Le Remote Zero SL (Zero pour zéro touche et SL pour Soft Label) n'est rien d'autre qu'un boîtier dédié à tous ceux qui disposent déjà d'un clavier maître. Voilà une idée peu courante pour ce type de produit qui prouve une nouvelle fois que l'utilisation des plug-in ainsi que des séquenceurs nécessite des outils de plus en plus complets capables de s'adapter à n'importe quelle situation.

UN BOÎTIER ET DEUX ÉQUERRES
Quelle mouche a donc piqué Novation pour avoir osé transformer sa gamme de claviers-contrôleurs MIDI SL en un boîtier au format trois unités ? D'ailleurs, en regardant de plus près ce Remote Zero SL, on pourrait presque croire à une machine dont l'aspect serait semblable à celui d'un Nord Lead rack mais en gris/noir cette fois-ci. Doté d'une largeur de 468 mm pour une hauteur de 68 mm et une profondeur de 163 mm, le boîtier ne pèse que 1,6 kg contre 2,5 kg pour la version 25 touches.
On regrettera que le constructeur n'ait pas été plus loin dans sa démarche en rendant ce boîtier rackable, ce qui est évidemment très pratique pour la scène. Au lieu de cela, Novation offre un set de deux équerres que l'on fixera sur les deux slots logés sous le Remote Zero SL afin de disposer ce dernier en position inclinée. Par ailleurs, on constate que le constructeur fournit bien un câble USB. En revanche, il n'inclut toujours pas de bloc d'alimentation secteur, qui reste donc optionnel. Mais en avons-nous vraiment besoin ? Car le boîtier peut tout à fait être alimenté via le port USB ou en insérant quatre piles de type R14 dans l'emplacement prévu à cet effet. Ces mêmes piles devraient offrir une autonomie supposée de seize heures si l'on se base sur les données relatives à la version clavier 25 touches. Elles sont rechargeables toujours via le port USB. Pour finir, un DVD ressources incluant le pilote d'installation, les manuels numérisés (anglais et français) ainsi que vidéos d'enseignement est offert au nouvel utilisateur. De plus, Novation fournit, sous le nom de Xcite Software Pack, des logiciels comme le Bass Station, la version lite de Live 5 par Ableton ou encore la version démo de Guru par FXpansion.

SUR LES FACES
À titre de rappel, la face avant du boîtier affiche toujours deux larges écrans LCD de 144 caractères chacun. On y retrouve les deux rangées de potentiomètres dont huit incrémentés, les huit pads afin de jouer une partie de batterie dont on aura préalablement assigné les éléments. Ces mêmes pads sont aussi à votre disposition pour déclencher tout autre événement MIDI.
À droite de la machine, les huit faders incontournables se retrouvent alignés, tout comme sur le Remote 25 SL, sans oublier les six boutons dédiés au transport de votre séquenceur. Pour finir, un total de trente-deux boutons ajoutés aux éléments cités ci-dessus vous permettront l'accès direct à la navigation MIDI ainsi qu'à la manipulation des contrôles MIDI. On regrettera quand même le fait de ne pas retrouver sur ce panneau avant le joystick ainsi que le touchpad qui ont contribué, entre autres, au succès des versions clavier ! La face arrière est équipée de deux groupes MIDI. Le premier affiche trois ports : In, Out et Thru, le second un simple port de sortie Out. Plus loin, deux entrées jack sont prévues pour la pédale d'expression et de contrôle. Bien sûr, un port USB ainsi qu'un bouton d'allumage sont présents. Ce dernier offre trois positions : USB, Off et Battery ext DC. Un dernier port concernant le branchement d'un bloc d'alimentation externe est à votre disposition.
AUTOMAPPING OU TEMPLATES
Si l'on prend l'exemple de Reason 3, après avoir procédé à l'identification du Remote Zero SL ainsi qu'à la détermination de ses ports MIDI dans le menu Préférences, dès lors que l'on sélectionne un module, la machine configure automatiquement ses contrôles et affiche les valeurs sur l'écran. Comme le souligne le manuel, l'automapping suit la même logique d'emplacement des filtres et autres enveloppes pour l'ensemble des modules. À titre de rappel, le principe de l'automapping repose sur la lecture automatique du routing MIDI venant du plug-in ou du séquenceur. Il s'agit donc, pour le Zero, de lire les informations venant de l'extérieur puis de les interpréter pour, au final, les placer en ordre afin de les sauvegarder en tant que template. En résumé, le mode Automap est utile pour la manipulation des séquenceurs et studios virtuels proposant plusieurs sections et modules simultanément. Novation a donc apporté une gestion « clé en main » à ses utilisateurs ou plutôt devrais-je dire musiciens. Mieux encore, le constructeur britannique réinvente, avec ce procédé, ce protocole ancien qu'est le MIDI. Bien sûr, nombre de logiciels et séquenceurs ne sont pas encore disponibles à l'utilisation du mode Automap c'est le cas du Digital Performer de MOTU, par exemple, ou bien du Pro Tools de Digidesign. Quant aux instruments virtuels, ils n'en ont, pour la plupart, guère besoin. L'utilisation d'un seul template préprogrammé sera plus adéquate (à noter que certains plug-in peuvent nécessiter deux ou trois templates préconfigurés). Ainsi, nous avons essayé le Remote Zero SL avec le GMedia Minimonsta. Divisée en deux chapitres, la machine ouvre l'accès à tous les boutons et switches des sections du Minimonsta, soit plus de quarante paramètres. L'ensemble dans une logique bien ordonnée et somme toute fidèle à la conception du logiciel. On notera que le Remote Zero SL présente ce gros avantage d'afficher de manière instantanée le nom de chaque paramètre sur l'un de ses deux écrans dès lors que l'on intervient sur celui-ci. Quand même, il faut souligner que le Remote Zero SL offre plus de soixante boutons, faders et pads, sans compter les touches de transport, de sélection de lignes et d'édition sur son panneau avant, ce qui facilite en grande partie la possibilité d'intervenir sur les contrôles MIDI sans aller se perdre dans des sousmenus.
BONNE FACTURE
Novation innove avec ce Remote Zero SL et ajoute à une gamme déjà complète un produit de très bonne facture, offrant un accès des plus directs à l'ensemble des contrôles MIDI. On regrettera qu'au final, la machine ne dispose au maximum que de quarante emplacements mémoire pour loger l'ensemble des templates et/ou automaps. En effet, avec l'invasion constante des nouveaux plug-in, nous risquons de nous retrouver noyés dans une multitude d'instruments virtuels !
Pierre Emberger .