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PLUGSOUND PRO lecteur/éditeur d\'échantillons

Article paru dans Keyboards Recording n°213

01 novembre 2006

Une fois n'est pas coutume, nous n'aurons pas été les premiers à essuyer les plâtres avec le test d'un nouveau logiciel, car nos confrères anglo-saxons de Computer Music ont testé une version bêta de PSPro. Non pas que ce type d'exercice nous rebute, bien au contraire, mais les discussions régulières avec les développeurs nous ont incité à attendre sagement la sortie du produit. C'est donc une version 1.0, la même que vous pouvez trouver dans le commerce, qui est au coeur de ce test.

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L'installation, réalisée sur un Powerbook 15' G4, n'a pas posé de problème particulier mais a mis en avant le principe de lutte anticopie adoptée par USB, à savoir l'adjonction d'une carte à puce (comme pour nos téléphones portables) à insérer dans une clé iLok. Par expérience, nous remarquons que ces clés sont assez pratiques et qu'elles peuvent contenir l'ensemble de nos autorisations de ce type, ce qui simplifie la vie ! Cependant, il est vivement conseillé de ne pas jeter les enveloppes qui contiennent cette fameuse carte à puce, car dessus figure un numéro de série. Si celui-ci n'intervient pas dans la protection à proprement parler de l'application logicielle, il sera nécessaire lorsque une mise à jour sera disponible sur le site du fabricant. Nous conseillons donc de bien s'enregistrer dès l'installation de PSPro, ce qui évitera bien des soucis inutiles plus tard. Un espace disque de 8 Go est nécessaire à la copie du fichier propriétaire contenant la banque de sons livrée avec le logiciel.

UN REMPLACEMENT PUR ET SIMPLE

C'est parti pour la découverte de cette nouvelle version qui est proposée pour purement et simplement remplacer les anciennes versions de Plugsound (l'équivalent de la Plugsound Box). Là où les versions précédentes étaient thématiques, Plugsound Pro se présente comme un généraliste regroupant tout ce qui était disponible par le passé. Notons que cette offre dépasse le contenu des Plugsound originaux et qu'il conviendra de bien écouter les sons pour découvrir de nouvelles textures ici ou là. L'idée est séduisante, car les déclinaisons de banques de sons associées à des players finissent par encombrer nos ordinateurs et ne facilitent guère le travail quand il s'agit de charger dans une application hôte plusieurs de ces lecteurs d'échantillons. Car nous parlons bien ici de lecteur d'échantillons, et cette génération d'application logicielle s'est ouverte une voie royale, faisant concurrence aux synthétiseurs à base de formes d'ondes échantillonnées, après avoir détrôné les sampleurs eux-mêmes. Il est intéressant de retrouver un outil généraliste, pas trop marqué dans la palette sonore mais pas réducteur (amis du GM, une banque est disponible mais ne constitue pas le coeur de la banque). L'interface, soignée, joue à fond la carte OS X et son menu qui s'affiche en surimpression et en transparence (figure 1). Certains secteurs de l'interface utilisateur empruntent sans vergogne à d'autres logiciels récents, mais qu'importe si de bonnes idées font école... Le tout est présenté clairement et bien que des choix semblent guidés plus par une démarche marketing que réellement pratique (la palette centrale et son mode Master, par exemple), la face avant réussit à ne pas être trop encombrée. On prend assez vite ses marques avec ce type d'interface et le mot « ergonomie » peut s'appliquer sans détour. On pourra, bien sûr, débattre des choix du fabricant concernant la présentation de seize parts (en deux groupes de huit) sur la partie gauche de l'interface, ou encore de la présence d'un analyseur de spectre sous-dimensionné et donc peu précis... Mais ce qui est certain, c'est que nous sommes beaucoup plus proches de la vision américaine que de la vision germanique, tant la présentation, la couleur dominante (entre bleu et gris), la répartition des fonctions sur l'interface est agréable à l'usage. Cette d'échanremarque ne vaut pas pour tous les logiciels mais s'adressent principalement aux players de sons.

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UNE DÉMARCHE SIMPLE

L'analogie avec une palette n'est pas vaine, car, en travaillant pendant une dizaine de jours avec ce logiciel, on constate qu'on prend vite goût à combiner des timbres. Entrer en mode Multi pour se concocter des programmes, passer en mode Expert pour affiner son mapping de clavier deviennent des réflexes. Nul besoin d'avoir recours au manuel utilisateur de façon systématique, la démarche reste toujours simple : on part de la sélection d'un timbre qui correspondra à une partie (Part). Soixante-quatre parties sont disponibles pour autant de canaux MIDI assignables (figure 2). Notons que, dans le cas de sons gourmands en espace mémoire (ce qui devient presque banal de nos jours), la fonction de streaming audio est disponible. Celle que l'on nommait autrefois lecture Direct from Disk devient donc monnaie courante et incontournable pour qui souhaite exploiter des pianos échantillonnés sur toute la tessiture, note à note et avec plusieurs couches d'échantillons, par exemple. Ensuite, en sélectionnant cette partie (son nom se détachera de l'ensemble en passant en caractère gras), plusieurs fonctions deviendront dédiées (figure 3), comme le réglage de volume, de panoramique, de pitch, des enveloppes de filtre, de VCA, etc. Les manipulations s'apparentent vraiment à l'édition d'un synthétiseur hardware multitimbral à base de synthèse soustractive. Là où ce logiciel dépasse ses aînés et les générations de matériel qui l'ont précédé, c'est dans sa capacité à gérer à la fois des multiéchantillons et des boucles, tout en synchronisant le tout avec une application séquenceur audio/MIDI, par exemple. En allant plus loin, on a un éditeur de samples assez complet, avec notamment les points de départ et de fin de lecture d'échantillons, disponible en face avant, le BPM, le Stretch... Le tout fait penser à un hybride entre groove machine et vraie workstation. Le côté extension n'est pas à négliger (voir encadré) et si nous considérons l'offre d'origine d'USB, nul doute que Plugsound Pro annonce la rationalisation totale de la gamme, qui disparaît pour renaître de ses cendres sous forme de banques accompagnées d'un lecteur UVI.

