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ONYX SATELLITE interface audio FireWire

Article paru dans Keyboards Recording n°216

01 février 2007

La gamme Onyx comprend de nombreux produits divers. Dans la gamme FireWire, pas moins de trois consoles entièrement analogiques, pouvant recevoir le module enfichable au format IEEE1394, se partagent les besoins des home-studistes. Il s'agit des 1220, 1620 et 1640. Les autres consoles Onyx se consacrent à la sonorisation. Dans le domaine des interfaces FireWire, on remarque aussi la présence des racks Onyx 400F et le 1200F, ce dernier ayant été officiellement présenté pour la première fois au NAMM 2007 qui vient tout juste de fermer ses portes, et un octuple préamplificateur microphonique baptisé 800R. La nouvelle interface Satellite s'inscrit dans l'entrée de gamme de cette série Onyx.

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LE CONCEPT

Les concepteurs ont pensé à l'exploitant qui souhaite enregistrer en un lieu extérieur et revenir mixer dans un endroit sédentaire. Ainsi, le système Satellite se compose d'une base, sur laquelle vient s'enficher un module amovible qui rassemble le strict minimum, afin de le rendre compact et transportable. Le format de transmission de données FireWire choisi, d'un débit de 400 mb/s, est désormais le plus répandu dans les interfaces audionumériques péri-informatiques. Le satellite possède donc un connecteur à ce format, dans lequel on branchera le câble fourni, terminé de six broches à chaque extrémité. Dans le cadre d'une exploitation nomade, loin d'une source de courant secteur, seul un ordinateur portable équipé d'une embase Fire- Wire à six broches pourra fournir au Satellite les + 5 V de son bus. En revanche, les ordinateurs portables équipés d'embases à quatre broches (un grand nombre de PC, tous les Apple étant équipés en six broches) seront pénalisés. Mackie a pensé, cependant, à fournir un petit adaptateur six broches vers quatre broches afin de rendre le câble compatible. L'adaptateur secteur peut alimenter directement le Satellite, le cas échéant, mais on perd alors ce côté autonome- Si vous choisissez un ordinateur portable pour votre home-studio, quelle que soit sa marque, vérifiez que son embase FireWire comporte six broches ! En revanche, la base du système, sédentaire par vocation, nécessite le secours de l'adaptateur secteur pour fonctionner. Dans ce cas, c'est elle qui fournit l'alimentation au Satellite, lorsqu'il est enfiché dans son slot.

LE SATELLITE

Protégé par un coffret entièrement métallique, il repose sur deux patins en caoutchouc. Dès la mise sous tension, le témoin idoine s'illumine, ainsi que ses deux bargraphes pendant une seconde, bientôt suivis de la Led affichant la bonne synchronisation du bus FireWire. Le Satellite constitue le coeur du système. Il dispose de deux entrées universelles, matérialisées par une paire de prises Neutrik combo XLR/jack. Ainsi, ces connecteurs reçoivent des microphones électrodynamiques, mais aussi électrostatiques, grâce à l'alimentation fantôme sous 48 V, commune aux deux canaux. Les prises jack des combos exploitent les signaux au niveau ligne, mais aussi ceux des instruments à haute impédance, dès que l'on presse, en façade, la touche repérée par une silhouette de guitare électrique (inspirée d'une Dean ML, apparemment). Les micros magnétiques possèdent une telle impédance qu'il faut convenablement les charger, afin d'éviter les pertes dans les aiguës et réduire le souffle, d'où l'impédance poussée à 1 M ohm sur les entrées instrument.

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LES PRÉAMPLIFICATEURS DU SATELLITE

Les connecteurs audio acheminent le signal vers une paire de préamplis Onyx, identiques à ceux que l'on rencontre dans les consoles éponymes, bénéficiant des mêmes performances : bonne réponse impulsionnelle, faible taux de bruit et de distorsion, et une restitution précise, aussi ferme dans le registre grave que dynamique dans les aiguës. Ils bénéficient d'une headroom importante qu'il sera difficile de visualiser sur les bargraphes de seulement quatre Leds par canal- On retrouve les ajustements de gain signés Mackie, munis de deux échelles différenciées pour les micros et les lignes (voir la fiche technique) et dotées du fameux repère « U » indiquant le gain unitaire. En aval des préamplificateurs, Mackie a opté pour un convertisseur fonctionnant sur le mode Delta Sigma, un AKM 96/24 de chez Asahi Kasei dont la réputation n'est plus à faire. Le Satellite intègre un circuit de monitoring plutôt pratique puisque le dos du coffret possède une paire de jacks dédiés au raccordement sur des écoutes. En façade, un potentiomètre ajuste le niveau à destination du control room, conjointement à la première sortie de casque. Le volume de la seconde se règle en toute indépendance, grâce au potentiomètre à la sérigraphie « Phone 2 ». On peut donc exploiter le Satellite de manière autonome, sans la base, mais aussi sans ordinateur puisque les entrées audio sont connectées au monitoring, à la manière d'une mixette. Au dos de l'Onyx Satellite figure un connecteur doté de 48 contacts qui assure la liaison directe avec la base, appelée le Dock, lorsqu'elle se trouve enfichée dans son logement.

