IPE Music est un distributeur pas comme les autres. Cela fait vingt ans que Jean-Luc Masson, dirigeant de l'entreprise, pratique le métier de la distribution musicale. Lorsque la Chine s'est ouverte, il a visité les usines bien souvent flambant neuves dans l'idée de fabriquer des produits performants à petits prix. Après avoir effectué une sélection sévère parmi elles, il a décidé de lancer la manufacture des enceintes Pro 5 et Pro 8, premiers produits à sortir sous la marque Prodipe. IPE Music ne cachera nullement l'origine de sa fabrication ' la plupart des marques en font de même sans toutefois l'avouer. Au final, ne nous trompons pas, car l'objectif réel de ce constructeur est bien de mettre sur le marché des produits professionnels tout aussi qualitatifs que les marques illustres. Alors, comment la firme a-t-elle procédé pour ce nouveau micro, le STC-3D ?

LES ORIGINES
Afin d'apporter une touche originale ou plus exactement professionnelle, le président d'IPE Music a fait appel à l'expérience de l'ingénieur du son Ludovic Lanen, dont le travail s'est plutôt concentré sur la cellule du STC-3D. En relation avec l'usine chinoise concernée, l'ingénieur du son français a communiqué ses réglages personnels. D'après ses dires, l'idée de base était de proposer un micro pouvant retranscrire le rendu d'un Neumann U 87 d'il y a vingt ans et, plus précisément, enregistrer toutes les sources, de la voix à la batterie en passant par les cuivres, avec une réponse plus étendue voire accentuée dans l'aigu. On notera qu'IPE Music a adopté la même démarche avec Claude Salmiéri qui, en revanche, s'est rendu sur le lieu de fabrication afin de développer au mieux le kit DM8. Ainsi, IPE Music exprime cette volonté d'imiter les autres marques étrangères en respectant ces deux facteurs que sont la collaboration avec des spécialistes du son et la jointure de leur expérience avec une très bonne usine chinoise.
UNE MALLETTE CLASSIQUE
Le STC-3D nous parvient, sans surprise, dans une mallette noire sobre et somme toute classique. On y trouvera, bien sûr, le micro, mais aussi trois compartiments comprenant une bonnette, la suspension et un élastique de rechange. Ce qui n'est pas négligeable quand on connaît le prix de cet accessoire chez Neumann, par exemple. Mais à la vue du package dans son ensemble, rien ne diffère des autres marques de fabrication chinoise. C'est d'autant plus vrai que, lorsqu'on se munit du micro, on s'aperçoit que le STC-3D est, au détail près, la copie conforme de la série Superlux CM-H8, qui elle-même ressemblait à s'y méprendre aux contours d'un Shure KSM 44. Ces similitudes ne portent que sur le moule, qu'IPE Music n'a pas fait modifier pour des raisons de coût. Toute la différence se situe à l'intérieur, dans l'ingénierie de Ludovic Lanen qui a travaillé sur de nouvelles capsules. Quelles sont les options présentes sur le STC-3D ? On y voit tout d'abord, d'un côté, un pad offrant la possibilité de choisir entre ces trois polarités : bi-, uni- et omnidirectionnelle. En tournant le micro de l'autre côté, on peut disposer du sélecteur lié au filtre passe- bas qui se déclenchera à partir de 100 Hz. Pour finir, un pad atténuateur 10 dB est aussi disponible.
CHALEUR SUR LA VOIX
D'abord, la configuration utilisée nous a amené à brancher le STC-3D directement dans une MOTU 828- MKII, elle-même reliée à un Apple Powerbook via un câble FireWire. En clair, seuls les préamplis micros de la carte son ont servi d'intermédiaires. Nous avons procédé à l'acquisition de deux instruments : une voix et une guitare acoustique de type folk. Par souci de comparaison, nous avons doublé les mêmes prises avec un SE Electronics Z3300 A. La première impression sur la voix nous a donné le net sentiment que ce STC-3D dégage en tout premier lieu une chaleur que ne développe nullement le Z3300 A. Sans pour autant exagérer, cette même chaleur nous rappelle en quelque sorte celle rendue par certains micros Neumann des années 70. De plus, on constate aussi que les aiguës, en tout cas sur ce modèle, sont modérées (malgré les dires de Ludovic Lanen sur ce point), contrairement au Z3300 A qui a tendance à les restituer amplement. Toutefois, le spectre sonore du STC-3D nous semble reproduire fidèlement la voix, jusqu'à ses détails. Quant à la guitare, on en tirera la même conclusion que pour la voix. En outre, si celle-ci est de moyenne facture ou a tendance à sonner un peu « casserole », ce STC-3D atténuera fortement le déséquilibre provenant des médiums/aiguës et autres harmoniques pas très flatteuses. Bref, ce micro est quand même étonnant, il offre une bonne balance des fréquences, le tout dans une restitution chaleureuse et sans exagération. Attention, la pression acoustique maximale n'est que de 130 dB. Cela exclut donc l'acquisition de cuivres ou d'un pied de grosse caisse, par exemple. En effet, mieux vaudra vous tourner vers des micros reconnus pour leur capacité d'encaisser de fortes pressions avant saturation, ce qui est le cas d'un AKG C414, par exemple. Cela nous laisse donc penser que le STC-3D est plutôt un micro dédié au chant, à la guitare acoustique ou à la prise d'ambiance.
RUPTURE DE STOCK
IPE Music a inondé l'Europe occidentale (Allemagne, Espagne, Belgique, Suisse, etc.), ainsi que tous les pays de l'Est. La firme déclare être constamment en complète rupture de stock. Les conteneurs seraient déjà vendus avant même d'arriver à bon port. En outre, il faut savoir que plus de 3 000 exemplaires du STC-3D ont été écoulés à ce jour. Du reste, notez que son prix public est de 249 euros. Nous sommes bien là dans un excellent rapport qualité/prix. Enfin, sachez qu'IPE Music sortira, en avril 2007, plusieurs modèles de batterie, en collaboration avec Claude Salmiéri. Pour les chanteurs, le MC1 (micro dynamique) est dorénavant disponible.
Pierre Emberger .