Vous connaissez sans doute déjà le terme « earphone », ou écouteur intra-auriculaire... Il désigne ces transducteurs sonores miniaturisés qu'on introduit directement dans le conduit auditif, à la différence des casques avec oreillettes prenant place sur ou autour des oreilles. La plupart des baladeurs et récepteurs FM portables sont livrés avec de tels écouteurs, qui blessent parfois l'oreille dans tous les sens du terme, suite à des économies drastiques sur la qualité de fabrication. Ceux qui recherchent une qualité optimale ont désormais une autre solution...

UN AUTRE PRINCIPE
Dans la qualité d'écoute d'un casque intra-auriculaire, deux aspects physiques annexes mais importants interviennent : les transducteurs eux-mêmes, évidemment (certains ne seraient même pas dignes d'être inclus dans un téléphone !), mais aussi la qualité de leur couplage avec le tympan Contrairement à ce qui se passe avec des casques à oreillettes, où la membrane du transducteur « voit » à peu près toujours le même volume d'air et se situe toujours à une distance identique du tympan, un écouteur intra-auriculaire peut se coupler d'une façon très différente d'un individu à un autre. Il est facile de faire l'expérience : mettez vos écouteurs habituels, puis enfoncezles, orientez-les différemment. Le son change immédiatement. Les graves sont renforcés ou atténués, on perçoit mieux les aigus, l'image stéréo bouge... Troisième aspect à prendre en compte : l'isolation aux bruits externes. Si un casque de type fermé, avec des oreillettes bien conçues, permet une atténuation efficace des bruits ambiants, des écouteurs qu'on introduit dans le conduit auditif même ont peu de chances d'atteindre une atténuation correcte. Dans le domaine « grand public », ces défauts sont persistants. En revanche, en sonorisation, les « inear monitors », ou retours HF personnels, ont suscité la création d'écouteurs intra-auriculaires d'un autre type : adaptation optimale au conduit auditif, transducteurs de technologie particulière offrant une bonne tenue en puissance, un spectre équilibré et une remarquable efficacité, sans oublier le confort. Confrontée à ce cahier des charges inédit, la technologie dynamique traditionnelle avoue rapidement ses limites. Les recettes utilisées dans les prothèses auditives prennent le relais - notamment la technologie des armatures. Développé à l'origine pour les prothèses auditives, ce système se présente sous la forme d'un petit boîtier rectangulaire en aluminium, enfermant un levier équilibré magnétiquement. On attache à ce transducteur des tubes et des filtres acoustiques, afin d'optimiser sa courbe de réponse. Nous n'entrerons pas dans le détail : qu'il suffise de savoir que cette approche, onéreuse au début mais de plus en plus abordable par la suite, s'appuie sur un principe différent de la membrane mobile issue des haut-parleurs électrodynamiques et offre des performances bien meilleures, en maintenant un degré de miniaturisation impressionnant.
SOUS LICENCE
Avouons-le d'emblée : M-Audio n'a pas réinventé la roue ! La marque propose simplement à sa clientèle de musiciens des earphones utilisant, sous licence, la technologie professionnelle Ultimate Ears, qui permet d'obtenir une courbe de réponse pratiquement plane, entre 31 Hz et 16 kHz dans le meilleur des cas. Le cordon s'enfiche au niveau de chaque transducteur et se remplace donc facilement. M-AudioFrance nous a confié deux modèles : l'entrée de gamme, IE- 10, et l'IE-30, haut de gamme. Le premier s'appuie sur un seul transducteur à armatures et est livré avec une housse souple. Le second intègre un second transducteur, dynamique celui-ci, pour une meilleure courbe de réponse, qui « monte » à 16 kHz contre 13 kHz pour l'IE-10. Il est livré avec un étui métallique en sus. L'emballage des deux modèles contient un jack atténuateur de 26 dB, nécessaire sur certaines sources compte tenu d'une efficacité élevée... Le couplage optimal avec le tympan est obtenu par des anneaux souples enrobant les transducteurs et venant se plaquer étroitement sur les bords du canal auriculaire. Les écouteurs se portent d'ailleurs différemment de la façon habituelle : leur fil repart par le haut, et passe par-dessus l'oreille, descendant ensuite dans le dos. Dépaysant au premier abord, mais on s'habitue vite et le mode d'emploi est très clair. Ça ne tient pas ? Mettez en place un anneau silicone de couplage d'un diamètre différent ! On obtient de la sorte plus de 20 dB d'atténuation du niveau de bruit ambiant. Pour indication, sans écouter très fort, on n'entend plus le bruit des touches du clavier de l'ordinateur quand on tape !
UNE QUALITÉ ÉTONNANTE
Au début, on se demande un peu à quoi ces « machins » peuvent servir. On essaie de les mettre comme on en a l'habitude, ça ne tient pas, le son n'est pas terrible... Prenez le temps de lire le mode d'emploi ! Nous vous garantissons que, s'ils sont correctement portés et adaptés à l'oreille (essayez les anneaux livrés !), on obtient un résultat d'une qualité purement étonnante : tous les avantages d'un casque fermé de qualité, avec des écouteurs qu'on oublie au bout de cinq minutes. Ils font obstacle aux bruits, ne blessent jamais l'oreille et tiennent bien en place. L'IE-10 offre déjà un son d'une qualité plus qu'honorable, pour 109 euros. Avec l'IE-30, valant plus du double (269 euros), on atteint une qualité d'écoute bien supérieure. Si le couplage avec l'oreille est bien assuré, la sensation d'isolement du reste du monde est étonnante, sans besoin de procédé antibruit électronique, et l'immersion dans la musique totale. Compter 219 euros pour le modèle intermédiaire, IE- 20 XB. À découvrir pour remplacer le casque en situation d'enregistrement, sur un iPod, un MicroTrack 24/96 de la marque, etc. Attention, une fois qu'on y a goûté, il est difficile de revenir aux casques et écouteurs standard !
Franck Ernould .