LE DOCK

Cette base sédentaire, de dimensions raisonnables, bien que présentant une épaisseur que l'on pourrait qualifier d'inesthétique, nécessite le concours de l'adaptateur secteur pour fonctionner. Un commutateur général situé sur la droite la met sous tension, ce qui déclenche un relais, en interne. Le Dock reçoit donc le Satellite, qui en plus de sa forme épousant celle du slot, présente pas moins de sept guides pour fiabiliser la connexion entre les deux modules. Ce socle se charge du report des connexions du Satellite, via la barrette de 48 contacts, mais pas seulement. Tout d'abord, on remarque l'éclatement des prises combos du module amovible en plusieurs connecteurs distincts. Si l'on considère un canal, tel qu'il figure sur le panneau arrière du Dock, on remarque qu'une embase XLR classique jouxte non pas un, mais trois jacks d'entrée, ligne 1, ligne 2 et instrument. Un quatrième jack offre le loisir de brancher une entrée et sortie audio analogique d'un processeur externe, en insert, avant la conversion analogique vers numérique. Cette option, bien pratique, verra un compresseur corriger la dynamique du signal entrant, ou encore un égaliseur, ou tout autre appareil dont le choix sera fonction de la nécessité ou de la créativité du moment. Saluons, au passage, cette excellente idée, issue tout droit de l'univers des consoles de mixage. Le Dock présente donc quatre entrées par canal. Sa façade possède, sur chaque voie, autant de touches de fonction : micro, instrument, ligne 1 et ligne 2. Aussi surprenant que cela puisse paraître, chaque touche est indépendante, il ne s'agit donc pas d'un clavier à sélection exclusive, sur lequel la sélection d'une source relâcherait la touche précédemment choisie. Non, ici, le Dock permet la sélection physique des quatre sources simultanément. Cela peut être utile dans quelques situations aussi précises que rares, mais il apparaît aussi hasardeux que risqué de mélanger à la hussarde quatre sources présentant des niveaux et des impédances différents. Ces boutons facilitent l'assignation du Dock vers le Satellite de deux sources à choisir parmi huit, si l'on compte les deux canaux, et, dans ce cas, les claviers de sélection fonctionnent en matrice 8 vers 2. Leur avantage tient à la connexion « à demeure » d'une source microphonique, deux lignes et un instrument par canal, sans devoir débrancher les câbles puisqu'une pression sur un bouton les sélectionne. Dommage, car le haut débit de la liaison FireWire aurait très bien pu supporter un plus grand nombre d'entrées en simultané-

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LE MONITORING DU DOCK

On pourrait qualifier cette section de « Little Big Knob », en référence au module de monitoring de Mackie que l'on rencontre dans des studios toujours plus nombreux. Lorsqu'on enfiche le Satellite dans le Dock, le potentiomètre qui ajustait le volume du monitoring et du casque n° 1 sur le module amovible n'agit plus sur le control room, puisque les circuits de la base prennent le relais. Ainsi, on peut assigner la modulation vers la paire de monitors A ou B, qui représente deux groupes distincts pour l'écoute des voies principales. D'autres sorties, numérotées de 3 à 6, complètent le monitoring, que l'on peut configurer sur six canaux (figure 1). On pense immédiatement au 5.1, dont on peut donc régler le volume global au moyen d'un unique potentiomètre. Les six canaux sont reconnus, sans limitation liée au choix de la fréquence d'échantillonnage, grâce, en partie, au débit numérique important du standard FireWire 400. Autre agrément proposé par la base, la présence d'un réseau d'ordre, comprenant un microphone logé à l'intérieur du tableau de bord du Dock, un potentiomètre de niveau et deux touches à contact momentané, assignant, au choix, l'ordre vers les casques ou la station de travail. Là encore, les concepteurs ont vu juste en considérant les aspects pratiques. En revanche, cette interface ne dispose ni de connexions audionumériques (du genre S/PDIF coaxial ou optique), ni de prises MIDI. Il faudra se contenter de liaisons spécifiquement analogiques. Le prix de l'Onyx Satellite, relativement attractif, n'aurait pas permis l'ajout de ce que l'on trouve sur d'autres interfaces de la gamme Mackie, plus coûteuses, comme l'Onyx 400F, qui, soit rappelé en passant, dispose des mêmes préamplificateurs reconnus pour leurs qualités techniques et musicales-

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CLÉ EN MAIN

L'ergonomie et les astuces de configuration typiques de Mackie ne font pas exception sur l'Onyx Satellite. Facile à mettre en oeuvre et à exploiter, il est accompagné d'un séquenceur simple et pratique, le Mackie Tracktion, dont la principale qualité réside dans sa faible gourmandise à l'égard des ressources processeurs. Les graphismes simples et le fait que l'ensemble du séquenceur s'affiche en une seule fenêtre (figure 2) l'explique en partie. Ce séquenceur sait gérer les plug-in VST. Il permettra aux débutants de s'initier à la prise de son en home-studio sans devoir investir dans un autre séquenceur. Compatible PC et Mac, on attend une version en Universal Binary, au bénéfice exclusif des nouveaux MacIntel.

LUDIQUE ET PÉDAGOGIQUE

Atypique dans la gamme Onyx, le Satellite répond à un cahier des charges original, mais non dénué de pertinence. Les concepteurs ont fait le pari du tout analogique pour les entrées et sorties, mais surtout celui de l'efficacité d'un système gigogne, optimisé pour le travail en studio tout comme pour les prises de son nomades, au moyen d'un module amovible, centre névralgique de l'ensemble. On peut regretter le faible nombre des entrées vraiment exploitées par l'interface, puisqu'elles se limitent à deux. On évitera de mélanger différentes sources en simultané, sous peine de dégrader les signaux de valeurs électriques trop disparates. En revanche, la souplesse de sélection des sources sur la base, tout autant que la présence d'un circuit de monitoring fonctionnant du 2.0 au 5.1, complété de deux sorties de casques et d'un réseau d'ordres assignable et réglable constituent une offre de choix. Les débutants et amateurs confirmés trouveront là une offre intéressante, aussi ludique que pédagogique, à un prix raisonnable, en regard d'un concept novateur.

Philippe David .

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