KITS ET SONS INDIVIDUELS

Pendant le test, nous avons constaté que l'ensemble des kits de batteries, classés par période (80', 90' par exemple), ne reprenaient que partiellement les configurations initiales de kits. On comprend le souci du fabricant d'avoir voulu scinder la partie batterie de la partie percussions. Au passage, malheureusement, quelques timbres précieux sont passés à la trappe. Citons, par exemple, les cymbales splash, chinoises ou encore certains toms complémentaires. En revanche, les emplacements de timbres présents sont scrupuleusement respectés, ce qui nous autorisera à relire (pour les plus âgés!) des séquences MIDI de l'époque. Cette remarque est modérée par le principe de pouvoir créer ses propres kits en mode Multi (puisqu'on y règle la tessiture pour chaque timbre) et par le fait qu'USB a eu la bonne idée de proposer aussi les sons individuels dans sa sélection (Individual Drums), avec ou sans switch de vélocité. Une préécoute des timbres et des boucles est possible, notamment via trigger MIDI (cela est spécifié dans ce cas par une alerte en rouge située sous la description de l'échantillon). Il serait judicieux que la tessiture soit détectée à ce moment, ce qui éviterait de chercher à l'aveuglette les notes et la zone de clavier concernées par ce timbre (ou groupe de timbres pour la batterie et les percussions). Cette remarque prend encore plus d'ampleur quand on constate qu'il faut avoir présélectionné la piste MIDI à enregistrer avant de se lancer dans la préécoute (c'est le cas dans DP5 qui a servi d'application hôte pendant ce test).

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Une suggestion aux développeurs en passant: pourquoi ne pas indiquer les samples utilisés en les repérant sur le clavier musical de l'application ? Par contre, on retrouve dans PS Pro les bonnes idées rencontrées dans Mach Five comme le Constant Pitch, par exemple, qui permet d'empêcher le detune d'un sample en rapport de la note jouée. Le mode Expert permet aussi une édition plus aboutie, notamment sur le traitement dynamique du signal. Seule la présentation semble un peu « tape à l'oeil », mais l'essentiel y est. La fonction MIDI Learn est aussi implémentée et rend de sérieux services à l'utilisateur disposant d'une télécommande de type console ou pas, car certains claviers maîtres possèdent aujourd'hui de nombreuses ressources d'accès dans ce domaine. Le MIDI Learn concerne une grande partie des paramètres. On peut aussi, par exemple, piloter le tempo via un potentiomètre rotatif extérieur. En restant dans les découvertes sympathiques, nous avons apprécié la fonction Drag & Drop, matérialisée par un simple bouton, et qui accepte une track audio au format Wav, AIFF, Apple Loops, Rex File. Les MIDI files de boucles sont aussi importables. Les effets disponibles sont de bonne facture et assez complets (figure 4). Delay, réverbe, phaser, flanger, chorus, égalisation, filtre, drive, distorsion, compresseur et quelques autres sont accessibles facilement et éditables. Un bon point pour les réverbérations : le choix entre la solution classique ou à convolution.

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Cependant, pour cette dernière option, il conviendra de vérifier la puissance processeur disponible, faute de quoi des bruits numériques dûs à la saturation de la CPU risquent de se manifester. On dispose de quatre rampes d'effets, auxquelles on ajoute deux circuits auxiliaires. Nous pouvons distinguer les effets par blocs de parties (A, B, C, D) ou par présélection. Le simple fait de sélectionner un effet devant un item active automatiquement le mode Effet. Chaque effet peut ou non être basculé en mode Synchronisation. À ce stade, en application standalone, c'est le tempo affiché dans PS Pro qui servira de référence, et dans le cas d'une utilisation plug-in, ce sera soit toujours cette référence, soit celle de l'application hôte sur laquelle on se sera automatiquement aligné (via le bouton Sync).

ERGONOMIE ET PERFORMANCES

Évolution bienvenue de la Plugsound Box qui regroupait la gamme complète du développeur, Plugsound Pro n'usurpe pas son qualificatif. Si certains choix de présentations et de fonctions annoncent clairement la guerre des performances, sans que l'on sache vraiment si elle sert l'utilisateur, on ne pourra que saluer l'efficacité de ce logiciel. Généraliste par essence, l'arrivée des cartouches thématiques complémentaires ne pourra que renforcer le rôle de PS Pro dans une production musicale ou sonore (par l'apport de la banque X-TremeFX). L'ensemble de la palette sonore est propre, bien qu'on reste un peu sur sa faim, sans doute parce qu'on a déjà entendu ici ou là un grand nombre de sons. Mais ce problème est récurrent ces derniers temps, et il devient de plus en plus difficile de découvrir de nouveaux horizons sonores... Assez gourmand en ressources processeur, il conviendra d'être prudent à la création de sessions lourdes. Il semble que PS Pro est plutôt taillé pour les nouveaux Mac Intel ou des PC puissants. Ce logiciel, motorisé par la nouvelle version de l'UVI engine, réalise une synthèse intelligente entre ergonomie et performances, pour un prix toujours aussi modéré.

CMDM .

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