeur. La partie supérieure comprend la carte mère qui rassemble les circuits audio, ainsi que le multieffet numérique. Par mesure d'économie, comme on peut le rencontrer systématiquement sur ce genre de console, les composants électroniques et les faders prennent place sur une grande carte mère. Un changement de fader, le cas échéant, nécessite le démontage de cet élément, ainsi que la dépose de tous les boutons des potentiomètres, une opération longue et fastidieuse... Heureusement que les éléments qui constituent cette console bénéficient d'une bonne fiabilité! La partie inférieure reçoit la double carte dédiée au FireWire, tandis qu'un autre circuit imprimé convertit les deux tensions de 18 V sous 1 A chacune provenant de l'adaptateur secteur au connecteur verrouillable. Une bonne dynamique, une faible distorsion et un bon rapport signal sur bruit dépendent étroitement de la qualité de l'alimentation, et l'on peut dire que les ingénieurs d'Alesis n'ont pas cherché à simplifier cet élément crucial, monté à l'opposé des voies microphoniques afin d'éviter toute remontée du bruit de fond par rayonnement ou interférences avec le module à découpage qui délivre toutes les tensions nécessaires aux différents sous-ensembles de la console.

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ÉTAGES AUDIO

Plus le niveau de sortie d'une source est faible, plus le premier étage de gain qui reçoit cette modulation doit être silencieux. Ainsi, chaque étage de tête des voies micro dispose de composants discrets, des transistors montés en tête assurant la conversion d'impédance et le gain, ajustable via le potentiomètre. Ensuite, dès que le signal est parvenu, par cette entremise, à un niveau de ligne, des amplificateurs opérationnels doubles 4580 prennent le relais. Ce sont eux que l'on trouve dans la section d'égalisation, par exemple, ainsi que dans les bus de sortie. Afin de trouver le meilleur compromis entre le coût et les performances, Alesis a choisi une solution hybride en associant les composants à montage en surface (CMS) à ceux, plus traditionnels, de taille standard, comme, par exemple, les 4580 et les condensateurs de filtrage ou de liaison.

ÉTAGES NUMÉRIQUES

La gestion des signaux FireWire profite de l'ensemble de processeurs Dice II, montés autour d'un DSP Wavefront, la marque qui monte dans le domaine de l'audionumérique. La puissance de ce DSP influe sur la latence, d'où la faible taille de buffer déterminée plus haut. Les convertisseurs proviennent du même constructeur américain. La MultiMix transmet à son bus FireWire ses seize voies d'entrée, plus la sortie principale. De plus, elle dispose d'une sortie S/PDIF. Ainsi, l'Alesis intègre pas moins de dix convertisseurs analogique vers numérique Wavefront AL1101G qui, pour un prix unitaire annoncé d'environ 2 dollars, arborent entrées symétriques, modulateur delta-sigma avec passe-bas du cinquième ordre, un suréchantillonnage à 64 fois la fréquence (44,1 ou 48 kHz sous 24 bits) et une entrée de Word- Clock pour la synchronisation de la boucle à verrouillage de phase... Aux dix-huit modulations montant dans le bus FireWire à destination de l'ordinateur hôte, vient s'ajouter un signal stéréo descendant sur le 2 Track, via un convertisseur audionumérique réciproque, l'AL1201G, aux performances aussi élevées que celles de l'AL1101G... Des quadruples amplificateurs opérationnels Texas Instruments TL074 assurent la prise en charge de l'analogique sur les deux cartes FireWire, reliées à la carte mère via deux fils en nappe. Une conception sans compromis...

LA QUALITÉ ET L'EXCELLENCE

Une console analogique de bonne qualité, couplée à une excellente interface FireWire et proposée à un tel prix a de quoi intéresser un grand nombre de home-studistes... Bien sûr, lorsqu'on examine l'Alesis MultiMix 16 FireWire de plus près, on remarque bien, ici et là, quelques simplifications rendues nécessaires par le maintien d'un prix agressif, et donc fort abordable, en regard des possibilités offertes. Offertes, c'est bien le mot!

Philippe David .

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